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Une
datation
est une méthode qui permet d'estimer l'âge
d'un objet, d'un événement ou d'un phénomène.
En ce qui concerne la datation des objets et des événements géologiques,
plusieurs méthodes sont utilisées, qui permettent d'estimer les âges
avec différentes résolutions temporelles, allant de quelques décennies
à des millions, voire des milliards d'années.
• La
datation radiométrique est basée sur la décroissance radioactive
des isotopes instables présents dans les roches et les minéraux. Par
exemple, la datation au carbone-14 est utilisée pour estimer l'âge des
objets organiques récents, tandis que la datation au potassium-argon ou
à l'uranium-plomb est utilisée pour des échelles de temps plus anciennes.
( La
physique nucléaire)
La
datation au carbone-14
est l'une des techniques de datation radioactive les plus connues et utilisées
pour dater des matériaux organiques. Le carbone-14 est un isotope radioactif
du carbone qui se forme naturellement dans l'atmosphère grâce aux rayonnement
cosmique. Tous les organismes vivants absorbent du carbone-14 en proportion
avec celui présent dans l'air. Une fois morts, la matière organique cesse
d'absorber du carbone-14 et commence à en perdre par désintégration
radioactive. La vitesse de cette désintégration est constante et suit
une demi-vie de 5730 ans. En mesurant le rapport entre le carbone-14 restant
et le carbone-12 stable dans un échantillon, il est possible de déterminer
son âge avec précision. Cette méthode est particulièrement adaptée
pour dater des échantillons allant de quelques centaines à environ 50
000 ans.
• La datation relative
consiste à situer des événements, des objets ou des structures les uns
par rapport aux autres, sans donner un âge précis en années. Elle repose
sur plusieurs principes et méthodes qui permettent d'établir une chronologie
relative.
+ Le
principe de superposition indique que, dans une série de couches sédimentaires
non perturbées, les couches les plus anciennes se trouvent en dessous
et les plus récentes au-dessus. Ce principe est fondamental pour reconstituer
l'ordre des dépôts géologiques ou archéologiques.
+ Le principe
de continuité et celui d'identité paléontologique complètent
cette approche. La continuité stratigraphique permet de relier des couches
similaires sur des distances plus ou moins grandes, tandis que l'identité
paléontologique repose sur la reconnaissance des fossiles caractéristiques
présents dans les couches, permettant de corréler des dépôts éloignés
entre eux.
+ L'étude des
fossiles permet d'établir la biochronologie. Les fossiles stratigraphiques,
appartenant à des espèces ayant vécu pendant une période géologique
limitée mais répandues sur de vastes espaces, servent de marqueurs temporels
efficaces pour comparer différentes formations.
+ Le principe
des inclusions stipule que: tout fragment de roche inclus dans une
autre est antérieur à la formation de la roche qui l'entoure. De même,
les recoupements géologiques permettent de dater une structure : une faille
ou une intrusion magmatique est toujours postérieure aux couches qu'elle
traverse.
+ La typologie,
dans le domaine archéologique, constitue une méthode importante.
Elle consiste Ă comparer la forme, le style et la technique de fabrication
des objets (comme les poteries, les outils ou les armes) afin d'établir
des successions chronologiques. Plus deux objets se ressemblent, plus ils
ont de chances d'appartenir à la même période ou à des périodes
proches.
+ La datation
par stratigraphie repose sur l'étude et la corrélation des couches
de sédiments, des fossiles ou des marqueurs géochimiques pour établir
une séquence chronologique relative. Ainsi, la stratigraphie culturelle,
utilisée en fouilles, applique le principe de superposition aux vestiges
humains. Les couches archéologiques sont interprétées comme des phases
d'occupation, permettant d'établir une séquence chronologique relative
des activités humaines sur un site donné.
• La datation par
thermoluminescence est une méthode utilisée pour déterminer l'âge
de matériaux cristallins chauffés par le passé, comme la céramique,
les terres cuites ou encore certains minéraux présents dans les sédiments.
Son principe repose sur le fait que les cristaux emmagasinent, au fil du
temps, de l'énergie issue du rayonnement naturel environnant (uranium,
thorium, potassium, rayons cosmiques). Cette énergie se trouve piégée
dans des défauts du réseau cristallin. Lorsqu'un objet est chauffé
lors de sa fabrication, ces pièges sont vidés et l'accumulation d'énergie
recommence Ă partir de ce moment. Lors de l'analyse en laboratoire,
l'échantillon est à nouveau chauffé et libère l'énergie accumulée
sous forme de lumière, appelée luminescence. L'intensité de cette
luminescence est proportionnelle au temps écoulé depuis le dernier chauffage
important. La datation par thermoluminescence permet ainsi de remonter
jusqu'à environ 300 000 ans, avec une précision variable selon la nature
de l'échantillon et l'environnement radiatif dans lequel il s'est
trouvé. Elle est particulièrement utile pour les objets archéologiques
comme les poteries, briques ou foyers, mais aussi pour certains dépôts
sédimentaires.
• La datation
par dendrochronologie repose quant Ă elle sur l'analyse des cernes
de croissance des arbres. Chaque année, un arbre forme un nouvel anneau
dont l'épaisseur varie selon les conditions climatiques, en particulier
la disponibilité en eau et en nutriments. Ces variations produisent une
succession unique de cernes qui constitue une sorte de code temporel. En
comparant les séquences de cernes d'un échantillon de bois à des chronologies
de référence déjà établies pour une région et une espèce donnée,
il est possible de dater l'année exacte de formation de chaque anneau.
Cette méthode offre une datation extrêmement précise, souvent à l'année
près, pour des périodes allant jusqu'à environ 10 000 ans, selon la
longueur des séries disponibles. La dendrochronologie ne se limite pas
à l'archéologie, où elle est utilisée pour dater charpentes, meubles
ou œuvres d'art, mais elle est également précieuse en climatologie
et en Ă©cologie pour reconstruire les variations climatiques passĂ©es Ă
partir des archives naturelles contenues dans le bois.
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