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La littérature allemande
jusqu'en 1900
Aperçu Le Moyen Âge  XVIe s.  XVIIe s Le XVIIIe s. Le XIXe s.
La littérature allemande compte parmi les littératures les plus intéressantes de tous les temps, par la variété des écoles qu'elle embrasse et la diversité des influences qu'elle a subies, plus encore que par le nombre de ses chefs-d'oeuvre. Elle n'a pas la forte unité, le développement ferme et régulier de la littérature française; sa marche a été plus lente et plus inégale, soumise à de brusques revirements et à des temps d'arrêt. De même que le peuple allemand a été longtemps séparé en des groupes distincts et même hostiles, plus ou moins fortement attirés par les régions voisines, de même la littérature allemande a cherché tour à tour ses inspirations au Midi, à l'Ouest, au Nord, avant d'entrer dans la voie où elle a fini par trouver une originalité féconde.

Les dialectes allemands qui ont laissé à différentes époques des documents dans la littérature se sont généralement transmis jusqu'à nous avec des altérations plus ou moins profondes. Seul le plus ancien de tous, la langue gothique (Les langues germaniques), a complètement disparu. Il était parlé, au moment de l'invasion des Germains, non seulement par les deux branches principales des Goths, les Ostrogoths et les Wisigoths, mais encore par les Hérules et les Vandales. Il a partagé la destinée de ces peuples, qui, après avoir porté les premiers coups à l'Empire romain, furent eux-mêmes refoulés par des invasions nouvelles et ne firent, pour ainsi dire, que frayer la route à leurs successeurs plus heureux, possesseurs définitifs du sol. Mais le dialecte gothique a survécu grâce à une oeuvre unique, la traduction de la Bible faite par l'évêque Ulfilas au VIe siècle. Ce qui reste de cette traduction suffit pour en faire apprécier le mérite. Elle rend l'esprit, plutôt que la lettre de l'original; elle est très supérieure aux traductions en haut-allemand entreprises par des moines qui entendaient mieux le latin que les langues vernaculaires. Malheureusement elle n'eut qu'une influence passagère. Elle est comme un monument auguste et isolé, placé en dehors de la grande voie sur laquelle se développa la littérature allemande. 

Cette littérature, prise dans son ensemble, depuis l'époque de l'ancien haut-allemand, peut se partager de diverses manières. Au moins s'accorde-t-on à reconnaître le Moyen âge a été une grande époque, et qu'elle jette son plus vif éclat au XIIIe siècle avec les Minnesinger et les auteurs des poèmes chevaleresques; l'autre grand moment est le XVIIIe siècle, apogée, avec Lessing, Klopstock, Herder, Goethe, Schiller et tant d'autres, d'une évolution engagée dès la Réforme, avec Ulrich de Hutten, Thomas Murner, Martin Luther, Hans Sachs, Jean Fischart.

Le Moyen âge.
La littérature allemande reçut sa première impulsion de l'affection des anciens Germains pour des chants qui célébraient les aventures fabuleuses et héroïques de leur histoire ou de leurs traditions. L'activité littéraire chrétienne se manifesta au IVe siècle par la traduction (probablement de l'évêque Ulfilas) de la Bible en dialecte gothique (Le Manuscrit d'Argent). Des traductions métriques des livres sacrés apparurent au IXe siècle dans l'ancien haut allemand et en bas allemand; les premières (Krist) sous la forme de vers rimés, et les autres (Heland), conservant les allitérations de la langue primitive. Le Ludwigslied, chant triomphal en l'honneur de la victoire remportée par le roi franc, Louis III, sur les Vikings, vers 880, fut composé, dans l'ancien haut allemand, par un ecclésiastique. Plusieurs poètes et chroniqueurs latins se rendirent célèbres à la même époque et dans la période qui suivit. 

Au XIIe siècle, la poésie passa des monastères et des écoles religieuses aux palais des princes et aux châteaux des nobles. Heinrich von Veldelre fut le premier à introduire l'amour dans son poème héroïque Eneit; il est regardé comme le créateur des chants héroïques, bien qu'il fut surpassé par Wolfram von Eschenbach, Les autres maîtres en l'art des ménestrels furent Gottfried de Strasbourg, Hartmann von der Aue et Konrad de Wurzbourg. Leurs poèmes héroïques les plus longs traitaient principalement des exploits de Charlemagne et des histoires d'Arthur et de la Table Ronde; l'amour formait toujours le thème de ces chants. Walter von der Vogelweide fut le plus enthousiaste des poètes lyriques; après lui, il faut placer Heinrich von Ofterdingen, Reimar der Alle, Heinrich von Morungen, Gottfried von Neiten et les bardes autrichiens Nithard et Tanhaeuser. Les ménestrels constituèrent ce que l'on appelle l'école poétique de Souabe, parce que leurs chants etaient, pour la plupart, composés en dialecte souabe.

L'événement dominant de l'ère des ménestrels fut l'apparition du lai des Nibelungen, personnifiant les légendes de la période des migrations nationales. Quelque temps après parut l'Heldenbuch (Livre des Héros) consistant en une collection de fragments des mêmes légendes mélangées avec les traditions des croisades. Le XIIIe siècle fut marquée par le commencement de la poésie didactique et des écrits historiques. Utrich von Lichtenstein (1275) dans son fameux poème Frauendienst (Dévotion à la femme) déplore la décadence de la chevalerie; la poésie abandonnait en effet les châteaux pour la maison du bourgeois ou la chaumière de l'artisan; et au lieu des nobles Minnesanger on eut des chansonniers plébéiens appelés Meistersaenger.

Au XIVe siècle, l'Allemagne posséda plusieurs théologiens mystiques, disciples de Meister Eckart. Le plus connu est Johann Tauler (1290-1361) dont les sermons et les écrits préparèrent les esprits à une réforme religieuse des XIVe et XVe siècles ne produisirent d'autre bonne poésie que les chants animés de Halbsuter et de Veit Weber, célébrant les victoires de la Suisse sur l'Autriche et la Bourgogne. Au XVe siècle, Hegius, Langius, Dringeberg, Reuchlin et Agricola élevèrent la philosophie à un haut degré de splendeur; Purbach et son adepte Regiomontanus (Johann Müller) s'illustrèrent comme mathématiciens, au moment où l'invention de l'imprimerie produisait une activité littéraire sans précédent.

Le XVIe siècle.
Le XVIe siècle vit inaugurer une ère nouvelle par la traduction que Luther fit de la Bible; le haut allemand, tel que l'employa le chef de la réforme, sembla un idiome si pur qu'il est resté depuis le seul qu'aient employé les écrivains. En même temps que Luther brillaient des philosophes tels que Zwingle, Johann Arnd, Melanchthon, Ulrich von Hutten, Bugenhagen et Bullinger; dans les sciences qui auraient cru s'abaisser en partant la langue vulgaire et qui employaient toujours le latin, brillaient au premier rang Cornelius Agrippa, Theophraste Paracelse, Copernic, Leonhard Fuchs, Conrad Gesner et Agricola. Dans le champ de l'histoire, on admirait Sebastian Frank, Sebastian Münster, Tschudi et Aventinus. Les écrits d'Albrecht Dürer développaient des vues originales sur les beaux-arts dans leurs rapports avec les sciences mathématiques.

Les traductions du Tasse, de l'Arioste, de Boccace et de plusieurs poètes et romanciers italiens ne purent faire oublier les anciennes histoires de la chevalerie; on fit même de ces dernières des collections appelées Volksbucher ( = Livres pour le peuple), recueils dont un, le Buch der Liebe ( = Livre d'amour), resta longtemps populaire. Parmi les satirnbanques et les fabulistes, on cite Sebastian Brant (Narrenschif = Navire des sots, Nef des fous), Thomas Murner (Narrenbeschwaerung, Conjuration des fous), Alberus et Burkard Waldis; enfin Johann Fischart, surnommé le Rabelais allemand. Parmi les Volksbucher dont nous avons parlé se trouvait Till Eulenspiegel (Till l'Espiègle), relatant les boutades, farces, plaisanteries, aventures et mésaventures d'un vagabond.

Les Volkslieder, ou chants populaires de cette période, ont été assemblés pour la première fois par Herder. Les Meistersaenger même brillaient d'un éclat nouveau sous la plume de Hans Sachs; l'art dramatique s'enrichit des oeuvres de Jakob Ayrer (mort en 1605) et d'Andreas Gryphius (1616-1664). 

Le XVIIe siècle.
En passant des Meistersaenger aux érudits, la poésie perdit en simplicité, en naturel ce qu'elle gagna en perfection; bientôt on ne s'étudia plus qu'à imiter les Italiens et les Français. Cette nouvelle période fut riche en talents de toute sorte; nous citerons, parmi les poètes; Friedrich von Spee (mort en 1635), Georg Rudolph Weckherlin (1584-1651), Martin Opitz, chef de la première école silésienne (1597-1639), Paul Flemming (1609-1640), Simon Dach (1605-1659), von Zesen (1619-1689), Halsdaerfer, Christian Weise, Friedrich von Logau (1604-1655), Günther (1695-1723), Neukirch (1665-1729), Wernike de Hambourg (mort vers 1720) et Brockes de Hambourg (1680-1747); citons encore, parmi les poètes moins purement nationaux, Hofmannswaldau (1616-1679), Lohenstein (1635-1683), Canitz (1634-1690), Besser (1654-1729) et Koenig (1688-1744). Les nouvellistes qui obtinrent le plus de succès furent Buchcholx, von Zesen, Ziegler, Klipphausen, Lohenstein et le duc Anton Ulrich de Brunswick. 

Parmi les prosateurs, von Pufendorf en philosophie politique, Kepler (auteur latin) en astronomie, et Gottfried Arnold en histoire ecclésiastique, méritent une mention toute particulière; on ne peut oublier Spener, créateur du piétisme protestant. Le latin dominait encore dans les écoles et dans les écrits philosophiques, si bien que Jakob Boehme (1575-1624) fut pendant longtemps le seul à employer la langue de son pays. Leibniz (1646-1716) préférait le français lorsqu'il ne faisait pas usage du latin; Wolf (1679-1754) écrivait en allemand. Christian Thomasius (1655-1728) substitua la langue nationale au latin dans l'instruction et fonda la première publication périodique allemande à Leipzig (1688-1690).

Le XVIIIe siècle.
Le XVIIIe siècle vit naître plusieurs écoles littéraires. Gottsched (1700-1766) voulut faire de l'allemand la langue des écoles, à l'exclusion de toute autre, et soutint les règles classiques de composition admises par Racine et Corneille. Bodmer (1698-1783) et Breitinger de Zurich (1701-1776), admirateurs de Milton, créérent l'école suisse, opposée aux classiques; plus tard, un certain nombre d'adeptes de Gottsched l'abandonnèrent et fondèrent le Bremer Beiträge, célèbre publication périodique éditée par Gaertner (1732-1791); avec eux commença la seconde école saxonne. L'école de Halle avait des rapports avec l'école suisse. Parmi les poètes de cette période on remarque Rabener (1744-1771), Zachariae (1726-1777), Gellert (1715-1769), Kaestner, Giseke, Johann Elias Schlegel, Johann Adolph Schlegel (1721-1793), Fuchs, Cramer, Ebert, Kleist (1715-1759), Ramler (1725-1798), Gleim (1719-1803), Salomon Gessner, de Zurich (1730-1787), Hagedorn (1708-1754), Albrecht von Haller (1708-1777), Klopstock (1724-1803) et Wieland (1733-1813).
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La versification allemande

La rime est le caractère des plus anciennes poésies de l'Allemagne, qui consistaient en chants d'église et en chants populaires; elle est aussi accompagnée d'allitérations, comme on le voit dans la prière de Wessobrunn et le chant d'Hildebrand. La mesure de l'ancien vers allemand ne reposait ni sur la quantité des syllabes, comme en grec et en latin, ni sur leur nombre, comme dans presque toutes les autres langues vivantes; elle consistait uniquement dans bien qu'elle n'eût pas en réalité une durée plus longue que les autres; elle ne se distinguait des brèves que par l'élévation de la voix. Toute syllabe qui n'avait pas l'accent était regardée comme brève.

Le Minnesinger, dit J. Grimm, se bornait à déterminer le nombre des arsis qu'il voulait donner à son vers, et s'inquiétait peu du nombre des syllabes faibles; mais comme il se gardait également de mettre dans les thésis des syllabes accentuées, il s'ensuivait que le vers était tantôt iambique ou trochaïque, tantôt dactylique ou anapestique. Dans les strophes des Niebelungen, chaque vers compte six arsis. L'emploi des rimes plates, et la césure féminine qui divise le vers en deux hémistiches, lui donnent une grande analogie avec le vers alexandrin, surtout dans les poètes souabes. La rime des anciens proverbes et des vieilles maximes se trouve quelquefois au commencement du vers; elle porte alors Ie nom de rime initiale.

Quand le haut allemand fut devenu la langue littéraire de l'Allemagne, Opitz, Klopstock et ses successeurs, régularisèrent la métrique, qui repose aujourd'hui sur des principes assez précis; mais il est difficile de la ramener à des règles invariables, parce que l'accent d'une même syllabe peut changer suivant l'importance que le poète attache au mot. Cependant, grâce à la métrique nouvelle, certaines syllabes qui étaient brèves sont devenues douteuses, et peuvent être employées comme longues; cette innovation a permis à la versification allemande d'employer le spondée, pied qui lui manquait totalement. (H.).

Une nouvelle direction fut donnée à la littérature par Lessing (1729-1781), qui fit disparaître l'influence française. Sa tragédie 'Emilia Galotti, sa comédieMinna von Barnhelm et son drame philosophique Nathan der Weise sont des modèles de composition dramatique. D'autres auteurs exercèrent également une grande influence sur la littérature de leur époque; ce sont : Herder (1744-1803) et Winckelmann (1717-1768). Le critique et commentateur Heyne propagea à Göttingen les théories de Winckelmann et bientôt après 1770, la,jeunesse fonda une union poétique dont les principaux membres furent Bürger (1748-1794), Voss (1751-1826), Hoelty (1748-1776), les deux Stolberg, Claudius, Miller, Hahn, Cramer, Gotter et Boje. D'autres poètes célèbres furent Pfeffel (1736-1809), Klinger (1753-1831), Schubart (1739-1791), Heinse (mort en 1803), Lenz (1750-1792), Müller (1750-1823) et surtout Schiller et Goethe; à cette période appartient le philosophe Kant (1724-1804) qui fut suivi de Fichte (1762-1814), Hegel (1770-1831) et Schelling (1775-1834); d'autres philosophes éminents furent Lessing, Herder,  Mendelssohn et Hamann.

Parmi les autres prosateurs nous citerons Engel et Jacobi, Reinhold et Barth; Alexander Gottlieb Baumgarten (écrivain latin), Meier, Sulzer, Abbt, Garve, Liscow, Lavater, Zimmermann, Lichtenberg; les historiens Dohm, Moeser, Schroeckh, Schloezer, Beck, Spittler, Mosheim et Johannes von Müller (1759-1809); Georg Forster, professeur et ami d'Alexander von Humboldt; le publiciste Friedrich Karl von Moser; le professeur Basedow, auquel succéda Pestalozzi; Campe, auteur de livres pour les enfants; Nicolai (roman satirique Sebaldus Nothanker); le philologue Adelung; l'archéologue Boettiger; le biographe Sturz; les théologiens Reimarus, Jerusalem, Spalding, Michaelis, Rosenmüller et Ernesti; l'historien Eichhorn; enfin Blumenbach, Bloch, Herschel, Euler, Vega et plusieurs autres brillèrent dans les diverses branches de l'enseignement et des sciences. Jean Paul Friedrich Richter (1763-1825) est considéré comme l'un des plus puissants écrivains de son siècle. Novalis (von Hardenberg, 1772-1801) fut le chef de la nouvelle école dite romantique, à laquelle appartint notamment son contemporain Wackenroder (1772-1798).

Le XIXe siècle.
La période romantique inaugurée par Novalis, s'est poursuivie au XIXe siècle avec August Wilhelm von Schlegel (1762-1843), traducteur de Shakespeare, et distingué dans plusieurs genres; son frère Griedrich von Schlegel (1772-1829), historien de littérature ancienne et moderne; Ludwig Tieck (1773-1853), La Motte Fouqué (1777-1843), Chamisso (1781-1838), Tledge (1752-1841), Platen (1796-1835) et Werner (1768-1823)

Cette époque comprend les poètes lyriques Schenkendorf (1783-1817), Stagemann (1763-1840), Kosegarten (1758-1818), Baggesen (1764-1826), Matthison (1761-1831), Mahlmann (1771-1826), Salis (1762- 1834) et Eichendorff (1788-1857). Parmi les romanciers, on cite d'abord J. T. Ilermes (1738-1824), Hippel (1741-1796), Musaeus (1735-1787), et ensuite Lafontaine (1759-1831), Thümmel (1738-1817), Jung-Stilling (1740-1817), Knigge 1752-1796) et Immermann (1796-1840). 

Les femmes auteurs de cette période sont Bettina von Arnim (1785-1859), Rahel, femme de Varnhagen von Ense (1774-1833), Augusta von Paalzow, Ida von Hahn-Hahn, Amalie Schoppe, Johanna Schopenhauer, Friederike Brun et Talvi (Mme Robinson). La guerre nationale contre Napoléon fit éclore les chants enthousiastes d'Arndt (1769-1860) et de Koerner (1791-1813). Les autres poètes nationaux furent Wilhelm Müller (1794-1827), Rückert (1789-1866) et Uhlandd (1787-1862), chef de l'école moderne de Souabe, à laquelle appartenaient Hebel (1760-1826), Justinus Kerner, Gustav Schwab, l'historien et critique Pfizer, Karl Meyer et Moerike. Une nouvelle direction fut donnée à l'activité littéraire par l'excitation qui précéda et suivit la révolution française de 1830. Boerne (1786-1837) et Heinrich Heine (1800-1856) se mirent à la tête du mouvement; ce dernier devint, en peu de temps, l'idole de la nouvelle école appelée Jeune Allemagne, école à laquelle appartenaient Gutzkow (né en 1811), Laube (1806), Gustav Kühn (1806) et Mundt (1808). Les écrits du baron Sternberg (1806) et du prince Pückler-Muskau (1785-1871) donnent une idée des opinions qui régnaient alors en Allemagne.

La liste des auteurs de romans historiques fut ouverte par Meissner (1753-1807), qui eut pour successeurs Karoline von Pichler (1769-1843), Tromlitz (von Witzleben, (1773-1839), Van der Velde (1779-1824), Karl Spindler (1796-1855), Koenig (1790-1869), Zschokke (1771-1848), Heinrich Stelfens (1773-1845), Berneck ou Bernd von Guseck (1803), Mügge (180-1861), Heller (1813-1871), Luise Mühlbach (Mme Mundt, 1814-1873) et Willibald Alexis (Wilhelm Baering, 1797-1871). Hauff, Clauren et Hacklaender, (fondateur et directeur du journal Ueber Land und Meer) sont également des romanciers populaires. Parmi ceux des dernières décennies du XIXe siècle, la première place est occupée par Freytag, Spielhagen et Auerbach. Alfred Meissner (petit-fils du romancier déjà nommé), Max Ring, Edmond Hoefer, Fanny Lewald, Levin Schücking, Karl van Holtei, E. Marlitt (Eugénie John), Paul Heyse et plusieurs autres se sont illustrés par des travaux littéraires d'imagination.

A la même époque, les poètes  les plus célèbres sont Hoffmann von Fallersleben, Herwegh, Diagelstedt, Prutz, Kinkel, Freiligrath, Grabbe, Gottschall, Emanuel Geibel, Hedwilz, Paul Heyse, Wolfgang Müller, Max Waldau, Gerokt, Bodenstedt, Baettger, Simrock, Kugler, Keller, Schefer et Hemmer. Une pléiade de poètes viennois se groupa autour d'Anastasius Grün (comte d'Auesperg, 1806-1876), le plus grand poète lyrique de l'Autriche. Autour de cette étoile gravitaient Lenau et Karl Beck, Alfred Meissner et Moritz Hartmann. 

La littérature dramatique est tombée des hauteurs où elle s'était élevée avec Lessing, Goethe et Schiller, Néanmoins les auteurs sont nombreux; nous citerons : Gerstenberg (1737-1823), Cronegk, Leisewitz, Weisse, Iffland (1759-1814), Werner, Müllner (1774-1829), Howald (1778-1845), Grillparzer (1790-1872, Kotzebue (1761-1819), Friedrich  Halm (Münch-Bellinghausen), Maltitz, Eichendorff, Julius Mosen, Gutzkow,.Laube, Hebbel, Griepenkerl, Prutz, Brachvogel, Charlotte Birch-Pfeifer (1800-1868), Karl Immermann, Beer, Raupach (1784-1852), Eduard Duller (1809-1853), Hacklaender, Benediz, Feldmann, Toepper, Albini, Gustav Freytag, Bauernfeld, Paul Heyse, Wilhelm Jordan, Kruse, Mosenthal, Weilen, Wilbrandt, Gustav von Putlitz et Schauffert.

Toutes les autres branches de la littérature sont tombées dans la décadence depuis que l'Allemagne a tourné son énergie du côté de l'art militaire; elle a recherché une gloire d'un tout autre genre. Les esprits les plus éminents se vouent surtout à l'enseignement et aux recherches scientifiques. Alexander von Humboldt (1769-1859) a donné une vive impulsion à toutes les branches du savoir humain, principalement aux sciences naturelles. En même temps, un autre grand mouvement était imprimé aux recherches historiques par Niebuhr (1776-1831), Schlosser (1776-1861), Heeren (1760-1842), Raumer (1781-1873), Leopold von Ranke (né en 1793), Dahlmann (1785-1860) et Gervinus (1803-1871). 

Parmi les noms distingués dans les recherches sur les antiquités orientales et égyptiennes, on cite Bunsen, Lepsius, Brugsch, et Ebers; dans l'histoire ancienne Boeckh, Karl Otfried Müller, Duncker, Droysen, Mommsen, Kortüm, Adolph Schmidt, Plass, Wachsmuth, Tillmann, Flathe, Manso, Abeken, Schwegler, E. Curtius, Lassen, Jahn, Hermann, Teuffel et Movers; dans l'étude du sanscrit, Roth, Boehtlingk, Benfey, Fick et A. Weber; dans l'histoire du Moyen âge, Rühs, Rehm, Wilken, Leo, Hammer, Fallmerayer, Aschbach, Lappenberg, Dahlmann, Schaefer, Roepell, Kriegk, Griesebach et Gregorovius; dans l'histoire et la littérature orientales, Joseph von Hammer-Purgstall, Flügel, Plath, Radeloff, Ewald et Noeldeke; dans l'histoire moderne, Dohm, Saalfeld, Bülau, Münnich, Heusser, Sybel et Treitschke; dans l'histoire des mouvements moraux, intellectuels, économiques et politiques, Wachsmuth (1784-1866), Scherr, Klemm (1802-1869) et Henne-am-Rhyn. Les récits d'explorations rédigés par Johann Georg Adam Forster (1754-1794), compagnon de Cook dans son second voyage autour du monde, ayant obtenu un grand succès, furent suivis de plusieurs autres qui créèrent un genre nouveau, la littérature de voyages, à laquelle Humboldt donna une grande impulsion. 

L'Allemagne a donné le jour à un nombre considérable de voyageurs qu'il faut renoncer à nommer tous; nous citerons seulement Lichtenstein (1780-1897), Martius (1794-1868), G. H. von Schubert (1780-1860), Rüppel (né en 1794), Moritz Wagner (1813), Froebel (1806) et Ida Pfeiffer (1797-1858). Parmi les plus célèbres explorateurs de la fin du XIXe siècle, on ne peut se dispenser de rappeler Gützlaff (en Chine), Siebold (au Japon), Barth, Vogel, Nachtigal, Gerhard Rohlfs, Sweinfurth et Heuglin (en Afrique), les frères Schlagintweit (Asie centrale), Bastian (Sud-Est de l'Asie) et Leichhardt (Australie). 

Parmi ceux qui se sont illustrés dans le champ des sciences et de la philosophie; nous ne nommerons que les plus célèbres: Schleiermacher, Wilhelm von Humboldt, Schopenhauer, Nietzsche, D.F. Strauss, Ritter, Bopp, Grimm, Liebig et Haeckel. (T.).

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