|
|
| . |
|
||||||
| La découverte du monde > Le ciel |
|
||||||
Aperçu |
C'est
à Kepler que remonte la remarque qu'il existait
un hiatus dans le groupement des planètes, une lacune entre Mars Persuadés par ce
seul argument de l'existence d'une planète intermédiaire entre mars et
Jupiter, vingt-quatre astronomes s'associèrent en Allemagne sous la présidence
de Schroeter pour se mettre à sa recherche.
Lalande
s'intéressa lui-même vivement à cette association. Mais cela n'amena
aucun résultat. La planète supposé, dont le baron de Zach
avait vainement essayé de calculer les éléments, se présenta un jour
(ou plutôt la nuit du 1er janvier 1801)
d'elle-même au bout de la lunette de Piazzi,
qui ne la cherchait pas, et qui la baptisa Cérès C'est ainsi que débute
donc la découverte de la grande ceinture d'astéroïdes Dates clés :1782 - Titius énonce la loi qui suggère l'existence d'une planète entre Mars et Jupiter. |
|||||
Jalons |
Cérès -
La lacune ainsi comblée
par la découverte de Cérès, personne ne pensa qu'il pouvait exister
là d'autres planètes, et si Piazzi l'avait supposé, il aurait peut-être
pu découvrir coup sur coup une douzaine des petits corps qui flottent
dans cette région. Un astronome de Brême, Olbers, observait la nouvelle
planète dans la soirée du 28 mars 1802, lorsqu'il aperçut dans la constellation
de la Vierge Les découvertes
inattendues de Cérès et de Pallas portèrent les astronomes à réviser
les catalogues d'étoiles et les cartes célestes afin d'y reconnaître
les planètes errantes qui passeraient par le zodiaque. Harding
était du nombre de ces réviseurs zélés. Il ne tarda pas à être récompensé
de sa peine. Le 1er septembre 1804, Ã
10 heures du soir, il vit dans la constellation des Poissons On peut s'étonner qu'après ces brillants débuts on soit resté ensuite pendant trente-huit ans sans découvrir une seule petite planète, car ce n'est qu'en 1845 que la cinquième, Astrée, fut découverte par Hencke, pendant qu'il construisait une carte d'étoiles. La raison principale doit être attribuée précisément au manque de bonnes cartes d'étoiles, car, pour trouver ces petits points mobiles, le premier soin est d'avoir une carte très précise de la région du zodiaque que l'on observe pour reconnaître si l'une des étoiles observées est en mouvement. Ces petites planètes sont toutes invisibles à l'oeil nu, à l'exception de Vesta et quelquefois de Cérès, que de bonnes vues parviennent quelquefois à distinguer; elles sont de 7e, 8e, 9e, 10e, 11e magnitude, et même encore plus petites, et c'est aussi pour cette raison qu'un si grand intervalle de temps s'est écoulé entre la quatrième et la cinquième découverte. Il est probable que toutes les petites planètes de quelque importance sont connues actuellement, mais qu'il en reste encore un grand nombre, plusieurs centaines peut-être, à découvrir, dont l'éclat moyen ne surpasse pas celui des étoiles de 12e ordre, dont le diamètre n'est que de quelques kilomètres ou dont la distance est considérable. Le diamètre de la plus grosse, celui de Vesta, est évalué à 400 kilomètres. Hencke trouva successivement
la 5e et la 6e
en 1845 et 1847;
Hind, la 7e
et la 8° en 1847;
Graham,
la 9e en 1848; de Gasparis,
la 10, et la 11, en 1849 et 1850, et ensuite sept autres; Hind en découvrit
encore huit autres; Goldschmidt, en a découvert
quatorze de 1851 à 1861, les premières de sa fenêtre, à l'aide d'une
petite lunette qu'il avait achetée d'occasion. A l'Observatoire de Paris A l'exemple des paléontologistes,
qui reconstituent, avec des fragments de squelettes, des animaux entiers
d'espèces disparues, Daniel Kirkwood
tenta, d'après une communication présentée, dès 1850, à l'Association
britannique pour l'avancement, des sciences, de reconstituer avec ces astéroïdes
jusqu'alors connus (au nombre de 10), la planète brisée, et il fut conduit
à lui assigner un diamètre surpassant de beaucoup celui de Mars. L'hypothèse
des débris planétaires pour expliquer l'origine des astéroïdes a eu
une grande longévité, même si elle est aujourd'hui abandonnée. D'autres
idées de Kirkwood restent en revanche toujours d'actualité. Ainsi l'astronome
a-t-il proposé en 1861 que les météorites
Les études radar, le développement, à partir des années 1980 de l'astronomie infrarouge, et surtout l'exploration spatiale ont encore amélioré la connaissance des astéroïdes. Les premiers a avoir été survolés par une sonde spatiale et à avoir ainsi montré des détails de leur surface ont été Gaspra Les années 2000 s'ouvrent sur une ère nouvelle pour l'étude des astéroïdes. La technologie des télescopes terrestres s'améliore constamment, permettant des détections plus fines et plus lointaines. De grands programmes de surveillance automatisés, comme LINEAR, NEAT, LONEOS, le Catalina Sky Survey, et plus tard Pan-STARRS, scrutent sans relâche le ciel, découvrant des milliers de nouveaux astéroïdes chaque année. L'attention se porte particulièrement sur les Objets Géocroiseurs (NEOs), ceux dont l'orbite s'approche de celle de la Terre, par souci de défense planétaire. La mission NEAR Shoemaker de la NASA, initiée avant 2000, atteint l'astéroïde Eros et y orbite longuement avant de réussir un atterrissage historique en 2001, offrant des images et des données d'une précision inédite pour l'époque et posant les jalons des explorations futures. C'est le début d'une série de missions spatiales dédiées. Le Japon lance la sonde Hayabusa vers l'astéroïde Itokawa. Malgré de nombreux défis techniques, la mission réussit à atteindre l'astéroïde, l'étudier de près, et, exploit extraordinaire, à ramener un minuscule échantillon sur Terre en 2010. C'est une première mondiale qui ouvre la voie à l'analyse en laboratoire de matière astéroïdale non altérée par l'entrée atmosphérique. Parallèlement, la mission Rosetta de l'ESA, en route vers une comète, effectue des survols précieux des astéroïdes Steins en 2008 et Lutetia en 2010, fournissant des données sur la diversité des types d'astéroïdes dans la ceinture principale. La NASA, avec la sonde Dawn, entreprend un voyage ambitieux vers la ceinture principale, visitant Vesta entre 2011 et 2012, puis Cérès à partir de 2015. Bien que Cérès soit reclassée en planète naine, son exploration révèle un monde complexe avec potentiellement de la glace d'eau sous sa surface, et la mission apporte une compréhension approfondie de ces corps massifs qui témoignent des premières étapes de l'évolution planétaire. L'étude des astéroïdes se renforce avec de nouvelles missions de retour d'échantillons. Le JAXA lance Hayabusa2 vers l'astéroïde de type C Ryugu en 2014. Après un voyage de plusieurs années, la sonde arrive en 2018, déploie des rovers à sa surface, crée un cratère artificiel et réussit à collecter un échantillon substantiel. Cet échantillon, riche en carbone et potentiellement en composés organiques et eau, revient sur Terre fin 2020, offrant un trésor pour l'astrochimie. Presque simultanément, la NASA opère sa propre mission de retour d'échantillon, OSIRIS-REx, lancée en 2016 vers l'astéroïde géocroiseur Bennu, également de type C. Après une étude détaillée de sa surface, OSIRIS-REx prélève un échantillon important en 2020, dont le retour sur Terre est prévu en 2023. Ces missions transforment radicalement notre compréhension de la nature physique des astéroïdes. On découvre que beaucoup ne sont pas des blocs solides mais des "tas de débris" faiblement liés par la gravité. Leur surface révèle une topographie complexe, des variations de composition, parfois des signes d'activité passée. Les données recueillies affinent notre classification spectrale et nous donnent des indices sur leur origine et leur lien avec les météorites que nous trouvons sur Terre. L'augmentation spectaculaire du nombre d'astéroïdes découverts (le cap du million d'astéroïdes numérotés est franchi dans les années 2020) et l'attention portée aux NEOs intensifient les efforts en matière de défense planétaire. L'impact d'un petit corps dans l'atmosphère au-dessus de Tcheliabinsk en Russie en 2013, causant d'importants dégâts et blessés, sert de rappel brutal du risque cosmique. Des initiatives internationales comme le Réseau International d'Alerte aux Astéroïdes (IAWN) et le Centre d'Évaluation des Risques d'Impact (PDC) de l'ONU sont mises en place pour coordonner la détection et l'évaluation des menaces. Ces efforts culminent avec la mission DART (Double Asteroid Redirection Test) de la NASA. En septembre 2022, DART percute volontairement le petit astéroïde Dimorphos, lune de l'astéroïde Didymos, pour tester et valider la technique de déflexion par impact cinétique. C'est une étape historique dans la mise en œuvre concrète de la défense planétaire. Les observatoires terrestres continuent de jouer un rôle crucial non seulement dans la découverte mais aussi dans le suivi et la caractérisation des astéroïdes. L'astronomie radar, notamment depuis les installations de Goldstone, permet d'obtenir des modèles 3D précis de nombreux géocroiseurs, complétant les données visuelles. Les études photométriques et spectroscopiques depuis le sol continuent de fournir des informations essentielles sur la rotation, la forme, et la composition de surface des astéroïdes qui ne sont pas visités par des sondes. De nouvelles missions, comme Lucy vers les astéroïdes Troyens de Jupiter ou Psyche vers un astéroïde métallique unique, sont en cours, promettant de poursuivre cette exploration et d'approfondir encore notre connaissance de ces corps cosmiques. |
| . |
|
|
|
||||||||
|