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La numismatique
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    Les médailles
    Les monnaies
    La numismatique (du grec numisma = monnaie) a pour objet l'étude des objets métalliques tels que les médailles et monnaies, jetons et méreaux, etc. Son utilité pour l'étude de l'histoire a été comprise depuis longtemps, mais surtout depuis l'époque où le grand ouvrage d'Eckel (Doctrina nummorum, etc.) a posé les bases, établi les méthodes de cette science. Les portraits des princes, la chronologie de leur règne, les principaux événements de la vie des peuples, sont fournis par les médailles et les monnaies. La valeur du travail artistique de ces pièces indique la mesure de la civilisation des pays où elles ont été frappées, et l'abondance de la monnaie est une indication utile pour l'économiste, qui juge par elle la richesse relative des peuples et le développement de leur commerce extérieur.

    II y a la numismatique ancienne et la numismatique moderne. La première, portant sur des temps reculés, offre beaucoup plus d'intérêt que la seconde, à laquelle elle est fort supérieure sous le rapport de l'art. C'est d'elle que nous nous occupons ici.

    Noms divers portés par les médailles.
    Les médailles ou monnaies antiques ont porté chez les Anciens divers noms, les uns relatifs au sujet représenté, les autres à leur forme. On appelait Tortues les monnaies d'Égine, frappées au type de la tortue; Poulains, celles de Corinthe, comme celle ci-dessous, ayant au droit une tête d'Athéna, et au revers un Pégase ailé; Geniati Philippi, les monnaies de la Galatie qui portent des génies avec des ailes; Sagittaires, les Dariques où figure l'archer royal, monnaie de Darius, dont nous donnons un type ci-contre; Chouettes, les tétradrachmes d'Athènes, etc. Il y avait aussi les Victoriati, les Biges, les Philippes, les Cyzicènes, les Phocéennes, les Homères de Smyrne, les Vulcains de Lipari, etc. 
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    Médaille poulain.
    Médaille poulain.

    Les Modernes distinguent parmi les pièces antiques les Incuses (umbinas), gravées en creux; les Serrati, crénelées sur les bords; les fourrées, pièces fausses couvertes d'une lame d'argent; les Saucées, pièces de cuivre trempées dans l'or ou l'argent en fusion; les Frustes, pièces usées par le frottement. Indépendamment de ces diverses particularités, il y a encore la patine, espèce de vernis que le temps met sur le bronze antique, et qui aide à reconnaître son authenticité. 
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    Darique.
    Darique.

    Les monnaies ont été frappées en cuivre, en argent, en or, en électrum (alliage d'or et d'argent), en potin (alliage de cuivre et d'argent). Elles portent un nombre infini de types, sujets caractéristiques du pays et du temps où elles ont été émises; on y trouve quelquefois des têtes affrontées, opposées l'une à l'autre, front contre front, comme celles de la première pièce ci-dessous, représentant les deux fils de Pompée; ou conjuguées, dont la deuxième pièce offre un exemple dans les têtes de Ptolémée Philadelphe. Il faut y distinguer le signe monétaire, particulier à l'atelier et primitif, de la contre-marque, empreinte postérieure, par laquelle on a modifié la valeur et la signification de la monnaie.

    Médaille affrontée.
    Médaille affrontée.
    Médaille conjuguée.
    Médaille conjuguée.

    Les inscriptions mises tantôt en légendes autour du sujet, tantôt exprimées à l'exergue en monogrammes ou en initiales, sont à étudier avec le plus grand soin. En effet, on trouve sur les monnaies antiques autonomes, frappées à l'époque où les villes jouissaient de l'indépendance, les noms des magistrats non titrés, les noms des magistrats avec leur titre d'Archonte, de Préteur, d'Ephore, de Prytane, etc.; sur les monnaies impériales, les noms des magistrats titrés et non titrés, les noms des villes avec l'indication, dans le titre qu'elles se donnent, de leur situation politique. Ces inscriptions sont généralement régulières, mais quelquefois les lettres sont placées dans l'ordre inverse; c'est cet ordre où elles se pressntent à rebours qu'on a appelé Boustrophédon. Il y a à distinguer aussi parmi les médailles celles qu'on désigne sous le nom de médailles parlantes, parce que le sujet qui y est représenté se rapporte à la signification de leur nom : telles sont celles de Sélinonte, où figure le persil (en grec Selinè); celles de Cardia, un coeur; de Rhodes, une rose de grenade, etc.

    Types et symboles.
    Les renseignements que fournissent les médailles sur les moeurs, les usages, les croyances des Anciens, sont en quelque sorte innombrables : il y a les symboles des provinces et des villes : l'Afrique est désignée par une tête d'éléphant; l'Égypte par un sistre, un ibis, un crocodile; la Judée par une robe et un palmier; l'Espagne par un lapin ou un soldat armé de deux javelots; l'Arabie par un chameau, etc.; les symboles des divinités : Perséphone est représentée par une grenade; Canope par un pot de terre qui porte la fleur d'Isis: les Dioscures par des étoiles, comme on le voit au revers de la médaille ci-dessous de Scyros, où Castor et Pollux ont une étoile sur la tête, etc. Les attributs n'ont pas moins d'importance : la haste, sans fer, ou plutôt l'ancien sceptre, est la marque du commandement suprême; la patère, entre les mains des divinités, marque les sacrifices qu'on leur fait; le caducée marque de pouvoir; les serpents sont le signe de la prudence, les ailes celui de la diligence, etc.
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    Les Dioscures.
    Les Dioscures.

    On voit sur les médailles romaines l'enseigne militaire placée sur un autel pour indiquer une colonie nouvelle; les boucliers votifs expriment les voeux publics rendus aux dieux; le bonnet surmonté d'une pointe croisée sur le pied avec des pendants (apex et flaminina) marque la dignité pontificale, lorsqu'il est accompagné des instruments de sacrifices; le char traîné par des chevaux ou des lions et des éléphants marque le triomphe ou l'apothéose des princes; Ie char traîné par des mules, à l'usage des princesses, marque la consécration, ou indique qu'on porte leurs images aux jeux du Cirque. Les bonnets, les couronnes qui ceignent la tête ont des formes très diverses. C'est le diadème-bandeau dont on s'est servi depuis Constantin : Justinien est le premier qui a pris une espèce de couronne fermée (camelacenium). Ce sont les couronnes radiales, qu'on place, comme le nimbe, cercle de lumière, autour de la tête du prince devenu dieu; les couronnes rostrales, murales; les civiques, faites de chêne; les athlétiques, formées d'ache, etc. Parmi les bonnets, il y a la mitre, sur le front des rois d'Arménie et d'Assyrie; la tiare, sur celui des rois Perses et Parthes; le bonnet Phrygien, le Pétase de Mercure, barrette avec deux ailes; le bonnet sans bords de Vulcain, des Cabires et des Cyclopes; le bonnet du Dieu Lunus, recourbé en pointe en forme de croissant, etc. 

    Très souvent dans l'Antiquité, en Grèce comme en Asie, comme en Gaule, les peuples ou les villes, au lieu d'inscrire leurs noms sur la monnaie, se contentent d'y placer une production particulière au sol du pays; ainsi, Cyrène, dont toutes les pièces sont frappées au type du silphium; ou un animal qui est le symbole de la divinité protectrice. Un nombre considérable d'animaux figurent sur les médailles : le cheval est le type ordinaire de Carthage; le chien, consacré à Mokim, de Tyr (La religion phénicienne); le coq est le symbole de Lunus ou de Mercure; la corneille, d'Apollon; l'hippopotame est le symbole du Nil ou de l'Égypte; Pégase ailé, celui de Corinthe, de Syracuse et d'autres villes de Sicile; le phénix, celui de l'éternité de l'Empire romain; le paonou l'aigle marque la consécration des princesses; le pigeon, le culte de Vénus; le poisson caractérise les villes maritimes; la vigne, les pays de vignobles; la sirène, Cumes; l'épi de blé, Métaponte, etc.

    Nous n'en finirions pas si nous voulions déterminer la signification de toutes les représentations symboliques qui abondent sur les monnaies antiques.

    Représentation sur les médailles des oeuvres d'art les plus célèbres de l'Antiquité.
    Un des meilleurs partis qu'on tire de la numismatique ancienne, c'est pour l'interprétation et la restauration des monuments, surtout des statues antiques. Entre les ouvrages d'art de premier ordre, par le sujet ou par le talent de leurs auteurs. qui se trouvent sur les médailles, citons : l'Héra de Samos, ouvrage de Smilis, type monétaire de cette ville; l'Aphrodite de Paphos; l'Artémis d'Éphèse; Apollon Philésius réduction d'une statue célèbre de Canachus, l'ancien chef de l'école de Sicyone, sur les monnaies de Milet, etc. Sans ces médailles, nous n'aurions aucune idée de ces chefs-d'oeuvre fameux dans l'Antiquité, et dont il n'existe pas d'autre reproduction.
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    Zeus Ithomat.
    Zeus Ithomat.

    Il faut encore recourir à la numismatique ancienne pour trouver une image de ces chefs-d'oeuvre de maîtres célèbres qui ont disparu : d'Agéladas, le maître de Phidias, nous trouvons la représentation du Zeus Ithomate sur un médaillon de Messénie, que nous donnons ci-dessus, où l'on voit Zeus nu et debout, avec l'aigle sur le bras gauche étendu, et la foudre qu'il brandit de la main droite; - de Phidias, trois de ses principaux ouvrages, le Zeus d'Olympie, l'Athéna du Parthénon, l'Athéna de l'Acropole, ont fourni le type de plusieurs médailles grecques. On a, en outre, la tête d'Athéna sur les tétradrachmes d'Athènes, et la tête de Zeus sur les médaillons des Arcadiens; - de Praxitèle, l'Aphrodite de Cnide au revers des têtes de Caracalla et de Plautille, le groupe de Latone et de Chloris sur une médaille d'Argos, le Faune sur une médaille de Caesarea de Panéas de la Trachonitide; - de Lysippe, l'Héraclès à table, sur les médailles de Crotone. - Les médailles grecques renferment en outre la réminiscence ou la copie d'une foule de groupes et de statues des maîtres des premières écoles. (D.).

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