| Fe |
Le fer (symbole
: Fe) est un métal
de transition. C'est le quatrième élément chimique le plus abondant
dans la croûte terrestre et sans contredit le plus important des métaux,
soit par son abondance, dans la nature, soit par les usages qu'on en fait.
Le fer est utilisé
depuis des milliers d'années pour fabriquer des outils et des armes, et
il est encore utilisé aujourd'hui dans de nombreux domaines, dans la production
de matériaux tels que l'acier et la fonte, dans la construction, l'automobile,
l'électronique, la médecine et l'industrie alimentaire. Il est également
un élément essentiel pour les organismes vivants, jouant un rôle clé
dans la production de l'hémoglobine et dans
le transport de l'oxygène dans le sang.
Numéro
atomique
Masse
atomique (uma)
Point
d'ébullition (°C)*
Point
de fusion (°C)
Masse
volumique (g/cm3)
Structure
électronique*
Degrés
d'oxydation |
26
55,847
3000
1536
7,86
(Ar)3d64s2
2,
3 |
|
Pur, le fer apparaît
comme un métal argenté, malléable et ductile, qui se corrode rapidement
lorsqu'il est exposé à l'air et à l'eau.
On le rencontre à l'état natif,
surtout à l'état de magnétite, de limonite,
de sidérite et de
pyrite.
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Vieilles
installations d'extraction du minerai de fer dans l'Illinois (Etats-Unis).
Les
minerais de fer.
Le fer est rare à l'état natif ou pur.
A part quelques gros blocs trouvés dans les basaltes
du Groenland où le fer est mêlé à du carbone,
le fer natif ne se rencontre que dans les météorites
ou pierres tombées du ciel.
La Magnétite
(Fe3O4) constitue l'aimant
naturel, capable d'agir sur la boussole et d'attirer Ă ses pĂ´les la limaille
de fer. Elle est, parfois en cristaux, plus souvent en masses compactes
noires. Très répandue au milieu des roches basiques, dans les basaltes
par exemple, elle forme en certains lieux, comme en Norvège, de véritables
montagnes.
La Limonite
(H6Fe4O9),
appelée aussi hématite brune, est un oxyde hydraté de fer. C'est le
minerai de fer le plus répandu. Elle ne cristallise point, cependant elle
peut emprunter les formes de la pyrite, des sulfates de fer et de chaux;
elle peut ĂŞtre en stalactites ou en rognons. Avec l'argile, elle constitue
l'ocre jaune. On la trouve dans les terrains sédimentaires en concrétions
brunes ou jaunâtres.
La Sidérite
ou Sidérose (FeCO3) est un carbonate de fer
qui cristallise comme la calcite
dans le système rhomboédrique. La sidérite est tantôt en lamelles cristallines,
transparentes et incolores, mais brunissant Ă l'air tantĂ´t en oolites
rougeâtres, tantôt en masses compactes, terreuses et jaunâtres. La sidérite
est très riche en fer, très facile à fondre, et elle donne directement
de l'acier. On la rencontre dans les terrains cristallins et dans les sédiments;
dans l'Isère et les Pyrénées-Atlantiques, elle est en filons.
La Pyrite
(FeS2) est un sulfure de fer qui a l'aspect
jaune clair du laiton. Cristallisée dans le système cubique, elle prend
de nombreuses formes. Elle est moins recherchée pour le fer que pour le
soufre qu'elle contient. Elle est très abondante dans les filons, dans
les roches éruptives et même dans les roches sédimentaires.
Les minerais de fer, traités par la méthode
des hauts fourneaux, fournissent le fer que l'industrie recherche. Le fer
est employé en trois états : à l'état de fer, il est à peu près pur;
à l'état d'acier, il contient une petite quantité de carbone;
à l'état de fonte, il contient une assez grande quantité de carbone.
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Les formations
ferrifères rubanées
Le fer rubané est
une roche sédimentaire qui se caractérise par une alternance visible
de fines couches riches en minéraux de fer, comme l'hématite ou la magnétite,
et de couches plus claires composées de silice, souvent sous forme de
chert ou de jaspe. Ces formations rocheuses constituent aujourd'hui la
quasi-totalité des grandes réserves mondiales de minerai de fer. D'un
point de vue géologique, elles sont remarquablement anciennes, s'étant
presque toutes formées durant le Précambrien,
principalement entre 3,8 et 1,8 milliard d'années, avec une brève résurgence
il y a environ 700 millions d'années lors des grands épisodes glaciaires
dits de la Terre boule de neige.
Pour comprendre l'origine
de ces roches uniques, il faut se plonger dans les conditions extrĂŞmes
de la Terre primitive. À l'Archéen, l'atmosphère
et les océans étaient presque totalement dépourvus d'oxygène
libre. Dans cet environnement anoxique, le fer, principalement issu de
l'activité volcanique sous-marine et des sources
hydrothermales, se dissolvait abondamment dans les océans sous sa
forme réduite et soluble, l'ion ferreux. Les mers de cette époque étaient
donc de véritables réservoirs géants d'eau chargée en fer dissous,
une situation impossible dans nos océans modernes oxygénés.
Le tournant décisif
dans la formation du fer rubané coïncide avec l'émergence de la vie,
et plus particulièrement avec l'apparition des cyanobactéries.
Ces micro-organismes marins ont développé la photosynthèse
oxygénique, un processus biologique révolutionnaire qui utilise l'énergie
solaire, l'eau et le dioxyde de carbone pour produire de la matière organique
tout en rejetant un déchet qui était alors hautement toxique pour la
majorité des formes de vie de l'époque : le dioxygène.
Dès que les cyanobactéries
ont commencé à libérer de l'oxygène dans les océans,
une réaction chimique immédiate s'est produite. Le dioxygène s'est lié
au fer dissous pour l'oxyder en fer ferrique. Contrairement au fer ferreux
initial, le fer ferrique est totalement insoluble dans l'eau. L'eau de
mer s'est alors mise à "rouiller", précipitant ces oxydes de fer sous
forme de particules solides qui se sont lentement déposées sur les fonds
marins, créant les couches sombres et riches en métal de la roche. Les
couches claires de silice, quant Ă elles, proviendraient
de la précipitation du silicium dissous, peut-être liée à une diminution
de la température de l'eau, à des variations de pH
ou Ă des processus biologiques impliquant des organismes microscopiques.
L'origine exacte
du motif rubané, cette alternance millimétrique ou centimétrique entre
le fer et la silice, reste un sujet de débat. Plusieurs hypothèses cycliques
ont été avancées pour expliquer ces strates. Il pourrait s'agir de variations
saisonnières dans la prolifération des cyanobactéries, entraînant des
pics de production d'oxygène suivis de périodes de latence. D'autres
chercheurs suggèrent des cycles liés aux courants
océaniques profonds, à des variations périodiques de l'activité hydrothermale
sur les dorsales océaniques,
ou encore à des cycles glaciaires et interglaciaires influençant la chimie
des océans et le lessivage des roches continentales.
La disparition progressive
de ces formations il y a environ 1,8 milliard d'années marque un événement
capital dans l'histoire de notre planète, au début du Protérozoïque,
et connu sous le nom de Grande Oxydation. À cette époque, l'immense réservoir
de fer dissous dans les océans a fini par être entièrement épuisé,
oxydé et précipité au fond des mers. Privé de son principal puits chimique,
l'oxygène produit par la photosynthèse a commencé à s'accumuler massivement
dans l'atmosphère, rendant la planète progressivement habitable pour
les organismes aérobies complexes tels que nous les connaissons aujourd'hui.
Les quelques formations ferrifères plus récentes observées sur Terre,
datant du Néoprotérozoïque, sont d'ailleurs généralement associées
à des environnements locaux où la glace a isolé des bassins océaniques
anoxiques avant de fondre, libérant soudainement de l'oxygène au contact
de l'eau riche en fer piégée sous la banquise. |
Les
principaux composés du fer.
Le fer est un métal très réactif qui
peut former des liaisons avec de nombreux autres éléments. Il
réagit avec l'oxygène de l'air pour former de l'oxyde
de fer (rouille). Il réagit également avec des acides forts tels que
l'acide sulfurique pour former du sulfate de fer. D'autre composés du
fer méritent d'être mentionnés du fait de leur rôle dans diverses
applications industrielles et médicales, ou parce qu'ils interviennent
dans les processus de formation des roches et des minéraux.
• Les
oxydes de fer se constituent en fonction du degré d'oxydation des
atomes de fer qu'ils contiennent :
+ L'oxyde
de fer, oxyde ferreux ou encore wustite (FeO) zqt produit en
laboratoire et se présente ordinairement comme une poudre noire inflammable;
+ L'oxyde ferrique
(Fe2O3), communément appelé
hématite lorsqu'il est cristallisé, que l'on rencontre dans les roches
et les minéraux tels que les minerais de fer, qui donne aussi sa couleur
rouge à la rouille et au sol la planète Mars;
+ L'oxyde magnétique
ou magnétite (Fe3O4)
est le minerai de fer évoqué plus haut.
• Les sulfates
de fer se divisent de la même façon :
+ Le
sulfate ferreux (FeSO4) est un sel souvent utilisé
comme engrais ou en médecine pour traiter les carences en fer;
+ Le sulfate ferrique
(Fe2(SO4)3)
est utilisé comme coagulant dans le traitement des eaux usées.
• Les chlorures
de fer son distingués également en fonction des degrés d'oxydation
du fer
+ Le
chlorure
ferreux (FeCl2) est un sel métallique paramagnétique,
jaune en solution aqueuse, dans lequel le fer est au degré d'oxydation
+2.
+ Le chlorure
ferrique ou perchlorure de fer (FeCl3)
est, comme le sulfate ferrique, utilisé comme coagulant dans le traitement
des eaux usées, ainsi que dans la production de pigments et de teintures,
voire de médicaments. La réaction de dissolution
dans l'eau dégage une forte chaleur et produit une solution acide marron.
• Le silicate
de fer est représenté par la formule FeSiO3.
On le rencontre dans de nombreux minéraux, tels que l'olivine
et le pyroxène,
et est utilisé dans la production de verre et de céramique.
• Le carbure
de fer ou cémentite (Fe3C) se forme lors
de la production de fonte. Il est utilisé dans la production d'acier (alliage
de fer et de carbone) et d'autres alliages de
fer.
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