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Alfred
Lothar Wegener est un météorologue et explorateur né le 1er
novembre 1880 Ă Berlin et mort le 1er
ou le 2 novembre 1930 au Groenland .
Les expéditions d'Alfred Wegener au Groenland constituent une part essentielle
de sa vie et de son oeuvre scientifique. Elles marquent non seulement son
attachement profond Ă la recherche de terrain mais aussi son courage face
à des environnements parmi les plus hostiles de la planète. Mais on se
souvient aujourd'hui de lui surtout pour son l'idée de la dérive des
continents, qu'il a proposée en Allemagne en 1912. Une conception de la
Terre
et de son passé, qui s'est trouvée intégrée à la théorie de la tectonique
des plaques, quand celle-ci a commencé à être acceptée à partir
de 1968.
Wegener naît dans
une famille cultivée appartenant à la bourgeoisie allemande. Son père
est pasteur et professeur de langues anciennes, et l'environnement intellectuel
dans lequel il grandit lui permet très tôt de développer une curiosité
pour les sciences naturelles. Après des études secondaires brillantes,
il se tourne vers les sciences physiques et naturelles, en particulier
l'astronomie, discipline qu'il étudie
à l'Université de Berlin puis à celle de Heidelberg.
Très vite, il s'intéresseaussi à la météorologie et à la physique
de l'atmosphère, domaines encore jeunes au tournant du XXᵉ siècle.
Il soutient sa thèse de doctorat en astronomie en 1905, mais déjà ses
centres d'intérêt s'élargissaient à la géophysique
et aux phénomènes climatiques.
En 1906, Wegener
participe à une expédition cartographique et scientifique dans le nord-est
du Groenland organisée par l'explorateur Ludvig Mylius-Erichsen. Il y
est chargé des observations météorologiques et des mesures de l'atmosphère
grâce à l'utilisation de cerfs-volants et de ballons captifs, une méthode
encore novatrice à l'époque. Il en rapportera de précieuses données
sur la circulation atmosphérique arctique, confirmant l'importance de
l'Arctique pour la compréhension du climat
global. Cette expédition se termine cependanttragiquement avec la mort
de Mylius-Erichsen et de deux de ses compagnons, mais Wegener, qui participe
aux opérations de secours, sortit de cette expérience renforcé dans
sa vocation scientifique et exploratoire.
Ă€ son retour en
Europe, il travaille à l'Observatoire aérologique de Lindenberg, près
de Berlin, où il se spécialise dans l'étude des masses d'air et des
mouvements atmosphériques, tout en développant un intérêt croissant
pour les questions liées à la structure et à l'évolution de la Terre.
En 1912, il retourne au Groenland avec son frère Kurt Wegener. Leur objectif
est double : approfondir les observations météorologiques et tester des
méthodes de recherche en glaciologie. Ce voyage, plus court que le précédent,
confirme les aptitudes logistiques et organisationnelles de Wegener, ainsi
que sa capacité à travailler dans des conditions extrêmes où températures
glaciales, isolement et tempĂŞtes mettent constamment les hommes en danger.
Parallèlement, il
amorce un réflexion géophysique audacieuse. Dès 1912, il commence a
formuler l'idée selon laquelle continents ne sont pas fixes mais dérivent
lentement à la surface du globe. En observant la complémentarité frappante
des côtes africaines et sud-américaines, et en rassemblant des données
paléontologiques, géologiques et climatologiques, il propose une théorie
qu'il développe dans son ouvrage majeur publié en 1915, Die Entstehung
der Kontinente und Ozeane (La genèse des continents et des océans).
Wegener y expose l'hypothèse de la dérive des continents, selon laquelle
les terres émergées avaient jadis formé une masse unique, la Pangée,
avant de se fragmenter et de s'éloigner progressivement.
À l'époque, sa
théorie suscita un accueil très sceptique. Les géologues traditionnels
lui reprochent le manque de mécanisme convaincant capable d'expliquer
le mouvement des continents. Wegener a, certes, pressenti le rĂ´le possible
des forces internes de la Terre, mais sans disposer des preuves ni des
concepts qui seront découverts plus tard avec la tectonique des plaques.
Malgré les critiques, il défend avec constance sa vision et publiera
plusieurs éditions enrichies de son ouvrage, convaincu que les données
accumulées finiraient par convaincre la communauté scientifique.
Wegener mène aussi
une carrière académique. Il enseigne la météorologie, la géophysique
et l'astronomie à l'Université de Marbourg
puis Ă celle de Hambourg, avant de devenir
professeur à l'Université de Graz en Autriche.
Ses cours sont réputés pour leur clarté et leur ouverture d'esprit,
et il forma une génération d'étudiants à la pluridisciplinarité, ce
qui n'est pas encore courant. Sa vie privée connaît également une certaine
stabilité : en 1913, il épouse Else Köppen, fille d'un célèbre climatologue,
Wladimir Köppen, dont les travaux sur les classifications
climatiques l'inspireront beaucoup.
MĂŞme s'il
continue à réfléchir et à écrire sur ses idées, la Première
Guerre mondiale interrompt pour l'essentiel ses travaux : il sert comme
officier météorologiste dans l'armée allemande. Après le conflit, il
reprend ses recherches avec énergie, partageant son temps entre l'enseignement
et l'organisation d'expéditions au Groenland, où il poursuivit des observations
météorologiques et glaciologiques essentielles. La plus importante de
ses expéditions sera celle de 1929-1930. Organisée à grande échelle
et dotée de moyens modernes pour l'époque, elle vise à installer des
stations de recherche à l'intérieur de l'inlandsis
afin d'étudier la calotte glaciaire et les mouvements de la glace.
Wegener, nommé chef
de l'expédition, doit coordonner les équipes et assurer l'approvisionnement
des stations isolées. Les chercheurs installent des instruments pour mesurer
la vitesse de déplacement de la glace, l'épaisseur de l'inlandsis par
sondage sismique, ainsi que des stations météorologiques permanentes.
Ces travaux contribuent Ă jeter les bases de la glaciologie moderne et
à renforcer l'idée que le Groenland joue un rôle déterminant dans l'équilibre
climatique mondial. Mais les conditions de cette mission sont particulièrement
difficiles. L'hiver arctique de 1930 est d'une rigueur exceptionnelle,
avec des tempĂ©ratures avoisinant parfois les â€-60 °C et des tempĂŞtes
de neige incessantes.
En octobre, Wegener
décide de conduire lui-même une mission de ravitaillement vers la station
centrale, située à plus de 400 kilomètres à l'intérieur de la calotte
glaciaire, car l'équipe manque de vivres et de combustible. Accompagné
de quelques compagnons, il part avec des traîneaux à chiens dans une
traversée extrêmement périlleuse. Ils réussissent à atteindre la station,
mais Wegener, épuisé par l'effort et affaibli par le froid et le manque
d'oxygène, décède au retour, le jour (ou le lendemain) de son cinquantième
anniversaire. Son corps sera retrouvé quelques mois plus tard, soigneusement
enseveli par ses compagnons dans la neige.
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En
librairie -
Wegener, La genèse des continents et des océans, Christian Bourgois,
1991.
Martin
Schwarzbach et Claude Allègre, Wegener, le père de la dérive des
continents, Belin 1999.
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