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Schiaparelli

Giovanni Virginio Schiaparelli est astronome né à Savigliano (Piémont) le 14 mars 1835, et est mort le 4 juillet 1910. Docteur (1854), élève de l'Observatoire de Poulkova, correspondant de l'institut (1879), ile sera à partir de 1862 directeur de l'Observatoire de Milan. Ses travaux et centres d'intérêts ont été nombreux. on lui doit notamment des études sur les étoiles filantes (1866), la découverte supposée de canaux sur Mars (1877), des tentatives de déterminations des périodes de rotation de Vénus et de Mercure (1889-90), ou encore des mesures d'étoiles doubles (à partir de 1875).

Les étoiles filantes
Les étoiles filantes, explique-t-il, sont de petites masses de matière analogue à celle des comètes et se meuvent d'après les mêmes lois que celles-ci. Il y a dans les espaces interstellaires des amas de matière nébuleuse qui, attirés par le Soleil, pénètrent dans sa sphère d'action. Ces amas sont des flocons légers qui se meuvent à peu près dans la même direction et avec la même vitesse; par suite de leur grande vitesse, les flocons qui pénètrent dans notre atmosphère compriment brusquement l'air; II en résulte une grande chaleur et de rapides traînées lumineuses. Les flux périodiques d'étoiles filantes proviennent d'un courant météorique qui, pendant plusieurs années, passe au même point près de la Terre.

Toutes les étoiles filantes se meuvent autour du Soleil en formant un anneau de corpuscules. Quand l'orbite de la Terre rencontre l'anneau, nous apercevons un essaim. II y a deux essaims remarquables : l'essaim des Perséides, qui a la constellation de Persée pour point radiant, est vu dans les nuits du 11 au 13 août; l'essaim des Léonides, dont le Lion est le point radiant, se voit dans les nuits du 11 au 13 novembre. En 1866, Schiaparelli, en se servant des formules données en 1839 par A. Erman, a démontré que l'essaim des Perséides suit le chemin de la comète périodique Tuttle, découverte en 1862.

C.-F.-W, Peters, d'Oppolzer et Schiaparelli ont trouvé que l'essaim des Léonides suit la route de la comète périodique Tempel, découverte en 1866. On a aussi démontré que deux autres essaims parcourent les mêmes orbites que deux autres comètes. Enfin Le Verrier a indiqué en 1871, comme probable, le fait du déplacement d'un point radiant.
Les canaux martiens
Lors de la grande opposition de 1877,  Schiaparelli a découvert que Mars présente un grand nombre de lignes ayant un aspect géométrique; il a publié à Rome, en 1878, un ouvrage qui contient une Carte de Mars établie avec soin et le résultat des observations faites jusqu'alors sur cette planète; il n'adopte les dénominations de mers, lacs, canaux, îles, continents, que pour abréger le langage, sans rien préjuger sur Ia nature des taches; il détermine de nouveau l'axe de rotation de Mars, place exactement ses taches, décrit ses diverses régions, analyse son atmosphère. Il a complété ce travail en 1879; il donne le nom de canaux aux grandes lignes sombres qui traversent les continents, en formant un réseau géométrique dont les éléments se coupent sous tous les angles; il fait remarquer que ces canaux sont des configurations stables de Ia planète, car certains d'entre eux ont été signalés depuis longtemps à la place où il les a vus; que leur aspect et leur visibilité sont variables; qu'aucun canal n'est tronqué au milieu du continent. Comme l'aspect des canaux est celui d'une raie ayant la couleur sombre des mers, il émet l'idée que si l'on regarde celles-ci comme étant des expansions liquides, on doit penser que les canaux sont les prolongements des mers à travers les continents. Au mois d'août 1882, Schiaparelli écrit à C. Flammarion qu'il a vu plus de 60 canaux dans les trois dernières oppositions, et qu'en outre il a observé un phénomène surprenant. Des canaux ont changé presque brusquement d'aspect, se sont transformés sur toute leur longueur en deux canaux sombres parallèles entre eux, en suivant à peu près la direction des canaux dont ils étaient le dédoublement; il nomme geminatione cette transformation d'un canal et il rattache celle-ci au cours des saisons.

Schiaparelli.

Schiaparelli parle de nouveau des canaux en 1893 dans son mémoire intitulé : Il pianeta Marte; pour les apercevoir, il faut un oeil bien exercé et un télescope très puissant. Quelques personnes, considérant la précision géométrique que présentent les canaux, pensent qu'ils sont l'oeuvre d'êtres intelligents. 

"Je me garderai bien, écrit Schiaparelli, de combattre cette supposition, qui n'a rien d'impossible." 
Il est persuadé que la planète Mars n'est pas un désert pierreux, qu'elle vit, et que sa vie se manifeste à sa surface avec un ensemble compliqué de phénomènes mêmes dont une partie est observable de la Terre.

La rotation de Vénus et de Mercure
Au moyen des taches de Vénus,  Schiaparelli a aussi calculé en 1890 la durée de la rotation de cette planète autour de son axe et a trouvé 225 jours environ; notons que ce nombre est celui de la durée de sa rotation autour du Soleil.

Mercure a quelques taches que l'on voit difficilement, et desquelles Schiaparelli a conclu en 1889 que cette planète tourne sur elle-même dans le même temps, 88 jours environ, qu'elle met à tourner autour du Soleil.

Mesures d'étoiles doubles
En 1875, Schiaparelli a commencé un long travail qui aboutira à la mesure de 11 000 étoiles doubles, pour continuer les 20 000 que Dembowski fit de 1852 à 1878. Le but de ces travaux était de permettre de vérifier si la loi newtonienne régit bien aussi les mouvements des systèmes stellaires. (Lebon, 1899).

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