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Florence,
Florentia Tuscorum dans l'Antiquité, Firenze en italien,
est une ville d'Italie ,
chef-lieu de province, capitale de la Toscane.
Dans une situation délicieuse, à 372 kilomètres au Nord-Ouest de Rome,
et à 1400 kilomètres au Sud-Est de Paris,
Florence possède des édifices superbes et qui en font une des plus belles
villes du monde : palais Pitti, Vieux-Palais, nombreux palais appartenant
à des particuliers; magnifique cathédrale
dite Duomo; belles églises; beaux
jardins et agréables promenades, notamment
celle des Cascine; places vastes et richement
décorées; plusieurs théâtres (la Pergola,
Cocomero, etc.). Les statues, tableaux
et autres objets d'art se trouvent en profusion à Florence.
Florence a joué en Italie et dans l'Europe,
du temps de la Renaissance, le rôle
d'Athènes dans l'Antiquité
classique ( La
vie intellectuelle à Florence). Elle fut, sinon la plus puissante,
du moins la plus intéressante des cités italiennes, celle dont l'histoire
est la plus importante pour qui veut connaître les arts, les lettres,
l'organisation politique et économique de la péninsule entre le XIIIe
et le XVIe siècle. Elle a été la ville
des Médicis, de Dante,
de Boccace, de Machiavel,
de Guichardin, des Villani,
de Marcille Ficin, d'Amérigo
Vespucci, de Cimabué, de Brunelleschi,
d'André del Sarto, et d'un grand nombre de
peintres qui ont formé l'école dite
Florentine; des musiciens Lulli et Cherubini,
de plusieurs papes, entre autres Léon
X.
Topographie et aspect
de la ville
La ville est bâtie sur les deux rives de
l'Arno ,
à égale distance du massif du Prato Magno et des défilés de la Gonfolina,
à 55 m d'altitude; en remontant le cours de l'Arno et le val de Chiana,
la route mène vers Rome; en remontant l'Ombrone de Pistoia et le col de
la Porretta, on arrive à Bologne et dans
les plaines de la Lombardie ou de la Vénétie.
Ainsi Florence est au croisement des deux grandes routes de Rome vers l'Allemagne
et de Pise à Ancône,
au vrai centre de l'Italie. C'est ce qui explique le grand développement
de son commerce au Moyen âge
et le rayonnement de sa langue dans toute l'Italie, d'autant qu'Ã Rome
les papes conservaient soigneusement le latin. Le florentin est donc devenu,
surtout après Dante, le dialecte littéraire de l'Italie ou pour mieux
dire le véritable italien.
De belles collines, aux lignes harmonieuses,
aux pentes couvertes d'oliviers et d'arbres toujours verts, les hauteurs
de Fiesole, de San Miniato, les jardins Boboli, le poggio di Monte Ughi
forment autour de la ville un cadre d'une élégance riante et gaie. Des
villas construites en marbre luisant ou en pierre grise et bleue s'étagent
sur les pentes. Malheureusement le climat y n'y est pas toujours généreux.
«
Souvent les vents se succèdent par de brusques alternatives, et pendant
l'été la chaleur est accablante : il caldo di Firenze est passé
en proverbe dans toute l'Italie. Il faut dire que l'étroitesse des rues,
et, pour une certaine part, la négligence des lois de l'hygiène rendent
la mortalité annuelle supérieure à celle de la plupart des villes du
continent. Au Moyen âge, ce fut également l'une des cités que la peste
ravagea le plus. Lors du fléau que raconte Boccace
(1348) en lui donnant pour contraste ses histoires joyeuses, près de 100,000
habitants succombèrent, les deux tiers de la population. » (El. Reclus).
«
Une ville complète par elle-même, dit Taine,
ayant ses arts et ses bâtiments, animée et point trop peuplée, capitale
et point trop grande, belle et gaie, voilà la première idée sur Florence.
»
On comprend donc qu'elle ait été la capitale,
de 1864 à 1870, d'un royaume nouveau-né; on comprend aussi que Rome lui
ait été préférée plus tard. Mais elle reste toujours la véritable
capitale des lettres et des arts, grâce à ses grands hommes, à ses souvenirs,
à ses musées et à ses bibliothèques, à l'esprit subtil et aux goûts
artistiques de sa population. La population de Florence en 2013 est évaluée
à 371 517 habitants.
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Florence,
par William Wyld (XIXe
siècle).
Aspect de la ville
Florence « la Belle » a l'aspect sévère
et sombre. Les rues y sont étroites et parfois tortueuses. Les maisons
très élevées sont construites en gros blocs de pierre noirâtre; on
y voit des étages qui surplombent et des toits qui dépassent encore le
dernier étage. On comprend en la visitant qu'avant d'avoir été la ville
des arts, elle fut la cité municipale, agitée par les factions, ensanglantée
par les longues guerres de rues.
Florence a eu trois enceintes créées
successivement. La première, comprenant l'ancienne ville romaine,était
tout entière sur la rive droite de l'Arno. Les deux autres, qui datent
du XIIIe et du XVIe
siècle, englobèrent quelques-uns des quartiers de la rive gauche. Mais
aujourd'hui encore les deux tiers environ de la ville sont sur la rive
droite. Les nouveaux quartiers s'étendent de ce côté jusqu'aux promenades
des Cascine, le bois de Boulogne de
la ville. Ainsi Florence se développe vers l'Ouest surtout, comme la plupart
des grandes villes de l'Europe et d'Amérique,
et surtout sur la rive droite du fleuve, comme Paris.
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Vue
de Florence, depuis le palazzo Vecchio, en direction de Santa Maria del
Fiore.
Huit ponts, dont quatre dans les nouveaux
quartiers, relient les deux rives de l'Arno. Le plus connu est le ponte
Vecchio ou court une galerie couverte qui fait communiquer le musée des
Uffizi (musée des Offices) avec le palais Pitti. Sur les deux rives de
l'Arno s'étendent de larges quais qui constituent la promenade du Lungorno.
La rue principale de la ville, la via dei
Calzajuoli, réunit les deux plus beaux monuments qui sont comme la tête
et le coeur de Florence : le Palazzo Vecchio et le Duomo; la via del Corso,
prolongée par la via Strozzi, forme avec la précédente la grande croisée
centrale de l'ancienne ville. Les rues dei Tornabuoni, dei Cerretani et
del Proconsolo, qui se coupent à angle droit, déterminent à peu près
l'emplacement de l'enceinte romaine. Celle du XIIIe
siècle, commencée en 1285, partait du ponte alle Grazie, en amont de
l'Arno, pour aboutir au ponte alla Carraja en aval.
La ville était donc encore très ramassée
vers son centre; la colline du palais Pitti et des jardins Boboli était
en dehors. La station du chemin de fer est située dans la nouvelle ville
au Nord-Ouest. Deux forts déjà anciens et sans importance sont bâtis
sur les hauteurs de chaque côté de l'Arno, l'un au Nord, le fort San
Giovanni, l'autre au Sud, celui du Belvédère.
Monuments de Florence
Les monuments de Florence, palais et églises,
sont nombreux et d'aspect grandiose. Ces édifices ne sont malheureusement
pas assez dégagés des maisons; on ne les embrasse dans toute leur majestueuse
ampleur qu'en les contemplant des jardins Boboli ou des hauteurs de San
Miniato dans le panorama complet de la noble cité. Les architectes ont
voulu faire monter trop haut leurs tours et leurs coupoles
comme pour transporter plus près du ciel la pensée des fidèles qui venaient
y prier. On ne peut guère mesurer de la base avec l'oeil la hauteur du
campanile (84 m); la coupole du Duomo n'apparaît de près que par parties;
l'ensemble échappe : vue de l'intérieur, l'oeuvre de Brunellesco
ne produit pas encore tout son effet, parce que la lumière est insuffisante.
Les Palais.
Les palais témoignent des formes architecturales
qui caractérisent le style florentin. Les façades, très épaisses, sont
couvertes de refends et de bossages rustiques; parfois elles sont couronnées
de créneaux, et surmontées de tours qui rappellent plutôt les forteresses
du Moyen âge que les palais princiers.
Palazzo
Vecchio.
Le Palazzo Vecchio (Vieux Palais) domine
tout Florence de ses créneaux menaçants
et de sa tour (Torre Arnolfo), haute de 94 m, Ã la fois beffroi
et donjon, faite pour le guet et pour la défense.
C'est une colossale forteresse du Moyen âge, solide
et pittoresque, commencée en 1298 par le grand architecte Arnolfo
del Cambio, terminée en 1314, puis restaurée par
Michelozzo; les fenêtres y sont rares,
grillées à l'étage inférieur et situées à une grande hauteur au-dessus
du sol comme dans toute forteresse bien conçue.
La cour dans laquelle
la porte principale donne entrée est ornée d'une fontaine de porphyre,
avec une statue d'enfant en bronze par Verrochio.
Au premier étage de l'édifice est une salle où siégeait autrefois le
Grand Conseil de Florence; longue de 40 m, large de 22 m, elle est ornée
de statues, et les murailles, ainsi que le plafond, ont été peintes Ã
fresque par Vasari. Le Vieux Palais est surmonté
d'une tour de 110 m de hauteur, qui porte le beffroi de la ville. La salle
du Conseil, la chapelle des Prieurs, les appartements des Médicis,
avec la fontaine de Bartolommeo Ammanati, en sont les parties les
plus intéressantes.
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Le
Palazzo Vecchio. Siège traditionnel du gouvernement de Florence,
il
se dresse sur la place de la Signoria, où l'on peut voir plusieurs statues.
Piazza
della Signoria.
En face du Palazzo Vecchio, s'étend la
piazza della Signoria, ou place de la Seigneurie, l'ancien forum de la
République où se sont déroulés les plus notables événements de son
histoire. C'est là , le 26 avril 1478, que fut pendu Salviati, l'archevêque
de Pise, Ã la suite de la conspiration des Pazzi;
là que fut dressé, le 23 mai 1498, le bûcher qui devait consumer Savonarole;
là aussi se déployèrent les triomphes de Laurent
de Médicis et les fêtes données en 1579 pour le mariage du grand-duc
François les avec la célèbre aventurière Bianca Capello. On peut y
voir une réplique du David de Michel-Ange
(l'original est conservé à la Galleria dell'Accademia) devant le Palazzo
Vecchio, et, à côté, à l'angle du Palazzo Vecchio et de la Loggia
dei Lanzi, la satue d'Hercule et Cacus, de Baccio
Bandinelli.
Loggia
dei Lanzi.
La loggia dei Lanzi (ou loggia della Signoria)
occupe un des côtés de la place; c'est un gracieux portique, élevé
de quelques marches, dont le toit s'appuie sur de délicates colonnes
supportant des ogives. On y adressait les proclamations
au peuple, ou bien on y réunissait la garde de la ville. Cette petite
loggia est toute remplie de chefs-d'oeuvre de sculpture;
c'est l'Enlèvement des Sabines de Jean
Bologne, le Persée de Benvenuto, la Judith de Donatello,
etc.
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La
Loggia della Signoria (Loggia dei Lanzi), sur une ancienne photographie
(ca. 1900).
Palais
des Offices (Uffizi).
Le Palais des Offices, construit par Vasari
de 1560 à 1574, contient dans deux ailes parallèles, longues de 147 m,
et réunies par un corps de bâtiment de 35 m, la bibliothèque
Magliabecchi, les tribunaux, les archives, et la célèbre galerie de Florence,
collection de tableaux, gravures,
sculptures, bronzes,
vases, médailles,
pierres précieuses, mosaïques, etc. On
admire particulièrement la Tribune, salle octogonale construite par Buontalenti,
et où l'on a réuni les plus belles oeuvres de l'art ancien et moderne.
Palais
Pitti.
Le Palais Pitti, commencé aux frais d'un
marchand de ce nom, vers le milieu du XVe siècle,
par Brunelleschi (Brunellesco), et continué par Ammanato, puis par Giulio
Parigi, a une façade de 160 m de développement,
construite en blocs énormes, et percée seulement de 23 fenêtres.
Dans ses 900 pièces ou chambres, il renferme d'immenses richesses artistiques,
tableaux, statues. livres. etc.
Les autres palais
et maisons remarquables de Florence
| Le
palais Ferroni a été agrandi sous la direction de l'architecte
Zanobi del Rosso.
Le
palais Rinuccini a apartenu à la famille de ce nom, qui a produit
des hommes célèbres dans les lettres, parmi lesquels on doit citer Ottavio
qui a introduit la poésie dramatique en Italie. On y admire une belle
galerie de tableaux, et une riche bibliothèque.
Le
palais Soderini a été le berceau de Pierre Soderini qui fut élu
Gonfalonier à vie, à l'époque que la République était près de sa
décadence. Ce palais conserve le crucifix dit de Sainte Catherine, parce
que cette Sainte venait y prier, durant le temps qu'elle habitait Florence.
Le
palais, qui appartenait autrefois à la famille des Médicis,
se trouve sur le quai de l'Arno près du pont alla Carraja.
Le
palais Capponi est très riche en objets
de
beaux-arts.
La
maison de Galilée est située sur la Costa.
La
maison Bizzetti, située en face de la porte Romana, est ornée
à l'extérieur de superbes
peintures
à fresque qui furent faites deux fois par
Giovanni
da S. Giovanni. Le premier sujet plut
au
peuple seulement; mais le second dessin plut également au peuple, à l'artiste
et à tous les connaisseurs. Ces peintures ont été beaucoup altérées
par l'influence du temps et de l'air: elles symbolisent Florence sous la
figure d'une femme qui reçoit les hommages des autres villes de la Toscane,
représentées aussi sous cette forme.
Le
palais Calamini a appartenu à la célèbre famille Capponi. Poccetti
peignit à fresque dans la salle qui s'y trouve, les portraits de ces célèbres
magistrats qui sont issus de cette famille.
Le
palais Altoviti a appartenu, comme on le voit par une pierre que
l'on aperçoit sous le vestibule, à Bianca Cappello qui occupe une longue
page dans l'histoire des Médicis.
La
maison Bicchierai a été la propriété de ce Julien Dami, qui
de laquais est parvenu à force d'intrigues à tenir les rênes du gouvernement
de la Toscane, sous Jean Gaston des Médicis.
Le
palais Ridolfi conserve une antique inscription latine dont il résulte
que les Ridolfi ont appartenu autrefois à la tribu Scaptia. La famille,
dont ce palais porte le nom, a rendu dans tous les temps de grands services
à sa ville.
Le
palais Filidolfi a un salon magnifique avec de superbes peintures
à fresque, de Pietro
Rabbajati.
Le
palais Novellucci a été la propriété de
cette
branche de la Famille Strozzi dont est sorti le célèbre sénateur Carlo
Strozzi qui a fondé la Bibliothèque Stroziana.
Le
palais Mannelli a appartenu à la famille dont il porte le nom et
qui s'est acquis une haute réputation dans les Lettres pour avoir protégé
Boccace, et conservé la précieuse copie du manuscrit du Décameron.
Le
palais Tempi est construit avec beaucoup
d'Art;
on y remarque des appartements magnifiques et un bel escalier : c'est ouvrage
de Matteo Rigetti.
Le
palais Canigiani est célèbre pour quelques faits relatifs
à la mère de Pétrarque. |
Le
palais Capponi a été fait sur le dessin de
Lorenzo
di Bicci, aux frais du célèbre Nicolas de
Uzzano.
On y conserve le buste en terre cuite de
ce
même Nicolas de Uzzano, que l'on attribue Ã
Donatello.
Il y a aussi de remarquable au bas de
l'escalier
un Lion en porphyre, ouvrage singulier
des
anciens Etrusques.
L'ancien
palais Rinuccini a été bâti sur un
dessin
d'Alfonso Parigi. Ce palais a été autrefois
la
propriété de la famille Nasi.
Le
palais Torrigiani a été bâti par Tommaso Barone del Nero sur
son propre dessin. Il est orné de peintures à fresque, par Salviati.
Ce fut
Il
Nero qui institua la célèbre Académie degli Alterati qui tenait ses
séances dans un salon de ce palais. On y admire, outre une Déposition
dans le Sépulcre, par Titien; la Samaritaine, de Benvenuto Garofolo; et
le Masque du Dante pris sur sa propre figure. On voit dans le Souterrain
une arche du pont alle Grazie; ce qui fait présumer qu'anciennement le
lit de l' Arno était plus large qu'à présent.
Le
palais Mozzi del Garbo est célèbre par
sa
belle Galerie de tableaux. Il y a un tableau de
Passignano,
un autre de Michelangiolo, un troisième de Giovanni da S. Giovanni; le
célèbre serment des Saxons par Benvenuti; trois de l'Albano; quatre de
Bronzino; huit de Salvator Rosa; un de Guido Reni; un d'Andrea del Sarto;
un de Pietro Perugino; un de Leonard de Vinci; un de Santi di Tito
un de Caravagge; un de Corrège; deux de Guercini; un du Frate; un
de
Titien,
et plusieurs autres flamands. Il y a aussi un bas-relief de Mino da Fiesole,
et la figure sculptée de l'évêque Mozzi.
Le
palais Demidoff-Amici, autrefois Redditi, appartenait anciennement
à la famille belliqueuse des Vitelli.
Le
palais Serristori a des propriétés délicieuses et très étendues
qui en dépendent.
Le
casino Le-Blanc est dans une superbe situation élévée qui lui
procure une perspective admirable sur toute la ville et ses environs.
La
maison Menabuoni présente au dessus de la porte d'entrée une des
têtes de Lion qui ornaient anciennement la porte du Palazzo Vecchio.
Le
palais Guicciardini où naquit S. Philippe Benizi, et où demeura
Francesco Guicciardini (Guichardin), l'historien.
Presque
en face de ce palais est située la maison de Machiavel, florentin,
qui fut sécretaire de la République.
Le
casino Torrigiani al Campuccio possède un des plus beaux jardins
qu'il y ait en Italie. A gauche, en entrant on voit un ancien palais, où
sont écrits les arbres généalogiques de toutes les branches de la famille
Torrigiani; le Piédestal historique d'une colonne cannelée, au haut de
laquelle il y a un vase en bronze doré; un Groupe en marbre, dans le jardin
botanique, ouvrage de Michel-Ange; une statue colossale de Saturne, par
Francavilla le Dieu Pan; un Esculape; une Ida; un grand nombre d'autres
Statues; des Sarcophages; des Inscriptions et bien d'autres objets qui
servent à rendre ce séjour délicieux, et attirent l'admiration de ceux
qui vont le visiter.
Au
milieu de ce vaste jardin on voit une tour, élevée sur le dessin
de l'architecte Gaetano Baccani; elle présente trois galeries et une terrasse.
Elle est construite en pierres de taille et en bossages relevés jusqu'Ã
la première galerie. La terrasse, qui est sur le haut de la tour, domine
presque toute la ville de Florence, et offre de très belles perspectives. |
Les églises.
La plupart des églises
de Florence sont en même temps des musées.
Santa
Maria del Fiore.
L'architecte du Palazzo Vecchio, Arnolfo
del Cambio, commença presque en même temps (1294) la cathédrale
ou Duomo placée sous l'invocation de Santa Maria del Fiore. La
célèbre coupole à huit pans n'a été ajoutée que beaucoup plus tard.
Elle est l'oeuvre de Brunellesco. Dans tout ce monument l'ogive se marie
avec le plein cintre; des panneaux
de marbre, tour à tour rouge, jaune et noir, le revêtent d'une sorte
d'éclatante marqueterie. Le campanile,
commencé en 1334 par Giotto, achevé en 1336
par Andrea Pisano, se dresse à quelque distance,
avec la même décoration de marbres en rectangles, en losanges, en carrés.
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La
cathédrale Sainte-Marie des Fleurs
et
le campanile de Giotto.
Campanile
de Florence.
Cet édifice, qui dépend de la cathédrale,
est sans rival au monde; il fut dessiné par Giotto, et commencé en 1334.
C'est une tour carrée de 86 m de hauteur, de 14 m de côté, entièrement
revêtue de marbres blancs, rouges et noirs, et qui devait être surmontée
d'une flèche de 30 m; Taddeo Gaddi, successeur
de Giotto, supprima cette flèche, dont on aperçoit la première assise
sur la terrasse qui recouvre la tour. Les flancs du campanile sont garnis
de 16 statues et de 54 bas-reliefs, ouvrages
d'André de Pise, de Donatello, de Jean Rossi, de Luca della Robbia et
autres artistes célèbres. Parmi ces sculptures admirables, on remarque
les principaux épisodes de la Genèse ,
et les images des hommes qui personnifient les beaux-arts et les sciences,
Phidias, Apelle, Orphée, Platon, Aristote, Ptolémée, Euclide.
Battistero
di San Giovanni.
En face, le Baptistère, vieille église
octogonale imitée du Panthéon romain,
remonte au VIIIe siècle, mais l'extérieur
a été mis en rapport avec la décoration des édifices voisins. On y
admire les belles portes en bronze dont la
plus célèbre, celle qui fait face à la cathédrale, a été exécutée
de 1427 Ã 1452 par Lorenzo Ghiberti, Ã la
suite d'un concours auquel prit part Brunellesco. Cette porte, selon Michel-Ange,
serait digne de servir de porte d'entrée au paradis. Elle représente
des scènes bibliques; deux autres portes existent de chaque côté; celle
du Nord est aussi de Ghiberti; celle du Sud est d'Andrea Pisano.
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Le
Baptistère, à côté de la cathédrale de Florence. C'est l'un des
plus anciens
édifices
de la ville. Il a été construit entre 1059 et 1128.
Santa
Croce.
Cette basilique,
commencée en 1294 sur les dessins d'Arnolfo
di Lapo, consacrée en 1442, et restaurée par Vasari,
a 115 m de longueur sur 38 m de largeur. Sombre et nue, éclairée par
de superbes vitraux, elle est remplie de tombeaux,
qui l'ont fait appeler le Panthéon de Florence. Parmi ces tombeaux, on
distingue : celui de Michel-Ange, dont l'architecture
est de Giovanni dell' Opera, la sculpture de Cioli, et les peintures de
Lorenzi; ceux d'Alfieri, par Canova; de Machiavel,
par Spinazzi; de l'antiquaire Lanzi, par Boni;
de Léonard Bruni d'Arezzo, par Rosselini; de l'architecte
Alberti, par Bartolini, de Galilée. On remarque
en outre beaucoup d'ouvrages de peinture (belles fresques
des primitifs, de Giotto, de Taddeo
Gaddi, d'Orcagna, etc.) et de sculpture,
et une chaire en marbre ornée de bronze.
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La
basilique de la Sainte-Croix (Santa Croce), Ã Florence.
C'est
l'église franciscaine la plus grande du monde.
San
Marco.
Au couvent
de San Marco éclate dans toute sa naïve splendeur l'oeuvre religieuse
de Fra Angelico da Fiesole.
Santa
Maria Novella.
A la basilique Santa Maria Novella on
va admirer les plus beaux Ghirlandajo, et,
dans la chapelle des Strozzi, les fresques du Paradis et de l'Enfer,
où André Orcagna a cherché à interpréter les étranges rêveries de
Dante.
San
Lorenzo.
La basilique Saint-Laurent (San Lorenzo),
monument de la munificence des Médicis encore simples particuliers, fut
commencée en 1425 sur les dessins de Brunelleschi.
Elle contient deux chaires, dont les bas-reliefs en bronze ont été dessinés
par Donatello; ses 24 chapelles sont ornées de tableaux d'artistes
florentins. Au milieu de l'édifice, un large pavé de porphyre, de
serpentine et
de marbre, forme le tombeau de Côme l'Ancien. Mais ce qu'il y a de plus
intéressant, c'est la vieille sacristie,
avec ses portes de bronze par Donatello, et
la nouvelle sacristie, construite par Michel-Ange,
dont elle contient les mausolées des Médicis,
oeuvre unique de l'artiste : le Jour et la Nuit, le Crépuscule et l'Aurore,
l'action et la pensée sous les traits de Julien et de Laurent de Médicis,
s'y opposent dans une belle harmonie. Combien cette simple et austère
chapelle est supérieure à sa voisine,
celle qui contient la sépulture des grands-ducs, malgré la profusion
de marbres multicolores et de mosaïques de pierre dans laquelle elle est
noyée!
Annunziata.
A l'église de l'Annunziata on goûte
dans toute la fraîcheur de son talent, si peu connu en France, Andrea
del Sarto, l'auteur des fresques du vestibule et des grisailles
du cloître.
Les musées et
les bibliothèques.
Les musées sont encore bien plus que
les églises les sanctuaires de l'art. Beaucoup sont abrités par les palais
dont on a parlé plus haut.
Celui des Uffizi est célèbre dans le
monde entier. Il fut d'abord le musée des Médicis; il est devenu peu
à peu l'une des plus splendides collections des chefs-d'oeuvre de l'art.
Le salon de la Tribune avec ses Corrège, ses
Raphaël, ses Titien
et ses antiques en est la perle la plus précieuse; les galeries se développent
dans de nombreuses salles, Ã travers les longs corridors du ponte Vecchio
jusqu'au palais Pitti, sur une longueur de plusieurs kilomètres. Les tableaux
et les statues, les dessins, les bronzes, les camées y forment un rare
assemblage d'inestimables richesses.
Le palais Pitti, oeuvre de Brunellesco,
construit pour un riche bourgeois et passé par héritage entre les mains
des Médicis, ne contient que des oeuvres de choix.
L'Académie des beaux-arts est intéressante
à cause des Primitifs, dont le groupement bien entendu permet de reconstituer
l'histoire de la peinture florentine du XIVe
au XVIe siècle.
Le Bargello, ancien palais du podestat,
dont la physionomie et l'ordonnance extérieure ont été imitées plus
tard au Palazzo Vecchio, renferme des collections d'armes, de meubles,
de bronzes et de faïences analogues à celles du musée
de Cluny, Ã Paris.
Beaucoup d'autres palais sont à la fois
musées et bibliothèques : comme le palais Corsini, le palais Strozzi
et le palais des Médicis ou palais Riccardi. Ces deux derniers édifices
sont d'énormes constructions massives, aux murs solides, aux fenêtres
rares et fortement grillées; on y voit encore les écussons des vieilles
familles, les anneaux pour attacher les chevaux des visiteurs; on y tenait
garnison; on y pouvait soutenir un siège. Le palais Riccardi a été occupé
de 1865 à 1871 par le ministère de l'intérieur.
La bibliothèque Laurentienne occupe un
édifice construit par Michel-Ange, sur l'ordre de Clément
VII près de l'église Saint-Laurent. La constitution du premier noyau
de cette collection est dû à Cosme de Médicis et surtout à son petit-fils
Laurent le Magnifique. On y trouve beaucoup de manuscrits extrêmement
rares.
La bibliothèque Magliabecchiana, fondée
au XVIIe siècle par Antonio Magliabecchi,
est devenue la bibliothèque nationale; elle est installée sous le portique
des Uffizi. Elle possède environ 170,000
volumes et 12,000 manuscrits.
La bibliothèque Palatine, fondée par
le grand-duc Ferdinand III, contient 60,000
volumes et 2000 manuscrits.
La bibliothèque Riccardiana, fondée au
XVIIe siècle par Riccardo Riccardi, compte
30,000 volumes et 4000 manuscrits. Elle se
trouve dans l'ancien palais des Médicis devenu le palais Riccardi.
La bibliothèque Marucelliana fondée par
l'abbé Marucelli, est riche d'environ 60,000
volumes.
La bibliothèque de l'Académie des beaux-arts
en a à peu près 9000.
Le musée d'histoire naturelle, avec d'intéressantes
collections de fossiles et de minéraux, est installé près du palais
Pitti.
-
Le
Ponte Vecchio. Il traverse l'Arno en son point le plus étroit, Ã
Florence.
La
structure actuelle date de 1345. Ci-dessous, les boutiques (principalement
des bijouteries),
qui
bordent de chaque côté le pont. Au fond, la cathédrale.
Histoire de Florence
Florence n'était qu'un bourg dépendant de
Fésules au temps des Étrusques. Elle
ne devint vraiment une ville que lorsque Sylla
y eut envoyé une colonie de vétérans,
en 81 av. J.-C. Capitale de la province d'Étrurie au IVe siècle,
Elle était au IVe
siècle la capitale de la province d'Etrurie.
Stilicon y remporta une grande victoire sur Radagaise
en 406. Prise et reprise successivement par Totila, par Narsès,
elle finit par être ruinée : Charlemagne
la releva en 781. Tout en faisant partie du marquisat de Toscane, elle
resta à peu près maîtresse d'elle-même, et, comme les villes du bassin
du Pô ,
elle força même, entre 1000 et 1150, tous les petits seigneurs de son
voisinage à se faire reconnaître pour citoyens florentins, et soumit
leurs fiefs à sa juridiction.
Sans grande influence cependant et presque
sans participation aux affaires générales de l'Italie
jusqu'au XIIIe siècle, la république
de Florence, à partir de 1215, devint une des villes les plus agitées
par la rivalité des Guelfes
et des Gibelins; tour à tour vainqueurs, ceux-ci, par le secours de
l'empereur Frédéric II, 1248, et
de son fils Manfred (bataille de Monte Aperto, 1260); ceux-là en s'appuyant
au dedans sur les classes plébéiennes, 1250, au dehors sur Charles
d'Anjou, 1266, mais pour se déchirer entre eux après la victoire.
Pendant que l'aristocratie florentine se
livrait ainsi à des luttes sans cesse renaissantes, le peuple, enrichi
par l'industrie et le commerce et organisé en corporations (arts)
en 1266, grandissait peu à peu, et arrivait au gouvernement : les arts
majeurs ou le gros négoce en 1282, les arts mineurs ou le petit commerce
et les artisans en 1343. Cette révolution démocratique, qui se dota d'une
constitution dite Ordinamenti di giustizia, ne s'arrêta pas encore
là après les luttes du peuple et de la noblesse, désormais proscrite
à moins de se faire peuple, après celle des arts majeurs devenus une
nouvelle aristocratie (il popolo grasso) et des arts mineurs, vinrent
les soulèvements et les excès de la populace privée du droit de corporation
et placée sous la dépendance des arts, 1378-1381.
Une pareille anarchie amena plus d'une
fois la domination d'un chef étranger : celle du roi de Naples
Robert, appelé en 1313 contre l'empereur Henri
VII, en 1326 contre les Gibelins
de Lombardie; celle de l'ambitieux duc d'Athènes, Gautier
de Brienne, déclaré seigneur de 1342 à 1313. On s'étonne de voir,
au milieu de telles dissensions, le commerce et l'industrie de Florence
prospérer, au point que toutes les républiques, sauf Venise,
et tous les souverains, sauf le roi de France,
étaient moins riches qu'elle. En 1381, après l'émeute des ciompi,
la noblesse guelfe, dirigée par les Albizzi, reprit pour un demi-siècle
la conduite des affaires; et c'est dans cette période que Florence, maîtresse
de Pistoie dès 1329 et de Volterra dès
1361, s'assura la domination de la Toscane par l'acquisition d'Arezzo,
1384, de Pise, 1405-1406, de Cortone,
1411, du rivage de Livourne, 1421, simple
village destiné à devenir un jour l'un des premiers ports de la Méditerranée .
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Vue
de Florence : au-dessus des toits, une des tours et le dôme de la cathédrale.
Photos
: The World Factbook.
En 1434, les efforts du parti populaire
firent exiler les Albizzi et rappeler les Médicis
leurs rivaux; les institutions républicaines du gonfalonier, des prieurs,
des conseils, subsistèrent encore de nom; mais de fait, Florence devint
une véritable monarchie entre les mains de cette opulente famille sortie
des arts majeurs, mais placée depuis longtemps à la tête des arts mineurs.
Tout-puissants dans l'État sans titre officiel, deux de ses membres, Cosme,
surnommé le Père de la patrie, 1434-1464, et Laurent
le Magnifique, 1469-1492, par la protection qu'ils accordèrent
aux arts et aux lettres, contribuèrent à entourer son nom d'un nouvel
éclat. Exilés, à l'arrivée des Français en Italie, par l'influence
du parti républicain et du moine Savonarole,
1494, rétablis en septembre 1512 par la sainte Ligue de Jules
II, chassés de nouveau en 1527 pendant la captivité de Clément VII,
qui soutenait en eux ses parents, les Médicis furent encore ramenés par
Charles-Quint, 1530-1531, et la république
transformée pour eux en duché de Toscane,
puis en grand-duché en 1576.
Gouvernée par les Médicis jusqu'en 1737,
Florence fut ensuite la résidence des grands-ducs de la maison d'Autriche-Lorraine,
jusqu'en 1801; elle fut de 1802 Ã 1807 la capitale du royaume
d'Étrurie et devint chef-lieu du département français de l'Arno
de 1807 à 1814. Après la chute de l'Empire, les grands-ducs autrichiens
y rentrèrent. Mais, en 1859, Florence fut annexée au royaume d'Italie,
dont elle a été la capitale de 1865 à 1871.
Au nom de Florence se rattachent encore
le souvenir d'un concile général (18e
concile oecuménique), , suite de celui de Ferrare,
qui lui-même faisait suite à la partie du concile de Bâle,
convoqué en 1439, par Eugène IV, pour la réunion des Églises d'Orient
et d'Occident, et celui d'un pape, Léon X, de la famille des Médicis,
qui a donné son nom à son siècle. (H. Vast. / B. /
Dzb.).
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Vieilles
histoires
Histoire
de Florence, par Machiavel, en huit
livres (1522). - Cet ouvrage est un des principaux titres de gloire de
Machiavel; l'homme d'Etat y élève l'histoire a une hauteur que les anciens
n'avaient pas connue. Le premier livre est un admirable tableau des événements
qui ont ébranlé et détruit l'Empire
romain, fondé sur ses ruines les Etats nouveaux, et amené les révolutions
que subit l'Italie avant le XVIe siècle. Dans les quatre autres, Machiavel
fait l'histoire des partis et des factions qui se sont disputé le pouvoir.
Aucun autre historien de Florence n'a raconté avec autant de fidélité
et décrit si impartialement les fréquentes révolutions qui désolèrent
la République; nul n'a démêlé avec autant de sagacité les vices de
la constitution, qui était cause de tous ces fléaux. Dans cet ouvrage,
comme dans tous ses autres écrits, Machiavel donne des preuves de son
indifférence entre le bien et le mal; il rapporte tout avec une froide
simplicité.
Histoire
de Florence, par le Pogge (1455). - Ecrite
dans un latin assez lourd, cette histoire
se compose de huit livres. Quoique, l'auteur fasse souvent parler ses personnages
à la façon de Tite-Live ou de Xénophon,
qu'il imite, son ouvrage n'est pas purement oratoire. Les temps anciens
n'y sont étudiés que d'une façon sommaire; mais, à partir du XIIIe
siècle, Pogge a mis à contribution des documents intéressants; pour
le XIVe et la première moitié du XVe il retrace des événements dont
il a été le contemporain. Le plus grand intérêt de son livre consiste
dans les anecdotes qu'il a recueillies sur le compte des hommes considérables
du temps. L'auteur se plaît à recueillir leurs bons mots, où se reflète
souvent tout un caractère, tout un tempérament. (NLI). |
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