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Philippines
Republika ng Pilipinas (Pilipinas)

13 00 N, 122 00 E
Les Philippines sont Etat insulaire d'Asie du Sud-Est , entre la mer des Philippines à l'est, la mer de Chine méridionale à l'ouest et la mer de Célèbes au sud, formant la partie septentrionale de l'Insulinde. Il s'agit d'un archipel de plus de 7 600 îles qui se développe sur environ 1 850 kilomètres du nord au sud et 1 100 kilomètres d'est en ouest, et couvre une superficie d'environ 300 000 km². Le pays est réparti en trois grandes régions géographiques : Luzon au nord, les îles Visayas au centre et Mindanao au sud. Chacune de ces régions possède une géographie contrastée faite de chaînes de montagnes, de plaines côtières, de vallées fluviales, de plateaux volcaniques et de récifs coralliens. Population en 2025 : environ 118 millions d'habitants.
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Carte des Philippines.
Carte des Philippines. Source : The World Factbook.
(Cliquer sur l'image pour afficher une carte plus détaillée).

Cet archipel a reçu divers noms qui ne furent pas retenus celui d'archipel de Saint-Lazare, attribué aussi primitivement aux îles des Larrons ou Mariannes; de Magellanie, en souvenir de son découvreur, en 1521; d'lles occidentales, rappelant que son voyage s'effectua de l'Est à l'Ouest; c'étaient aussi les Indes espagnoles. Le nom qui est resté lui fut donné par Lopez de Villalobos (1543) en l'honneur du prince des Asturies, le futur Philippe II.

Géographie physique des Philippines

Relief.
ReliĂ©es aux Ă®les de l'archipel indonĂ©sien par un plateau sous-marin (210 m) Ă  peu près continu, mais bordĂ©es Ă  l'Est. et Ă  l'Ouest par des profondeurs considĂ©rables (Fosse des Philippines, -10 497 m), les Philippines se trouvent situĂ©es dans une des zones de rencontre de plaques tectoniques, ce qui lui vaut une activitĂ© volcanique et sismique importante. Les plus cĂ©lèbres volcans sont : le Mayon, rĂ©putĂ© pour sa forme conique parfaite, et le Taal, l'un des volcans les plus dangereux du pays, le Bulusan, le Babuyan, le Pinatubo (grande Ă©ruption en 1991) dans Luçon, et le volcan d'Apo (2954 m), point culminant du pays, dans l'Ă®le de Mindanao. 

Le relief volcanique est ainsi une caractĂ©ristique majeure de la gĂ©ographie philippine. Le pays se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone d'intense activitĂ© tectonique. Les Philippines comptent plus de 50 volcans actifs. La topographie est dominĂ©e par le caractère montagneux des Ă®les, la majoritĂ© de leur surface Ă©tant constituĂ©e de terrains Ă©levĂ©s. 

Luzon.
Luzon, l'île principale et la plus grande (106 500 km²), se compose de deux parties inégales réunies par un isthme qui n'a pas plus de 16 km de large. La partie septentrionale est la plus grande;celle du Sud se nomme Camarines. Deux chaînes de montagnes, les Caravallos (Cordillère centrale) et la Sierra Madre, d'une hauteur moyenne de 1000 m (point culminant au Mont Pulag : 2930 m), couvrent la division septentrionale, se réunissent aux sud, et traversent l'isthme en une seule chaîne peu élevée. Le centre de Luzon est occupé par une autre grande plaine alluviale, la plaine centrale de Luzon, arrosée par le fleuve Pampanga, où se concentrent la riziculture intensive et une grande partie de la population. Principales villes : Manille (la capitale des Philippines), Quezon City, Baguio, Batangas.

Mindanao.
Mindanao, la deuxième plus grande île (84,700 km²), présente une géographie plus vaste et variée, avec plusieurs chaînes de montagnes, de hauts plateaux intérieurs et des vallées fertiles. Le mont Apo, situé dans le sud de Mindanao, est le point culminant des Philippines, atteignant 2954 mètres. Cette région comprend aussi le plateau de Bukidnon, le bassin de Cotabato et de vastes zones humides autour de la rivière Agusan. Mindanao est également traversée par de nombreux systèmes fluviaux et de grands lacs, dont le lac Lanao, un important réservoir d'eau douce. ille principale : Davao.

Visayas et autres îles.
Les Visayas forment une région centrale de l'archipel philippin. Ce groupe d'îles est composé notamment de : Panay (12 500 km², divisée à l'intérieur par une chaîne de montagnes à pic), Negros (10 000 km²), Cebu (5500 km²), Bohol (4000 km²), Leyte (9500 km²) et Samar (5200 km², presque entièrement couverte de hautes montagnes; ville principale : Calbayog) . Le relief y est contrasté, dominé par des chaînes de montagnes volcaniques, notamment sur Negros avec le mont Kanlaon, encore actif, ainsi que sur Panay et Samar où les terrains sont accidentés. Ces zones montagneuses sont entrecoupées de plateaux, de collines, et de vallées étroites, avec peu de grandes plaines sauf autour de certaines embouchures fluviales.

Au nord-ouest des Visayas, (près de Luzon)  se trouve Mindoro (40,200 km²), qui a des montagnes Ă©levĂ©es (2585 m au mont Halcon), mais Ă  pentes douces, et, le long des cĂ´tes, une bordure de collines basses couvertes de forĂŞts. Ville principale : Calapan. Plus Ă  l'Ă©cart Ă  l'ouest, s'Ă©tirant entre Mindoro est BornĂ©o se trouve Palawan ou Paragua, au Sud-Ouest, qui a 520 km de long et une largeur moyenne de 42 km. Sommet le plus Ă©levĂ© : le mont Mantalingajan (2054 m).

Les Visayas sont entourées de mers peu profondes, avec des plateaux continentaux abritant des récifs coralliens étendus, notamment dans la région de Palawan, au sud-ouest, connue pour ses paysages karstiques spectaculaires et sa biodiversité marine exceptionnelle.

Hydrographie.
Le rĂ©seau hydrographique est dense, avec de nombreux fleuves et rivières qui drainent les terres montagneuses vers les plaines et les estuaires. Outre le Cagayan  (350 km), d'autres cours d'eau importants incluent l'Agusan, le Mindanao (aussi appelĂ© fleuve Pulangi), et le Pasig Ă  Manille. Les lacs et lagunes, comme le lagon de Laguna de Bay, jouent un rĂ´le vital dans l'approvisionnement en eau et la pĂŞche artisanale. Dans les Visayas, les rivières sont courtes et rapides et provoquent parfois des crues soudaines, surtout pendant la saison des pluies. 

Climat.
Le climat des Philippines est tropical, chaud et humide, influencé par l'alternance des moussons qui soufflent du Sud-Ouest d'avril en octobre, et du Nord-Est, d'octobre en avril, apportant successivement leurs averses. La saison sèche s'étend de novembre à avril, tandis que la saison des pluies dure de mai à octobre. Les typhons, très fréquents entre juin et novembre, frappent surtout Luzon et les Visayas, causant d'importantes inondations, glissements de terrain et destructions. L'archipel reçoit des précipitations annuelles abondantes, particulièrement sur les pentes orientales exposées aux vents du Pacifique.
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Philippines : la région centrale de Luzon vue depuis l'espace.
La région centrale de l'île de Luzon (Philippines), vue depuis l'espace. Le lac trilobé, aux eaux limoneuses, est la Laguna de Bay. Il a plus de 51 km de long et couvre 891 km² carrés. Il se déverse dans la rivière Pasig, qui coule vers l'ouest à travers Manille, et se jette dans la baie de Manille. Au sud de la Laguna de Bay sont les eaux bleu foncé du Lac Taal. Celui-ci est une caldeira remplie qui entoure l'île du volcan. L'île correspond au volcan de Taal (300 m de haut) avec un cratère de plus de 2 km de largeur. L'île de Corregidor, qui a servi de point d'appui pour la défense de la ville de Manille au cours de la Seconde Guerre mondiale, est la petite île en forme de têtard à l'entrée de la baie de Manille, vers le haut de l'image. Source : Nasa.

Biogéographie des Philippines

Les Philippines constituent l'un des hauts lieux mondiaux de la biodiversité, classées parmi les 17 pays dits mégadivers. Leur situation géographique dans le triangle de la biodiversité corallienne, combinée à l'isolement insulaire de l'archipel et à une topographie variée, a favorisé l'émergence d'un grand nombre d'espèces endémiques. Le pays héberge plus de 52 000 espèces connues, dont plus de la moitié sont endémiques. La biogéographie philippine est le fruit d'un long isolement géologique, d'une mosaïque d'habitats complexes et de conditions climatiques diverses.

L'archipel se divise en plusieurs régions biogéographiques, chacune présentant une faune et une flore spécifiques. La ligne de Huxley, une variante de la ligne de Wallace, traverse le sud du pays, et sépare les faunes asiatiques et australo-pacifiques. Luzon est un noyau biogéographique à part entière, avec ses propres espèces endémiques de mammifères, d'oiseaux et de reptiles. On y trouve notamment le rat à nuque rayée de Luzon (Tryphomys adustus), l'aigle des Philippines (Pithecophaga jefferyi) dans la Sierra Madre, ou encore la civette palmiste. Les forêts de montagne de Luzon renferment des écosystèmes uniques allant de la forêt tropicale humide aux forêts de conifères subtropicales à haute altitude.

Mindanao constitue un autre foyer biogéographique important. Elle est le principal habitat de l'aigle des Philippines, l'un des plus grands et des plus rares rapaces du monde, vivant dans les forêts humides de haute altitude. Mindanao abrite également le tarsier philippin (Carlito syrichta), primate nocturne emblématique, ainsi que le cerf de Mindanao et plusieurs espèces de rats, grenouilles et serpents endémiques. Ses hautes chaînes montagneuses et ses plateaux boisés conservent encore d'importantes zones de forêts primaires.

Les Visayas sont composées d'îles plus petites, souvent soumises à une déforestation intense. Malgré cela, certaines espèces subsistent, comme le céphalophe des Visayas (Cervus alfredi), le calao à joue rouge et plusieurs espèces de chauves-souris rares. Ces îles ont servi de refuges fragmentés pour des espèces forestières menacées, ce qui a entraîné un fort taux de spéciation locale.

Palawan, parfois considérée comme une extension biogéographique de Bornéo, possède une biodiversité distincte de celle du reste des Philippines. Elle présente des espèces proches des faunes malaises, telles que le pangolin de Palawan (Manis culionensis), le chat-léopard (Prionailurus bengalensis) et de nombreuses espèces de lézards, amphibiens et oiseaux tropicaux. Ses récifs coralliens, mangroves, forêts de plaine et karsts calcaires en font une zone de biodiversité terrestre et marine exceptionnellement riche.

La biodiversité marine est tout aussi impressionnante : les Philippines se trouvent au coeur du Triangle de corail, reconnu comme le plus riche écosystème marin de la planète. On y recense plus de 500 espèces de coraux constructeurs de récifs, plus de 2000 espèces de poissons, dont le napoléon, le poisson-clown, des requins-marteaux et de nombreuses espèces de céphalopodes. Les mangroves bordent de vastes portions du littoral, agissant comme nurseries pour les poissons et barrière naturelle contre les tempêtes. Les herbiers marins, présents dans les zones peu profondes, servent de refuge à des espèces emblématiques comme les dugongs et les tortues vertes.

Malgré cette richesse exceptionnelle, la biodiversité philippine est gravement menacée. Le taux de déforestation est parmi les plus élevés d'Asie, avec moins de 20 % de couverture forestière originelle intacte. L'expansion agricole, l'exploitation minière, la coupe illégale de bois et l'urbanisation non planifiée sont les principaux facteurs de destruction des habitats terrestres. La surpêche, le blanchissement des coraux lié au réchauffement climatique et la pollution marine affectent les écosystèmes côtiers. Environ un tiers des mammifères philippins sont aujourd'hui menacés d'extinction, tout comme un grand nombre d'oiseaux, de reptiles et de plantes.

Les efforts de conservation se développent depuis les années 2000. Plusieurs parcs nationaux et réserves naturelles ont été créés, notamment la réserve naturelle de la Sierra Madre, le parc naturel du récif de Tubbataha classé au patrimoine mondial de l'Unesco, ou encore le parc national de Puerto Princesa à Palawan. Des programmes de reproduction en captivité et de réintroduction concernent l'aigle des Philippines, le tamarau (bufflon nain de Mindoro) et le crocodile des Philippines.
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Philippines : les collines de Chocolat, ŕ Bohol.
Les collines de Chocolat, aux Philippines. - Cette formation géologique inhabituelle, à Bohol,
est constituée de près de 1300 collines en forme de cône, toutes de la même taille, étalées
sur près de 50 km². Le nom de ces collines vient de ce que l'herbe qui couvre les couvre brunit
pendant la saison sèche. Source : The World Factbook.

GĂ©ographie humaine des Philippines 

Population.
Les Philippines comptent une population de plus de 118 millions d'habitants en 2025, ce qui en fait l'un des pays les plus peuplés d'Asie du Sud-Est. Le pays connaît une croissance démographique soutenue, avec un taux de natalité relativement élevé, bien que ce dernier tende à diminuer lentement sous l'effet de l'urbanisation, de l'amélioration de l'éducation et des politiques de planning familial. La population est majoritairement jeune, avec une médiane d'âge d'environ 25 ans.

La majorité de la population vit sur les îles de Luzon, particulièrement dans la région métropolitaine de Manille, qui forme une vaste conurbation de plus de 13 millions d'habitants. Cette zone urbaine souffre de surpopulation, de congestion, de précarité urbaine et d'une forte informalité. Les régions rurales, en particulier celles de Mindanao et certaines îles des Visayas, restent plus faiblement peuplées, bien que la migration intérieure et les déplacements forcés, notamment dus à des conflits armés ou à des catastrophes naturelles, affectent la distribution démographique.

La famille occupe une place centrale dans la société philippine, structurée autour de réseaux étendus généralement multigénérationnels. Le système de parenté et les obligations familiales influencent aussi bien les choix économiques que politiques. La société conserve également des traits patriarcaux, bien que les femmes jouissent d'un niveau élevé d'éducation et de participation dans certains secteurs, notamment les services, la santé et les migrations internationales.

Environ 12 millions de Philippins vivent à l'étranger comme travailleurs migrants, principalement au Moyen-Orient, aux États-Unis, au Canada, à Singapour et en Europe. Ces migrations alimentent l'économie nationale par le biais des transferts de fonds, qui représentent plus de 9 % du PIB. Ce phénomène influence les structures familiales, la culture populaire, les aspirations sociales et la consommation.

Le niveau d'éducation est relativement élevé, avec un taux d'alphabétisation supérieur à 95 %. Le pays possède un système éducatif influencé par le modèle américain, avec une scolarisation obligatoire jusqu'à 12 ans. Toutefois, des disparités subsistent entre les zones urbaines et rurales, et le système éducatif fait face à des défis en termes de qualité, d'infrastructure et de formation des enseignants.

La pauvreté, bien qu'en diminution relative, touche encore une part importante de la population, notamment dans les régions reculées et les zones rurales. L'économie informelle est très répandue, et les inégalités sociales restent importantes. L'accès aux soins de santé, à l'eau potable, au logement décent et à la sécurité sociale est inégalement réparti. Le développement humain est freiné par des problèmes structurels liés à la corruption, à la centralisation excessive du pouvoir, à l'instabilité politique locale et à la violence armée dans certaines régions.

Enfin, les catastrophes naturelles frĂ©quentes (typhons, tremblements de terre, Ă©ruptions volcaniques) ont une influence directe sur les dynamiques sociales, avec des dĂ©placements internes importants, une prĂ©caritĂ© renforcĂ©e des populations vulnĂ©rables, et une rĂ©silience communautaire mise Ă  rude Ă©preuve. 

Quelques-unes des principales villes des Philippines

• Manille. - Environ 1,8 million d'habitants (13 millions dans la zone mĂ©tropolitaine). Capitale des Philippines et centre gouvernemental. Principal centre Ă©conomique et commercial, avec une forte concentration de banques, d'entreprises et d'institutions financières. FondĂ©e au XVIe siècle par les Espagnols, Manille est devenue la capitale coloniale. Elle a Ă©tĂ© un port clĂ© pour le commerce galleon entre l'Asie et l'AmĂ©rique. La ville a connu de nombreuses destructions, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, mais elle a Ă©tĂ© reconstruite et a conservĂ© son statut de capitale.  Rizal Park, musĂ©e national, quartier de Binondo (Chinatown).

• Quezon City. - Environ 2,9 millions d'habitants. Ancienne capitale et centre administratif, abritant de nombreuses agences gouvernementales. Zone commerciale et résidentielle majeure avec une forte présence de médias et d'entreprises technologiques. Établie en 1939 pour remplacer Manille comme capitale, Quezon City a été créée par le président Manuel L. Quezon. Elle a été développée pour être une ville moderne, avec des infrastructures planifiées, et a joué un rôle important durant la guerre et la période postcoloniale. Quezon Memorial Circle, parc de La Mesa, musée des sciences de Mindanao.

• Cebu City. - Environ 1 million d'habitants. Capitale de la province de Cebu et centre rĂ©gional. Principal pĂ´le commercial, industriel et Ă©ducatif de la rĂ©gion des Visayas. ConsidĂ©rĂ©e comme la première colonie espagnole, Cebu a Ă©tĂ© le site du premier contact entre les Espagnols et les Philippins en 1521. La ville a prospĂ©rĂ© grâce au commerce et Ă  la colonisation, devenant un centre religieux et culturel. Basilica Minore del Santo Niño, Fort San Pedro,  chutes de Kawasan.

• Davao City. - Environ 1,8 million d'habitants. Centre administratif de la région de Davao. Connue pour son agriculture, notamment les exportations de fruits comme la mangue et la banane, ainsi que pour ses entreprises de services. Davao a été fondée par des colonisateurs espagnols au XIXe siècle, mais elle a vraiment commencé à se développer à partir des années 1900, grâce à l'agriculture et à l'exploitation forestière. Elle est devenue un centre urbain majeur dans le Mindanao. Mont Apo, parc du peuple, zoo de Davao.

• Zamboanga City. - Environ 900 000 habitants. Centre administratif de la rĂ©gion de Zamboanga. Port commercial majeur et centre de commerce entre l'Asie et l'OcĂ©anie. 

Fondée au XVIe siècle, Zamboanga a été un point stratégique pour les Espagnols, servant de bastion contre les invasions musulmanes. La ville a une riche histoire multiculturelle, ayant été influencée par les cultures malaise et espagnole. Fort Pilar, parc de la ville, plages voisines.

• Taguig. - Environ 900 000 habitants. Ville en pleine croissance dans la métropole de Manille. Centre financier en développement, notamment avec le quartier de Bonifacio Global City (BGC).Historiquement une communauté agricole, Taguig a connu une urbanisation rapide dans les années 2000, particulièrement avec le développement du quartier de Bonifacio Global City. Elle a été une ville indépendante depuis 2004. Fort Bonifacio, marché de nuit, parcs urbains.

• Pasig. - Environ 800 000 habitants. Centre administratif dans la région métropolitaine de Manille. Quartier d'affaires important, avec de nombreuses entreprises de services et de finance. Située le long de la rivière Pasig, cette ville a été habitée bien avant l'arrivée des Espagnols. Au XVIe siècle, elle est devenue un centre commercial. Pasig a été également un site de batailles pendant la guerre d'indépendance. Musée de la ville de Pasig, parc de la rivière, centre commercial Estancia.

• Cavite City. - Environ 100 000 habitants. Capitale de la province de Cavite. Centre industriel et commercial avec un développement rapide en raison de la proximité de Manille. Cavite a été un centre stratégique pendant la lutte pour l'indépendance contre les Espagnols, notamment durant la Révolution philippine. La ville a joué un rôle clé dans de nombreux événements historiques, y compris le premier soulèvement en 1896. Cathédrale de San Diego, monument à la liberté, parc de la ville.

• Iloilo City. - Environ 500 000 habitants. Capitale de la province d'Iloilo, centre administratif des Visayas occidentales. Centre commercial et éducatif avec une forte présence de la production agricole. Iloilo est devenue un port de commerce important pendant la période coloniale espagnole et a prospéré grâce à la production de sucre. La ville a conservé une riche architecture coloniale et une culture vibrante. Cathédrale d'Iloilo, parc de la ville, festival Dinagyang.

• Angeles City. - Environ 400 000 habitants. Centre administratif de la province de Pampanga. DĂ©veloppement rapide grâce au tourisme, en particulier autour de Clark Freeport Zone. FondĂ©e en tant que ville militaire par les Espagnols, Angeles a connu une forte expansion durant l'occupation amĂ©ricaine. Elle a Ă©tĂ© un centre de services militaires et a connu un dĂ©veloppement rapide avec la crĂ©ation de la Clark Freeport Zone. Parc de loisirs Clark, musĂ©e de la ville, festival Sinukwan. 

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Groupes ethnolinguistiques.
On y recense officiellement aux Philippines plus de 175 groupes ethnolinguistiques, presque tous appartenant à la famille des langues austronésiennes. Ces multiples groupes, répartis de manière inégale à travers l'archipel, coexistent dans un système sociopolitique centralisé, mais leur reconnaissance légale est encadrée par la loi sur les droits des peuples indigènes (Indigenous Peoples' Rights Act – IPRA, 1997), qui vise à protéger leur identité, leurs territoires ancestraux et leur droit à l'autodétermination. Malgré cela, beaucoup continuent de lutter contre la discrimination, l'assimilation forcée et l'exclusion économique.

Tagalog.
Le plus grand groupe ethnolinguistique est celui des Tagalog, principalement localisé dans la région de Luzon centrale et méridionale, y compris dans la région métropolitaine de Manille. Le tagalog a servi de base à la langue nationale, le filipino, ce qui renforce la visibilité culturelle et politique de ce groupe dans l'espace public et les médias. L'anglais est largement utilisé dans l'administration, l'enseignement supérieur, les affaires et les médias. Le bilinguisme est donc généralisé, bien que les langues régionales restent très vivantes dans la sphère domestique et culturelle. Les Tagalog sont culturellement influents et dominants dans les institutions nationales, notamment grâce à leur centralité géographique et historique.

Bisaya. Cebuano. 
Les Bisaya, terme générique qui regroupe plusieurs groupes des Visayas, incluent aussi les Hiligaynon (ou Ilonggo) de l'ouest des Visayas, les Waray de Samar et Leyte, et les Aklanon de Panay. Ces groupes ont chacun leurs propres langues, dialectes et identités régionales, mais partagent des traits culturels communs liés à l'histoire coloniale espagnole, à l'agriculture de plantation et à une forte tradition musicale et festive.

Les Cebuano, forment le deuxième groupe en importance. Ils vivent principalement dans les Visayas centrales (notamment Cebu, Bohol, Negros oriental) ainsi que dans certaines régions de Mindanao. Leur langue, le cebuano, est la plus parlée après le tagalog. Ce groupe est fortement ancré dans la tradition chrétienne catholique et a une forte culture urbaine et commerciale, en particulier à Cebu City, deuxième pôle économique du pays.

Ilocano.
Les Ilocano occupent la région nord-ouest de Luzon. Ils sont historiquement associés à l'agriculture et à la migration interne. Beaucoup d'Ilocano ont migré vers d'autres régions des Philippines ou à l'étranger, notamment à Hawaii et en Californie. Leur langue, l'ilocano, est largement utilisée dans les zones rurales et bénéficie d'un corpus littéraire bien développé. Les Ilocano sont réputés pour leur éthique de travail et leur rôle dans les services publics et l'armée.

Bicolano.
Les Bicolano sont localisés dans la péninsule de Bicol au sud-est de Luzon. Leur langue, le bikol, comprend plusieurs variantes dialectales. Les Bicolano sont connus pour leur forte religiosité catholique, leurs traditions culinaires spécifiques (comme l'utilisation du piment et du lait de coco), et leur résilience face aux catastrophes naturelles fréquentes dans la région (typhons et éruptions volcaniques).

Kapampangan.
Les Kapampangan vivent dans la région de Pampanga, au centre de Luzon. Leur langue, également appelée kapampangan, est l'une des plus anciennes du pays à disposer d'une tradition écrite. Ce groupe est culturellement important dans l'histoire culinaire et artisanale des Philippines, et plusieurs figures historiques, comme certains présidents et artistes, sont d'origine kapampangan.

Pangasinense.
Les Pangasinense résident dans la région du Pangasinan au nord-ouest de Luzon. Leur langue, le pangasinan, appartient à une branche distincte des langues philippiniques. Ce groupe a développé une culture agricole et fluviale riche, avec des traditions musicales et spirituelles uniques.

Igorot.
Les groupes indigènes des hautes terres, souvent désignés comme les Igorot, vivent dans les chaînes montagneuses de la Cordillère, au nord de Luzon. Ce terme englobe plusieurs sous-groupes comme les Ifugao, les Kankanaey, les Bontoc et les Ibaloi. Ils se signalent par leurs systèmes agricoles en terrasses, en particulier celles de Banaue, classées au patrimoine mondial. Ces peuples ont conservé nombre de leurs croyances ancestrales et pratiques rituelles malgré la christianisation partielle.

Moro.
Dans le sud de l'archipel, les peuples musulmans, appelés collectivement les Moro, forment un ensemble hétérogène de groupes ethnolinguistiques qui partagent l'islam comme religion principale. Parmi eux, on compte les Maranao du lac Lanao, les Maguindanao de la plaine du Cotabato, et les Tausug de l'archipel de Sulu. D'autres groupes comme les Yakan et les Sama-Bajau vivent sur les côtes ou sont traditionnellement nomades marins. Ces groupes ont développé des traditions artistiques, musicales et juridiques distinctes, comme le droit coutumier islamique (adat et sharīʿa).

Lumad.
Enfin, les peuples indigènes de la forêt, appelés Lumad, regroupent une trentaine de groupes minoritaires non musulmans dans les hautes terres de Mindanao. Ils comprennent les Manobo, les T'boli, les Higaonon, les Subanen, entre autres. Ces peuples sont fortement marginalisés, vivent souvent dans des zones reculées et font face à la dépossession de leurs terres au profit des exploitations minières ou agricoles. Leur culture repose sur des cosmologies animistes, des traditions orales riches, et des pratiques agricoles traditionnelles.
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Philippines-Corregidor.jpg
Un quai à l'abandon sur la petite île de Corregidor, près de Manille.

Culture.
La culture des Philippines est un riche mĂ©lange de traditions austronĂ©siennes indigènes, d'influences coloniales espagnoles et amĂ©ricaines, et d'apports asiatiques, en particulier chinois et malais. 

La religion joue un rôle fondamental dans la culture quotidienne. Environ 80 % de la population est catholique romaine, héritage de trois siècles de colonisation espagnole. La foi catholique s'exprime à travers une pratique religieuse fervente, de nombreuses fêtes patronales (fiestas), des processions spectaculaires comme celle du Nazaréen noir à Manille, et des rites populaires mêlant christianisme et éléments précoloniaux. Les autres confessions chrétiennes, telles que l'Église indépendante philippine, les protestants et les évangéliques, sont également présentes. L'islam est pratiqué par environ 6 % de la population, principalement dans le sud, à Mindanao, dans l'archipel de Sulu et la région autonome Bangsamoro. D'autres religions comprennent l'Église indépendante philippine, diverses confessions protestantes, les Témoins de Jéhovah, les bouddhistes et les animistes, en particulier chez les populations indigènes.

Les relations familiales sont hiérarchisées, avec un fort respect pour les parents et les aînés. Les familles élargies vivent fréquemment sous un même toit ou à proximité, et les décisions importantes sont prises collectivement. Cette structure renforce la solidarité, notamment dans les contextes de migration ou de précarité. Les valeurs de pakikisama (harmonie sociale), utang na loob (dette morale) et hiya (honte sociale) régulent les comportements individuels au sein du groupe.

La musique et la danse sont omniprésentes dans la vie culturelle philippine. Les formes traditionnelles comprennent les chants rituels indigènes, les instruments à percussion en bambou, les gongs en bronze (kulintang), ainsi que les danses folkloriques comme le tinikling, inspiré des mouvements d'oiseaux entre les bambous. La période coloniale a introduit les haranas (sérénades), les rondallas (orchestres à cordes) et les danses de salon hispanisées. Aujourd'hui, la musique pop, la chanson sentimentale (OPM – Original Pilipino Music) et la culture karaoké sont extrêmement populaires dans toutes les couches sociales.

Les arts visuels sont variés et reflètent à la fois les traditions autochtones et les influences occidentales. Les arts indigènes comprennent la sculpture sur bois, la fabrication de textiles, les tissages tribaux, les tatouages rituels et la vannerie. L'art religieux colonial est visible dans les églises baroques, les retables et les peintures murales sacrées. L'art contemporain philippin, quant à lui, mêle critique sociale, esthétique urbaine, graffiti et performances multimédias.

La littĂ©rature philippine est produite dans plusieurs langues, principalement en tagalog, cebuano, ilocano et anglais. Elle remonte aux Ă©popĂ©es orales indigènes comme le Biag ni Lam-ang, et a Ă©tĂ© profondĂ©ment marquĂ©e par la pĂ©riode coloniale, avec des Ă©crivains comme JosĂ© Rizal, dont les romans Noli Me Tangere et sa suite  El Filibusterismo ont inspirĂ© la lutte pour l'indĂ©pendance. La poĂ©sie, la nouvelle, les essais politiques et les pièces de théâtre sont des formes d'expression vivantes, volontiers utilisĂ©es comme outils de contestation ou d'affirmation identitaire.

La gastronomie philippine combine des éléments austronésiens, chinois, espagnols et américains. Les plats emblématiques sont l'adobo (viande marinée au vinaigre et à l'ail), le sinigang (bouillon acide), le lechón (porc rôti entier), les nouilles chinoises (pancit), le riz omniprésent sous toutes ses formes, et les halo-halo (desserts glacés multicolores). Chaque région possède ses spécialités, souvent influencées par les produits locaux et les coutumes religieuses. Les repas sont des moments sociaux et familiaux importants, ordinairement accompagnés de musique ou de célébrations.

Le cinéma philippin est l'un des plus anciens d'Asie, avec une tradition riche allant des films propagandistes de l'ère coloniale aux oeuvres contemporaines reconnues dans les festivals internationaux. Le cinéma de masse (mainstream) produit des mélodrames, comédies romantiques et films d'action, tandis que le cinéma indépendant (indie) aborde des thèmes plus complexes : pauvreté, identité, diaspora, violence politique. Des réalisateurs comme Lino Brocka, Brillante Mendoza ou Lav Diaz sont internationalement reconnus.

Les coutumes vestimentaires combinent vêtements modernes occidentaux et habits traditionnels. Le barong tagalog pour les hommes et le terno pour les femmes sont portés lors des cérémonies officielles. Les tenues tribales, souvent richement décorées de perles, de tissages et de plumes, sont encore utilisées dans les festivals culturels et certaines communautés indigènes.

Les fĂŞtes sont des moments majeurs de la culture philippine. Chaque village ou ville a sa propre fiesta, souvent en l'honneur d'un saint protecteur, mĂŞlant rites religieux, parades colorĂ©es, spectacles de rue et concours artistiques. Certaines cĂ©lĂ©brations comme le Sinulog Ă  Cebu, le Ati-Atihan Ă  Kalibo ou le Kadayawan Ă  Davao attirent des milliers de visiteurs. 

Ajoutons que la culture numérique prend une place croissante. Les Philippines sont l'un des pays les plus connectés d'Asie en termes d'usage des réseaux sociaux. Internet devient un espace d'expression culturelle, politique et artistique, où les jeunes en particulier créent de nouvelles formes d'identité hybride mêlant tradition et modernité, ruralité et globalisation.

Economie.
Caractérisée par une forte croissance du secteur tertiaire, une population jeune et dynamique, ainsi qu'un important secteur de l'économie informelle, l'économie des Philippines est classée comme une économie émergente à revenu intermédiaire. Le pays a connu, depuis le début des années 2000, une croissance soutenue, avec un taux moyen annuel de croissance du PIB oscillant entre 5 % et 7 %, bien que cette dynamique ait été temporairement freinée par la pandémie de covid-19 en 2020. Depuis, l'économie a rebondi, soutenue par la consommation intérieure, les transferts de fonds des travailleurs à l'étranger, et les réformes structurelles.

L'un des moteurs clés de l'économie philippine est le secteur des services, qui représente plus de 60 % du PIB. Parmi les branches les plus dynamiques figure l'industrie de l'externalisation des processus métiers (BPO), notamment dans les centres d'appels, la comptabilité, l'informatique et les services juridiques. Ce secteur emploie des millions de jeunes diplômés anglophones et attire des investissements étrangers constants. Le tourisme, bien que sensible aux aléas politiques et climatiques, constitue également une source de revenus significative, avec des destinations populaires comme Boracay, Palawan et Cebu.

Le secteur industriel contribue à environ 30 % du PIB. Il comprend principalement la fabrication de composants électroniques, le textile, la transformation agroalimentaire, les matériaux de construction, et de plus en plus, l'assemblage de pièces automobiles. La zone économique spéciale de Cavite et d'autres pôles industriels dans le centre de Luzon et autour de Manille accueillent de nombreuses multinationales. Le pays mise sur les zones franches et les incitations fiscales pour attirer les investissements étrangers directs, notamment en provenance du Japon, de la Corée du Sud et des États-Unis.

L'agriculture, bien que déclinante en part relative dans l'économie (moins de 10 % du PIB), emploie encore près d'un quart de la population active. Les principales cultures sont le riz, la noix de coco, le maïs, la canne à sucre, la banane et l'ananas, destinés à la fois à la consommation intérieure et à l'exportation. La pêche est également un secteur vital, surtout pour les communautés côtières. Toutefois, l'agriculture philippine reste vulnérable aux typhons, à la dégradation des terres et au manque d'investissements dans l'irrigation, la technologie et les infrastructures rurales.

Les transferts de fonds envoyés par les travailleurs philippins à l'étranger représentent une composante centrale de l'économie nationale, atteignant chaque année environ 10 % du PIB. Plus de 12 millions de Philippins vivent et travaillent à l'étranger, principalement dans les pays du Golfe, à Hong Kong, aux États-Unis, au Canada et en Europe. Ces envois de fonds soutiennent la consommation des ménages, l'éducation et la construction résidentielle, tout en jouant un rôle stabilisateur pour la balance des paiements.

Le commerce extérieur est orienté vers les exportations de semi-conducteurs, de composants électroniques, de fruits tropicaux et de produits marins, tandis que les importations concernent principalement les carburants, les machines, les matières premières et les biens de consommation. Les Philippines ont conclu plusieurs accords de libre-échange, notamment avec l'ASEAN, le Japon, la Chine et l'Union européenne. Le déficit commercial est toutefois chronique, aggravé par la dépendance aux importations énergétiques et aux produits intermédiaires.

La politique monétaire est gérée par la Banque centrale des Philippines (Bangko Sentral ng Pilipinas), qui veille à la stabilité des prix et au contrôle de l'inflation. Le peso philippin reste relativement stable, bien que vulnérable aux fluctuations mondiales et aux chocs exogènes. L'inflation a été un défi majeur dans les années récentes, notamment en raison de la hausse des prix de l'énergie, de l'alimentation et du transport.

L'économie informelle touche environ 60 % de la population active. Elle englobe le commerce de rue, les services domestiques, l'agriculture de subsistance et les activités artisanales. Ce phénomène reflète la faiblesse de la protection sociale, la difficulté d'accès au crédit et la fragmentation du tissu productif. L'urbanisation rapide accentue également la précarité du travail informel, surtout à Manille, Quezon et Cebu.

Les défis structurels restent nombreux. L'inégalité des revenus, la pauvreté persistante dans les zones rurales, la faiblesse des infrastructures de transport, la corruption administrative et la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles freinent le développement économique. Le changement climatique accentue les risques de pertes agricoles, d'inondations et de déplacements forcés. Le pays dépend fortement de sa capacité à renforcer la résilience économique, à diversifier ses sources de croissance et à moderniser son appareil productif.

Les perspectives à long terme restent néanmoins prometteuses, portées par une démographie jeune, une classe moyenne en expansion, des réformes fiscales récentes et une intégration régionale accrue. Des investissements dans l'éducation, l'économie verte, la technologie numérique et les infrastructures durables sont indispendables pour transformer le potentiel économique du pays en un développement équitable.

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