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| On nomme géosphère
l'ensemble des composantes solides de la Terre,
depuis la surface continentale et océanique jusqu'au centre de la planète.
Elle constitue l'un des grands sous-systèmes du système
Terre, en interaction permanente avec l'atmosphère,
l'hydrosphère, la cryosphère
et la biosphère. Son étude relève principalement
de la géologie, de la géophysique, de la géochimie, de la minéralogie,
de la pétrologie et de la tectonique
des plaques. La géosphère est le produit d'une histoire de plus de
4,56 milliards d'années, mcaractérisée par la différenciation planétaire,
la formation du noyau métallique, la cristallisation
progressive du manteau et de la croûte,
ainsi que par une activité interne toujours présente qui façonne continuellement
les reliefs terrestres. L'évolution de la géosphère résulte de la dissipation
progressive de la chaleur interne de la
planète, chaleur provenant à la fois de l'énergie
libérée lors de l'accrétion initiale, de la différenciation gravitationnelle,
de la désintégration des isotopes radioactifs
à longue période, tels que l'uranium 238, l'uranium
235, le thorium 232 et le potassium
40, ainsi que d'une faible contribution liée à la cristallisation progressive
du noyau interne.
La géosphère fournit les ressources minérales, les matériaux de construction, les métaux stratégiques, les combustibles fossiles, les réservoirs géothermiques et les aquifères qui soutiennent les sociétés humaines. Elle est également à l'origine de nombreux aléas naturels, tels que les séismes, les éruptions volcaniques, les glissements de terrain et certains tsunamis. L'histoire de la Terre, la répartition des continents, l'évolution du climat, l'apparition des ressources naturelles et le développement de la vie sont indissociables de la dynamique géosphérique. Structure interne.
• La croûte terrestre représente la couche la plus superficielle de la géosphère. Son épaisseur varie considérablement selon les régions. La croûte océanique mesure généralement entre 5 et 10 kilomètres d'épaisseur, tandis que la croûte continentale atteint couramment 30 à 40 kilomètres et peut dépasser 70 kilomètres sous les grandes chaînes de montagnes. La croûte océanique est principalement constituée de basaltes et de gabbros riches en magnésium, en fer et en calcium. Elle est relativement jeune, son âge ne dépassant généralement pas 200 millions d'années en raison de son recyclage permanent au niveau des zones de subduction. La croûte continentale est plus épaisse, plus ancienne et plus hétérogène. Elle est dominée par des roches granitiques, gneissiques, métamorphiques et sédimentaires. Certaines portions des cratons continentaux conservent des roches âgées de plus de quatre milliards d'années, témoins des premières étapes de l'évolution terrestre.Composition chimique. La composition chimique moyenne de la géosphère est dominée par huit éléments majeurs. L'oxygène représente environ 46 % de la masse de la croûte terrestre, suivi du silicium avec environ 28 %, puis de l'aluminium, du fer, du calcium, du sodium, du potassium et du magnésium. Ces éléments s'associent principalement pour former les silicates, qui constituent plus de 90 % des minéraux de la croûte. Les feldspaths représentent la famille minéralogique la plus abondante, suivis des quartz, des pyroxènes, des amphiboles, des micas, des olivines et des minéraux argileux. Les carbonates, les oxydes, les sulfures, les phosphates et les halogénures complètent la diversité minérale terrestre. Activité. cycles.
L'activité interne de la géosphère est dominée par la tectonique des plaques. Les plaques lithosphériques divergent au niveau des dorsales océaniques, convergent au niveau des zones de subduction ou de collision continentale, ou coulissent le long de grandes failles transformantes. Cette dynamique contrôle la formation des océans, des chaînes de montagnes, des fosses océaniques, des arcs volcaniques et de nombreux bassins sédimentaires. Les mouvements des plaques sont alimentés par les transferts de chaleur au sein du manteau, auxquels s'ajoutent les forces gravitaires liées à l'enfoncement des plaques océaniques froides dans les zones de subduction et à la poussée exercée par les dorsales. Le volcanisme constitue une manifestation directe de l'activité interne de la géosphère. Les magmas se forment principalement dans trois contextes géodynamiques : les dorsales océaniques, où la fusion est provoquée par la décompression du manteau; les zones de subduction, où l'apport d'eau favorise la fusion partielle du manteau sus-jacent; et les points chauds, où des panaches mantelliques remontent depuis les profondeurs. Les produits volcaniques comprennent des laves, des cendres, des bombes volcaniques, des gaz et divers dépôts pyroclastiques. Les éruptions influencent durablement les paysages, le climat, les cycles biogéochimiques et parfois l'évolution biologique lorsqu'elles atteignent une ampleur exceptionnelle. Les séismes traduisent la rupture brutale des roches le long de failles lorsque les contraintes accumulées dépassent leur résistance mécanique. La majorité des séismes se concentre aux limites des plaques tectoniques, mais certains surviennent également à l'intérieur des plaques. Les grands séismes peuvent provoquer des tsunamis, des glissements de terrain et d'importantes modifications de la topographie régionale. Les processus de surface modifient continuellement la géosphère sous l'action des agents externes. L'altération physique fragmente les roches par l'action des variations thermiques, du gel, de la cristallisation des sels ou de la décompression. L'altération chimique transforme les minéraux sous l'effet de l'eau, de l'oxygène, du dioxyde de carbone et des acides organiques. L'érosion transporte ensuite les produits de cette altération par les cours d'eau, les glaciers, le vent ou la pesanteur. Les sédiments s'accumulent dans les bassins où ils subissent progressivement la diagenèse, conduisant à la formation de nouvelles roches sédimentaires. Interactions avec
les autres composantes du système Terre.
Les sols constituent l'interface entre la géosphère, l'atmosphère, l'hydrosphère et la biosphère. Ils résultent de l'altération des roches mères combinée à l'action des organismes vivants, des variations climatiques, du relief et du temps. Les sols jouent un rôle essentiel dans le stockage de l'eau, le recyclage des nutriments, le maintien de la biodiversité terrestre et la séquestration du carbone organique. Leur évolution dépend étroitement des caractéristiques minéralogiques et géochimiques de la géosphère sous-jacente. À l'échelle des temps géologiques, la géosphère connaît des transformations majeures. Les continents se fragmentent et se rassemblent périodiquement selon le cycle de Wilson, conduisant à la formation puis à la dislocation de supercontinents tels que Rodinia, Pannotia et la Pangée. Ces réorganisations modifient profondément la circulation océanique, le climat, la biodiversité et les conditions de sédimentation. Les épisodes orogéniques, les grandes provinces magmatiques, les inversions du champ magnétique, les impacts météoritiques et les variations du niveau marin participent également à l'évolution continue de la géosphère. |
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