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Un
hydroxyde
est un composĂ© qui contient l'ion hydroxyde OH- associĂ© Ă
un cation, généralement métallique. La
formule générale s'écrit M(OH)n, où M représente
un métal de valence n. La liaison
entre le cation métallique et le groupe
hydroxyle est de nature ionique lorsque le métal est très électropositif,
comme dans le cas des métaux alcalins; elle devient de plus en plus covalente
à mesure que le caractère électropositif du métal diminue. Cette évolution
explique la grande diversité de comportement des hydroxydes. Les hydroxydes
des métaux alcalins, tels que l'hydroxyde de sodium
NaOH ou l'hydroxyde de potassium KOH, sont
des solides ioniques très solubles dans l'eau, fortement basiques, hygroscopiques
et déliquescents.
Leur dissolution
est très exothermique et libère intégralement les anions
hydroxyde, ce qui en fait des bases fortes au sens d'Arrhenius et de Brønsted.
Les hydroxydes des métaux alcalino-terreux, comme l'hydroxyde de calcium
Ca(OH)2 ou l'hydroxyde de magnésium
Mg(OH)2, sont nettement moins solubles; la solubilité
diminue d'ailleurs du calcium au baryum. L'hydroxyde
de calcium, appelé chaux éteinte, est une base forte mais peu soluble,
ce qui limite la concentration en ions hydroxyde en solution. Les hydroxydes
des métaux de transition et des métaux trivalents, comme l'hydroxyde
de fer(III) Fe(OH)3, l'hydroxyde
d'aluminium Al(OH)3 ou
l'hydroxyde de cuivre(II) Cu(OH)2,
sont en général très peu solubles dans l'eau pure et présentent souvent
un caractère amphotère. L'hydroxyde d'aluminium, par exemple, réagit
aussi bien avec les acides qu'avec les bases fortes pour former des aluminates.
Certains hydroxydes de métaux de transition sont instables et se déshydratent
spontanément en oxydes hydratés ou en oxyhydroxydes.
La déshydratation
thermique d'un hydroxyde conduit généralement à l'oxyde correspondant
avec libération d'eau, selon un équilibre qui dépend
de la température et de la pression partielle de vapeur d'eau. Les hydroxydes
ont aussi une grande importance en chimie des solutions car ils participent
aux équilibres de précipitation : la précipitation d'un hydroxyde métallique
est gouvernée par le produit de solubilité et par le pH.
Ainsi, en augmentant le pH d'une solution contenant un cation métallique,
on atteint une valeur seuil au-delà de laquelle l'hydroxyde précipite;
cette propriété est utilisée en analyse qualitative et dans le traitement
des eaux. Enfin, certains hydroxydes présentent un caractère oxydant
ou réducteur selon le degré d'oxydation du métal, et d'autres, comme
l'hydroxyde de zinc ou de plomb,
se dissolvent dans un excès de base pour donner des complexes hydroxylés
solubles.
Minéralogie.
Les hydroxydes forment
par ailleurs une classe de minéraux caractérisés
par la présence du groupement hydroxyle OH- ou
de molécules d'eau associées à des cations
métalliques, souvent l'aluminium, le fer, le magnésium
ou le manganèse. Ils sont généralement le
produit de l'altération superficielle des silicates,
des oxydes ou des sulfures,
et se rencontrent principalement dans les sols, les latérites, les bauxites
et les zones d'oxydation des gisements métallifères. Les minéraux de
la famille des hydroxydes présentent habituellement une structure en couches,
dans laquelle des feuillets d'octaèdres contenant le cation métallique
sont liés par des groupements hydroxyles. Cette structure explique des
propriétés comme le clivage basal parfait, la faible dureté, la densité
modérée et l'aspect parfois terreux ou fibreux.
La gibbsite, de formule
Al(OH)3, est l'un des hydroxydes d'aluminium les plus
courants; elle constitue, avec la boehmite et le diaspore qui sont des
oxyhydroxydes d'aluminium, le principal minerai d'aluminium dans les bauxites.
La gibbsite cristallise dans le système monoclinique, se présente en
lamelles pseudo-hexagonales ou en agrégats terreux, avec une dureté de
2,5 à 3,5 et un éclat vitreux à nacré sur les faces de clivage. La
brucite, de formule Mg(OH)2,
est l'hydroxyde de magnésium naturel; elle forme des cristaux tabulaires
ou lamellaires, de couleur blanche, grise ou verdâtre, avec un clivage
basal parfait. La brucite est un minéral typique du métamorphisme
de contact des dolomies et des marbres, mais elle peut aussi résulter
de l'altération des péridotites.
Les hydroxydes de
fer, souvent regroupés sous le terme général de limonite lorsqu'ils
sont mal cristallisés, comprennent des phases comme la goethite α-FeO(OH),
la lépidocrocite γ-FeO(OH) et la ferrihydrite, qui contiennent à la
fois des ions oxyde et hydroxyde. La goethite, bien qu'étant chimiquement
un oxyhydroxyde, est fréquemment classée parmi les hydroxydes dans les
anciennes systématiques minéralogiques. Elle est le principal constituant
des chapeaux de fer, des sols tropicaux et des dépôts sédimentaires
ferrifères, où elle se présente en masses botryoïdales, fibreuses ou
terreuses, de couleur brun jaunâtre à brun foncé. La manganite, de formule
MnO(OH), est un hydroxyde-oxyde de manganèse noir à gris acier, qui forme
des cristaux prismatiques striés dans les filons hydrothermaux de basse
température et dans les dépôts sédimentaires manganésifères.
D'autres minéraux
comme la diaspore AlO(OH), la boehmite AlO(OH) et la lépidocrocite sont
des oxyhydroxydes dont la structure contient Ă la fois des anions O2-
et OH-; ils sont souvent décrits avec
les hydroxydes en raison de la présence du groupe hydroxyle et de leurs
conditions de formation similaires. Sur le plan cristallochimique, la distinction
entre oxydes, hydroxydes et oxyhydroxydes repose sur la proportion relative
des anions oxygène et hydroxyle ainsi que sur le mode d'empilement des
couches anioniques. Les hydroxydes proprement dits, comme la gibbsite et
la brucite, possèdent un empilement compact d'anions hydroxyles dans lequel
les cations occupent les sites octaédriques, alors que les oxyhydroxydes
présentent un empilement mixte d'oxygène et d'hydroxyle.
En minéralogie descriptive,
la classification de Strunz regroupe les hydroxydes avec les oxydes dans
une même grande classe, mais les anciennes classifications françaises,
comme celle de Dana, les séparent généralement en raison de la présence
d'eau ou de groupes hydroxyles. Les hydroxydes minéraux ont une importance
économique considérable : la gibbsite et la boehmite sont les principaux
minerais d'aluminium, la goethite et les hydroxydes de fer associés alimentent
l'industrie sidérurgique après concentration, et la brucite est exploitée
comme source de magnésie et comme retardateur de flamme. Leur rôle dans
les sols est également fondamental, car les hydroxydes
de fer et d'aluminium contrôlent en grande partie la capacité d'échange
anionique, la fixation du phosphore et la couleur des horizons pédologiques.
Enfin, leur présence dans les altérites et les profils d'altération
témoigne des conditions climatiques et géochimiques du passé, faisant
des hydroxydes de précieux indicateurs des paléoenvironnements. |
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