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(253) Mathilde
est un astéroïde
de la ceinture principale découvert le 12 novembre 1885 par l'astronome
Johann Palisa ,
depuis l'observatoire de Vienne. Il porte
le nom de Mathilde, épouse de Moritz Loewy ,
astronome qui contribua au financement des recherches de Palisa. Cet objet
appartient au groupe dynamique désigné sous le nom d'astéroïdes de
type C, c'est-à -dire des corps carbonés à très faible albédo,
réfléchissant seulement environ 4 % de la lumière solaire incidente,
ce qui en fait l'un des objets les plus sombres du Système
solaire, comparable au charbon de bois en termes de réflectivité.
Son orbite se
situe dans la partie externe de la ceinture principale, avec un demi-grand
axe d'environ 2,65 unités astronomiques,
une excentricité relativement élevée
de l'ordre de 0,27 et une inclinaison d'environ
6,7 degrés par rapport au plan de l'écliptique. Sa période de révolution
autour du Soleil avoisine 4,3 années. Sur le
plan de la rotation, Mathilde présente une
particularité notable : sa période de rotation est exceptionnellement
longue, environ 417,7 heures, soit plus de dix-sept jours terrestres, ce
qui en fait l'un des astéroïdes à rotation la plus lente jamais mesurée.
Cette lenteur reste mal expliquée, bien que certaines hypothèses
évoquent des collisions passées ayant considérablement freiné son mouvement
de retoation.
Mathilde doit sa notoriété scientifique
principalement au survol effectué par la sonde NEAR Shoemaker (Near Earth
Asteroid Rendezvous) de la NASA, le 27 juin 1997, alors que l'engin se
dirigeait vers l'astéroïde Éros, sa cible principale.
Cette rencontre constitue le premier survol rapproché d'un astéroïde
de type C par une sonde spatiale. Les instruments de NEAR ont révélé
une forme extrêmement irrégulière, aux dimensions approximatives de
66 x 48 x 46 kilomètres, criblée d'immenses cratères
d'impact, dont certains atteignent des diamètres comparables au rayon
de l'astéroïde lui-même. Le plus grand cratère
identifié, parfois nommé de manière informelle, dépasse 33 kilomètres
de diamètre, une taille remarquable au regard des dimensions globales
du corps.
La densité mesurée
de Mathilde s'est révélée particulièrement faible, environ 1,3 gramme
par centimètre cube, une valeur proche de celle de l'eau
et nettement inférieure à celle attendue pour un matériau rocheux carboné
compact. Cette observation a conduit les planétologues à formuler l'hypothèse
d'une structure interne fortement poreuse, assimilable à un tas de gravats
(rubble pile), constitué de fragments faiblement liés entre eux
par la gravité plutôt que d'un corps monolithique. Cette porosité expliquerait
également la capacité de l'astéroïde à absorber des impacts d'une
violence considérable sans se disloquer complètement, les ondes
de choc se dissipant efficacement dans la structure fragmentée plutôt
que de propager des fractures cohérentes à travers l'ensemble du corps.
Sur le plan compositionnel, la surface
de Mathilde présente un spectre relativement plat et sombre dans le visible
et le proche infrarouge, cohérent avec une composition riche en carbone
et en silicates hydratés, potentiellement apparentée
aux météorites
chondrites
carbonées. Aucune variation spectrale significative n'a été détectée
à la surface de l'objet, suggérant une certaine homogénéité compositionnelle,
bien que la résolution des observations reste limitée par la brièveté
du survol, qui n'a permis d'imager qu'environ 60 % de la surface totale
de l'astéroïde, l'autre hémisphère demeurant à ce jour inconnu. |
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