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Saturne
est l'une des quatre planètes géantes du Système
solaire. Elle ressemble beaucoup à Jupiter .
Un coeur rocheux se cache au centre de cette grosse boule vaporeuse dont
les couches internes sont constituées d'hydrogène
liquide. Dans les régions supérieures, l'hydrogène est à l'état gazeux.
Il forme une atmosphère des nuages étalés
en bandes parallèles comme sur Jupiter. Mais, en comparaison, une couche
de brume de cristaux d'ammoniac située
en altitude atténue les contrastes sur les images de la planète .
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Structure interne.
L'intérieur de Saturne, bien que masqué
par son épaisse atmosphère, partage des similitudes avec celle de Jupiter.
Au coeur de la planète se trouve un noyau dense,
probablement composé de roches silicatées et de métaux comme le fer
et le nickel, mélangés à de la glace. Ce noyau, dont la température
atteindrait environ 10 000 à 12.000 K, représenterait
une masse de l'ordre de 10 Ã 20 fois celle de la Terre. Autour de ce noyau,
les pressions et les températures colossales transforment l'hydrogène
en un état métallique liquide, une couche essentielle qui s'étend sur
une grande partie du rayon de la planète. Les mouvements au sein de cet
hydrogène métallique, excellent conducteur électrique, sont à l'origine
du puissant champ magnétique saturnien. Au-dessus de cette couche interne
se trouve une épaisse enveloppe d'hydrogène moléculaire liquide qui,
à mesure qu'elle se rapproche de la surface, devient gazeuse, créant
une transition progressive et fluide vers l'atmosphère, sans aucune surface
solide définie. Cette structure globale confère à Saturne une densité
moyenne exceptionnellement faible, environ 0,69 g/cm³, inférieure Ã
celle de l'eau.
Atmosphère.
L'atmosphère
de Saturne, extrêmement épaisse, est dominée à plus de 96% par l'hydrogène
moléculaire et à environ 3% par l'hélium, avec des traces de méthane,
d'ammoniac, de vapeur d'eau et d'autres hydrocarbures
qui lui donnent sa teinte dorée et brumeuse. Sa structure verticale est
définie par des variations de température et de pression, formant plusieurs
couches distinctes, avec une pression de référence de 1 bar fixée Ã
100 km sous la tropopause. La troposphère est la région des phénomènes
météorologiques intenses, où se forment les trois couches de nuages
principaux : les nuages supérieurs de glace d'ammoniac, les nuages intermédiaires
d'hydrosulfure d'ammonium et les nuages inférieurs de glace d'eau, dont
les températures varient d'environ -250°C à 0°C. La stratosphère surplombe
la troposphère et abrite notamment de l'eau en très faible quantité,
provenant probablement des geysers de la lune Encelade.
Plus haut, la thermosphère présente des températures surprenantes de
600 à 1000 K, bien supérieures à ce que le seul rayonnement solaire
pourrait produire, ce qui suggère l'existence de mécanismes de chauffage
supplémentaires. Cette atmosphère dynamique est le théâtre de phénomènes
spectaculaires, comme des vents atteignant 1800 km/h qui génèrent des
bandes nuageuses parallèles, des orages et des éclairs. On y observe
également des tempêtes géantes périodiques, comme la Grande Tache Blanche
qui apparaît environ tous les 30 ans, et la curieuse structure nuageuse
hexagonale qui ceinture le pôle nord.
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Structure
hexagonale autour de son pôle
Nord
de Saturne. Cette "structure dissipative" est la
conséquence
des phénomènes thermodynamiques
dont
l'atmosphère de la planète est le siège.
(source
: Nasa / JPL).
Magnétosphère.
La magnétosphère
de Saturne, deuxième plus vaste du Système solaire après celle de Jupiter,
est la région de l'espace où le champ magnétique de la planète domine.
Ce champ est généré par l'effet dynamo de l'hydrogène métallique liquide
en mouvement dans les couches internes. Il est principalement dipolaire
et présente la particularité d'être presque parfaitement aligné avec
l'axe de rotation de la planète. Bien que moins intense que celui de Jupiter,
le champ magnétique à la surface de Saturne reste environ 560 fois plus
puissant que celui de la Terre. La magnétopause,
frontière avec le vent solaire, se situe en moyenne à environ 22 rayons
saturniens du côté du Soleil, une distance qui fluctue en fonction de
l'activité solaire. La magnétosphère est principalement remplie de plasma,
un gaz ionisé, dont la source majeure est la lune Encelade. Les geysers
de ce satellite éjectent jusqu'à 600 kg de vapeur d'eau par seconde,
une partie étant ionisée et piégée par le champ magnétique. Ce plasma,
composé d'ions O+, H2O+, OH+
et d'autres, se déplace depuis l'intérieur de la magnétosphère vers
sa queue, formant un tore de plasma dense dans les régions internes. L'interaction
entre la magnétosphère et le vent solaire génère de puissantes aurores
polaires, visibles dans les domaines ultraviolet, infrarouge et visible,
dont la puissance est modulée par la rotation de la planète. Saturne
possède également une ceinture de radiation où des particules chargées,
provenant en partie des rayons cosmiques et des interactions avec les lunes,
atteignent des énergies de plusieurs mégaélectronvolts.
Anneaux.
Bien que toutes les planètes géantes
possèdent des anneaux, les anneaux
de Saturne sont très brillants et en font l'astre la plus spectaculaire
du Système solaire. Depuis la Terre, sept anneaux
seulement semblent entourer Saturne. Mais les sondes Voyager en ont découvert
plusieurs milliers. Ces anneaux sont très fins. Moins d'un kilomètre.
Ils sont constituées de petits blocs de roche recouverts de glace. Comme
ceux des autres planètes géantes, ils ont peut-être commencé à se
former, il y a très longtemps, à partir de la désagrégation d'une petite
lune. Celui-ci évoluant trop près de la planète aurait vu sa vitesse
s'accélérer. La force centrifuge et la force de gravitation seraient
alors devenues énormes. Chacune tirant en sens contraire, elles auraient
finit par faire éclater le satellite. Les morceaux se seraient ensuite
éparpillés en anneaux.
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Le
satellite Téthys et une portion des anneaux de Saturne.
Source
: NASA / mission Cassini.
La mission Cassini-Huygens,
arrivée en orbite en 2004 et achevée en 2017, a fourni une moisson de
données inégalée. Les anneaux de Saturne, longuement étudiés, ont
révélé une dynamique d'une complexité stupéfiante. Les mesures finales
de la sonde, lors de sa plongée entre la planète et les anneaux, ont
permis de déterminer que ces derniers sont étonnamment jeunes (âgés
de seulement 10 à 100 millions d'années) et très massifs, principalement
composés de glace d'eau pure. Cassini a également observé de minuscules
lunes "bergères" interagir avec les anneaux en créant des sillons et
des vagues dans la glace.
Satellites.
Plus de vingt lunes
tournent autour de Saturne. La plus importante, Titan,
est très rocheuse. Ce corps apparaît, comme une étoile de huitième
ou de neuvième magnitude, et il a été découvert le premier, en 1655.
Les autres sont sensiblement plus petits. Japet
et Rhéa
ne brillent déjà plus que comme des étoiles de
dixième magnitude, Tethys
et Dioné ,
de onzième. Encelade
et Mimas ont exigé, pour être discernés, des
lunettes d'au moins 12 pouces et avec Hypérion ,
qui n'a été découvert qu'au milieu du XIXe
siècle, on descend à la quatorzième magnitude. Quant au neuvième satellite,
que son inventeur, W. H. Pickering ,
a baptisé assez malencontreusement du nom de Phoebé ,
déjà donné par les poètes à notre Lune, il
a été révélé par la comparaison de cinq épreuves photographiques
prises à l'observatoire de Flagstaff (Arizona), sous un ciel très pur,
mais son existence est restée durablement problématique. Personne ne
le retrouvait!
Tous ces corps, qui
ont été les premiers connus, peuvent être assimilés (à l'exception
notable de Titan) à de grosses boules de glace. Quant à la cohorte des
tout petits, leur forme irrégulière suggère qu'il s'agit, pour la plupart,
d'astéroïdes
capturés par l'attraction gravitationnelle de Saturne. On notera que certains
satellites de la planète, comme Téthys,
Calypso
et Télesto, circulent sur la même orbite. Mais comme ils tournent
à la même vitesse, ils ne se rattrapent jamais. Autre curiosité : deux
lunes minuscules, appelées les gardiens, se déplacent de part et d'autre
de l'un des anneaux extérieurs de la planète. Peut-être empêchent-ils
celui-ci de se disperser.
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Quand
Saturne éclipse le Soleil... photo prise par la sonde Cassini en septembre
2011, lors d'un passage dans l'ombre de la planète géante. Source
: NASA / Cassini Imaging Team, SSI, JPL,
ESA.
L'exploration de
Titan par Cassini-Huygens et l'atterrissage de la sonde Huygens en 2005
ont révélé un monde doté d'une météorologie active et d'un cycle
hydrologique complet, mais basé sur le méthane et l'éthane plutôt que
sur l'eau. On y trouve des lacs, des rivières et des mers d'hydrocarbures
liquides aux pôles, ainsi que d'immenses dunes de sable organique à l'équateur.
Cassini a également prouvé que Titan possède un océan d'eau liquide
et salée sous sa croûte glacée, ce qui en fait un monde d'une diversité
géologique et chimique fascinante.
L'autre révélation
majeure de la mission Cassini-Hugens concerne la petite lune Encelade.
La sonde a survolé d'imposants geysers de glace et de vapeur d'eau jaillissant
de son pôle Sud, prouvant l'existence d'un océan global sous sa surface.
L'analyse de ces panaches a montré qu'ils contiennent des molécules organiques
complexes et de la silice, indiquant la présence de sources hydrothermales
actives au fond de cet océan. |