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Vasari
(Giorgio), peintre et critique d'art né à Arezzo
(Italie) le 30 juillet 1511, mort à Florence le 27 juin 1574. Esprit
presque universel, à la fois peintre, architecte et littérateur,
il doit la grande réputation dont il jouit aujourd'hui à
sa qualité d'écrivain d'art. Il ne faut pas oublier cependant
que si ses peintures sont des plus médiocres, en revanche quelques-unes
des oeuvres architecturales qui il a laissées sont d'un maître.
Parmi celles-ci, la première place convient au Palais des Offices
à Florence qui égale par sa sobre beauté les plus
célèbres édifices de la Renaissance
italienne. On doit aussi à Vasari l'abbaye de Cassinensi, à
Arezzo, l'intérieur du Palais Vieux, à Florence, qu'il refit
en partie, et divers arrangements dans la villa du pape Jules III, à
Rome, connue sous le nom de la Vigna di papa Giulio. Comme peintre, Vasari,
qui avait cependant de grandes prétentions à ce sujet, ne
supporte pas l'examen. L'imitation et la facilité furent ses qualités
ou mieux ses défauts dominants, Son exécution était
un prodige de vitesse. On rapporte qu'il termina en cent jours l'énorme
suite de fresques, l'Histoire du pape Paul III, qui ornent le palais
de la Chancellerie à Rome, L'Histoire des Médicis.
qu'il peignit au Palais Vieux de Florence, aurait demandé encore
moins de temps.
Mauvais peintre,
Vasari est un critique d'art merveilleux. Il passe, avec raison, pour le
créateur de l'histoire de l'art. Il nous a donné, en effet,
dans ses Vite de più eccellenti Architetti, Pittori et Scultori
le plus bel ensemble, de monographies de tous les artistes de la Renaissance
italienne qu'il soit possible de consulter : oeuvre inestimable pour la
connaissance d'une des périodes les plus fécondes et des
plus suggestives de l'histoire de l'art. Le recueil des Vies ,
riche de faits et d'idées, nourri et vivant, forme, dans la littérature
universelle, comme une oeuvre à part, personnelle et colossale,
qui demandait pour être menée à bien l'union dans un
même écrivain de l'artiste et de l'érudit.
«
Il a fallu, dit Eugène Müntz dans l'Histoire de l'art pendant
la Renaissance, pour créer cette oeuvre monumentale, non seulement
un véritable tempérament d'écrivain et d'érudit,
mais encore le concours de circonstances exceptionnelles : composées
trente années plus tôt ou trente années plus tard,
les Vite ne présenteraient plus qu'un intérêt
secondaire. Dans la première hypothèse, Vasari n'aurait pas
pu connaître encore tous ces grands artistes qui ont imprimé
à l'art italien sa consécration suprême; dans la seconde,
il n'aurait plus compris les glorieux précurseurs de XIVe et du
XVe siècle. »
L'intérêt
des Vies
ne rachète pas cependant entièrement les critiques que l'on
peut leur adresser. On demande actuellement à un historien d'art
plus de méthode, plus de rigueur dans la critique, plus de précision
qu'il n'y en a dans l'oeuvre de Vasari. La partie chronologique pèche
aussi par bien des endroits. Mais ce qui fait l'incontestable mérite
des Vies et les place hors de pair dans l'histoire de l'art, c'est
avec l'attrait, l'animation du récit, cette sorte de verve aimable
et intarissable par laquelle Vasari a su nous intéresser aux artistes
dont il retraçait la vie et les travaux.
(P. Maryllis). |
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