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La littérature italienne
jusqu'en 1900
Aperçu
Le Moyen Âge
 La Renaissance. Le XVIIe s Le XVIIIe s. Le XIXe s.
Nous nous proposons de tracer un tableau sommaire de la littérature italienne, et non de l'histoire littéraire de l'Italie. C'est dire que nous laissons de coté la littérature latine qui a précédé en Italie la naissance de la littérature en langue vulgaire et que nous ne nous appesantirons pas sur les oeuvres dans lesquelles au Moyen âge, à l'époque de la Renaissance et jusqu'à nos jours, on a continué à employer le latin. La littérature italienne a six siècles d'existence seulement, car elle est de beaucoup la cadette par rapport aux autres littératures néo-latines, surtout par rapport à la littérature française et à la littérature provençale. Nous conserverons la division traditionnelle en périodes correspondant chacune à un siècle. Cette division, arbitraire comme toutes celles que la complexité des faits à étudier impose à la faiblesse de l'esprit humain, a presque acquis force de loi en Italie, ou on l'applique d'ailleurs d'une façon un peu en dehors des habitudes françaises et sur laquelle il est bon d'être édifié tout d'abord : on dit trecento, trecentisti, pour désigner le siècle dont le millésime contient le chiffre 3, c.-à-d., à la française, le XIVe siècle, quattrocento, quattrocentisti, pour le XVe siècle, etc. Les différentes périodes sont loin d'avoir la même importance et la même valeur aux yeux de la critique littéraire : plusieurs siècles n'offrent ni oeuvres ni auteurs qui attirent à eux toute l'attention; d'autres au contraire se résument en quelques noms : le trecento, c'est Dante, Pétrarque et Boccace; le cinquecento, Arioste et le Tasse, etc.

Le XIIIe siècle.
Après le règne du pape Grégoire V, l'italien devint le langage du palais et de la chaire, des assemblées législatives, des cours de justice et de toutes les transactions commerciales et légales. Frédéric Il en fit le langage de sa cour à Palerme (1212) et de l'université de Naples (1224). Ce prince, ses fils Anzio et Manfred, et son secrétaire Piétro delle Vigne, écrivirent des vers dans cette langue. Un sonnet de Piétro est le plus ancien spécimen de ce genre que l'on connaisse; mais, plusieurs autres sonnets dus au Sicilien Giacopo da Lentino (vers 1250) et à Guido Guinicelli (mort en 1276), ont une plus grande perfection. On cite ensuite Guido Ghislieri, Fabricio et Onesto; Guittone d'Arezzo (mort en 1294), Bonagiunta da Lucca, Gallo Pisano et Brunetto Fiorentino, en Toscane; le chroniqueur napolitain Matteo Spinelli; et l'historien florentin Ricordano Malespini (mort en 1281); l'authenticité de ses ouvrages a été mise en doute. Brunetto Latini (mort en 1294), professeur de Dante, auteur de l'oeuvre encyclopédique Il Tesoro, appartient aussi à cette époque; enfin Guido Cavalcanti (mort en 1300) fit entrer la littérature italienne dans cette période brillante et glorieuse que Dante porta à son apogée.

Le XIVe siècle (Trecento).
Les deux premiers ouvrages de Dante sont écrits en latin, mais il abandonna bientôt cette langue pour l'italien. Son premier poème, la Vita Nuova, fut écrit vers 1294; les autres parurent dans l'ordre suivant : De Monarchia, Convito, De Vulgari Eloquio, et enfin la Divina Commedia (commencée après 1300), comprenant l'Inferno, le Purgatorio, et le Paradiso. La Divina Commedia est restée le chef-d'oeuvre de la littérature italienne; elle n'a jamais cessé d'exercer son influence sur les écrivains italiens. Pétrarque et Boccace complétèrent avec le Dante ce grand triumvirat poétique et littéraire qui fit du XIVe siècle I'époque glorieuse de la littérature italienne. Pétrarque (1304-1374) fut le père de la poésie lyrique italienne. Ses compositions comprennent des sonnets, des chants et des triomphes pleins de sentences souvent citées par les auteurs. Giovanni Boccacio (1313-1375) fut l'admirateur passionné et le biographe sentimental de Dante, et l'ami dévoué de Pétrarque. Sa Teseide fut écrite en ottava rima qu'il perfectionna. Cet ouvrage et un roman en prose furent ses premières compositions. En 1352, parut son Decamerone qui est regardé comme le texte le plus pur que l'on eût encore écrit en prose italienne. Franco Sacchetti de Florence fut l'émule de Boccace dans ses 300 contes, dont 258 existent encore. Un autre Florentin, Ser Giovanni, laissa le Pecorone, collections de 50 histoires du même genre. Parmi les premiers historiens nous citerons : Dino Compagni et Giovanni, Matteo et Philippo Willani. Le plus ancien ouvrage ascétique connu en langue italienne est le Specchio della vera penitanza de Giacopo Passavanti (mort en 1357), comparable pour la pureté et l'élégance au Decamerone. Les ouvrages de Passavanti furent suivis de traités similaires également excellents, par Domenico Cavalca de Pise, Bartolommeo da San Concordio et Agnolo Pandolfini. 

Le XVe siècle (Quatrocento).
Au XVe siècle, l'imprimerie s'introduisit à Venise, à Rome et à Bologne et multiplia les exemplaires des anciens auteurs, corrigés par des érudits; et les papes à Rome, les Médicis à Florence, les Visconti et les Sforza à Milan, les Gonzague et les d'Este à Mantoue et à Ferrare se tirent les protecteurs de la littérature et des arts. Le plus illustre Mécène de cette période fut Cosme de Médicis. Son petit-fils, Laurent le Magnifique, peut être considéré comme le restaurateur et le père de la littérature italienne. Sa Nencia du Barberino est le premier exemple de poésie rustique italienne; et sa Compagnie del Mantellaccio semble avoir donné la première idée de la satire italienne en terza rima. Angelo Poliziano (1454-1594) écrivit élégamment en italien et en latin. Ses ouvrages les plus célèbres sont la Giostra et l'Orfeo, premier drame italien régulier et important. Parmi les poètes moins célèbres de cette époque, citons : Burchiello, Girolamo, Benivieni et Giusto de' Conti. Ecrivains épiques : les frères Bernardo, Luca et Luigi Pulci, ce dernier seul acquit une notoriété durable (1431-1487). Son Morgante Maggiore ouvre la brillante série italienne des poèmes romantiques de chevalerie. Le Mambriono de Cieco da Ferrara mérite d'être comparé au Morgante. Le meilleur poème romantique du XVe siècle est l'Orlando innamorato de Boiardo. La littérature en prose s'enrichit des écrits de deux artistes, Leone Battista Alberti, auteur d'un dialogue, Della famiglia, et Léonard de Vinci (1452-1519), à la fois peintre, sculpteur, architecte, mathématicien, musicien et le meilleur poète improvisateur de son siècle. De nombreux historiens appartiennent aussi à cette époque. Pandolfo Collenuccio écrivit une histoire du royaume de Naples, des dialogues dans le genre de Lucien et le solennel Inno alla morte. Les historiens de voyages furent : le Génois Giorgio Interiano, le Vénitien Cadamosto et le Florentin Amerigo Vespucci. Aldo Manuzio (Alde Manuce) rendit des services signalés aux lettres par le soin et le goût qu'il apporta à la publication des classiques.

Le XVIe siècle (Cinquecento).
Le XVIe siècle, le cinquecento des Italiens, est connu sous beaucoup de rapports comme l'âge d'or de la littérature italienne et des arts; alors, florissaient des maîtres tels que Raphaël, Correggio, Michel-Ange et Titien. Dans la poésie, s'illustra Arioste (1474-1533). Protégé des ducs de Ferrare, il eut la prétention de décrire dans son poème épique, Orlando furioso, l'origine de la maison d'Este. Arioste décocha aussi des satires aux gouverneurs et à la politique de son époque. Son grand rival dans la poésie épique est Torquato Tasso (1544-1595), auteur de la Gerusalemme liberata, de Rinaldo et d'Aminta. Trissino produisit Sofonisba, première tragédie italienne ayant un mérite supérieur. Rucellai donna sa Rosmunda et Oreste. Ces pièces furent surpassées par les tragédies : Tullia de Martelli, Canace de Sperone Speroni, Torrismondo de Torquato Tasso et Edipo d'Andrea dell' Anguillara. 

Dans la haute comédie (commedia erudita) les meilleurs spécimens sont : Calandra du cardinal Bibbiena, Cassaria et Suppositi de l'Arioste et Madragola et Clizia de Machiavel. L'invention de l'opéra appartient aux Florentins, Daphne, le premier qui fut composé, ayant été représenté à Florence en 1597. Les mélodrames du Modénais Orazio Vecchio ont été regardés par Muratori comme l'origine de l'opéra moderne. Dans la poésie pastorale, outre l'Aminta du Tasse, il y eut le Pastor Fido de Guarini et de l'Arcadie de Sannazar. Les principaux poèmes didactiques sont Api de Giovanni Rucellai, Navigazione de Bernardino Balbi, Coltivazione d'Alamanni et Caccia de' Valvasone. Vers 1520, une école de poésie burlesque naquit et fut appelée genere bernesco d'après Berni, dont Orlando innamoralo unit la grâce à l'élégance et à l'originalité. 

Dans la satire, la première place appartient à l'Arioste; après lui, on peut mentionner Pietro Aretino, Ercole Bentivoglio et Filippo Nerli. La poésie macaronique dut sa création ou son amélioration à Teofilo Folengo (mort en 1544), connu sous le nom de Merlino Cocajo. Les sonnets d'Angelo di Contanzo sont des modèles de perfection que Michel-Ange essaya d'imiter. L'Arioste décerna la palme, pour l'excellence poétique, à Vittoria Colonna (1490-1547) l'une des femmes poètes de son siècle. 

A la tête des écrivains politiques se distingua Machiavel (1469-1527). Il est connu principalement comme homme d'Etat par ses discours sur Tite-Live, par ses dialogues sur l'art de la guerre et particulièrement par son Principe, manuel de gouvernement. D'autres écrivains politiques furent Botero, Gianotti et Paruta (1540-1598). Le plus renommé des historiens est Guicciardini (1482-1540), dont l'Istoria d'Italia embrasse la période de 1490 à 1534. Paolo Giovio écrivit en latin l'histoire des partis de son temps. Les historiens de Florence furent, outre Machiavel : Nardi, Varchi, Nerli, Segni, Capponi, et Scipione Ammirato; ceux de Venise, Bembo (1470-1547), Paruta et Contarini; ceux de Gênes, Giustiniani, Bonfadio et Foglietta; ceux de Ferrare, Cinzio et Faletti; et ceux de Naples, Constanzo, Porzio et Summonte. Le principal historien de l'art fut Vasari (1512- 1574).

Benvenuto Cellini écrivit une autobiographie célèbre et des traités importants sur la bijouterie et sur la sculpture. Vignole et Palladio se distinguèrent par leurs écrits sur l'architecture. Girolamo Cardan et Giordano Bruno se hasardèrent dans des spéculations philosophiques hardies. De nombreux romanciers florissaient alors; parmi eux Bandello tient le premier rang. Vettori et Salviati commentèrent les plus anciens poètes; et le dernier s'occupa de compiler le Vocabolario della Crusca, ouvrage philologique important sur la langue italienne
 

La versification italienne

La versification italienne est fondée sur l'accent prosodique, et sur le nombre déterminé des syllabes. La rime, simple accessoire d'harmonie, n'est nullement nécessaire; d'excellents poèmes, en particulier toutes les poésies dramatiques, sont écrits en vers blancs ou non rimés (versi sciolti). La rime en italien part de la dernière syllabe accentuée; dès lors ce n'est pas toujours la dernière syllabe qui la constitue. 

On distingue chaque espèce de vers par le nombre de syllabes dont il est composé. Il y a élision lorsqu'une voyelle finale se rencontre avec une voyelle initiale : dans ce cas, ces voyelles ne comptent que pour une seule syllabe. Ainsi, tel vers dont les mots donnent seize syllabes se réduit par l'élision à onze. II faut éviter de faire rencontrer, dans l'élision, des voyelles accentuées, comme potro io. C'est aussi un défaut de compter l'élision pour deux syllabes dans la mesure du vers.

On appelle versa tronchi les vers qui sont terminés par un mot tronco (tronqué, dont l'accent est sur la dernière syllabe); versa piani, ceux qui sont terminés par un mot piano (doux, dont l'accent est sur la pénultième); versi sdruccioli, ceux qui sont terminés par un mot sdrucciolo (glissant, dont l'accent est sur l'antépénultième). Les vers de la langue italienne sont considérés généralement comme piani; les autres vers se rapportent tous à cette classe. Donc, le vers tronco, par rapport au vers piano, doit avoir une syllabe de moins, parce que la dernière syllabe d'un mot, quand elle est accentuée, est égale à deux syllabes brèves, ou à une brève et à un repos; les vers sdruccioli, par rapport aux vers piani, doivent avoir une syllabe de plus, parce que deux syllabes brèves après une syllabe accentuée doivent se prononcer avec la même vitesse qu'une seule syllabe brève.

La langue italienne compte 8 espèces de vers, de onze à quatre syllabes. Le plus long ou endécasyllabe est en même temps le plus harmonieux, le plus majestueux, et le seul qu'on emploie dans les grandes compositions poétiques. II peut avoir trois, quatre, et même cinq syllabes accentuées, dans différentes positions, ce qui donne lieu à une infinité de combinaisons, dont chacune offre une harmonie variée, selon le sentiment que le poète veut exprimer. Après les endécasyllabes, les vers de sept syllabes sont les plus harmonieux et les plus usités. Les vers de six syllabes ne sont employés que rarement, à cause de leur harmonie trop uniforme.

Parmi les différentes combinaisons de vers, nous distinguerons : 1° l'ottava rima ou strophe de huit vers, de l'invention de Boccace; c'est le mètre de la Jérusalem délivrée. Cette heureuse division, qui offre à l'esprit d'agréables repos, a été empruntée aux Italiens par les Espagnols, les Portugais, les Allemands et les Anglais; 2° la sestinaou strophe de six vers, également de création italienne. C'est le mètre dans lequel s'expriment l'épigramme, la satire, l'ironie, sous l'apparence de la gravité et du sérieux ; par exemple la Secchia rapita de Tassoni; 3° la terza rima, couplet de trois vers endécasyllabes, avec des rimes croisées, qui s'enchaînent d'un tercet à l'autre. C'est le mètre de la Divine comédie. II est ordinairement affecté à la poésie satirique, bien que quelques poètes aient écrit en terze rime des élégies, des églogues, des épîtres et même des odes, non sans quelque succès. 

La canzone ou ode, les poésies dites anacréontiques, renferment des strophes de toute mesure et de toute espèce de vers, selon le goût et l'invention du poète. 

Vient enfin le sonnet, rythme essentiellement italien, qui a fait le tour de l'Europe avec un succès prodigieux. On croit que les Italiens l'ont emprunté aux Troubadours. Ce genre de poésie est inséparable du nom de Pétrarque. Burchiello et Berni ont inventé le sonnet burlesque ou épigrammatique, et l'ont allongé d'une queue plus ou moins longue, selon la dose de plaisanterie qu'ils avaient à exprimer : ces sonnets s'appellent sonetti colla coda. (E. B.).

Le XVIIe siècle.
Au XVIIe siècle, les sciences naturelles fleurirent particulièrement. Alors brilla Galilée (1564-1642); ses Dialoghi et ses autres ouvrages sont écrits avec élégance. Ses élèves les plus remarquables furent Viviani, Torricelli et Castelli; les physiciens de cette période furent Borelli, Malpighi, Bellini et Francesco Redi. Les conférences sur le droit public par le jurisconsulte Vincenzo Gravina sont réunies dans son Origine del Diritto civile et dans d'autres publications. Les plus grands historiens furent Sarpi, Davila, Bentivoglio et Pallavicini. Le jésuite Bartoli écrivit l'histoire de sa société. Pietro della Valle (mort en 1652) raconta ses voyages en Turquie, en Perse et en Inde. Le premier journal littéraire italien (Giornale de'letterati) fut fondé à Rome en 1668. A la tête des poètes de ce siècle, brilla Marini de Naples (mort en 1625), qui créa l'école poétique des marinistes. Parmi ses contemporains et ses successeurs figurent Chiabrera, Guidi, Tassoni et Marchetti. Salvator Rosa, Bracciolini, etc., produisirent des vers satiriques, érotiques et facétieux. Zeno de Venise (mort en 1750) et Métastase (mort en 1782) composèrent des pièces d'opéra d'un mérite poétique remarquable. 

Le XVIIIe siècle.
Au commencement du XVIIIe siècle, la littérature et les sciences furent cultivées avec une nouvelle ardeur. Naples produisit Giannone distingué dans l'histoire, Mazocchi dans l'architecture, Genovesi dans l'économie politique. Gagliani dans l'architecture et un autre du même nom dans l'économie domestique et la philologie. Filangieri fut le rival de Montesquieu dans la philosophie du droit. Marsigli, Cesarotti, Foscarini, les frères Gozzi, Morelli et d'autres s'illustrèrent à Venise. Dans les villes de Lombardie florissaient  Tissot, Spallanzani, Volta, Scarpa, Tamburini, Parini, Beccaria, Maria, Agnesi, Carli et autres, qui consacrèrent leur talent à la littérature, aux arts, aux sciences et au développement de principes politiques et éthiques. La Mérope de Maffei fut la meilleure tragédie du commencement du XVIIIe siècle. Parini (1729-1799) excella dans la poésie satirique. Parmi les ouvrages de Cesarotti, on remarque une Traduction d'Ossian, considérée comme l'une des productions les plus heureuses en italien. Alfieri (1749-1803), chef d'une école tragique importante, exerça une influence prépondérante sur son époque et sur la littérature. Goldoni (1707-1793) est le seul véritable poète comique dont l'Italie puisse se prévaloir. Les historiens les plus illustres furent : Muratori (mort en 1750), Maffei, Denina, Mazzuchelli, Tiraboschi et Lanzi (mort en 1810). Campanella continua le mouvement philosophique de Bruno, en opposition à la scolastique, et Vico (1667-1744) fonda la nouvelle science de la philosophie de l'histoire; Gasparo Gozzi, Algarotti, Buonafede, Vanetti, Tartarotti et Alessandro Verri ajoutèrent aussi à la gloire de la littérature en introduisant l'étude des productions étrangères.

Le XIXe siècle
La première partie du XIXe siècle, célèbre par les oeuvres artistiques de Canova, Longhi, Cicognara, Appiani et Beltrami, fut également remarquable comme âge littéraire. L'auteur qui, sans contredit, exerça la plus grande influence sur la régénération de la poésie fut Vincenzo Monti (1754-1828). Ses poèmes, ses tragédies et sa traduction de l'Iliade sont écrits dans un style admirable et nerveux. Ugo Foscolo (1777- 1820) appartient à l'école d'Alfieri. Il écrivit I Sepolcri, poème lyrique, et d'autres ouvrages en prose et en vers, d'une remarquable puissance. Mezzanotte célébra en vers la lutte des Grecs modernes pour la liberté. Les poèmes lyriques de Léopardi (mort en 1837) sont très estimés. Parmi les poètes épiques et didactiques, on cite : Botta, Ricci, Bagnoli, Arici, Crossi, Sestini, Pananti et Lorenzi. Antonio Cesari (mort en 1873) fut le chef des trecentistes, école qui porta jusqu'à l'affectation son amour des auteurs italiens du XIVe siècle. Prati, Aleardi, et Dall' Ongaro (mort en 1873) sont classés parmi les meilleurs poètes lyriques italiens de l'époque. Le comte Giraud, Romain de naissance, Français d'origine, fit renaître la comédie italienne. Alberto Nota lui fut supérieur et égala Goldoni. A la fin du règne de Charles-Albert, parurent Paolo Ferrari, Gherardi del Testa et Giacometti. Ferrari obtint une grande réputation par ses. comédies. D'autres écrivains dramatiques de la période ante-unitairienne sont : Sabbatini, Teobaldo Cicconi, Pietro Corelli, Caterino de' Medici Fortis, Casabianca, Morenco et Montanelli. A l'école classique modifiée de Monti appartiennent les drames de Silvio Pellico (1789-1854), connu principalement par sa Francesca da Rimini et Le mie prigioni, et ceux de Niccolini. 

D'après quelques critiques, Giovanni Battista Niccolini est le premier écrivain tragique italien du XIXe siècle. Filippo Strozzi et Arnaldo da Brescia sont ses chefs-d'oeuvre. Parmi les écrivains historiques de la première partie du siècle, deux, Vincenzo Coco (mort en 1823) et Carlo Botta (mort en 1837), méritent une mention spéciale. Coco a laissé deux ouvrages importants, la Rivoluzione di Napoli et Platone in Italia. Les principaux ouvrages de Botta sont Storia dell' independenza degli Stati Uniti et une continuation de l'histoire de l'Italie de Guicciardini. Collecta, dans Storia del reame di Napoli, complète l'ouvrage de Coco. Amari écrivit l'histoire des Arabes en Sicile et celle des Vêpres Siciliennes. Cesare Cantù commença sa carrière d'historien par Ragionamenti sulla alerta Lombarda del secolo XVII. En 1837, parut son grand ouvrage, Storia universale, sa réputation fut encore augmentée par ses derniers ouvrages. Bianchi Bovini est l'auteur d'une histoire des papes, d'une histoire des Hébreux et d'une monographie du pape Jean. Cesare Balbo écrivit des méditations sur l'histoire, une vie de Dante et un sommaire de l'histoire d'Italie. Les autres historiens du XIXe siècle sont : Gino Capponi, Carlo Troja, Franscini, La Farina, Frederico Sclopis. Luigi Zeni, Romanin, Carlo Gemelli, Giuseppe Rubini, Canette, Canalès, Gallenga, Augello Brofferio, Anelli, Carlo Cattaneo, Federico Torre, Ferrari, L.-C. Farini, Gualterio, Vecchio, Atto Vanucci et Pasquale Villari. Ce dernier est connu comme biographe de Savonarole et de Machiavel.

Les auteurs ultérieurs sur la science sociale sont : Minghetti, Cibrario, Zamboni et Celestino Bianchi. Parmi les écrivains ecclésiastiques, on cite le bénédictin Tosti, les jésuites Luigi Taparelli d'Azeglio, Pianciani, Secchi, Passaglia, Perrone, l'abbé Lambruschbini et le théatin Ventura. Parmi ceux qui se sont occupés des antiquités nationales : Inghirami, Delfico, Fanucci, Manno, Bras et Pompeo Litta. Visconti (1751-1818) se fit un nom dans l'archéologie classique et Festini dans la numismatique. Angelo Mai, De' Rossi, Borghesi, Gestaldi, Canestrini, Foresi et autres sont les représentants de l'archéologie. Les principaux ouvrages de De' Rossi sont : La Roma sotterranea cristiana (1864) et Inscriptiones Christianae Urbis Romae (1857-1861). 

Vers la fin du XVIIIe siècle et au commencement du XIXe, les sciences naturelles firent de grands progrès, grâce aux travaux de quatre savants Volta, Galvani, Scalpa et Spallanzani. La science astronomique fut représentée par Piazzi, Oriani, Cagnoli et Plana; la science médicale par Rasori; la science naturelle par Genè; la géographie par Balbi et la jurisprudence par Canningnani et Nicolini de Naples. Plus tard, de Vico et Donati acquirent une grande réputation par leurs découvertes astronomiques et Pianciani comme physicien. Plus tard encore, Schiapparelli, Cappocci et de Gasparis rendirent de grands services à l'astronomie, et parmi les savants ultérieurs Secchi et Respighi occupent une place distinguée. Avec eux, on doit mentionner les géographes Marmocchi et de Luca, les naturalistes Simonda et de Filippi, le chimiste Piria, les physiciens Melloni, Marianini et Matteucci, et Libri, historien de la science. Ranalli a publié une histoire des beaux-arts. Gioja et Rogmanosi traitèrent des questions philosophiques et de l'économie politique

Manzoni (1784-1873) produisit des modèles de poésie lyrique, de drames historiques et de romansdans : Adelchi, Il conte di Carmagnola, et I promessi sposi. Parmi les autres auteurs de romans historiques, rappelons : Rosini, Cesare Cantù, Grossi, Massimo d'Azeglio (1798-1866) et Guerrazi (mort en 1873). Le roman ayant pour titre Famiglia (1850), par Bersezio, est un des meilleurs de ce genre. Le Dr Antonio, de Ruffini, est estimé pour ses descriptions de paysages italiens. 

En philosophie, Gioja et Romagnosi eurent pour successeurs Pasquale Borelli (Lallebasche), le cardinal Gerdil (1748-1802) et Pasquale Galluppi (1770-1846). La philosophie compte encore un grand nombre de représentants en Italie. Le plus célèbre fut Gioberti (1801-1852), dont la théorie philosophique flattait les aspirations nationales de l'Italie. Après Gioberti, viennent le cardinal Rosmini-Serbati (mort en 1855), dont la théorie ontologique rencontra presque autant de faveur que celle de Gioberti, et Mamiani, l'auteur de Rinnovumenlo dell' antica filosofia italiana. Ausonio Franchi est diamétralement opposé à tous ces philosophes, de même que Tommaseo, représentant des écoles spiritualistes et religieuses. 

La philosophie grecque est représentée par Centofanti, la philosophie sceptique par Giuseppe Ferrari, et l'hégélianisme par le Napolitain Vera. A l'école de Franchi, appartiennent Alfonso Testa et Carlo Cattaneo. Le Calcolo di probilita des sentimenti umani (1855) de Mastriani est une tentative faite pour fonder la philosophie sur des bases physiologiques. Giordani peut être considéré comme le fondateur de l'école de critique esthétique dans l'Italie du XIXe siècle. Cicognara, Pindemonte, Foscolo, Perticari, Basilio Puotti, Mamiani, Giudici, Arcangeli, Ranalli et Giuliani se sont aussi distingués dans cette branche de la science. Parmi les poètes de la seconde moitié du XIXe siècle, on distingue : Giovanni Prati, Frullani, Tigri, Carducci et Zanella; de Spuches, Pardi et autres Siciliens; Barattani, Mercantini, Giotti et de' Marchi. Les poétesses les plus célèbres sont : Francesca Lutti, Alinda Brunamonte, Emilia Fua et Rosina Musio-Salvo. Nous citerons parmi les historiens : Ricotti (Savoie), La Lumia (Sicile), Giudici (Storia dei Comuni italiani), Celesia (Gênes) et Peluso (Milan); parmi les romanciers : Nievo, Arrighi, Donati, Bezio, de Amicis et signera Teresa de Gubernatis. (T.).

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