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Bologne,
Bononia
des anciens,
Bologna en italien,
est une grande ville de l'Italie
septentrionale, ancienne capitale de la Romagne; 380 000 habitants, environ.
Bologne est située à 300 kilomètres au Nord de Rome ,
à 175 kilomètres à l'Est de Milan ,
sur un canal, au point d'intersection de la grande voie Aemilia
des Romains, qui longe le versant septentrional
des Apennins, d'Ancône
à Plaisance, et du Reno, affluent de la rive droite du Pô
inférieur. Cette position lui a donné, au cours de l'histoire,
une assez grande importance stratégique et commerciale.
Séparée autrefois des Alpes
par le lit du Pô et par des marécages étendus elle
est reliée par des chemins de fer avec toutes les grandes routes
de l'hémicycle montagneux qui entoure la vallée du Pô.
Les lignes qui partent de Naples ,
de Marseille ,
de Paris
et de Vienne
y aboutissent. Bologne, point vital des communications commerciales à
travers la péninsule, eût pu devenir la capitale de l'Italie
si le choix d'une capitale était déterminé par des
considérations exclusivement économiques. Malheureusement
les inondations fréquentes du Reno ont beaucoup nui à la
prospérité de la plaine environnante.
Bologne ne mérite plus son surnom
ancien de « grasse ». Le climat y est assez inégal et
en somme désagréable pour une ville italienne. Bologne la
docte et la libre (ses anciennes monnaies portent en effet les deux inscriptions
Bononia docet et libertas) est encore aujourd'hui une cité originale
et curieuse. Elle est entourée d'une muraille de briques d'environ
6 km; douze portes y donnent accès; elle comprend trois quartiers,
ceux de l'Est, du Sud et de l'Ouest. Le centre de la ville est occupé
par la piazza Vittorio Emmanuele.
Monuments.
Les rues sont en général
étroites et tortueuses; un très grand nombre d'entre elles
sont bornées de portiques et d'arcades.
Cette disposition des rues, où voitures et piétons sont également
rares, augmente l'impression de ville endormie qu'on rapporte de Bologne.
Il est certain, malgré la renaissance du commerce et de l'industrie
depuis le début du XXe siècle,
que cette ville fut jadis plus prospère comparativement aux autres
grandes villes d'Italie .
Ses nombreux monuments l'attestent; églises,
palais et châteaux datent presque tout
du XIIIe et du XIVe
siècles avec leur accompagnement obligé de tours, de courtines
couvertes et de créneaux; tout cela gris ou rougeâtre, fendu
ou lézardé, mais solide sans qu'aucune réparation
y soit faite. L'énorme et redoutable forteresse du Palazzo del governo
ou palais du gouvernemnent, le palais du Podestat où sont renfermées
les archives de la ville, remontent au XIIIe
siècle.
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Le
palais du Gouvernement, à Bologne.
L'église
San Petronio, dont la construction fut commencée en 1390 par Antonio
Vincenzi, devait surpasser en ampleur tout ce qu'on avait vu jusqu'alors.
On avait démoli huit églises du voisinage pour se procurer
un vaste emplacement, et l'on se proposait de donner à l'édifice
nouveau une longueur de 600 pieds de Bologne (ce pied valait 0,38 m), et
une largeur de 436 pieds au vaisseau transversal; la coupole centrale octogonale
en aurait eu 110 de diamètre, 250 de hauteur, et, avec la lanterne,
400. Cet édifice devait contenir 54 chapelles,
et être surmonté de 4 tours. Depuis 1659, les travaux furent
interrompus, de sorte que l'église Saint-Pétrone s'étend
seulement jusqu'au vaisseau transversal, sur une longueur de 350 pieds,
y compris le choeur, et une largeur de 147, y compris les chapelles. On
admire sur le portail les bas-reliefs
de Jacopo della Guercia représentant l'Histoire de la création,
selon la Bible .
On a repris la construction à partir de 1853. Saint-Pétrone
est en style gothique italien, à
trois nefs, avec deux rangs de chapelles latérales.
La façade, qui n'est pas achevée,
offre des sculptures remarquables : la porte
centrale, travail de premier ordre exécuté en 1425 par Jacopo
della Quercia, était surmontée de la fameuse statue de Jules
II par Michel-Ange, dont les Bolonais firent
un canon en 1511. A l'intérieur, il faut citer : un grand nombre
d'oeuvres d'art ,
tableaux
à l'huile, peintures murales,
bas-reliefs,
statues,
etc. ; les vitraux, dont Michel-Ange donna,
dit-on, les dessins; la ligne méridienne tracée en 1653 par
G.
Cassini; enfin, dans les archives de la fabrique, 16 plans présentés
par
Palladio,
Peruzzi,
Jules Romain, Vignole et autres architectes pour
l'achèvement de l'édifice.
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L'église
San Petronio, à Bologne.
L'église de San Domenico (XIIe
siècle) contient le tombeau de saint Dominique,
mort à Bologne en 1221; ce tombeau est célèbre par
les sculptures de Nicolo Pisano, de Nicolo dell'Arca et de Michel-Ange.
La cathédrale, San Pietro, est
moderne et du style rococo. Une autre église
curieuse, San Stefano, bâtie sur un ancien temple d'Isis ,
est composée de sept églises distinctes.
Sur une même place se dressent les
deux célèbres tours penchées
en simple brique et d'aspect assez prosaïque d'ailleurs. La plus haute,
qui s'est infléchie d'elle-même et qui continue de s'infléchir,
a 97 m; c'est la torre degli Asinelli du haut de laquelle la vue s'étend
jusqu'aux monts Euganéens situés au Nord du Pô. La
torre Garisenda n'arrive qu'à la moitié de la hauteur de
sa voisine : son inclinaison est double; elle a été à
dessein construite penchée.
L'Université, fondée en 1119
(c'est la plus ancienne de toute l'Italie après celle de Salerne
( Les
universités au Moyen Âge)), occupe maintenant le palais
Cellessi. Elle a changé plusieurs fois de local. Là se formèrent
les nombreuses générations de jurisconsultes qui s'adonnaient,
vers la fin du Moyen âge ,
à l'étude des lois romaines et du code Justinien. Elle compta
jusqu'à 12.000 étudiants. La
bibliothèque
de l'Université est encore riche de plusieurs centaines de milliers
de volumes.
L'Académie
des Beaux-Arts renferme une des plus belles collections d'objets d'art
et surtout de tableaux de toute l'Italie .
L'oeuvre capitale qu'on y admire est la sainte Cécile de
Raphaël.
Elle est riche surtout en toiles des maîtres de l'école
bolonaise : Francia, les Carrache,
le Guide (Guide Reni), le Dominiquin
et le Guerchin. Sauf Francia, tous ces peintres,
disciples de Louis Carrache, sont des éclectiques qui tentent de
s'approprier les qualités saillantes de leurs prédécesseurs
les plus éminents. Mais déjà ils cherchent l'originalité
dans les attitudes savantes ou forcées, dans l'expression exagérée
des sentiments et des passions. La plupart de leurs grandes compositions
sont pompeuses, théâtrales et froides, malgré toutes
les qualités de dessin et de coloris qu'on y rencontre encore. Ils
ont le tort de suppléer par la science à l'inspiration trop
souvent absente.
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Une
rue de Bologne Bologne (palais Fava).
Hors de la ville sur une petite éminence
s'élève la madone de saint Luc, but renommé de pèlerinage .
On arrive à l'église par un
portique
d'une demi-lieue de long, composé de 635 arcades.
Des redoutes et retranchements l'entourent, comme à Notre-Dame de
la Garde de Marseille .
Dans les environs se trouvent le couvent et le cimetière de la Certosa,
reconnu pour un des plus beaux qui existent. Les soieries et les crêpes
de Bologne jouissaient d'une vieille renommée.
Histoire.
Bologne fut fondée par les Etrusques
sous le nom de Felsina et reçut son nom Bononia des
Boïens (ou Boii), peuple gaulois de l'Italie ,
qui s'en étaient emparés. En 189 av. J.-C. elle reçut
une colonie romaine
et s'embellit de nombreux monuments qui ont presque tous disparu. Au Moyen
âge ,
elle fit d'abord partie de l'exarchat grec de Ravenne ,
puis se donna à Liutprand, roi des Lombards
(VIIIe siècle). Charlemagne
la déclara ville libre, et elle prit pour devise le mot libertas.
Dans les luttes des villes italiennes, Bologne se distingua par son zèle
pour la cause des papes; elle combattit avec acharnement les Gibelins ( Les
Guelfes et les Gibelin). Enzio, le fils chéri de Frédéric
II, y fut retenu en captivité pendant vingt-deux ans jusqu'à
sa mort. Bologne excluait la noblesse des charges publiques; elle préférait
la constitution des villes démocratiques de Toscane
à la constitution aristocratique des villes lombardes .
Pendant tout le XVe siècle le pouvoir
y fut disputé par les deux puissantes familles des Bontivogli et
des Ceneduli. Bologne, qui faisait partie des domaines du Saint-Siège ,
reçut de nombreux légats réformateurs comme le cardinal
Albornoz
(1364) et le cardinal Bessarion (1450-1455).
En 1512, Jules Il s'empara de Bologne qui
fut rattachée directement aux Etats romains .
Léon X et François Ier
s'y rencontrèrent en 1515 et Charles-Quint
s'y fit couronner solennellement par le pape Clément
VII après avoir distribué à ses alliés
les différents Etats de l'Italie
(1530). En 1796 Augereau prit Bologne qui devint, lors de la formation
du royaume d'Italie, capitale du département du Reno. Restituée
au pape en 1815, elle fut le principal centre de la révolte des
libéraux en 1831 contre Grégoire
XVI. Un gouvernement provisoire et un statut constitutionnel y furent
acclamés. Mais les Autrichiens
occupèrent la ville, proscrivirent les libéraux, fermèrent
l'université (1831-1832). Un autre mouvement libéral favorisé
par Pie IX y éclata en 1846; les patriotes y furent encore défaits
après trois ans de luttes (1849). Bologne redevint la capitale d'une
des quatre légations pontificales. En 1860, elle s'est donnée
avec toute la Romagne au royaume d'Italie.
Bologne a vu naître les peintres
Francia,
le Primatice, les trois Carrache,
le
Dominiquin,
le Guide,
l'Albane,
ainsi que Marsigli, J. B. Beccari, J. Monti,
Manfredi
le cardinal Albertini, plus tard pape sous le nom de Benoît
XIV (mort en 1758), le cardinal Mezzofanti, ancien bibliothécaire
de Bologne, qui possédait, dit-on, quarante-deux langues
(mort en 1849) et plusieurs savants , et dont les plus connus sont
le médecin
Aldrovandi et le physicien
Galvani,
qui y fit en 1789, ses belles expériences d'électricité.
(GE) |
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