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| Cu | Le cuivre
(symbole : Cu) est un élément chimique d'un
beau rouge-brun brillant quant il est pur; allié au zinc,
il forme le
laiton ou cuivre jaune. C'est un métal
de transition, de bonne conductivité électrique et thermique. A
l'air sec, il est inaltérable; mais sous l'action
de l'air humide chargé de gaz carbonique, il se couvre d'une couche d'hydrocarbonate,
ou vert-de-gris, qui est toxique.
D'une faible dureté,
mais ductile et malléable, il se laisse laminer en feuilles minces ou
étirer en fils fins. Plus dur que l'or et l'argent,
le cuivre est, de longue date, allié à ces deux métaux pour la
fabrication des monnaies et des bijoux : avec
l'étain, il constitue le bronze. Aujourd'hui,
le cuivre est utilisé dans une variété de produits
et d'applications, notamment les fils électriques, les tuyaux de plomberie,
les ustensiles de cuisine, les pièces automobiles, etc. En raison de sa
résistance à la corrosion et de sa durabilité, le cuivre est également
utilisé pour les toitures et les revêtements extérieurs de bâtiments.
Le cuivre est également important pour l'industrie de l'énergie. Il est
utilisé dans la production de turbines et de transformateurs pour les
centrales électriques, ainsi que pour la production d'énergie éolienne
et solaire.
Mine de cuivre à ciel ouvert à Carr Fork, dans l'Utah (Etats-Unis). Photo : Andreas Feininger. Le cuivre est présent dans la croûte terrestre en association avec d'autres métaux, tels que le nickel, le zinc et le plomb. Les principaux gisements du cuivre sont au Royaume-Uni, en Russie, en Suède, en Australie, en Indonésie, en Autriche, et en divers points d'Amérique du Sud. Les minerais de cuivre exploités peuvent être partagés en plusieurs catégories et sont traités différemment, selon leur nature : • A l'état natif (celui du Chili, qui contient 60% à 65% de cuivre pur), le cuivre apparaît en cristaux cubiques, en mamelons, en lames minces, en rameaux plus ou moins branchus, en filaments déliés ou en masses informes : il suffit alors de le fondre.L'industrie du cuivre et son histoire. Le cuivre est le premier métal à avoir été travaillé par les humains. Son utilisation remonte au Néolithique final, lorsque les premières cultures néolithiques ont commencé à extraire et à utiliser le métal pour la fabrication d'outils et de bijoux. Cette métallurgie semble s'être développée indépendamment dans plusieurs régions du monde, notamment au Proche-Orient, en Chine et dans les Andes. Les premières utilisations reposent sur le martelage du cuivre natif, avant que la production de métal à partir de minerais ne marque l'avènement du Chalcolithique, il y a environ sept mille ans en Europe centrale. L'alliage volontaire du cuivre avec l'étain donne naissance au bronze, dont l'usage généralisé structure l'âge du Bronze et s'impose durablement dans les sociétés antiques, des cités grecques à l'Empire romain, avant que des progrès métallurgiques ne permettent au fer de s'imposer comme métal usuel. Durant l'Antiquité, des gisements emblématiques comme ceux de Rio Tinto, dans la péninsule Ibérique, sont exploités par les Phéniciens puis les Romains, qui l'appelaient cuprum (mot dont son nom actuel dérive), métal de l'île de Chypre, et l'utilisaient pour construire des canalisations d'eau, des statues et des pièces de monnaie, tandis que les Égyptiens l'utilisaient pour la joaillerie et la décoration. De l'autre côté de l'Atlantique, les Incas développent dès mille ans avant notre ère une production cuprifère dans l'actuel Pérou. Le métal circule alors sous forme de lingots et d'objets manufacturés, mais les volumes restent modestes et la production demeure dispersée, largement subordonnée aux besoins locaux et aux circuits commerciaux préindustriels. La transition vers une véritable industrie du cuivre s'amorce lentement à la fin du Moyen Âge et prend son essor avec les transformations techniques et énergétiques de l'époque moderne. Au début du XVIIIe siècle, la région de Swansea, au Pays de Galles, devient le théâtre d'une révolution métallurgique décisive : le procédé gallois, qui utilise le charbon minéral comme source d'énergie, permet de produire du cuivre en des volumes jusqu'alors inimaginables dans les centres de fonte traditionnels d'Europe centrale et de Scandinavie. Entre les années 1770 et 1840, le district de Swansea assure régulièrement un tiers du cuivre fondu mondial, parfois davantage. Cette hégémonie britannique repose sur l'exploitation intensive des mines de Cornouailles, dont l'apogée couvre la période 1750-1850, et sur la position privilégiée de Swansea, à proximité des gisements de cuivre et de charbon. Au tournant du XIXe siècle, la production mondiale annuelle demeure de l'ordre de seize à vingt mille tonnes, mais la demande connaît une accélération sans précédent à partir des années 1830, lorsque la découverte de l'induction électromagnétique par Faraday ouvre l'ère de l'électricité et révèle les propriétés conductrices exceptionnelles du cuivre. Le métal devient indispensable à la fabrication des conducteurs et des fils électriques : en 1880, le premier câble en cuivre relie la Grande-Bretagne à la France, et quinze ans plus tard, il traverse l'Atlantique. L'électrolyse du cuivre, réussie en laboratoire en 1847 et industrialisée en 1865 à Pembrey, au Pays de Galles, répond à l'exigence de pureté des applications électriques. La géographie mondiale de la production se recompose en profondeur au cours du XIXe siècle, sous l'effet de l'épuisement relatif des gisements européens et de la découverte de minerais à haute teneur sur d'autres continents. La Grande-Bretagne, qui domine encore la production au début du siècle, cède la première place au Chili en 1857, avant que les États-Unis ne deviennent le premier producteur mondial en 1883. La production mondiale bondit : d'environ trente mille tonnes par an dans la première moitié du XIXe siècle, elle atteint cinq cent mille tonnes à la fin du siècle. L'exploitation des gisements de l'Ouest américain, notamment dans le Montana et l'Arizona, ainsi que le développement de la technique de la mine à ciel ouvert, transforment l'échelle et l'organisation de l'industrie. Les capitaux britanniques, chassés de leurs propres mines par la baisse des teneurs et la concurrence des producteurs à faible coût de main-d'oeuvre, se redéploient vers des horizons lointains : la réouverture du gisement de Rio Tinto en Espagne, l'exploitation des mines de Cuba, du Chili, d'Afrique australe et d'Australie du Sud illustrent cette mondialisation précoce des chaînes d'approvisionnement. À la veille de la Première Guerre mondiale, la production mondiale de cuivre atteint 890 000 tonnes en 1911, contre 186 500 tonnes en 1880 et 274 000 tonnes en 1890. Les États-Unis consolident leur position dominante : en 1900, leur production minière s'élève à 275.000 tonnes, soit 56 % du total mondial, et en 1925, ils fournissent encore plus de la moitié du cuivre extrait dans le monde, l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale représentant ensemble 60 % de la production mondiale. Le XXe siècle approfondit et diversifie cette trajectoire industrielle, tout en y introduisant des ruptures politiques et technologiques majeures. La première moitié du siècle est marquée par une croissance relativement stable, interrompue par les conflits mondiaux, tandis que la période 1950-1973 connaît une accélération spectaculaire des taux de croissance de la production cuprifère mondiale. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la production annuelle mondiale s'établit à 1,8 million de tonnes en 1946 et atteint 2,5 millions de tonnes en 1950. Les décennies suivantes voient l'émergence de nouveaux acteurs et la transformation des rapports de force : les pays en développement producteurs de cuivre affirment progressivement leur souveraineté sur leurs ressources, notamment à travers des vagues de nationalisations dans les années 1960 et 1970, avant que les privatisations des années 1980 et 1990 ne redessinent à nouveau la carte de la propriété industrielle. La production de cuivre cathodique par lixiviation et extraction par solvant, pratiquement inexistante en 1978, représente environ 20 % de l'offre totale à l'an 2000, témoignant d'une diversification des procédés métallurgiques. La consommation se déplace également : au début du XXe siècle, les États-Unis et l'Europe absorbaient la quasi-totalité de la production mondiale; à la fin du siècle, ces deux pôles en consomment toujours la moitié, mais l'Asie émerge comme une région consommatrice majeure, absorbant plus d'un tiers du cuivre raffiné. L'entrée dans le XXIe siècle confirme et amplifie le rôle stratégique du cuivre dans l'économie mondiale, en le liant intimement à la révolution numérique et à la transition énergétique. Le métal est partout : des infrastructures électriques aux équipements électroniques, des réseaux de télécommunication aux moteurs et aux batteries, il demeure un conducteur indispensable dont l'extraction et l'exploitation continuent de façonner les sociétés contemporaines. |
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