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Jupiter

Planète géante


Jupiter.
La planète Jupiter. Source : NASA  / Mission Cassini.
(le disque noir en bas Ă  gauche est celui d'Europa).
Jupiter est l'une des quatre planètes géantes du Système solaire, et c'est la plus grosse. La masse de cet astre est plus de 300 fois supérieure à celle de la Terre. En son centre se niche un noyau rocheux d'une taille équivalente à celle de notre planète. Mais Jupiter est, pour l'essentiel, une immense boule d'hydrogène. Jupiter possède un environnement spatial dominé par un champ magnétique gigantesque, une population nombreuse de satellites naturels et un système d'anneaux discret. Ces trois composantes interagissent étroitement et forment un ensemble dynamique qui influence une vaste région de l'espace autour de la planète. Les particules piégées par la magnétosphère de Jupiter influencent les surfaces des satellites, et les impacts sur les petites lunes fournissent continuellement la matière des anneaux.

Dans les rĂ©gions internes de Jupiter, oĂą règnent des pressions et des tempĂ©ratures excessivement Ă©levĂ©es, l'hydrogène se prĂ©sente Ă  l'Ă©tat liquide et forme un ocĂ©an  profond de plusieurs milliers de kilomètres. Une très Ă©paisse atmosphère oĂą se superposent plusieurs couches de nuages enveloppe cet ocĂ©an. La rotation très rapide de Jupiter y provoque l'Ă©talement de ses nuages le long de bandes parallèles Ă  l'Ă©quateur, oĂą alternent rĂ©gion claires et sombres. Les premières sont habituellement qualifiĂ©es de zones. On a montrĂ© en 2004 que ce zonage de l'atmosphère jovienne reposait sur les mĂŞmes principes (flux turbulent) que ceux qui organisent la dispositions des courants ocĂ©aniques sur la Terre. Une dĂ©couverte que pourrait avoir des rĂ©percussions sur la comprĂ©hension de la climatologie de notre planète.

Jupiter : circulation atmosphérique.
La circulation atmosphérique de Jupiter enregistrée par la sonde Cassini.
24 rotations de Jupiter (31 octobre - 9 novembre 2000). Sources : NASA/ JPL / University of Arizona.
Les nuages sont poussés à des vitesse de l'ordre de 300 km/h. Les plus hauts, a-t-on pensé apparaissent plus clairs car ils reçoivent directement la lumière du Soleil. Ceux qui se situent en profondeur sont à l'ombre des précédents et semblent donc plus sombres. Ce point de vue est aujourd'hui discuté. Et les différences de teintes pourraient aussi pour une part provenir de compositions chimiques différentes.

L'atmosphère de Jupiter peut également former d'immenses tempêtes. Elles se apparaissent sous la forme de vastes taches, généralement blanchâtres, parfois brunes, appelées des ovales, et qui peuvent persister des mois ou des années. Elles correspondent à des remontées de matière depuis les profondeurs de l'atmosphère jovienne. Parfois ces tempêtes se rattrapent, et fusionnent. C'est ce qui est arrivé, par exemple, en 1998, à deux ovales clairs dont l'évolution était suivie depuis un demi-siècle.
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Jupiter : la Grande tache rouge.
Région de la Grande Tache rouge de Jupiter.

La plus connue de ces perturbations est cependant assez différente, par son aspect, des précédentes. Il s'agit d'une gigantesque structure nuageuse tourbillonnaire, correspondant à une tempête anticyclonique, et qui est appelée la Grande Tache rouge. D'un diamètre de 30 000 kilomètres, celle-ci existe depuis au moins 300 ans, mais ne cesse de rapetisser : sa superficie s'est réduite des deux tiers depuis 150 ans.

L'origine de la coloration très marquée de cette Grande Tache rouge reste à élucider. Mais elle est généralement attribuée à la présence de molécules, pour la plupart organiques. De façon générale, la variété des couleurs observées dans l'atmosphère de Jupiter, où dominent les bruns, le jaune, le roux, et le bleu-vert, traduisent une chimie complexe et encore mal connue, malgré les progrès notables qu'on permis d'accomplir ces dernières années le télescope spatial infrarouge Iso, ou la sonde d'exploration in situ Galileo.
Magnétosphère.
La magnétosphère de Jupiter est la plus vaste structure planétaire du Système solaire. Elle résulte de l'intense champ magnétique généré par les mouvements du métal hydrogène liquide dans les profondeurs de la planète. Ce mécanisme, comparable à une dynamo, produit un champ environ dix à vingt fois plus puissant que celui de la Terre. La magnétosphère s'étend sur plusieurs millions de kilomètres du côté exposé au Soleil et forme, du côté opposé, une immense queue magnétique pouvant dépasser l'orbite de Saturne.

Cette enveloppe magnétique piège d'énormes quantités de particules chargées, principalement des électrons et des ions. Les niveaux de radiation qui en résultent sont extrêmement élevés et représentent un danger majeur pour les sondes spatiales. Les missions Galileo, Juno et les futures missions européennes et américaines ont dû être spécialement conçues pour résister à cet environnement hostile.

Une caractéristique remarquable de la magnétosphère jovienne est qu'elle est alimentée en grande partie par le satellite Io. Ce dernier, très actif sur le plan volcanique, émet continuellement du soufre, de l'oxygène et d'autres gaz qui sont ionisés puis capturés par le champ magnétique de Jupiter. Ces particules forment un tore de plasma entourant l'orbite d'Io et contribuent à l'alimentation permanente de la magnétosphère.

Les interactions entre le champ magnĂ©tique et les particules Ă©nergĂ©tiques provoquent de spectaculaires aurores polaires aux pĂ´les de Jupiter. Beaucoup plus puissantes que celles observĂ©es sur Terre, elles sont visibles dans l'ultraviolet, l'infrarouge et parfois dans le domaine visible. 

Satellites.
Le système de satellites de Jupiter est le plus riche du Système solaire après celui de Saturne. Plus de quatre-vingt-dix lunes y ont été découvertes. Elles présentent des tailles, des compositions et des origines très variées. Certaines sont probablement des corps capturés, tandis que d'autres se sont formées en même temps que la planète à partir du disque de gaz et de poussières qui l'entourait.

Les satellites galiléens.
Les quatre plus grands satellites, découverts en 1610 par Galilée, sont appelés... satellites galiléens. Ils constituent à eux seuls un véritable système planétaire miniature.

• Io, le plus proche des quatre, est le corps volcanique le plus actif connu. Les forces de marée exercées par Jupiter et les autres satellites galiléens provoquent des déformations internes qui entretiennent une activité géologique intense. Des centaines de volcans y projettent régulièrement des matériaux à plusieurs centaines de kilomètres d'altitude.

• Europe possède une surface glacée relativement jeune parcourue de nombreuses fractures. Sous cette croûte de glace se trouverait un vaste océan d'eau liquide maintenu à l'état fluide par les effets de marée. Cet environnement fait d'Europe l'un des principaux candidats à la recherche d'une éventuelle vie extraterrestre microbienne.

• Ganymède est le plus grand satellite du Système solaire; son diamètre dépasse même celui de la planète Mercure. Il possède un champ magnétique propre, phénomène unique parmi les lunes connues. Sa structure interne semble différenciée, avec un noyau métallique, un manteau rocheux et plusieurs couches d'eau et de glace.

• Callisto, le plus externe des satellites galiléens, présente une surface très ancienne et fortement cratérisée. Son évolution géologique a été plus limitée que celle des autres grandes lunes. Des indices suggèrent néanmoins l'existence possible d'un océan souterrain profond.

Io, Europe et Ganymède laissent des signatures lumineuses particulières dans les régions polaires de Jupiter en raison de leurs interactions électromagnétiques avec la planète.

Les autres satellites.
Autour de ces quatre grands satellites gravitent de nombreuses lunes plus petites. Certaines, comme Amalthée, Thébé, Métis ou Adrastée, orbitent près de la planète et participent à l'alimentation des anneaux par l'émission de poussières produites lors des impacts météoritiques. D'autres, situées beaucoup plus loin, suivent souvent des orbites très inclinées ou rétrogrades, signe probable d'une origine par capture gravitationnelle.

La planète possède par ailleurs des accompagnateurs : deux groupes de troyens circulent sur la même orbite qu'elle, à quoi il convient d'ajouter une famille de comètes (les comètes joviennes), dont les orbites sont fortement perturbées par Jupiter, et dont faisait partie Shoemaker-Levy-9 satellisée, puis absorbée par la planète géante.

Anneaux.
Le système d'anneaux de Jupiter fut découvert en 1979 par la sonde Voyager 1. Contrairement aux anneaux brillants et étendus de Saturne, ceux de Jupiter sont très ténus et difficiles à observer depuis la Terre. Ils sont essentiellement constitués de fines particules de poussière plutôt que de gros blocs de glace.

L'anneau principal est relativement étroit et se situe à proximité immédiate de la planète. Il est alimenté par les débris provenant des petites lunes Métis et Adrastée. De part et d'autre de cet anneau principal se trouvent des structures plus diffuses appelées halos, créées sous l'influence des forces électromagnétiques de la magnétosphère.

Plus loin s'étendent deux anneaux externes très larges et peu denses, associés aux satellites Amalthée et Thébé. Les poussières éjectées de la surface de ces lunes par les impacts de micrométéorites se dispersent progressivement et entretiennent ces anneaux diffus.

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