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L'expression
tectonique
des plaques désigne à la fois la théorie scientifique qui décrit
les mouvements des grandes plaques rigides (plaques tectoniques) qui composent
la lithosphère terrestre (l'enveloppe rigide
constituée de la croûte et de la partie
supérieure du manteau), et le mécanisme même de ces mouvements. Cette
enveloppe est découpée en une quinzaine de plaques principales et de
nombreuses plaques secondaires qui se déplacent lentement les unes par
rapport aux autres à la surface de l'asthénosphère,
une zone plus ductile du manteau supérieur.
Le déplacement des
plaques est lié aux mouvements internes de la Terre.
La chaleur dégagée par la désintégration des éléments radioactifs
et les transferts thermiques depuis le noyau alimentent des mouvements
de convection dans le manteau. Ces mouvements engendrent des forces qui
provoquent la divergence, la convergence ou le coulissage des plaques les
unes par rapport aux autres. Aux dorsales
océaniques, les plaques s'écartent et du magma
remonte, créant une nouvelle croûte océanique. Dans les zones de subduction,
une plaque océanique plonge sous une autre plaque, entraînant la disparition
progressive de la lithosphère dans le manteau et donnant lieu à des arcs
volcaniques et à de fortes activités sismiques. Les zones de collision
entre plaques continentales, comme celle entre l'Inde et l'Eurasie,
engendrent de vastes chaînes de montagnes, tandis que les failles transformantes,
comme la faille de San Andreas, traduisent des mouvements horizontaux de
coulissage.
Jalons
historiques. - L'idée que les continents pourraient bouger s'est forgée
par étapes. Dès le XVIe siècle, des
cartographes remarquent la forme complémentaire des côtes de l'Afrique
et de l'Amérique du Sud, mais cela reste une curiosité sans explication.
Au début du XXe siècle, le météorologue
Alfred
Wegener propose (1912) une théorie révolutionnaire : la dérive
des continents. Il observe nin seulement que les continents s'emboîtent
comme des pièces de puzzle, mais aussi que des fossiles identiques se
retrouvent sur des continents aujourd'hui séparés par des océans, et
que des formations géologiques similaires s'étendent d'un continent à
l'autre. Il imagine un supercontinent initial, la Pangée, qui se serait
fragmenté au fil du temps. Pourtant, sa théorie est rejetée par la communauté
scientifique de l'époque, car il ne peut pas expliquer le mécanisme qui
fait bouger les continents — il évoque des forces de marée ou la force
centrifuge, des hypothèses jugées insuffisantes. Pendant plusieurs décennies,
la théorie de Wegener tombe dans l'oubli, mais les progrès technologiques
de la Seconde Guerre mondiale et de l'après-guerre relancent l'exploration
des
fonds marins. Les sonars révèlent l'existence de chaînes de montagnes
sous-marines, les dorsales océaniques, et des fosses profondes près des
côtes. Dans les années 1950 et 1960, les mesures du magnétisme des roches
océaniques montrent des bandes parallèles de polarité magnétique inversée,
symétriques de part et d'autre des dorsales. Ces anomalies magnétiques
sont interprétées comme la trace d'un océan qui s'élargit progressivement
: le plancher océanique s'écarte à partir des dorsales, créant de la
nouvelle croûte. C'est la théorie de l'expansion des fonds océaniques,
proposée par Harry Hess et Robert Dietz. Parallèlement, des sismologues
cartographient les zones de séismes et découvrent qu'ils se concentrent
le long de certaines lignes : les limites entre grandes plaques rigides.
Les mouvements des plaques sont alors expliqués par les courants de convection
dans le manteau : la chaleur interne de la Terre pousse la matière à
monter sous les dorsales, puis à s'écouler latéralement avant de redescendre
dans les zones de subduction, là où une plaque plonge sous une autre.
En 1967-1968, les géophysiciens Jason Morgan, Xavier
Le Pichon et Dan McKenzie formalisent mathématiquement le modèle
des plaques rigides en mouvement sur une sphère. La tectonique des
plaques devient alors un cadre unificateur, capable d'expliquer non
seulement la dérive des continents, mais aussi la formation des montagnes,
des volcans, des séismes, des fosses océaniques
et des dorsales. Elle intègre les observations géologiques, géophysiques,
paléontologiques et paléoclimatiques en un seul système cohérent.
Depuis, la théorie s'est affinée grâce aux mesures satellitaires (comme
le GPS), qui permettent de mesurer en temps réel les déplacements des
plaques, confirmant leur lente mais constante dérive — de l'ordre de
quelques centimètres par an.
La tectonique des plaques
a démarré sur Terre probablement assez tôt après la formation de la
croûte solide, il y a environ 4,0 à 3,5 milliards d'années, bien que
les détails précis soient encore en débat. Au départ, la Terre était
une planète très chaude, avec un manteau en grande partie en fusion ou
semi-fluide. La chaleur interne générée par la désintégration radioactive
et la chaleur résiduelle de l'accrétion planétaire provoquait des mouvements
convectifs dans le manteau. Ces mouvements ont fini par fragiliser la croûte
primitive, créant des zones de fissures et de failles. Progressivement,
la croûte s'est fragmentée en blocs rigides qui ont commencé à se déplacer
indépendamment, formant les premières plaques. Les collisions et subductions
de ces plaques primitives ont ensuite accéléré le refroidissement du
manteau, stabilisant un cycle tectonique comparable à celui que nous observons
aujourd'hui. Certaines études suggèrent que des formes de tectonique,
moins organisées et plus instables, existaient même dans les premières
centaines de millions d'années après la formation de la Terre, mais le
système de plaques tel que nous le connaissons est apparu probablement
au cours de l'Archéen ou du Protérozoïque.
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Phénomènes
tectoniques dans le Système solaire
La Terre est la seule
planète du Système solaire avec une
tectonique des plaques active. Cependant, les phénomènes tectoniques
observés ne se limitent pas à forme qu'ils prennent sur notre planète.
Ils englobent l'ensemble des déformations de la lithosphère des planètes
et satellites, résultant de la contraction, de l'expansion, du volcanisme,
des effets de marée ou encore de l'évolution thermique interne.
• Vénus
présente une surface dominée par des déformations complexes, avec des
dômes volcaniques, des failles normales et inverses, et de vastes zones
de rifting. Sa lithosphère subit des mouvements verticaux et des
fracturations régionales liées à un manteau encore actif. Les coronae,
structures circulaires caractéristiques, traduisent la remontée de panaches
mantelliques et l'effondrement des terrains sus-jacents.
• Mars,
bien que plus petite et moins active géologiquement, montre également
des signes de tectonique passée. Des failles et des structures montagneuses
indiquent que la croûte martienne a pu bouger à des époques antérieures.
Le gigantesque système de failles de Valles Marineris, peut être interprété
comme un rift avorté lié à la mise en place de la province volcanique
de Tharsis. La lithosphère martienne, plus épaisse que celle de la Terre,
a limité l'initiation d'une tectonique des plaques, mais l'étirement
et l'affaissement local montrent une activité interne passée intense.
• Mercure
est encore plus inerte géologiquement. Sa petite taille et sa faible activité
interne limitent les phénomènes tectoniques, bien que des observations
montrent la présence de failles de chevauchement géantes, interprétées
comme le résultat de la contraction globale de la planète lors de son
refroidissement. Ces structures, longues de plusieurs centaines de kilomètres,
témoignent d'un rétrécissement radial de plusieurs kilomètres. La faible
activité interne actuelle confirme que la tectonique y est essentiellement
fossile.
• La Lune
porte les cicatrices d'un refroidissement rapide après sa formation. On
y observe des escarpements lobés, comparables aux failles de chevauchement
de Mercure, qui indiquent une contraction globale. Les grands bassins d'impact
ont aussi engendré des fractures radiales et concentriques. Sa faible
activité interne actuelle rend ces structures ici encore essentiellement
fossiles.
• Europe,
l'un des satellites galiléens de Jupiter, présente
une surface glacée marquée par des failles et des plaques glaciaires
en mouvement. Les scientifiques pensent que cette activité pourrait être
due à une interaction entre la croûte gelée et un océan souterrain
d'eau salée chauffé par la flexion induite par Jupiter (effets de marée).
Le contexte n'est donc pas celui de la tectonique des plaques terrestres,
mais, à tout prendre, ce serait ce qui s'en rapprocherait le plus.
• Encelade
(satellite de Saturne) présente des rayures
au pôle sud qui traduisent des fractures actives, d'où s'échappent des
panaches de vapeur d'eau et de glace, alimentés par l'échauffement dû
aux forces de marée.
• Certaines
autres lunes de Jupiter (Ganymède, Callisto),
de Saturne et d'Uranus et même l'astéroïde
Cérès
révèlent des signes de contraction, d'expansion ou de cryovolcanisme,
qui peuvent être interprétés comme des formes de tectonique liées à
leur composition et à leur énergie interne limitée.
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Les plaques tectoniques
Il existe principalement
deux catégories de plaques, les plaques océaniques et les plaques
mixtes. Les plaques océaniques (ex. : la plaque Pacifique) sont constituées
presque entièrement de croûte océanique, plus dense et plus fine que
la croûte continentale. Elles se trouvent pour l'essentiel sous les océans
et peuvent s'enfoncer sous d'autres plaques lors de subductions. Les plaques
mixtes contiennent à la fois de la croûte continentale, plus épaisse
et moins dense, et de la croûte océanique. C'est le cas de la plaque
nord-américaine ou de la plaque eurasienne, qui s'étendent sur des continents
et des océans. Il n'y a pas de plaque uniquement continentale : la présence
de croûte océanique est nécessaire pour qu'une plaque tectonique puisse
se mouvoir et interagir avec les autres plaques de manière dynamique.
On reconnaît ordinairement
un peu plus d'une cinquantaine de plaques tectoniques : environ 15 grandes
plaques et eviron 40 microplaques, mais l'inventaire des plaques les plus
petites peut conduire à identifier plus de 150 plaques.
Principales plaques
tectoniques
| •
La
plaque pacifique est la plus vaste des plaques lithosphériques actuelles.
Elle couvre la majeure partie de l'océan
Pacifique et est presque entièrement océanique, à l'exception de
quelques îles volcaniques comme Hawaii. Elle
se déplace globalement vers le nord-ouest et est bordée par de nombreuses
zones de subduction qui forment la ceinture de feu du Pacifique, où s'observent
une forte activité volcanique et sismique.
• La plaque
nord-américaine s'étend sur l'Amérique
du Nord, le Groenland, une partie de l'océan
Atlantique et atteint même la Sibérie orientale.
Elle est caractérisée par une grande diversité de limites : à l'ouest,
elle est en contact avec la plaque pacifique le long de la faille de San
Andreas; à l'est, elle s'écarte de la plaque eurasienne au niveau de
la dorsale médio-atlantique. Elle est marquée par des zones de subduction
au sud de l'Alaska et par des séismes fréquents
en Californie.
• La plaque
sud-américaine recouvre tout le continent
sud-américain ainsi qu'une portion de l'Atlantique Sud. Son bord ouest
est une zone de convergence majeure où la plaque de Nazca s'enfonce en
subduction, créant la cordillère des Andes et
un volcanisme actif. À l'est, elle est en divergence avec la plaque africaine
le long de la dorsale médio-atlantique, ce qui élargit progressivement
l'océan Atlantique.
• La plaque
eurasienne est l'une des plus étendues, englobant l'Europe,
la majeure partie de l'Asie (sauf l'Inde),
ainsi qu'une partie de l'Atlantique Nord. Ses limites sont variées : au
sud, elle entre en collision avec la plaque indienne, ce qui a engendré
la formation de l'Himalaya; à l'ouest, elle
diverge de la plaque nord-américaine à la dorsale médio-atlantique;
au sud-est, elle est bordée par des zones de subduction complexes, notamment
en mer de Chine et en Indonésie.
• La plaque
africaine couvre l'Afrique et une large partie
de l'océan Atlantique Sud et de l'océan Indien. Elle s'éloigne de la
plaque sud-américaine et de la plaque eurasienne par des dorsales océaniques.
À l'intérieur même de cette plaque, un rift continental, le rift est-africain,
annonce une fragmentation future, avec la formation d'un nouvel océan.
Ce processus est accompagné d'un volcanisme intracontinental comme celui
du Kilimandjaro.
• La plaque
indo-australienne regroupe deux entités autrefois distinctes : la
plaque indienne et la plaque australienne. Elle s'étend de l'Australie
à l'Inde, en passant par une partie de l'océan Indien. Le nord de cette
plaque est marqué par la collision avec la plaque eurasienne, responsable
de la surrection de l'Himalaya et du plateau tibétain. À l'est, ses limites
sont caractérisées par de nombreuses zones de subduction dans l'archipel
indonésien.
•
La plaque
antarctique recouvre le continent Antarctique
et s'étend |
largement
dans l'océan Austral. Elle est entourée
par des dorsales océaniques qui la séparent des autres plaques, ce qui
en fait une plaque principalement divergente. Sa stabilité relative contraste
avec l'activité intense observée à ses marges, notamment en lien avec
les dorsales du Pacifique Sud.
• La plaque
de Nazca est une plaque océanique située à l'est du Pacifique, au
large de l'Amérique du Sud. Elle est en subduction sous la plaque sud-américaine,
provoquant la formation de la cordillère des Andes et une sismicité très
élevée. Elle se déplace rapidement vers l'est et constitue un acteur
majeur de la dynamique de l'océan Pacifique.
• La plaque
de Cocos est une petite plaque océanique localisée à l'ouest de
l'Amérique centrale. Elle est en subduction
sous la plaque caraïbe et la plaque nord-américaine, provoquant un intense
volcanisme et des séismes fréquents le long de l'Amérique centrale.
Elle interagit également avec la plaque pacifique par des dorsales océaniques.
• La plaque
des Caraïbes est une plaque de taille réduite, centrée sur la mer
des Caraïbes. Elle est bordée par des zones de subduction au sud
et à l'est, où elle rencontre la plaque sud-américaine et la plaque
atlantique. Elle est à l'origine de l'arc volcanique des Petites Antilles,
et sa d ynamique influence directement les séismes à Haïti
et en Amérique centrale.
• La plaque
arabique couvre la péninsule Arabique et une partie des mers avoisinantes.
Elle s'écarte de l'Afrique le long du rift
de la mer Rouge, une zone de divergence active.
À l'est, elle s'enfonce sous la plaque eurasienne, formant la chaîne
du Zagros
en Iran et une activité sismique importante.
• La plaque
Scotia est une petite plaque située au sud de l'Amérique du Sud,
entre la plaque antarctique et la plaque sud-américaine. Elle est bordée
par des zones de subduction et de failles transformantes. Sa dynamique
est complexe et associée à une activité sismique fréquente dans la
région subantarctique.
• La plaque
des Philippines est une plaque océanique de petite taille située
à l'est des Philippines et au sud du Japon.
Elle est prise dans un système complexe de subduction, où elle plonge
sous la plaque eurasienne, générant un volcanisme explosif et des séismes
destructeurs. Elle est également influencée par la proximité de la plaque
Pacifique.
• La microplaque
Juan de Fuca est une petite plaque océanique située au large de la
côte nord-ouest des États-Unis et du Canada.
Elle est en subduction sous la plaque nord-américaine, formant la zone
de subduction de Cascadia. Cette région est connue pour son potentiel
sismique élevé, susceptible de produire de très forts séismes et tsunamis. |
Les mouvements des plaques
On distingue trois types
de limites de plaques : les limites divergentes (constructives),
où les plaques s'écartent l'une de l'autre; les limites convergentes
(destructives), où les plaques entrent en collision; et les limites
transformantes (conservatives), où les plaques glissent l'une contre
l'autre horizontalement. Ces grands types de limites ne fonctionnent pas
isolément mais interagissent dans un système global. Par exemple, l'ouverture
de l'Atlantique à la dorsale médio-atlantique s'accompagne d'une fermeture
progressive du Pacifique par subduction. De même, les failles transformantes
permettent de compenser les différences de vitesses et de directions entre
plaques voisines. À l'échelle des temps géologiques, ces mécanismes
expliquent la mobilité des continents, l'apparition et la disparition
d'océans, et les grands cycles orogéniques qui façonnent le relief terrestre.
Limites divergentes.
Les limites divergentent
s'observent surtout au fond des océans (dorsales médio-océaniques).
Aux limites divergentes, on observe la création de nouvelle lithosphère.
Le cas le plus emblématique est la dorsale médio-atlantique, qui s'étend
du nord au sud sur tout l'océan Atlantique et sépare les plaques nord-américaine
et eurasienne au nord, sud-américaine et africaine au sud. C'est dans
ces zones que se produit l'accrétion océanique : le magma issu du manteau
remonte et, en se solidifiant, forme de nouveaux basaltes
océaniques. Le plancher océanique ainsi créé s'éloigne de la dorsale
à mesure que la croûte s'accumule.
La
formation de la croûte océanique commence lorsque deux plaques
lithosphériques se séparent à une zone de divergence océanique, comme
une dorsale mésogéenne. À cette interface, la croûte existante se détache
progressivement, créant une faille axiale. Sous cette faille, le magma
provenant du manteau asthénosphérique remonte pour remplacer le matériau
perdu lors de la séparation des plaques. Le magma, principalement composé
de basalte, traverse une zone appelée chambre magmatique sous la faille
axiale. Une fois là, il refroidit et solidifie, formant de nouveaux matériaux
rocheux qui constituent la croûte océanique naissante. Ce processus de
refroidissement et de solidification se produit rapidement, car le magma
est exposé directement à l'eau froide de l'océan, ce qui entraîne une
cristallisation rapide. Au fil du temps, la croûte océanique se refroidit
et se densifie, ce qui la pousse à descendre progressivement, formant
ainsi des reliefs topographiques caractéristiques. Ce processus de refroidissement
et de subsidence continue jusqu'à ce que la croûte atteigne une région
de subduction, où elle est écrasée et fondue à nouveau dans le manteau.
Cette production continue de croûte océanique contribue à l'expansion
des océans et à la redistribution constante de la croûte terrestre sur
la surface de la Terre.
Les anomalies magnétiques
parallèles observées de part et d'autre des dorsales, liées aux inversions
du champ magnétique terrestre, prouvent ce mécanisme. Phénomènes associés
: volcanisme sous-marin, séismes peu profonds,
rifts ( Rift
Est-Africain). En Islande, la dorsale affleure en surface, offrant
un exemple spectaculaire où l'on peut observer directement un rift continental
en formation, accompagné de volcanisme actif et de fissures spectaculaires.
Limites convergentes.
Les limites convergentes
correspondent aux zones où deux plaques tectoniques se rapprochent et
entrent en collision. Selon la nature des plaques impliquées, différents
phénomènes se produisent :
Océanique
↔ Océanique.
Lorsque deux plaques
océaniques se rencontrent, l'une d'elles s'enfonce sous l'autre en formant
une zone de subduction. Cette plongée de la lithosphère océanique crée
une fosse océanique profonde et engendre un volcanisme insulaire (arcs
insulaires) : c'est le cas de l'arc des Mariannes
ou des îles Tonga. Le magma produit provient de
la fusion partielle du manteau au-dessus de la plaque subduite, enrichi
en eau et autres éléments volatils.
Océanique
↔ Continentale.
Lorsque la convergence
implique une plaque océanique et une plaque continentale, la lithosphère
océanique, plus dense, s'enfonce sous le continent. Ce processus provoque
la formation d'une fosse océanique parallèle à la côte et d'une chaîne
de montagnes volcaniques sur le continent, comme les Andes en Amérique
du Sud, où la plaque de Nazca plonge sous la plaque Sud-Américaine, ou
la chaîne des Cascades où la plaque Juan de Fuca plonge sous la
plaque Nord-Américaine. L'activité sismique y est intense, avec des séismes
superficiels proches de la fosse et des séismes de plus grande profondeur
le long du plan de subduction (plan de Wadati-Benioff).
Le
plan de Wadati-Benioff décrit une série de failles inclinées qui
s'étendent profondément dans la Terre, parallèlement aux contours des
marges de subduction. Ces failles forment des zones où l'accumulation
d'énergie sismique se produit en raison du frottement entre les plaques.
Les séismes associés à ce plan sont souvent profonds et peuvent atteindre
des profondeurs de plus de 700 kilomètres. Le plan a été nommé d'après
Kiyoo Wadati (Wadachi) et Hugo Benioff, deux géologues qui ont étudié
ces phénomènes au cours des années 1950. Il permet de mieux comprendre
la dynamique des plaques tectoniques et l'activité sismique associée
dans les zones de subduction.
Continentale
↔ Continentale.
Dans le cas d'une
collision entre deux plaques continentales, aucune des deux ne peut véritablement
s'enfoncer, car elles possèdent une densité similaire et une épaisseur
importante. Cette opposition conduit à un raccourcissement et un plissement
de la croûte, qui s'épaissit et s'élève pour former des chaînes de
montagnes très hautes, comme l'Himalaya issu de la rencontre entre la
plaque indienne et la plaque eurasienne, qui a commencé à se formé il
y a une cinquantaine de millions d'années et continue de s'élever aujourd'hui.
Ces zones sont caractérisées par un fort relief, des plissements et des
chevauchements, un métamorphisme profond
et une sismicité puissante mais sans volcanisme majeur.
Limites transformantes.
Limites transformantes
(coulissantes), sont les lignes selon lequelles les plaques glissent l'une
contre l'autre horizontalement. Il n'a a pas de de création ni de destruction
de lithosphère. La faille de San Andreas en Californie constitue l'exemple
le plus connu. Elle sépare la plaque Pacifique, qui se déplace vers le
nord-ouest, et la plaque Nord-Américaine, qui glisse vers le sud-est.
Cette faille active s'étend sur plus de 1200 kilomètres et est à l'origine
de nombreux séismes parfois destructeurs, comme celui de San
Francisco en 1906. Les failles transformantes sont également visibles
sur le plancher océanique, où elles segmentent les dorsales et assurent
le raccordement entre différentes sections divergentes.
Les moteurs de la tectonique
des plaques
Le mouvement des plaques
tectoniques est la conséquence directe de la dynamique interne de la Terre,
liée à la dissipation de la chaleur issue du noyau et du manteau. Plusieurs
mécanismes et forces motrices agissent pour entraîner et maintenir la
mobilité des plaques lithosphériques :
• La
convection mantellique. - Les matériaux chauds montent (poussée d'Archimède),
les matériaux froids descendent (pesanteur).
• La poussée
des dorsales. - La lithosphère nouvellement formée est plus haute
et “glisse” vers les côtés sous l'effet de la pesanteur.
• La traction
par les plaques en subduction. - La plaque qui plonge, ici encore sous
l'effet de la pesanteur, tire le reste de la plaque. C'est considéré
comme la force dominante.
• Les frottements
basaux. - Interaction entre la base de la plaque et l'asthénosphère.
La pesanteur
intervient également à travers le phénomène de réajustement isostatique-:
les différences d'épaisseur et de densité des lithosphères continentales
et océaniques entraînent des mouvements verticaux qui affectent indirectement
la dynamique horizontale.
Tous ces mécanismes
agissent conjointement. Dans une zone donnée, la vitesse et la direction
du mouvement d'une plaque résultent de l'équilibre entre la convection
mantellique, la poussée des dorsales et surtout la traction des zones
de subduction. C'est cette combinaison qui fait de la tectonique des plaques
un système global et auto-entretenu, moteur de l'évolution géologique
de la Terre.
Convection mantellique.
Le premier mécanisme
fondamental est la convection mantellique. Le manteau terrestre, bien que
solide, se comporte sur de longues échelles de temps comme un fluide visqueux.
Cette convection est le mécanisme principal d''évacuation de la
chaleur interne de la Terre (aux trois quarts engendrée par la désintégration
radioactive d'éléments comme l'uranium,
le thorium et le potassium-40) : les matériaux
chauds du manteau, moins denses, montent vers la surface tandis que les
matériaux plus froids et plus denses descendent en profondeur. Ces mouvements
créent des cellules de convection qui exercent une traction sur la base
des plaques lithosphériques et peuvent les entraîner dans leur déplacement.
Mais la dynamique à l'oeuvre doit d'abord être cherchée dans les deux
moments clés du mouvement convectif : l'afflux de matière chaude
au niveau des dorsales, qui exerce une poussée horizontale sur les plaques
adjacentes et ensuite, le long des zones de subduction, l'engloutissement
dans le manteau de la matière refroidie des plaques.
Poussée des dorsales.
Un autre facteur
essentiel est la poussée exercée au niveau des dorsales océaniques (ridge
push). Dans les zones d'accrétion, la lithosphère nouvellement formée
est chaude et moins dense, ce qui élève les dorsales par rapport au plancher
océanique plus ancien et plus dense. Cette différence de niveau crée
une force gravitaire qui pousse latéralement les plaques, contribuant
à leur écartement.
Traction par les
plaques en subduction.
Le mécanisme le
plus puissant est sans doute la traction exercée par les plaques en subduction
(slab pull). Lorsqu'une lithosphère océanique vieille et dense
plonge dans le manteau, son poids entraîne le reste de la plaque vers
l'intérieur de la Terre. Ce phénomène agit comme une véritable ancre
qui tire la plaque, et accélère son mouvement. C'est ce processus qui
explique en grande partie la vitesse de déplacement plus élevée des
plaques bordées par de larges zones de subduction, comme la plaque Pacifique.
Frottements basaux.
D'autres phénomènes
viennent s'ajouter à ces forces principales. Le frottement basal (basal
drag), c'est-à-dire la traction exercée par le manteau asthénosphérique
en mouvement sur la base des plaques, peut jouer un rôle localement, bien
que sa contribution globale soit encore débattue.
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Les panaches
mantelliques
Les panaches mantelliques
sont des remontées de matériel chaud et moins dense provenant des profondeurs
du manteau, qui traversent la lithosphère et marquent la surface terrestre
par des manifestations volcaniques particulières. L'étude sismologique
de ces panaches suggère qu'ils pourraient relier directement la base du
manteau aux structures de surface, établissant une continuité entre dynamique
profonde et tectonique lithosphérique. Ils représentent un mode
de transfert de chaleur interne différent de la convection mantellique
associée à la tectonique des plaques, mais interagissent directement
avec celle-ci. Ils ne provoquent pas la fragmentation planétaire à grande
échelle comme la subduction ou l'accrétion, mais ils perturbent localement
la lithosphère, marquent des points fixes utiles à la compréhension
des déplacements, et rappellent que la Terre est animée par une interaction
constante entre mouvements horizontaux des plaques et transferts verticaux
de chaleur et de matière depuis les grandes profondeurs.
Lorsqu'un panache
atteint la base de la lithosphère, la diminution de pression
entraîne une fusion partielle du manteau et la production de grandes quantités
de magma. Ces remontées donnent naissance à des points chauds, caractérisés
par un volcanisme intraplaque indépendant des frontières lithosphériques
classiques. L'exemple de l'archipel d'Hawaii illustre parfaitement ce phénomène
: une plaque océanique se déplace au-dessus d'un panache fixe, générant
une chaîne de volcans alignés dont l'âge augmente avec la distance au
centre d'activité actuel. Cette relation entre déplacement de la plaque
et stationnarité du panache fournit un repère important pour mesurer
les vitesses et directions de dérive lithosphérique. Les panaches ne
se limitent pas aux océans : en contexte continental, leur arrivée provoque
souvent des bombements lithosphériques, du rifting et parfois la
genèse de nouvelles marges passives. L'ouverture de l'océan Atlantique
Nord, par exemple, est associée à l'activité du panache islandais, qui
a contribué à l'amincissement de la lithosphère et à l'amorce de la
divergence. Ainsi, les panaches peuvent jouer un rôle déclencheur dans
l'évolution des plaques, en facilitant la rupture ou en modifiant les
régimes de contrainte. |
Le rôle de l'eau
L'eau
joue un rôle fondamental dans la dynamique de la tectonique des plaques,
en agissant à plusieurs niveaux du système lithosphère-manteau. C'est
à la fois un agent de transformation chimique, un déclencheur de fusion
partielle et un facilitateur mécanique, sans lequel la tectonique des
plaques n'aurait probablement pas l'aspect dynamique qu'on lui connaît
aujourd'hui. Dans l'océan, elle intervient dès la formation de la croûte
océanique au niveau des dorsales, où elle circule dans les fractures
et fissures de la lithosphère naissante. Cette circulation hydrothermale
altère les roches, notamment les basaltes, en les hydratant et en incorporant
des minéraux porteurs d'eau comme les amphiboles
ou la serpentine. Ainsi, une partie
de l'eau est stockée directement dans la croûte océanique et le manteau
lithosphérique supérieur.
Lorsqu'une plaque
océanique vieillit et s'éloigne de la dorsale, elle se refroidit, s'épaissit
et s'alourdit. Arrivée en zone de subduction, cette plaque plonge dans
l'asthénosphère. Avec l'augmentation de la pression
et de la température, les minéraux hydratés
libèrent progressivement leur eau lors de réactions de déshydratation.
Cette eau relâchée dans le manteau supérieur sus-jacent abaisse considérablement
le point de fusion des péridotites, ce qui favorise la genèse de magmas.
Ces magmas sont à l'origine de l'activité volcanique caractéristique
des arcs volcaniques situés au-dessus des zones de subduction.
L'eau contribue aussi
à réduire la viscosité et la résistance mécanique des roches, ce qui
facilite les mouvements et la déformation des plaques. Elle intervient
dans la lubrification des zones de subduction et est impliquée dans le
déclenchement de certains séismes, car sa présence influence la pression
des fluides et les conditions de rupture sur les
failles. À plus long terme, elle assure le recyclage des matériaux entre
la surface et le manteau, participant au grand cycle de l'eau à l'échelle
planétaire.
A plus long terme
encore, l'eau joue un rôle essentiel dans la stabilisation thermique de
la Terre en agissant comme régulateur des échanges de chaleur entre la
lithosphère et le manteau. Lorsqu'une plaque océanique s'hydrate au niveau
des dorsales puis relâche son eau en subduction, elle déclenche la fusion
partielle du manteau et alimente ainsi un volcanisme qui permet au manteau
profond de se refroidir progressivement. Ce mécanisme assure une évacuation
continue de la chaleur interne par la production et la remontée de magmas
vers la surface. Sans eau, les températures nécessaires à la fusion
du manteau seraient beaucoup plus élevées, le volcanisme serait limité
et l'évacuation de chaleur moins efficace, ce qui ralentirait la régulation
thermique.
L'eau contribue également
à maintenir une convection mantellique plus fluide et plus active. En
diminuant la viscosité des roches mantelliques, elle facilite les mouvements
de convection qui redistribuent la chaleur à l'intérieur du manteau.
Cette dynamique limite les accumulations locales de chaleur et empêche
un emballement thermique de la planète.
Par ailleurs, l'eau
relie les cycles internes et externes de la Terre. Le recyclage continu
de l'eau par la subduction, puis sa réinjection en surface par le volcanisme,
maintient un équilibre entre les réservoirs superficiels (océans, atmosphère,
croûte) et le manteau profond. Cette interaction permet une relative stabilité
de la quantité d'eau disponible en surface depuis des milliards d'années,
ce qui contribue indirectement à la régulation climatique et donc à
la stabilité des conditions de vie sur Terre.
Conséquences et manifestations
géologiques
Les mouvements des plaques
tectoniques ont des conséquences directes et multiples sur la surface
de la Terre, produisant des manifestations géologiques variées qui façonnent
en permanence le relief et l'évolution des continents et des océans.
Formation des
reliefs. Séismes. Volcanisme.
Formation
des reliefs.
L'une des principales
conséquences est la formation des chaînes de montagnes. Lorsqu'une plaque
océanique plonge en subduction sous une plaque continentale, un relief
côtier se forme, accompagné de volcans et de séismes,
comme dans les Andes. Lorsqu'il s'agit de la collision entre deux plaques
continentales, le raccourcissement et l'épaississement de la croûte donnent
naissance à de vastes chaînes orogéniques, comme l'Himalaya ou les Alpes.
Séismes.
Les séismes constituent
une autre manifestation majeure. Ils sont liés à l'accumulation puis
à la libération brutale de contraintes au niveau des limites de plaques
à diverses profondeurs. Les zones de subduction et de failles transformantes
sont particulièrement exposées, comme au Japon, en Californie ou en Turquie.
Certains de ces séismes, lorsqu'ils se produisent sous les océans, provoquent
des tsunamis aux effets dévastateurs.
Volcanisme.
Le volcanisme est
également intimement lié aux mouvements des plaques. Dans les zones de
subduction (andésites, rhyolites), le dégazage et la fusion partielle
du manteau produisent un volcanisme explosif, tandis que dans les zones
de divergence, comme aux dorsales océaniques (basaltes) ou dans
les rifts continentaux, le volcanisme est
généralement effusif, produisant de vastes coulées de lave.
Cycle des roches
et recyclage crustal.
Le cycle des roches
(cycle pétrologique) est un enchaînement continu de transformations que
subissent les roches à l'échelle de la Terre. Il est indissociable
de la tectonique des plaques, car ce sont les mouvements de divergence,
de subduction et de collision qui assurent la circulation de la matière,
relient les différents réservoirs et maintiennent l'évolution perpétuelle
des roches terrestres. Les trois grands types de roches – ignées,
sédimentaires
et métamorphiques – évoluent en
fonction des mouvements de la lithosphère, des échanges de matière entre
la surface et le manteau, et des conditions de pression et de température
qui varient dans le temps et l'espace.
Les roches ignées
naissent de la fusion partielle des matériaux du manteau ou de la croûte.
Dans les zones de dorsales océaniques, la divergence des plaques permet
l'ascension et la décompression des péridotites mantelliques, générant
des basaltes qui constituent la croûte océanique. Dans les zones de subduction,
la pénétration de plaques océaniques froides et hydratées entraîne
une fusion partielle du manteau sus-jacent, donnant naissance à des magmas
andésitiques ou rhyolitiques, qui alimentent les arcs volcaniques. Les
magmas peuvent cristalliser en profondeur, formant des roches plutoniques,
ou parvenir en surface par volcanisme effusif ou explosif.
Ces roches, une fois
exposées à la surface, subissent l'altération mécanique et chimique
sous l'action de l'eau, du climat et de la biosphère.
Les produits de cette érosion sont transportés et déposés dans les
bassins sédimentaires, que ce soit en bordure de continents ou dans les
plaines abyssales. Les sédiments se compactent et se cimentent pour former
des roches sédimentaires, témoins des environnements de dépôt. Ces
bassins sont eux-mêmes contrôlés par la tectonique : les rifts créent
des zones d'accumulation, tandis que les zones de convergence entraînent
leur enfouissement.
En profondeur, l'augmentation
de la pression et de la température transforme progressivement les roches,
sans fusion complète : c'est le métamorphisme. Dans les chaînes de collision,
les roches sédimentaires et ignées sont enfouies, donnant naissance à
des schistes, gneiss et éclogites, enregistrant les conditions extrêmes
des orogenèses. Dans les zones de subduction, le métamorphisme de haute
pression et basse température produit des minéraux hydratés caractéristiques,
tandis que dans les racines crustales épaissies, les températures élevées
induisent un métamorphisme de haute température.
Si l'enfouissement
se poursuit, certaines roches franchissent le seuil de fusion partielle,
générant de nouveaux magmas qui peuvent remonter vers la surface. Une
partie de la lithosphère océanique recyclée dans le manteau alimente
la dynamique convective qui, à long terme, régénère la croûte par
la fusion sous les dorsales.
Le cycle n'est pas
fermé ni parfaitement équilibré : la croûte continentale, plus légère
et plus épaisse, résiste mieux à la subduction et s'accumule au fil
du temps, tandis que la croûte océanique, plus dense, est constamment
recyclée, avec une durée de vie moyenne de 200 millions d'années. Ce
déséquilibre explique pourquoi les continents s'agrandissent progressivement,
incorporant des fragments d'arcs volcaniques, des ophiolites
(morceaux de croûte océanique obduits) ou des microcontinents arrachés
à d'autres plaques.
Les cycles de
Wilson.
Les mouvements des
plaques tectoniques sont responsables de la réorganisation globale des
continents et des océans selon un mode cyclique, qui voit l'alternance
de fragmentation et de rassemblement des masses continentales en un ou
plusieurs supercontinents, et prend le
nom de cycles de Wilson. Ces cycles ont des conséquences majeures pour
la vie, le climat, les courants océaniques et la distribution des écosystèmes.
La création de supercontinents favorise l'isolement des espèces et les
extinctions dans les zones arides centrales, tandis que leur fragmentation
offre de nouvelles voies de dispersion et stimule la diversification biologique.
Un cycle commence
généralement par la fragmentation (rifting) d'un continent existant
ou la fermeture d'océans, ordinairement provoquée par la convergence
ou la divergence des plaques. Lorsque les continents dérivent, ils se
rapprochent progressivement les uns des autres sous l'effet de la subduction
des océans intermédiaires et des forces convectives dans le manteau.
Ces collisions finissent par soulever des chaînes de montagnes et fusionner
les masses continentales en un supercontinent.
Une fois formé,
le supercontinent influence le climat et les courants
océaniques en modifiant la distribution des terres et des mers. Les
régions centrales, éloignées des océans, deviennent souvent arides
et subissent des extrêmes climatiques, tandis que les marges côtières
restent humides et fertiles. Le poids massif du supercontinent exerce également
une pression sur le manteau, ce qui peut ralentir le flux de chaleur interne
sous le continent. Cette accumulation de chaleur peut, avec le temps, provoquer
la formation de panaches mantelliques sous le supercontinent. Ces panaches
créent des fissures et des zones de faiblesse dans la croûte, initiant
la rupture du supercontinent et l'ouverture de nouveaux océans.
La fragmentation
entraîne la dérive des fragments continentaux et la création de nouvelles
marges océaniques par expansion des fonds marins. Au fur et à mesure
que les plaques continuent de se déplacer, des océans se ferment et se
rouvrent, permettant éventuellement à de nouveaux supercontinents de
se former. Ce cycle complet de formation, stabilité et fragmentation se
répète sur des échelles de temps géologiques de 400 à 600 millions
d'années environ.
Les géologues ont
identifié plusieurs supercontinents qui se sont succédé au long de l'histoire
de la Terre, chacun formé lors d'un stade avancé du cycle de Wilson :
• Vaalbara
( ≈ 3,3 – 2,8 Ga (= milliards d'années)). - Considéré comme le premier
supercontinent possible, il témoigne d'un des tout premiers cycles de
Wilson,.
• Kenorland
( ≈ 2,7 – 2,5 Ga). - Formé par la collision de plusieurs cratons
archéens., il'est fragmenté par rifting (début d'un cycle de
Wilson).
• Columbia
/ Nuna ( ≈ 1,9 – 1,5 Ga). - Il résulte de la fermeture de
plusieurs océans. et témoigne d'une phase de collision continentale majeure.
• Rodinia
( ≈ 1,1 Ga – 750 Ma). - Supercontinent bien établi, entouré d'un
vaste océan unique (proto-Pacifique).
• Pannotia
( ≈ 600 – 540 Ma). - Court épisode de rassemblement continental, qu'
s'est rapidement fragmenté au début du Cambrien.
• Pangée
( ≈ 335 – 175 Ma). - Décrit par Wegener, c'est le plus célèbre supercontinent.
Il a été formé par la fermeture de l'océan
Rhéique et de la Téthys. La fragmentation
de la Pangée au Jurassique a abouti à l'ouverture
de l'Atlantique (cycle de Wilson actuel).
Le mouvement des
plaques dans l'histoire du vivant
Les mouvements des plaques
tectoniques, en remodelant sans cesse la surface de la planète, ils ont
été un moteur essentiel de l'évolution. Dès l'apparition des premiers
organismes vivants (les sources hydrothermales
le long des dorsales océaniques sont de possibles sites où les premières
formes de vie ont pu émerger) et tout au long de leur histoire, les processus
liés à la tectonique des plaques ont fourni à la fois l'énergie, les
nutriments et les environnements nécessaires à la transformation et à
la diversification du vivant. Ils ont imposé aux organismes
vivants de nouvelles contraintes, créé de nouveaux habitats ou des voies
de dispersion, et déclenché à aussi des crises qui ont orienté la trajectoire
de la biodiversité terrestre et marine.
Lorsque les continents
se déplacent, ils changent la répartition des terres et des mers, ce
qui a un impact direct sur le climat global et régional. La formation
et la disparition de mers intérieures et d'océans entiers ouvrent ou
ferment des voies de communication entre les espèces, ce qui favorise
soit l'isolement de certaines populations, menant à une diversification
évolutive, soit leur mise en contact, entraînant des compétitions ou
des échanges biologiques.
Les collisions entre
plaques peut donner naissance à de hautes chaînes de montagnes. Ces reliefs
réent alors de nouveaux environnements en altitude, offrant des habitats
nouveaux pour certains organismes, tout en influençant la circulation
atmosphérique et donc la répartition des précipitations et des zones
climatiques. L'élévation de l'Himalaya, par exemple, due à la
collision entre l'Inde et l'Asie il y a environ 50 millions d'années,
a modifié les courants atmosphériques et entraîné l'installation de
la mousson asiatique, ce qui a eu d'immenses répercussions sur les écosystèmes
terrestres. Les changements climatiques qui en ont découlé ont remodelé
la répartition des espèces végétales et animales, stimulant encore
une fois l'adaptation et la diversification.
Les déplacements
des plaques ont aussi contribué à de grandes crises biologiques. Le rapprochement
des masses continentales pour former des supercontinents, comme la Pangée,
il y a environ 300 millions d'années. La réunion des continents a réduit
la longueur des côtes, qui étaient jusque-là des zones très favorables
au développement d'écosystèmes marins peu profonds. Beaucoup d'espèces
marines ont disparu, tandis que sur les continents, l'intérieur de la
Pangée est devenu aride, ce qui a entraîné la disparition de nombreuses
formes de vie végétale et animale. Ce contexte a favorisé l'essor des
reptiles,
mieux adaptés à la sécheresse que les amphibiens.
À l'inverse, la
fragmentation des supercontinents offre ensuite de nouvelles niches écologiques
et favorise des radiations évolutives. L'ouverture d'océans et de rifts
génère des marges continentales et des écosystèmes marins spécifiques,
riches en nutriments, qui stimulent la biodiversité marine. La fragmentation
de la Pangée, par exemple, a permis l'isolement des populations et donc
une diversification spectaculaire, comme au Jurassique et au Crétacé
la radiation évolutive des dinosaures, qui se sont adaptés à des environnements
variés. En parallèle, les premières plantes à fleurs se sont développées
et diversifiées, profitant de cette mosaïque d'habitats.
Les éruptions volcaniques
massives associées à certains mouvements tectoniques ont libéré d'énormes
quantités de gaz (comme le soufre et l'azote), bouleversant l'atmosphère
et provoquant des réchauffements ou refroidissements rapides qui ont marqué
des tournants dans l'évolution des organismes vivants. Au Crétacé, par
exemple, l'activité tectonique intense a entraîné la création de vastes
plateaux volcaniques et libéré de grandes quantités de gaz, contribuant
à des changements climatiques. Ces perturbations (ajoutées à l'impact
de la météorite de Chicxulub) ont contribué
à l'extinction massive de la fin du Crétacé,
marquée par la disparition des dinosaures
non aviens. Cette extinction a ouvert la voie à l'expansion rapide des
mammifères, qui jusque-là occupaient des niches secondaires.
Par ailleurs, lorsque
les plaques se déplacent, elles provoquent la subduction de la croûte
océanique, qui entraîne la libération de dioxyde de carbone
(CO2) provenant des roches carbonatées et des sédiments
enfouis. Ce processus participe au cycle du carbone, essentiel pour maintenir
une température moyenne compatible avec la vie. Sans cette régulation,
la Terre aurait pu connaître des périodes de refroidissement ou de réchauffement
extrêmes, rendant difficile la survie des organismes. Enfin, l'activité
tectonique contribue à recycler les nutriments essentiels à la vie. La
remontée de magma et l'altération des roches exposent des minéraux comme
le potassium, le calcium
et le magnésium, qui sont transportés par
l'érosion vers les océans, soutenant la croissance des organismes marins.
Ces processus ont été particulièrement importants lors des périodes
de radiation biologique, comme l'explosion
cambrienne, où la disponibilité des nutriments combinée à des conditions
climatiques stables a permis l'apparition rapide d'une grande diversité
de formes de vie. |
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