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| Le système
Terre est l'ensemble des composantes physiques, chimiques, biologiques
et énergétiques qui constituent notre planète et les interactions permanentes
qui les relient. Cette approche, développée au cours de la seconde moitié
du XXe siècle, marque une évolution profonde
des sciences de la Terre. Alors que la géologie,
la météorologie, l'océanographie ou la biologie étaient longtemps étudiées
comme des disciplines relativement indépendantes, le concept de système
Terre considère désormais la planète comme un système
complexe, dynamique et auto-organisé, au sein duquel les différentes
enveloppes interagissent à toutes les échelles spatiales et temporelles.
Les transformations observées dans une composante ont presque toujours des répercussions sur les autres, selon des mécanismes de rétroaction pouvant amplifier ou atténuer les changements initiaux. La compréhension moderne du système Terre repose précisément sur l'étude de ces couplages multidirectionnels. Aucun phénomène planétaire majeur (qu'il s'agisse de l'évolution du climat, de la tectonique des plaques, des extinctions biologiques, des cycles biogéochimiques ou des changements environnementaux actuels) ne peut être expliqué en considérant une seule composante isolément. Les interactions entre les sphères terrestres constituent le principe organisateur fondamental de la planète et expliquent à la fois sa remarquable stabilité à long terme et sa capacité à connaître des transitions rapides lorsque certaines rétroactions deviennent dominantes. Le système Terre est un système ouvert sur le plan énergétique et pratiquement fermé sur le plan matériel. Il reçoit continuellement de l'énergie provenant du Soleil, principalement sous forme de rayonnement visible et proche infrarouge. Une faible contribution énergétique provient également de la chaleur interne de la planète, héritée de son accrétion, de la différenciation primitive et de la désintégration des isotopes radioactifs présents dans le manteau et la croûte. En revanche, les échanges de matière avec l'espace sont extrêmement limités. Quelques milliers de tonnes de poussières cosmiques pénètrent chaque année dans l'atmosphère, tandis que certains gaz légers, notamment l'hydrogène et l'hélium, peuvent s'échapper vers l'espace interplanétaire. Cette quasi-fermeture matérielle implique que la plupart des éléments chimiques circulent continuellement à travers les différentes enveloppes terrestres selon des cycles biogéochimiques dont les durées peuvent varier de quelques heures à plusieurs centaines de millions d'années. Les compartiments
(sous-systèmes) du système Terre.
• La géosphère comprend l'ensemble des matériaux solides de la planète; elle inclue la croûte terrestre, le manteau et le noyau. Elle est composée de roches et de minéraux, et son étude permet de comprendre la tectonique des plaques, les séismes ou encore la formation des montagnes.Certains chercheurs individualisent également une pédosphère correspondant aux sols, interface particulièrement complexe entre lithosphère, hydrosphère, atmosphère et biosphère. A cela s'ajoute la technosphère, produit de l'activité humaine, dont le rôle dans ce tableau ne peut plus être négligé. Tous ces sous-systèmes constituent un système unique et intégré. Une perturbation dans l'un de ces compartiments se répercute inévitablement sur les autres, parfois de manière amplifiée par des boucles de rétroaction. La
géosphère.
La convection mantellique, alimentée par la chaleur interne, entraîne les mouvements de des plaques lithosphériques, un processus par lequel la lithosphère est créée au niveau des dorsales océaniques, se déplace latéralement, puis plonge dans le manteau au niveau des zones de subduction. Ce mécanisme colossal est à l'origine de la formation des chaînes de montagnes, du volcanisme et des séismes, et il joue un rôle central dans le cycle du carbone en enfouissant des sédiments carbonatés et en libérant du dioxyde de carbone par le volcanisme. L'altération des roches de surface est par ailleurs une interaction directe avec l'atmosphère et l'hydrosphère, consommant du CO2 atmosphérique pour former des bicarbonates qui finiront par sédimenter au fond des océans. L'atmosphère.
Malgré sa faible masse comparée à celle de la planète, elle joue un rôle essentiel dans la régulation thermique grâce à l'effet de serre, un phénomène par lequel certains gaz, comme la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone et le méthane, piègent une partie du rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre, maintenant une température moyenne globale d'environ 15°C, propice à la vie liquide. Elle est également le vecteur de la redistribution de l'énergie solaire des basses vers les hautes latitudes à travers les circulations atmosphériques générales, les vents et les courants-jets. Les mouvements atmosphériques résultent principalement des contrastes de température entre les régions équatoriales et polaires ainsi que de la rotation de la Terre. Ils génèrent une circulation générale composée de cellules de Hadley, de Ferrel et polaires, auxquelles s'ajoutent les courants-jets, les systèmes dépressionnaires et les phénomènes météorologiques locaux. En interaction constante avec l'hydrosphère, elle prélève de l'eau par évaporation et la restitue sous forme de précipitations, alimentant ainsi le cycle hydrologique global. Son oxydation de la surface minérale et ses échanges gazeux avec la biosphère, par la photosynthèse et la respiration, en font un réacteur chimique planétaire d'une immense complexité. L'hydrosphère.
Animés par des courants de surface engendrés par les vents, et par une circulation thermohaline profonde pilotée par les différences de température et de salinité des masses d'eau, les océans fonctionnent comme un immense tapis roulant redistribuant la chaleur autour du globe. Ce rôle de régulateur thermique est fondamental : les océans absorbent, stockent et relâchent de grandes quantités de chaleur avec une inertie considérable, modérant ainsi les extrêmes climatiques. Ils agissent également comme un puits de carbone majeur en absorbant une part significative du dioxyde de carbone atmosphérique, ce qui, en contrepartie, est à l'origine de leur acidification. Sur les continents, l'hydrosphère se manifeste par les réseaux de drainage des fleuves et rivières, les lacs, les nappes phréatiques et l'eau contenue dans les sols. Ces eaux continentales ne représentent qu'une infime fraction du volume total, mais sont cruciales pour l'érosion, le transport et le dépôt de sédiments, sculptant les paysages de la géosphère. L'hydrosphère est le solvant universel; elle est le lieu d'interactions chimiques intenses avec la croûte terrestre et un milieu de vie pour une myriade d'organismes. Le cycle de l'eau, dans son perpétuel mouvement d'évaporation, de condensation, de précipitation et d'écoulement, est le lien dynamique qui connecte l'atmosphère, la géosphère et la biosphère. La
cryosphère.
La cryosphère est aussi un immense réservoir d'eau douce : les calottes polaires stockent près des deux tiers de l'eau douce de la planète. Leur fonte partielle, en déversant cette eau dans les océans, est le principal contributeur à l'élévation actuelle du niveau marin. Le pergélisol, sol gelé en permanence des régions boréales, constitue un autre réservoir critique, non d'eau, mais de carbone. Il piège d'immenses quantités de matière organique non décomposée; son dégel libère du méthane et du dioxyde de carbone, gaz à effet de serre qui renforcent le réchauffement. La banquise, glace de mer formée par congélation de l'océan, isole l'océan de l'atmosphère, modifiant les échanges de chaleur et d'humidité et jouant un rôle clé dans la formation des masses d'eau profondes, moteur de la circulation océanique globale. La
biosphère.
L'apparition de la photosynthèse oxygénique par les cyanobactéries, il y a plusieurs milliards d'années, a provoqué la Grande Oxydation au début du Protérozoïque, faisant passer l'atmosphère terrestre d'un état réducteur, dépourvu d'oxygène libre, à sa composition actuelle riche en oxygène, et rendant possible l'émergence de la couche d'ozone protectrice et de la respiration aérobie. Aujourd'hui, les organismes vivants sont un acteur central du cycle du carbone : la photosynthèse capte le CO2 atmosphérique pour produire de la matière organique, tandis que la respiration et la décomposition la restituent. Une fraction de cette matière organique est enfouie dans les sédiments, formant à terme des roches carbonées et des hydrocarbures, constituant ainsi un puits de carbone de très long terme. La biosphère intervient dans l'altération des roches, la formation et la stabilisation des sols, la régulation du cycle de l'eau par l'évapotranspiration des forêts, et influence même l'albédo terrestre par la présence de vastes étendues forestières plus sombres que les déserts. Elle peut être vue comme un gigantesque système d'autorégulation, où les rétroactions entre le vivant et son environnement tendent à maintenir des conditions favorables à la vie, une hypothèse popularisée sous le nom d'hypothèse Gaïa. La
pédosphère.
La
technosphère.
On y trouve d'abord les infrastructures physiques : bâtiments résidentiels et commerciaux, routes, ponts, voies ferrées, aéroports, ports, barrages, réseaux d'adduction d'eau et d'assainissement. Viennent ensuite les systèmes énergétiques, comprenant les centrales de production électrique, les réseaux de distribution, les infrastructures pétrolières et gazières. S'y ajoutent les systèmes de production industrielle et agricole, qui transforment profondément les paysages et les cycles biogéochimiques naturels. Les technologies de l'information et de la communication constituent une composante de plus en plus centrale, avec les câbles sous-marins, les satellites, les centres de données, les réseaux de télécommunication qui relient désormais la quasi-totalité de la planète. La technosphère fonctionne comme un système doté de flux propres de matière et d'énergie qui s'apparentent, par certains aspects, aux cycles biogéochimiques naturels, mais qui s'en distinguent par leur origine artificielle et leur logique fonctionnelle orientée vers les besoins humains. Elle consomme des ressources naturelles considérables (minerais, combustibles fossiles, eau, bois), les transforme, et génère en retour des flux de déchets et de pollution qui affectent en profondeur les autres sphères terrestres. Contrairement aux écosystèmes naturels qui tendent vers des cycles fermés et un certain équilibre, l'anthroposphère fonctionne encore largement selon un modèle linéaire d'extraction, de production, de consommation et de rejet, bien que les principes d'économie circulaire cherchent aujourd'hui à en corriger certains aspects. La machinerie
terrestre.
Les cycles biogéochimiques assurent la circulation permanente des éléments chimiques entre les différentes sphères. Le cycle du carbone relie l'atmosphère, les océans, la biosphère et la lithosphère selon des processus biologiques, chimiques et géologiques. Le cycle de l'eau met en mouvement l'eau entre océans, atmosphère, continents et organismes vivants grâce à l'évaporation, la condensation, les précipitations, le ruissellement et l'infiltration. Les cycles de l'azote, du phosphore, du soufre, du silicium, du calcium ou du fer impliquent des transformations complexes contrôlées par des réactions chimiques, des activités biologiques et des phénomènes tectoniques. Ces cycles maintiennent la disponibilité des éléments indispensables au maintien des processus du vivant et participent à la stabilité du système planétaire. Les interactions entre les différentes composantes donnent naissance à des mécanismes de rétroaction qui contrôlent l'évolution du système. Une rétroaction négative tend à stabiliser les conditions environnementales. Par exemple, l'altération chimique des silicates augmente lorsque les températures et les précipitations s'élèvent, consommant davantage de dioxyde de carbone atmosphérique et limitant ainsi l'intensification de l'effet de serre sur des échelles géologiques. À l'inverse, une rétroaction positive amplifie les perturbations. La diminution de la banquise réduit l'albédo, favorise le réchauffement des océans et accélère la fonte des glaces. Les rétroactions entre vapeur d'eau, nuages, végétation, pergélisol ou circulation océanique rendent le système Terre fortement non linéaire et expliquent la difficulté de prévoir précisément son évolution à long terme. Le système Terre présente des comportements
caractéristiques des systèmes complexes. Ses composantes interagissent
de manière non proportionnelle, produisant parfois des changements brusques
à partir de perturbations relativement modestes ( L'histoire de la Terre témoigne d'une coévolution permanente entre géosphère, atmosphère, hydrosphère et biosphère. L'apparition de la photosynthèse oxygénique il y a plus de 2,4 milliards d'années provoque la Grande oxydation, transformant profondément la composition de l'atmosphère et permettant l'émergence d'organismes plus complexes. La colonisation des continents par les plantes modifie les cycles du carbone, de l'eau et de l'altération continentale. Les grandes glaciations, les épisodes volcaniques majeurs, les impacts météoritiques et les réorganisations tectoniques influencent simultanément les climats, les océans et l'évolution biologique. Chaque innovation biologique ou transformation géologique entraîne ainsi des répercussions à l'échelle de l'ensemble du système. Depuis plusieurs siècles, et plus particulièrement depuis la révolution industrielle, les activités humaines sont devenues une force géologique capable de modifier le fonctionnement global du système Terre. Les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation, l'artificialisation des sols, la surexploitation des ressources naturelles, les modifications des cycles de l'azote et du phosphore, l'acidification des océans ou encore la perte de biodiversité affectent simultanément plusieurs composantes du système. L'influence humaine est désormais suffisamment importante pour que de nombreux chercheurs proposent de définir une nouvelle époque géologique, l'Anthropocène, même si son statut stratigraphique officiel demeure débattu. Cette transformation rapide constitue l'un des principaux objets de recherche des sciences contemporaines du système Terre. Les thermostats
climatiques.
Le premier de ces mécanismes est l'équilibre radiatif de la planète, c'est-à -dire la différence entre l'énergie solaire absorbée et l'énergie infrarouge réémise vers l'espace. Cet équilibre est modulé par l'albédo, qui correspond à la fraction du rayonnement solaire réfléchie par les surfaces terrestres, les nuages et les aérosols. Une augmentation de l'albédo, par exemple due à une extension des glaces ou à une couverture nuageuse plus dense, tend à refroidir la planète, tandis qu'une diminution de l'albédo, liée par exemple à la fonte des neiges ou à l'assombrissement des surfaces, favorise le réchauffement. Ce phénomène donne lieu à des rétroactions positives ou négatives selon qu'il amplifie ou atténue une perturbation initiale. L'effet de serre constitue un autre mécanisme fondamental. Certains gaz présents dans l'atmosphère, principalement la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote, absorbent une partie du rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre et le renvoient en partie vers le sol, augmentant ainsi la température moyenne de la basse atmosphère. La vapeur d'eau joue un rôle particulier car sa concentration dépend fortement de la température : un réchauffement initial, quelle qu'en soit la cause, augmente la capacité de l'air à contenir de la vapeur d'eau, ce qui renforce l'effet de serre et amplifie le réchauffement. Il s'agit donc d'une rétroaction positive majeure, mais elle est en partie compensée par la formation de nuages, dont l'effet net est cependant complexe : les nuages bas ont tendance à refroidir en réfléchissant le rayonnement solaire, tandis que les nuages hauts ont plutôt tendance à réchauffer en piégeant le rayonnement infrarouge. La circulation océanique joue également un rôle essentiel dans la redistribution de la chaleur à la surface du globe. Les courants de surface, poussés par les vents, transportent les eaux chaudes des régions tropicales vers les hautes latitudes, alors que les courants profonds, liés aux différences de température et de salinité, assurent une circulation thermohaline à l'échelle planétaire. Cette circulation lente, qui peut prendre plusieurs siècles pour parcourir l'ensemble des bassins océaniques, régule le climat en transférant de la chaleur des basses vers les hautes latitudes et en stockant ou en libérant du dioxyde de carbone selon les régions. Une modification de la salinité des eaux de surface, par exemple sous l'effet d'un apport massif d'eau douce issu de la fonte des glaces, peut ralentir la formation d'eaux profondes dans l'Atlantique Nord et perturber l'ensemble de la circulation thermohaline, avec des conséquences climatiques majeures, notamment un refroidissement régional de l'Europe du Nord malgré le réchauffement global. Les cycles biogéochimiques, en particulier le cycle du carbone, constituent un autre mécanisme de régulation à long terme. Le dioxyde de carbone est échangé en permanence entre l'atmosphère, les océans, la biosphère terrestre et les sédiments. La photosynthèse des végétaux terrestres et du phytoplancton marin fixe le carbone atmosphérique, tandis que la respiration des êtres vivants et la décomposition de la matière organique le restituent. Sur des échelles de temps géologiques, l'altération des silicates continentaux consomme du dioxyde de carbone et transporte les produits dissous vers les océans, où ils précipitent sous forme de carbonates. Ce processus agit comme un thermostat naturel : lorsque le climat se réchauffe, l'altération chimique s'accélère, ce qui tend à réduire la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone et donc à refroidir progressivement la planète. À l'inverse, lorsque le climat se refroidit, l'altération ralentit, ce qui permet au dioxyde de carbone émis par le volcanisme de s'accumuler et de réchauffer l'atmosphère. Ce mécanisme n'agit toutefois que sur des durées de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d'années. Les variations de l'orbite terrestre, appelées cycles de Milankovitch, modulent la répartition saisonnière et latitudinale du rayonnement solaire reçu, et constituent un mécanisme de forçage externe à l'origine des grandes alternances glaciaires et interglaciaires du Quaternaire. Ces variations périodiques de l'excentricité de l'orbite, de l'obliquité de l'axe de rotation et de la précession des équinoxes ne changent que faiblement l'énergie totale reçue, mais elles modifient sa distribution géographique et saisonnière, ce qui peut déclencher des rétroactions internes comme l'extension ou le retrait des calottes glaciaires, la variation de la concentration de gaz à effet de serre et la modification de la circulation océanique. C'est l'interaction entre ce forçage astronomique et les rétroactions internes du système climatique qui explique la succession des périodes glaciaires et interglaciaires au cours des derniers millions d'années. L'activité volcanique intervient également comme mécanisme de régulation à différentes échelles de temps. Les éruptions explosives injectent dans la stratosphère des aérosols sulfatés qui réfléchissent une partie du rayonnement solaire et provoquent un refroidissement temporaire de la surface terrestre, généralement pendant un à trois ans. Sur des durées beaucoup plus longues, le dégazage volcanique libère du dioxyde de carbone et d'autres gaz qui contribuent à maintenir l'effet de serre et donc à empêcher un refroidissement excessif de la planète, comme cela a pu se produire lors de certaines périodes de l'histoire terrestre où l'activité volcanique était particulièrement intense ou, au contraire, réduite. La dynamique
atmosphérique elle-même joue un rôle régulateur en redistribuant
l'énergie des tropiques vers les pôles. La circulation de Hadley dans
les basses latitudes, la circulation de Ferrel aux latitudes moyennes et
la circulation polaire organisent les échanges de chaleur et d'humidité
à grande échelle ( La biosphère continentale influence également le climat par l'intermédiaire des échanges d'eau, d'énergie et de carbone. La présence de forêts modifie l'albédo de surface, augmente l'évapotranspiration et favorise la formation de nuages, ce qui peut avoir un effet refroidissant local en été dans les régions tempérées et tropicales. La déforestation, au contraire, tend à réduire ces flux et peut entraîner un réchauffement local ainsi qu'une diminution des précipitations, en particulier dans les régions tropicales où le recyclage de l'humidité par la végétation est un facteur qui agit sur le climat régional. À plus grande échelle, les changements d'occupation des sols modifient le stockage de carbone et l'albédo, avec des effets contrastés selon les latitudes : le remplacement de forêts boréales sombres par des surfaces enneigées claires peut par exemple entraîner un refroidissement local, malgré la libération de carbone dans l'atmosphère. L'ensemble de ces
mécanismes est couplé et fonctionne selon des constantes de temps très
diverses, ce qui confère au système climatique une grande complexité,
mais aussi une certaine inertie. Les rétroactions rapides, comme celles
liĂ©es Ă la vapeur d'eau et aux nuages, agissent en quelques jours Ă
quelques années, tandis que les rétroactions lentes, comme celles impliquant
les calottes glaciaires, l'altération
des roches ou la circulation océanique profonde, s'étendent sur des
siècles à des millions d'années. C'est la combinaison de ces différents
mécanismes qui explique la variabilité naturelle du climat, son évolution
à long terme et sa sensibilité aux perturbations, qu'elles soient
d'origine naturelle ou liées aux activités humaines.
La
pompe physique à solubilité.
La
pompe Ă carbonate.
La
pompe biologique.
Les
pompes continentales.
La dynamique du système TerreLes différentes composantes du système Terre échangent en permanence de la matière, de l'énergie et de l'information. Ces interactions opèrent à des échelles spatiales qui vont du grain minéral à l'ensemble de la planète et sur des échelles temporelles qui vont de quelques secondes à plusieurs centaines de millions d'années. Le comportement global du système Terre résulte de ces couplages permanents, qui produisent de nombreuses rétroactions positives ou négatives et confèrent au système son caractère complexe.Les interactions globales du système Terre sont dominées par les grands cycles biogéochimiques. Le cycle de l'eau relie directement l'atmosphère, les océans, les continents, les glaciers et les êtres vivants. Le cycle du carbone met en relation le volcanisme, l'altération des roches, la photosynthèse, la respiration, la sédimentation et la subduction. Le cycle de l'azote associe les microorganismes, les sols, les océans et l'atmosphère à travers des processus de fixation, de nitrification, de dénitrification et d'assimilation biologique. Le phosphore circule entre les roches, les sols, les eaux et les organismes sans passer par une phase gazeuse importante, ce qui explique sa sensibilité à l'érosion et aux activités humaines. Ces cycles sont étroitement interconnectés : une modification du cycle de l'eau affecte la végétation, laquelle influence à son tour les cycles du carbone et de l'azote. L'extrême densité du réseau de rétroactions confère au système Terre ses propriétés émergentes. Les changements climatiques influencent les océans, lesquels modifient les écosystèmes marins et les échanges de carbone avec l'atmosphère. Les variations tectoniques modifient les reliefs, influencent les précipitations, transforment les réseaux hydrographiques et affectent l'évolution des espèces. Les organismes vivants modifient les sols, qui contrôlent ensuite les flux de nutriments vers les océans. Les glaces influencent le climat, lequel détermine à son tour leur extension. Ainsi, chaque composante agit simultanément comme cause et comme conséquence des transformations observées dans les autres sphères. Géosphère/atmosphère.
L'atmosphère agit en retour sur la géosphère par l'intermédiaire de l'altération des roches (physique et chimique). Les variations de température provoquent la dilatation et la contraction des minéraux, favorisant leur fragmentation. Les précipitations dissolvent progressivement les minéraux les plus réactifs, tandis que le dioxyde de carbone atmosphérique dissous dans l'eau forme de l'acide carbonique, qui accélère l'altération des silicates et des carbonates. Cette altération consomme du dioxyde de carbone atmosphérique et constitue l'un des principaux mécanismes de régulation du climat sur plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions d'années. Les produits issus de cette altération sont ensuite transportés par les cours d'eau vers les océans, où ils alimentent les cycles biogéochimiques et sédimentaires. Géosphère/hydrosphère.
Géosphère/biosphère.
Géosphère/cryosphère.
Atmosphère/hydrosphère.
Les échanges gazeux entre l'océan et l'atmosphère jouent également un rôle fondamental dans les cycles biogéochimiques. Le dioxyde de carbone atmosphérique se dissout continuellement dans les eaux de surface, où il participe au système des carbonates. Une partie est utilisée par le phytoplancton lors de la photosynthèse, tandis qu'une autre est transportée vers les profondeurs par les courants océaniques ou par la chute de particules organiques. Les océans absorbent ainsi une fraction importante des émissions anthropiques de dioxyde de carbone, mais cette absorption entraîne une acidification progressive des eaux, susceptible d'affecter les organismes calcificateurs comme les coraux, les mollusques et certains planctons. Atmosphère/biosphère.
Atmosphère/cryosphère.
Hydrosphère/biosphère.
Biosphère/cryosphère.
Interactions impliquant
la pédosphère.
Intercations impliquant
la technosphère.
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