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L'histoire de la sculpture
jusqu'en 1900
Grèce antique Rome Italie France Espagne
Flandre Angleterre Allemagne Scandinavie -
La sculpture existait dès la plus haute antiquité. L'art mobilier du Paléolithique montre que son histoire remonte très haut dans le passé. Bien avant, donc, le Sicyonien Dibutades, à qui la tradition hellénique attribuait l'invention de cet art, villes de l'Assyrie et les villes de l'Egypte possédaient des sculptures en ronde bosse et en bas-relief, travaillées avec une habileté déjà remarquable. 

Dans l'Assyrie, dans la Perse et chez les autres peuples de l'Asie, la sculpture symbolique et hiératique présenta des caractères à peu près analogues à ceux de l'art égyptien, mais sans s'élever au même degré de grandeur solennelle et idéale. Dans l'extrême Orient, chez les Indiens, la sculpture fut presque exclusivement emblématique et, par conséquent, arbitraire. Enchaîné, dominé par des prescriptions hiératiques, ne puisant aucun de ses éléments dans l'imitation de la nature, l'art oriental ne pouvait que rester immobile.

La sculpture grecque.
L'art grec de la sculpture, affranchi de l'hiératisme et prenant désormais pour point d'appui, dans sa recherche de l'idéal, l'étude attentive et passionnée de la nature, montre dans les sculptures du Parthénon ce qu'une imagination poétique, guidée par l'amour du vrai et servie par un ciseau habile, peut unir de grâce et de chaleur, d'élégance et de force. Il atteignit, d'ailleurs, à son apogée dès le temps de Phidias et de ses disciples. Par la suite, Lysippe, Praxitèle, Scopas et d'autres maîtres, d'une adresse et d'une science consommées, le firent malheureusement descendre peu à peu des hauteurs de la vérité idéale dans les petitesses de la vérité individuelle. Le naturalisme commença ainsi à se faire jour dans le domaine réservé jusqu'alors à la beauté pure; mais il ne l'envahit complètement que lorsque la Grèce, vaincue, fut contrainte d'asservir à Rome victorieuse jusqu'à ses goûts, jusqu'à son génie. 

La sculpture romaine.
La sculpture grecque a décliné vite sous les Romains, qui attirèrent cependant à Rome grand nombre d'artistes grecs, et rivalisèrent entre eux pour étaler dans leurs demeures les productions de l'art dont le côté essentiel et élevé leur est toujours resté lettre morte. En demandant aux statuaires de couvrir le nu sous la toge avec laquelle ils se faisaient représenter, sans leur demander, comme au Moyen âge, en compensation de l'absence du nu, certaines variétés d'expressions, reflets de l'âme, ils amenèrent rapidement le déclin de la sculpture. Cet art se releva un peu sous le règne de Trajan (98-117). La colonne en marbre blanc qui porte le nom de Trajan est l'oeuvre de l'architecte grec Apollodore et plus intéressante pour l'étude que sous le rapport artistique. Les figures étaient dorées et le fond peint en bleu. 

Cet art a encore quelque éclat sous Hadrien (417-138). Puis la sculpture romaine périclita pendant une courte période et déclina tellement sous Commode (180-192), qu'il disparaissait complètement au IIIe siècle pour renaître, transformé par le christianisme, au Moyen âge où la raideur des figures et le manque d'expérience se trouvent largement rachetés par l'expression variée des physionomies et par le sentiment.

On connaît, il est vrai, quelques sculptures exécutées au commencement de l'introduction du christianisme à Rome, entre autres celles d'un sarcophage qui offre l'ascension d'Élie, conservé au musée de Latran et qui date du IVe siècle; mais toutes ces sculptures n'ont aucun caractère propre et appartiennent encore à la fin du déclin de l'art romain.

La sculpture au Moyen Âge.
Les artistes des premiers siècles de l'ère chrétienne reproduisirent dans leurs monuments les types, les gestes et jusqu'aux symboles de l'art païen. Plus tard, quand l'Eglise assura son emprise, l'hiératisme chrétien tomba dans les maigreurs, les bizarreries et les obscurités d'un mysticisme ascétique. La sculpture, comme la peinture, devint une industrie, que les Byzantins exploitèrent durant plusieurs siècles dans toute l'étendue du monde chrétien. 

Les Byzantins ont peu cultivé la statuaire, ils préféraient l'éclat des couleurs de la mosaïque, et peut-être de la peinture et de la dorure dont ils couvraient les parois de leurs églises presque privées de sculpture.  L'historien grec Procope (mort en 565 ), qui a laissé un panégyrique du règne de Justinien Ier, ne parle pas de fresque, et dit qu'à la place des peintures à l'encaustique, les églises furent ornées de mosaïques. Le lion et le candélabre, dans la cathédrale de Brunswick, montrent le peu de perfection de la sculpture byzantine, dont. on ne possède aujourd'hui que des médailles et des diptyques. La colonne Théodosienne en marbre blanc, érigée sous Arcadius (Théodose Il, qui régna de 395 à 408), est une sculpture purement romaine de la décadence.

Les Arabes, dont l'art dérive en ligne directe de l'art byzantin et qui paraissent avoir même ignoré la statuaire, ont prodigué l'ornementation qui souvent est très surchargée. Les sectateurs d'Omar (Sunnites) seuls ne représentaient jamais la figure humaine, tandis que ceux d'Alî, les Chiites ou hétérodoxes, ne l'avaient pas bannie de leur art, ce qui a fait que les Persans l'ont conservée, tandis qu'elle n'existe pas chez les Turcs.

En Sicile (820-1080), en Espagne (à partir de 755), comme en Égypte (à partir du Xe siècle de l'ère actuelle), on retrouve la peinture comme l'architecture Byzantine; mais rien de la statuaire, qui n'y est représentée que par de fort curieux ornements.

Au XIIe s., enfin, l'art commença à diriger ses regards vers la nature vivante. On a coutume de faire honneur de cette rénovation aux Italiens. La vérité est que, longtemps avant le splendide mouvement auquel on a donné le nom de Renaissance, les "maîtres de pierre" français s'étaient signalés en ramenant l'art à l'observation de la réalité.

A dater des dernières années du XIIe siècle, l'école laïque non seulement a rompu avec les traditions byzantines conservées dans les monastères, mais elle manifeste une tendance nouvelle dans le choix des sujets et la manière de les exprimer. Au lieu de s'en tenir presque exclusivement aux reproductions de sujets légendaires, elle ouvre l'Ancien et le Nouveau Testament, se passionne pour les encyclopédies et cherche à rendre saisissables pour la foule certaines idées métaphysiques.

La sculpture à la Renaissance.
Les sculpteurs italiens de la Renaissance se tournèrent vers l'étude de la réalité; mais ils furent guidés dans cette étude par les modèles de l'Antiquité. De là les caractères de beauté, de noblesse et de correction qui distinguent leurs oeuvres; de là, aussi, la grande importance qu'ils accordèrent au nu et les recherches plastiques qui trahissent leur éducation païenne. Les promoteurs de la Renaissance, Nicolas et Jean de Pise, Donatello et Lorenzo Ghiberti, empruntèrent surtout à l'Antiquité son amour du vrai; s'ils imitèrent dans le choix de certaines formes, ils surent du moins exprimer des idées originales et les sentiments de leur temps. Leurs successeurs revinrent aux dieux mêmes de l'Antiquité. Une des innovations de l'école italienne a consisté à introduire dans la sculpture les éléments qui sont le propre de la peinture, le mouvement, l'expression, le sentiment, le drame.
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Venise : portail de San Stefano.
Les ornementations du portail de l'église San Stefano, à Venise.
(Ecole de Bartolomeo Buon).  © Photos : Serge Jodra, 2011- 2012.

La sculpture du XVIIe au XIXe siècle.
Au XVIIe siècle, la sculpture tomba dans l'exagération du pittoresque : le Bernin, l'Algarde, Puget firent palpiter le marbre et multiplièrent les accidents de la lumière et de l'ombre. 

Le XVIIIe siècle exagéra à son tour la morbidezza du modelé et la grâce des contours, et poussa la prétention jusqu'à vouloir enjoliver l'antique. Pendant cette dernière période, l'école française supplanta l'école italienne; quelques-uns de ses maîtres eurent du moins le mérite d'imprimer à leurs portraits un cachet de véritable élégance. Canova ramena la statuaire à l'imitation de l'antique; mais il garda de l'époque précédente un goût immodéré pour les attitudes gracieuses. 

La sculpture du commencement du XIXe siècle se ressentit d'ailleurs de l'influence exercée par le peintre David; elle devint classique, académique. Le romantisme eut ses représentants en sculpture; mais leurs oeuvres n'ont pas eu et ne pouvaient avoir le même succès que celles des peintres attachés au même principe. Toutefois, la réaction contre la routine académique a donné d'excellents résultats dans la statuaire et produit des oeuvres puissantes ou gracieuses, mais toujours personnelles et franchement inspirées de la nature.

La sculpture dans divers pays d'Europe.
Allemagne.
Après les premières miniatures de l'école allemande, où les proportions du corps humain étaient aussi peu respectées que chez les peintres byzantins, et qui avaient été précédées par les miniatures irlandaises, l'art de la sculpture, comme celui de la peinture, produisit bientôt quelques morceaux qui ouvrirent une nouvelle voie dans laquelle la chaise en ivoire de l'archevêque Maximilien, faite à Ravenne, au VIe siècle, peut être regardée comme une des premières oeuvres de mérite. Le style gothique devait plus tard relever avec éclat l'art de la sculpture tombé dans l'oubli et ressuscité déjà, mais d'une manière encore barbare, par l'architecture romane.

Saint Bernwald de Hildesheim, du XIe siècle, a laissé des ouvrages en métal qui, avec la statuaire de toute cette école de la Saxe-Inférieure du Xe au XIIIe siècle, jointe à celle du midi de l'Allemagne, représentent l'art roman déjà avancé et l'art gothique de la sculpture dans sa naissance.

La fin de l'époque gothique et la renaissance ont fourni une longue série de sculpteurs d'outre-Rhin qui ont illustré par le nom de la ville d'Uberlingen dont elle baigne les quais. L'église gothique, préservée de l'incendie de 1697 qui consuma les autres bâtiments du monastère sécularisé en 1803, lorsque les bords du Rhin avaient été conquis par la France, et dont la majeure partie date de la fin du XVIIe siècle, époque où ils furent reconstruits, de 1697 à 1700, par l'architecte Franz de Bezau, possède vingt-sept autels, un grand nombre de bas-reliefs, de pyramides, de balustrades, de niches, de statues, de statuettes, de groupes, de vases à bas-reliefs historiés, de monuments funéraires, de porte-cierges et de lampadaires, d'appliques de bras et autres monuments d'ornementation combinés avec la statuaire, le tout exécuté en marbre blanc et rose d'une même teinte, ainsi qu'en bronze ciselé, les uns et les autres, comme les sculptures en bois des stalles du choeur, beaux et harmonieux. Le tabernacle et les dix stalles en chêne placées à droite et à gauche du portail représentent seuls les sculptures de l'époque gothique. La sacristie, dont la décoration offre d'autres chefs-d'oeuvre en marbre et en stuc, de l'ornementation du dix-septième et du dix-huitième siècle, contient aussi plusieurs belles armoires en bois sculpté, pièces peut-être uniques par leurs dimensions; enfin, les monuments que l'on trouve réunis à l'église de Salem forment le musée le plus complet de la sculpture ornementale style Louis XVI, et une mine précieuse pour les artistes et les industriels qui veulent reproduire ce genre, recherché aujourd'hui en France plus que ceux des époques de Louis XIV et de Louis XV.

L'église avec crypte de Saint-Blasien, dans la Forêt-Noire, qui date à peu près de la même époque que les monuments de l'église de Salem, offre aussi une heureuse application des ornements du style Louis XVI, mais adapté ici à une construction de style italien semi-antique. Précédé d'un péristyle que supportent quatre colonnes doriques, ce beau temple, dont même aucune grande ville ne possède l'équivalent, est composé d'une immense rotonde formée par des colonnes dont le pourtour est surmonté de loges et d'une coupole-rotonde à laquelle se trouvent reliés le choeur et le sanctuaire d'une forme oblongue, flanqué également de colonnes en pourtour. L'architecte d'Ixnard, qui a dressé les plans et fourni les dessins des détails dès 1741, y a su appliquer d'une manière très heureuse les ornements du style Louis XVI sur un monument dont le principal corps, la rotonde à coupole, paraît être imité du Panthéon. L'édifice a été élevé de 1781 à 1783, et les sculptures exécutées par Giegels, de Landsberg.

Suisse.
La sculpture, comme la peinture suisse, appartient, pour ce qui concerne son caractère et souvent même sa partie technique, à l'école d'outre-Rhin; on connaît un bas-relief en pierre, la Sainte-Angoisse d'Oberwinterthur, qui remonte au VIIIe siècle. Quant aux sculptures sur ivoire exécutées à la fin du IXe siècle à Saint-Gall, par Tutilo, elles ont même tout à fait le caractère des sculptures de l'école basse-saxonne. Les statues de la cathédrale de Bâle, du XIIIe siècle, portent ces mêmes empreintes, mais le tombeau du quatorzième siècle, à Neuchatel, offre des parties qui peuvent le faire attribuer à des sculpteurs de l'école française. Les sculptures exécutées en Suisse au XVIIe siècle sont, comme partout ailleurs, les produits d'un déplorable déclin, du à l'influence de l'art italien mal compris. Les églises des Jésuites y sont remplies, comme en Allemagne et dans les Pays-Bas, de rocailles coloriées et d'autres semblables oripeaux. L'école moderne de Genève, qui a eu des maîtres tels que Chapronnier et Pradier, est plus française que suisse.

Hollande.
Il est difficile de fixer des dates certaines aux apparitions des premières sculptures en Hollande, que l'on est autorisé à classer parmi les produits des écoles allemande et flamande. L'influence des graveurs hollandais et allemands, celle de la sculpture flamande d'Anvers, de Malines et de Bruges, paraissent avoir dominé plus tard dans la sculpture hollandaise, qui n'offre pas un caractère national tranché; la statuaire, proprement dite, ne remonte pas dans ce pays au delà du XVe siècle; mais la sculpture, particulièrement celle sur bois, s'est déjà manifestée à des périodes plus reculées, et elle y est très bien représentée par les stalles de l'église de Dordrecht, exécutées en 1537 par Jean Aartz Z. Terlee. Un des plus beaux monuments de la statuaire se trouve à l'église de Bréda : c'est le tombeau du comte Engelbrecht de Nassau, du XVIe siècle. 

Beaucoup de sculpteurs hollandais se sont distingués à l'étranger, tels que Claes Sluter, l'auteur du Puits de Moïse, du XVe siècle, à Dijon; Geryt, qui a travaillé pour Philippe le Bon; Copin, dont on trouve des ouvrages à Tolède; Gerhart, de qui Augsbourg et Munich possèdent des statues en bronze; De Vries, l'élève de Jean de Bologne, l'auteur du Mercure et de l'Hercule des fontaines d'Augsbourg, du Mercure et Psyché au Louvre, attribué à tort à son maître, et qu'il exécuta en 1593, à Prague, pour Rodolphe II, etc.; van Santen, dit le Flamingo, mort à Rome en 1623, et autres. Les deux de Kayser, auteurs de la statue d'Érasme à Rotterdam, des mausolées du Taciturne et de Tromp à Delft, et de celui de Guillaume de Nassau à Leuwarde, sont les sculpteurs hollandais les plus marquants du XVIe siècle. 

Flandres.
Dans les Flandres proprement dites, où le menhir dit de Brunehaut, près de Tournay, représente la première tentative de l'art monumental, la statuaire, qui révèle encore l'influence du Nord pour ce qui concerne les productions du Moyen âge, remonte à la fin du XIIIe siècle, comme il est prouvé par les monuments de Henri Ier qui existaient à l'église Saint-Pierre de Louvain, et qui y ont été restaurés d'après d'anciens dessins. Plus tard, lorsque les artistes avaient l'habitude de voyager en Italie, l'influence de l'école de ce pays devint dominante dans les Flandres, à partir du règne d'Albert et d'Isabelle (1599), jusqu'à la fin du XVIIe siècle, et surtout à Anvers, où la décadence dans la sculpture avait tout envahi, même sous la direction de Rubens. Les figures dans les églises montrent le tortillonnement de corps que l'on retrouve, plus accentué encore et poussé jusqu'à la caricature, dans les églises des Jésuites, à la fin de ce même siècle et au XVIIIe.

Italie.
Nicolas, de Pise, mort en 1270, et Giovani Pisano, son fils, introduisirent le style germanique dans la sculpture italienne, qu'ils relevèrent ainsi de sa longue décadence, et qui fut successivement cultivée avec éclat par Andréa Pisano, Orcagna, de l'école toscane, Jacopo della Quercia, Lorenzo Ghiberti, les della Robbia et Donatello, auxquels il faut ajouter les maîtres de l'école florentine : Rustici, Centucci et Michel-Ange, dont les disciples Lombardi et Tatti se signalèrent à Venise. Benvenuto Cellini et plusieurs autres artistes éminents étaient aussi habiles statuaires qu'excellents orfèvres et ciseleurs. Bernini et Algarde peuvent être regardés comme les coryphées de la décadence du VIIe siècle.

France.
En France, où l'art de la sculpture ornementale et la statuaire ont été presque confondus d'abord avec celui de l'architecture très riche en ornements, et cela jusqu'à la fin du XVe siècle, on peut citer les noms des statuaires Anderne, l'auteur du tombeau du duc de Monmouth, à Westminster, exécuté vers 1422; Jean Juste, l'artiste du tombeau de Louis XII (mort en 1515); Cloux, Avernier, Boulin, Huet, Lerou, Colombe, Texier, Richier et plusieurs autres, tous de la seconde moitié du XVe siècle et du commencement du seizième, parmi lesquels quelques artistes marquants. Les noms des sculpteurs du sarcophage d'Abélard et Héloïse, exécuté avant 1142, et des bas-reliefs du pourtour de Notre-Dame à Paris, sont inconnus. Jean Goujon (1510-1572) doit être regardé comme le véritable créateur de la sculpture en France, qui est cependant restée bien longtemps encore plus italienne que française, car Germain Pilon et Jean Goujon sortirent de l'école de Fontainebleau, dont les chefs étaient le Primatice et Cellini. On peut en dire autant de Jean Cousin et de Jean de Bologne.
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Aphitrite, par Guibal.
Le groupe d'Amphitrite de l'une des fontaines de la place Stanislas, à Nancy, dues à
Barthélémy Guibal (ca. 1750). Source : The World factbook.

Pierre Puget est le premier statuaire véritablement français, artiste de très grand mérite et d'une originalité incontestable, qui fut suivi par les sculpteurs moins originaux Sarrazin, Anguier, Théodon, Lehongre, Buirette, Girardon, Coysevox, Coustou, Stodtz, Lepautre et autres, des règnes qui précèdèrent la première révolution, et dans laquelle le célèbre Houdon (1741-1828) occupe une place à part.

Après la sculpture du joli représentée parfaitement par les oeuvres d'un Clodion, on peut citer celles de Rude, de David d'Angers, de Barye, etc., statuaires qui ont su donner plus de puissance et plus de nerf à leurs créations. 

Angleterre.
En Angleterre, ce sont les menhirs d'Abury (Wittshire) qui constituent probablement les plus anciens monuments précurseurs de la sculpture; l'obélisque historié à Sueno, en Écosse, attribué au IXe siècle, pourrait cependant bien être du XIe, et représenter la plus ancienne sculpture anglaise, si toutefois ce monolithe n'est pas d'une époque encore plus moderne, à en juger d'après les coiffures des personnages. Viennent ensuite des monuments sépulcraux, parmi lesquels ceux en bois et à plaques en émaux cloisonnés du tombeau érigé en 1323 à Aymer de Valence, assassiné à Bayonne en 1296, sont peut-être les plus anciens conservés, car le tombeau de Henri III (1272), également érigé à Westminster et célèbre par ses mosaïques céramiques, est l'oeuvre de l'Italien Cavallini et ne montre, du reste, que de la sculpture architecturale. Gibbon, Wilton, Banks, Stone, Kent, Flaxman, Nollekens, Bacon et lady Seymour-Damer, sont les uniques sculpteurs anglais, à partir du XVIIe siècle, parmi lesquels Flaxman seul a acquis une réputation qui a passé le détroit.

Espagne.
Les plus anciennes sculptures en Espagne, probablement l'oeuvre des habitants primitifs de la péninsule ibérique, sinon des Phéniciens, sont les célèbres Toros, dits de Guisando. L'art arabe et moresque, qui n'était qu'un dérivé de l'art byzantin, n'a presque laissé aucun produit de la statuaire, si ce n'est quelques lions ou autres animaux en pierre, et l'art exercé en Espagne, après la prise de Cordoue en 1492 par Gonzalve, montre en tout l'influence étrangère et particulièrement italienne jusqu'au XVIIe siècle, où l'école vraiment espagnole s'est formée. Rodrigo, Ortiz, Siloé, Cruz et Villapando sont les sculpteurs espagnols du XVe siècle dont les noms sont connus; les sculpteurs des des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, qui presque tous ont excellé dans la sculpture en bois à décor polychrome dite estofada, c'est-à-dire exécutée sur de l'or bruni et gravé à la pointe.

Scandinavie.
En Scandinavie, particulièrement en Norvège, on avait élevé dès le XIe siècle, des églises entièrement construites en bois, où la sculpture était appliquée à profusion et montrait un caractère très original. Sergel et Flagelberg étaient des sculpteurs suédois du XVIIe siècle, et Thorwaldsen le plus célèbre sculpteur danois au siècle suivant. 

Pays slaves.
Il y a peu de chose à dire de la sculpture slave. Ce n'est qu'en Russie que l'on rencontre quelques oeuvres importantes, et encore paraissent-elles exécutées par des Byzantins et des Allemands, telles que les portes en bronze dites de Korssan, à l'église de Novgorod, du commencement du XIIIe siècle, sinon de la fin du XIIe. On les attribue aux Allemands Riguin, Waismuth et Abraham, contemporains de l'archevêque Wichmann de Magdebourg (1156-1192), et probablement de l'école bas-saxonne. (A. Demmin / NLI).

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En bibliothèque - Sur l'histoire de la sculpture, on peut consulter les auteurs suivants : Emeric David, Recherches sur l'art statuaire, 1805, et Histoire de la sculpture française, publiée par P. Lacroix et Duseigneur, 1853; Cigognara, Histoire de la sculpture, en italien, Venise 1813, et Prato, 1824 ;Clarac, Musée de sculpture antique et moderne, 1821-52; Flaxman, Leçons sur la sculpture, Londres, 1829; Folkstone Williams, Histoire de la sculpture sur bois, en anglais, Londres, 1835.
 
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