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| Les astéroïdes |
Aperçu |
Les astéroïdes
sont de corps rocheux de dimensions inférieures à mille kilomètres)
dépourvus d'atmosphère, que l'on rencontre principalement dans les région
internes du Système solaire, et plus
spécialement entre les orbites de Mars et de Jupiter.
Depuis la découverte de Cérès, du premier d'entre eux en 1801, plusieurs
centaines de milliers de ces objets ont été repérés, notamment grâce
au développement de l'astrophotographie, des télescopes de Schmidt à
grand champ, et plus récemment à l'aide du télescope spatial infrarouge
ISO, et à des programmes de recherche systématiques automatisés, tels
que LINEAR, et d'autres.
Tous les astéroïdes ne portent pas de nom, mais seulement leur numéro d'inscription dans le catalogue
Les quatre plus gros ont une forme plus ou moins sphérique et une dimension qui permettent de les classer parmi les planètes naines. Cérès, qui rassemble le quart de la masse totale des astéroïdes, a ainsi un diamètre qui dépasse les 900 kilomètres. Dans leur immense majorité, ces objets sont de petits corps, de forme plus irrégulière. Une trentaine d'astéroïdes seulement dépassent les 200 kilomètres. Moins de mille atteignent les trente kilomètres. Et il pourrait en exister autour de un million, entre 30 km et 1 km. En extrapolant, on peut supposer que la plupart ont des dimensions encore inférieures. Beaucoup ne doivent être gros que de quelques mètres, voire de quelques centimètres (météoroïdes). UN astéroïde, en somme, c'est l'idée du caillou déclinée pratiquement à l'infini, et, au total, ces objets représenteraient une masse 1600 fois inférieure à celle de la Terre. Les briques d'une planète manquée |
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Rouages |
Si la plupart des
astéroïdes présentent une forme irrégulière, c'est pour l'essentiel
parce qu'il sont des fragments d'objets plus gros qui ont été brisés
lors de collisions. Ces chocs plus nombreux et violents dans le passé,
continuent d'avoir lieu aujourd'hui. Des impacts avec des corps plus petits
ont également criblé leur surface de cratères
et recouvert leur surface d'une fine poussière, appelée régolithe.
Les importants dégagements de chaleur au cours de ces collisions doivent
également avoir eu une incidence les minéraux qui en ont été affectés.
Mais de telles collisions n'ont pas nécessairement
toujours été destructrices. La forme de certains astéroïdes suggère
qu'ils sont composés de deux astéroïdes plus petits, collés ensemble.
C'est ainsi qu'ont dû aussi se former les plus gros de ces corps, mais
aussi les planètes comme la Terre : par agglomération
de blocs rocheux. C'est, donc, la seconde raison pour laquelle les astéroïdes
sont de forme le plus souvent irrégulière. Les astéroïdes ne sont en
fait que les briques survivantes d'une petite planète qui n'a jamais réussi
à grandir et à se construire, à cause des perturbations gravitationnelles
induites par les planètes géantes, et surtout par la première d'entre
elles : Jupiter. Ils sont les héritiers, qui
ont subi des transformations physiques et chimiques plus ou moins profondes,
des mêmes planétésimaux
qui ont servi à fabriquer la Terre et les autres planètes telluriques.
Une parenté qui explique l'orientation et l'importance des nombreuses
études qui leur sont consacrées.
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Inventaire |
Orbites
: le jeu des familles
Si l'on envisage les astéroïdes en fonction de leur orbite, il en existe de trois sortes : ceux qui appartiennent à la Grande ceinture d'astéroïdes et forment le gros de la troupe, ceux, beaucoup plus rares, qui parcourent les régions internes du Système solaire, parmi lesquels on distinguera les géocroiseurs, qui croisent l'orbite de la Terre, et les troyens associés à certaines planètes, qui possèdent également des astéroïdes capturés. Mentionnons pour mémoire les divers corps irréguliers qui circulent à la périphérie du Système solaire, au-delà des orbites des planètes géantes, analogues aux astéroïdes, mais plus vraisemblablement composés de glace, et plus proches ce sens des noyaux des comètes. Tels sont les centaures (par exemple Chiron, pour lequel une activité cométaire a d'ailleurs été décelée), qui circulent entre Saturne et Uranus, ou des objets tel Hidalgo qui circulent sur une orbite rappelant celle des comètes, sans toutefois présenter de signes d'activité cométaire. Certains modèles conduisent à penser que 1% de ces objets pourraient malgré tout être de vrais astéroïdes. Discerner entre noyaux comètes et astéroïdes - qui seraient en fait deux extrêmes d'une même population initiale, ou simplement les proportion de roche et de glace auraient varié, reste une question récurrente, loin d'être académique, mais qui ne peut sans doute être tranchée qu'au cas par cas. Quoi qu'il en soit, ils sont abordés dans ce site en même temps que les comètes et les objets de la ceinture de Kuiper dont ils pourraient provenir, à la page consacrée à la Périphérie du Système solaire.La Ceinture principale d'astéroïdes. L'immense majorité des astéroïdes circulent entre les orbites de Mars et de Jupiter, à des distances du Soleil comprises entre 2,1 et 3,5 unités astronomiques (300 à 600 millions de kilomètres). Ce qui les fait parcourir leur orbite en 3 à 6 ans. Cette concentration d'objets forme la Grande ceinture d'astéroïdes ou Ceinture principale, qui marque la frontière entre le Système solaire interne et externe. Dès la fin du 19e siècle,
les astronomes, parmi lesquels Daniel Kirkwood
Dans de nombreux cas, les astéroïdes d'une même famille seraient ainsi les débris d'un même corps parent, qui continueraient de circuler quelque temps de conserve, puis se disperseraient peu à peu sous l'effet de perturbations gravitationnelles diverses, tout en gardant au travers de quelques unes de leur caractéristiques orbitales la mémoire de leur origine commune. La relation entre un corps parent et une famille n'est cependant pas univoque. La question considérée d'un point de vue minéralogique suggère en effet qu'il n'aurait existé au départ qu'une poignée de corps parents, et que les divers familles dynamiques proviendrait plutôt de fragmentations secondaires, et sur le long terme d'une dispersion particulière provoquée par diverses perturbations gravitationnelles. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui plusieurs dizaines de ces familles sont répertoriées. En voici quelques unes : Exemples
de familles d'Hirayama
Trois de ces familles méritent une mention particulière : |
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Les Hungarias, dont le premier membre (Hungaria) a été découvert en 1898 par Max Wolf |
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Les Hildas forment une famille d'astéroïdes souvent de forme très irrégulière, dont le premier membre (Hilda) a été découvert par J. Palisa en 1875, et qui circulent à des distances moyennes du Soleil comprises entre 3,7 et 4,2 UA. Leur excentricité moyenne est inférieure à 0,30 et leur inclinaison par rapport à l'écliptique ne dépasse pas les 30°. Un vaste espace dépeuplé sépare les Hildas du gros du troupeau d'objets présents entre Mars Jupiter. On peut donc considérer que les Hildas n'appartiennent pas à proprement parler à la Ceinture principale des astéroïdes, bien qu'on ne commette aucun sacrilège en les décrivant comme sa lisière extérieure. Le plus important est le caractère dynamique de la région qu'ils occupent, et qui constitue comme un piège pour les petits corps qui s'y aventurent. Quelque chose qui incite à penser qu'une certaine proportion de Hildas pourraient ne pas être de véritables astéroïdes mais d'anciens noyaux de comètes "éteintes", qui s'y seraient laissés capturer. Leur couleur généralement sombre, qui rappelle celui des noyaux cométaires peut également être un argument en faveur de cette thèse. Les tentatives faites pour révéler une activité cométaire (présence d'une coma) n'ont cependant donné aucun résultat concluant. Tout au plus a-t-on mis en évidence, dans les cas de Tuckia et de Larissa, qui figurent parmi les gros Hildas, des variations de leur période de rotation qui pourrait ne pas être d'origine gravitationnelle, mais plutôt dues à une émission sporadique de matière volatile, comme on l'observe avec les comètes.
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Ajoutons que, comme
l'on montré des chercheurs de l'Institut d'astronomie d'Hawaii en mai
2004, la couleur des astéroïdes de la Ceinture donne une indication de
leur âge. Ils rougissent en vieillissant. Cette nouvelle méthode Les âges ainsi déterminés
(entre six millions à trois milliards d'années)
mesurant le temps écoulé depuis le moment où ces astéroïdes se sont
fracturés pour donner naissance aux dites familles, et pendant lequel
des surfaces nouvelles ont été exposées au vent
solaire et au rayonnement cosmique
( Valable pour l'instant
seulement pour les astéroïdes de la ceinture principale, la méthode
pourrait être étendue à l'étude des âges de petits satellites
des planètes géantes, que l'on pense être des
astéroïdes capturés. En attendant, les résultats déjà obtenus permettent
de comprendre pourquoi la couleur des météorites Les géocroiseurs. |
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| On connaît près
de 1500 astéroïdes qui circulent dans les régions internes du Système
solaire. On parle de NEOs (Near-earth objects), de NEAs (Near-earth
asteroids), ou de géocroiseurs
pour les désigner. Certains peuvent passer très près de notre planète,
comme ce fut par exemple le cas le 27 septembre 2003, quand un de ces rochers
de l'espace, baptisé SQ222, nous est passé à 80 000 km (20% de la distance
qui nous sépare de la Lune...).
Des probabilités non négligeables existent pour qu'un jour où l'autre l'un d'eux percute notre planète, sur laquelle on a d'ailleurs déjà recensé 150 cratères (récents) dus à de tels impacts. La collision est d'ailleurs aussi l'explication la plus souvent mentionnée de l'extinction massive de certaines espèces sur notre planète. L'événement violent qui s'est produit le 30 juin 1908 dans la région de la Tunguska en Sibérie et a détruit des milliers d'hectares de forêt, s'il n'a pas été occasionné par l'entrée d'un fragment de noyau cométaire dans notre atmosphère, pourrait également s'expliquer par la rencontre avec un NEO d'une centaine de mètres de diamètre. En somme, des versions superlatives de ce qui se produit quotidiennement avec la chute de ces petits fragments d'astéroïdes que sont les météorites. Les géocroiseurs correspondent à une population à faible durée de vie. Leurs orbites sont instables sur des durées supérieures à cent millions d'années. C'est en gros le temps qu'il leur faut pour entrer en collision avec une planète tellurique ou se voir tout simplement expulsés de cette région du Système solaire par les diverses perturbations gravitationnelles qui s'y exercent. Le maintien dans le temps d'une telle population signifie donc qu'elle est renouvelée en permanence. Le taux requis est de quelques centaines d'objets de plus d'un kilomètre de diamètre tous les millions d'années. Une conclusion cohérente avec l'idée que l'on se fait du pompage des lacunes de Kirkwood. mais ce n'est pas la seule possibilité. Certains chercheurs pensent que les géocroiseurs pourraient également être des noyaux cométaires éteints ou endormis. Puis les régions internes sont régulièrement visitées par de tels objets, il peut sembler logique d'imaginer que certains y restent piégés par l'attraction gravitationnelle de telle ou telle planète intérieure. On sait aussi que certains noyaux cométaires (groupe de Kreutz) sont régulièrement englouties par le Soleil. |
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Le principal géocroiseur
est 1036 Ganymède (à ne pas confondre avec le satellite galiléen). Son
diamètre est de 41 kilomètres. Vient ensuite Éros,
qui atteint 38 kilomètres dans sa plus grande longueur. Il pourrait exister
plus de deux mille de ces objets dont la taille dépasserait le kilomètre.
On distingue trois groupes principaux :
Les Apollos : leur demi-grand axe (distance moyenne au Soleil) est supérieur à 1 unité astronomique (UA) et leur distance à l'aphélie inférieure 1,017 UA. Cette famille, dont la période est supérieure à un an, inclut la majorité des géocroiseurs. 632 Apollos sont répertoriés (2). |
(2) A la date du 16 juin 2001. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les Amors : leur distance au périhélie est comprise entre 1,017 et 1,3 UA (195 millions de kilomètres). Comme c'est aussi le cas pour certains Hungarias, ils croisent l'orbite de Mars, mais pas celle de la Terre. 636 Amors sont répertoriés (2).La définition que vient d'être donnée de chacun des groupes de géocroiseurs est quelque peu arbitraire, et ne traduit en réalité que les caractéristiues orbitales du moment. Or celles-ci changent au fil du temps et des diverses perturbations subies par ses objets. Certains Amors peuvent très bien devenir des Apollos après quelques révolutions, et certains Atens auraient pu très bien être classés parmi les Apollos, si on les avaient découverts quelques années plus tôt. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit avec Quetzalcoatl, découvert en 1953 et classé parmi les Amors, mais qui onze ans plus tôt avait encore les caractéristiques orbitales d'un Apollo... Ajoutons encore, pour ne rien arranger au tableau que deux astéroïdes du groupe Amor - Amor lui-même et Ivar -, dont les demi-grand axes dépassent 1,9 UA, pourraient quant à eux être parfaitement affiliés à la famille des Hungarias. -
Les troyens.
La notion de Troyen implique trois corps. Dans le cas des troyens de Jupiter et de Mars, il y a le troyen lui-même, la planète qu'il suit ou précède, et le Soleil autour duquel sont dessinées les orbites. Il existe aussi des troyens dont le troisième corps n'est pas le Soleil, mais Saturne. Il s'agit donc de satellites de Saturne, qui circulent sur les mêmes orbites, mais séparés par 60° : cas de Dioné et Hélène, Thétys et calypso, Thétys et Télesto.Les troyens de Jupiter. On connaît plus de 400 troyens de Jupiter à ce jour sur les milliers qui pourraient exister, les plus nombreux autour du point L4. Hector est l'un des plus gros astéroïdes connus. L'absence d'activité cométaire les fait classer comme astéroïdes. Beaucoup sont de type D, mais il est également possible, au vu de diverses caractéristiques de la lumière qu'ils réfléchissent, que certains d'entre eux soient plutôt assimilables à des noyaux de comètes. Les
troyens de Mars.
Et
la Terre dans tout ça?
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Ingrédients |
Une minéralogie diversifiéeLa minéralogie des astéroïdes constitue un domaine particulièrement important de la planétologie comparée, car les astéroïdes conservent, sous des formes plus ou moins transformées, une partie de la matière primitive du Système solaire. Leur étude permet de reconstituer les processus de condensation de la nébuleuse solaire, l'accrétion des premiers planétésimaux, les phénomènes d'altération aqueuse et thermique, la différenciation interne de certains petits corps, ainsi que les processus d'altération spatiale qui affectent leurs surfaces. Il faut cependant éviter de considérer les astéroïdes comme un ensemble minéralogiquement homogène : ils présentent une diversité extrêmement importante, depuis des corps constitués en grande partie de silicates hydratés et de matière organique jusqu'à des objets dominés par des silicates anhydres, des sulfures, des oxydes ou des alliages métalliques de fer et de nickel. Cette diversité traduit à la fois des compositions initiales différentes et des histoires thermiques, hydriques et collisionnelles très contrastées.Cette diversité fait des astéroïdes de véritables archives minéralogiques de l'évolution du Système solaire. Les corps primitifs conservent des matériaux proches de ceux qui existaient avant la formation des planètes, tandis que les corps différenciés témoignent des processus thermiques qui ont affecté les premiers planétésimaux. Les astéroïdes hydratés renseignent sur la circulation de l'eau dans les petits corps, les astéroïdes métalliques sur la différenciation et la formation des noyaux, et les objets basaltiques sur les processus magmatiques. La minéralogie astéroïdale apparaît ainsi comme un continuum entre la chimie de la nébuleuse solaire et la géologie planétaire proprement dite. À l'échelle du Système solaire, les astéroïdes représentent ainsi un immense ensemble de témoins géologiques. Leur diversité résulte de l'héritage chimique de la nébuleuse solaire, des processus de condensation, du mélange radial des matériaux, de l'accrétion, du chauffage radioactif, de l'altération aqueuse, de la fusion, de la différenciation, du refroidissement, des impacts et de l'altération spatiale. Les olivines, pyroxènes, feldspaths, phyllosilicates, sulfures, oxydes, carbonates, métaux fer-nickel et matières organiques ne sont donc pas simplement des constituants indépendants : ils forment des associations minéralogiques dont les relations permettent de reconstruire l'histoire physique et chimique des petits corps. L'étude minéralogique des astéroïdes constitue ainsi l'un des moyens les plus directs d'accéder aux premières étapes de l'histoire géologique du Système solaire, depuis les premiers condensats réfractaires jusqu'aux processus de différenciation et d'altération qui annoncent déjà la complexité géologique des planètes telluriques. Les constituants
des astéroïdes.
Les
olivines.
Les
pyroxènes.
Les
feldspaths.
Les
phyllosilicates.
Les sulfures. Les sulfures constituent une autre composante majeure de nombreux astéroïdes primitifs. La troïlite, FeS, est particulièrement fréquente dans les météorites chondritiques. Elle représente un sulfure de fer relativement simple, mais son importance géochimique est considérable car le soufre constitue un élément relativement abondant dans la matière primitive. D'autres sulfures peuvent incorporer du nickel, du cuivre ou d'autres éléments métalliques. La distribution et la composition des sulfures permettent notamment de déterminer l'état redox du matériau lors de sa formation. Dans les environnements très réducteurs, le fer peut être présent sous forme métallique et sulfurée, tandis que dans des environnements plus oxydants il est davantage incorporé dans les silicates ou les oxydes. Le
fer et le nickel.
Les
oxydes.
Les
carbonates.
La
matière organique.
La classification
spectrale des astéroïdes.
C
(carbonés).
S
(silicatés ou stony = pierreux).
M
(métalliques).
V
(basaltiques).
Autres
classes.
T : Astéroïdes rares et mal caractérisés, présentant un spectre plutôt rougeâtre avec une pente modérée dans le visible et une réflectance faible à modérée. Leur composition reste incertaine, possiblement liée à des silicates hydratés ou des composés organiques.Enfin, ajoutons un type qui n'en est pas un : U : (unknown = inconnu ou unusual = inhabituel, unclassifiable = etc.). Il rassemble évidemment les astéroïdes que l'on ne sait pas où ranger...
Des types avec
un air de famille.
Des astéroïdes
aux météorites.
Les chondrites carbonées pourraient résulter de la fragmentation d'un astéroïde de type C. On a proposé que les météorites chondrites ordinaires et achondrites puissent être issus d'astéroïdes de type S, qui auraient circulé à la résonance 3:1.Les astéroïdes de type E, de couleur très claire, rappellent les météorites achondrites à enstatite, un groupe assez rare (2% environ). Et des suggestions analogues peuvent être faites pour ce qui concerne les météorites métalliques et pierreuses, qui semblent pouvoir provenir d'astéroïdes M ou S, respectivement. Les eucrites (achondrites basaltiques) pourraient quant à elles provenir de Vesta, ou d'objets de sa famille. Reste que la grande majorité des météorites est composée de chondrites ordinaires (non carbonées), dont il n'existe pas de véritable équivalent chez les astéroïdes, à moins de supposer que ces météorites ne soient des fragments de régions internes, aux caractéristiques différentes de celles qui sont à la base de la classification des astéroïdes dont les régions visibles peuvent avoir été altérées de diverses façon au contact du milieu interplanétaire (rayonnement cosmique, micrométéorites, etc.), et qui ne tiennent qu'aux propriétés de leur surface. Dans ce cas, les astéroïdes de type S pourraient être les meilleurs candidats au titre de corps parent de la plupart des météorites. Selon une étude publiée en mars 2004, une quarantaine de météorites fossiles rares analysés par Birger Schmitz et ses collaborateurs des universités de Lund et de Göteborg a permis de mieux comprendre les relations entre les événements qui affectent les astéroïdes et les chutes de météorites. Ces objets sont des chondrites de type L ou LL à chromite, découverts dans les terrains ordoviciens du Sud de la Suède. Ils ont montré que pendant 1 à 2 millions d'années, le flux de météorites (compris entre 10g à 1 kg) atteignant notre planète était il y a 480 millions d'années environ 120 fois supérieur à ce qu'il est aujourd'hui. La nature de ces météorites laisse penser qu'ils sont les débris d'un astéroïde de type S. Il se pourrait même, estiment les chercheurs, qu'ils soient le résultat de la collision des deux corps dont est issue la famille de Flore, et qui serait l'événement le plus important ayant affecté la ceinture d'astéroïdes au cours du dernier milliard d'années.Les chondrites. Les chondrites constituent une référence essentielle pour comprendre la minéralogie des astéroïdes primitifs. Elles sont constituées de chondres, de matrice fine, de métal et de sulfures dans des proportions variables. Les chondres eux-mêmes sont des objets millimétriques formés à très haute température dans le disque protoplanétaire avant leur incorporation dans les corps parents. Leur minéralogie dépend de leur histoire thermique et chimique. Les chondrites ordinaires sont dominées par des silicates anhydres, notamment l'olivine et les pyroxènes, auxquels s'ajoutent du métal et des sulfures. Les chondrites carbonées sont généralement plus riches en matière organique et peuvent présenter des phyllosilicates abondants en raison de l'altération aqueuse. Les chondrites à enstatite témoignent quant à elles d'environnements extrêmement réducteurs, dans lesquels le fer est en partie présent sous forme métallique ou sulfurée. Les météorites ne représentent à cet égard qu'un échantillon très partiel de la diversité des astéroïdes. Leur origine n'est pas toujours connue avec certitude et certaines familles d'astéroïdes peuvent être sous-représentées parmi les météorites qui atteignent la Terre. Les observations téléscopiques, les spectres infrarouges et les missions spatiales sont donc indispensables pour compléter les données météoritiques. Les missions ayant étudié de près des astéroïdes ont montré que la surface d'un petit corps peut être minéralogiquement très hétérogène, avec des régions ayant subi des degrés différents d'altération, de chauffage ou de remaniement mécanique. Cette différenciation est l'un des phénomènes fondamentaux de la minéralogie astéroïdale. Dans un planétésimal suffisamment volumineux ou suffisamment précoce pour incorporer une quantité importante de chaleur radioactive, l'élévation de température peut provoquer la fusion des métaux et éventuellement celle des silicates. Le métal, plus dense, tend à migrer vers le centre, tandis que les silicates fondus peuvent produire différents magmas. Lors du refroidissement, les minéraux cristallisent progressivement selon les relations thermodynamiques propres aux systèmes silicatés. Il peut alors se former une croûte basaltique, un manteau dominé par l'olivine et les pyroxènes et un noyau métallique. Les fragments de ces différentes enveloppes peuvent ensuite être dispersés par des collisions catastrophiques. Les
achondrites.
Trajectoires minéralogiques.
La spectroscopie infrarouge est particulièrement utile pour identifier les silicates. L'olivine et les pyroxènes présentent des bandes d'absorption caractéristiques liées aux transitions électroniques et aux vibrations du réseau cristallin. La position et la forme de ces bandes permettent notamment d'estimer les proportions relatives de certains minéraux et leur composition chimique. Les phyllosilicates hydratés peuvent présenter des signatures dans l'infrarouge moyen liées aux groupes OH et aux molécules d'eau. Les observations dans les longueurs d'onde plus courtes et plus longues complètent ces informations en permettant de détecter des signatures de matière organique, de carbonates ou d'autres phases. La spectroscopie visible et proche infrarouge permet notamment de distinguer les principaux groupes d'astéroïdes silicatés. Les bandes d'absorption associées à l'olivine et aux pyroxènes sont particulièrement utiles pour caractériser les surfaces de type S et les objets basaltiques. La profondeur des bandes, leur position et leur rapport permettent de contraindre les assemblages minéralogiques. Dans certains cas, il est possible d'établir une correspondance relativement robuste entre la composition spectrale d'un astéroïde et celle d'un groupe particulier de météorites. Les observations thermiques apportent des informations complémentaires. L'émission infrarouge permet d'estimer la température de surface, mais aussi d'étudier certaines propriétés thermophysiques. La conductivité thermique, la capacité calorifique, l'inertie thermique et la porosité influencent la réponse du matériau aux variations de température. Ces paramètres sont indirectement liés à la minéralogie et à la texture. Un astéroïde très poreux et riche en poussière ne réagit pas thermiquement de la même manière qu'un corps compact constitué de roche massive ou de métal. La densité constitue également un indice minéralogique important. Un astéroïde riche en métal possède généralement une densité apparente plus élevée qu'un corps silicaté fortement poreux. Cependant, la densité mesurée à l'échelle globale dépend à la fois de la composition minérale et de la porosité interne. Deux astéroïdes ayant une composition minéralogique similaire peuvent présenter des densités très différentes si leur structure interne diffère. Les petits corps peuvent en effet être des agrégats faiblement consolidés, tandis que d'autres sont relativement cohérents. La minéralogie des astéroïdes est donc indissociable de leur pétrologie. Il ne suffit pas d'identifier les minéraux présents : il faut comprendre leurs relations texturales. La taille des cristaux, leur forme, leurs contacts, les zonations chimiques, les inclusions et les remplacements permettent de reconstituer la succession des événements. Une olivine entourée de phyllosilicates n'a pas la même signification qu'une olivine fraîche incluse dans une matrice anhydre. De même, un sulfure associé à du métal ne renseigne pas sur les mêmes conditions qu'un sulfure transformé en oxydes et carbonates. Au final, l'ensemble de ces observations conduit à distinguer plusieurs grandes trajectoires minéralogiques. Certains astéroïdes demeurent relativement primitifs et conservent une assemblage proche de celui de la matière du disque protoplanétaire. D'autres connaissent une altération aqueuse importante qui transforme les silicates en phyllosilicates et produit carbonates, oxydes et sulfures secondaires. D'autres encore subissent un chauffage progressif qui provoque la déshydratation et la recristallisation. Enfin, les corps les plus évolués peuvent fondre et se différencier en noyau métallique, manteau silicaté et croûte magmatique. Les collisions peuvent ensuite fragmenter ces corps et disperser leurs différents matériaux dans l'espace. L'échelle
des grains.
Les inclusions riches en calcium et aluminium (désignées par l'acronyme CAI) constituent parmi les plus anciens solides connus du Système solaire. Elles contiennent des minéraux réfractaires tels que les spinelles, les mélilites, les pyroxènes calciques et aluminifères ainsi que des phases riches en aluminium et calcium. Leur présence dans certaines météorites carbonées témoigne du mélange précoce de matériaux formés à des températures très différentes. Elles fournissent donc une fenêtre exceptionnelle sur les premiers temps de la condensation du disque solaire. Les spinelles représentent justement une famille d'oxydes particulièrement intéressante dans ce contexte. Leur structure peut accueillir différents cations métalliques et leur composition varie considérablement. Des spinelles riches en magnésium et aluminium sont présents dans certaines inclusions réfractaires, tandis que d'autres compositions apparaissent dans des roches différenciées ou altérées. Leur résistance chimique relativement élevée leur permet parfois de conserver des informations anciennes malgré des transformations ultérieures. L'effet
de la distance au Soleil.
L'eau représente un facteur minéralogique majeur. Dans les astéroïdes primitifs, elle peut être présente sous forme de glace si les conditions thermiques le permettent, mais surtout sous forme structurelle dans les minéraux hydratés. Les phyllosilicates incorporent des groupes hydroxyle et parfois de l'eau structurale. Les hydroxydes et certains sulfates peuvent également constituer des produits d'altération. La distinction entre eau moléculaire, eau structurale et glace est importante, car ces différentes formes correspondent à des environnements thermodynamiques différents. La détection de minéraux hydratés à la surface d'un astéroïde constitue ainsi un indice de son histoire géochimique, mais ne signifie pas nécessairement qu'il conserve actuellement de grandes quantités d'eau liquide. Les processus thermiques peuvent inversement déshydrater les minéraux. Une élévation de température peut provoquer la décomposition des phyllosilicates et la libération d'eau. Une altération thermique progressive peut également transformer la matière organique et modifier les rapports entre les différentes phases minérales. Dans les corps soumis à une forte chauffe, les assemblages primitifs peuvent être complètement recristallisés. On passe alors d'une minéralogie héritée de la condensation et de l'altération à une minéralogie contrôlée par les équilibres de haute température. Le
rôle des impacts et de l'altération spatiale.
L'altération spatiale modifie encore la minéralogie superficielle. Les particules énergétiques du vent solaire, le rayonnement ultraviolet, les rayons cosmiques et les micrométéorites bombardent continuellement les surfaces exposées. Dans les silicates riches en fer, ces processus peuvent provoquer la réduction du fer et produire des nanoparticules de fer métallique. Ce phénomène contribue à la modification des propriétés optiques des surfaces. L'espace altéré n'est donc pas simplement une surface physiquement érodée : il s'agit d'une zone où les propriétés chimiques, minéralogiques et spectrales des grains peuvent être profondément modifiées. |
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En librairie - Daniel Benest, Claude Froeschlé, Astéroïdes, météorites et poussières interplanétaires, Eska Editions, 1999; Annie-Chantal Levasseur-Regourd et Philippe de la Cotardière, Les comètes et les astéroïdes, Le Seuil, 1997;Charles Frankel, La mort des dinosaures : l'hypothèse cosmique, Masson, 1996.
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