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Aperçu |
Plus
petits que les planètes Les effets thermiques demeurent généralement limités dans les petits corps primitifs. Leur faible masse ne permet pas de conserver longtemps la chaleur produite par les éléments radioactifs. Beaucoup n'ont jamais subi de différenciation interne et conservent une composition proche de celle de la nébuleuse solaire. D'autres, plus massifs au début de leur histoire, ont connu une fusion partielle ayant conduit à la séparation d'un noyau métallique et d'un manteau silicaté avant d'être ultérieurement fragmentés. Les petits corps présentent également une activité géologique limitée mais réelle. Certaines comètes développent des geysers de gaz, des falaises qui s'effondrent, des fractures thermiques ou des avalanches de poussières. Quelques astéroïdes montrent des signes de perte de matière sous l'effet de leur rotation rapide, tandis que d'autres libèrent occasionnellement des particules lors d'impacts récents. La richesse chimique de ces objets revêt une importance particulière pour l'astrochimie. Les analyses spectroscopiques et les échantillons rapportés sur Terre révèlent la présence d'acides aminés, d'hydrocarbures aromatiques, de composés carbonés complexes et de nombreuses molécules prébiotiques. Ces découvertes renforcent l'hypothèse selon laquelle des petits corps ont contribué autrefois à enrichir la Terre primitive en eau et en molécules organiques indispensables à l'émergence d'organismes vivants. L'exploration spatiale a profondément renouvelé la connaissance des petits corps. Les survols, les mises en orbite, les atterrissages et les missions de retour d'échantillons ont montré que ces objets sont beaucoup plus complexes qu'on ne le supposait. Ils présentent des structures internes poreuses, des fractures profondes, des accumulations de blocs gigantesques, des variations locales de composition et parfois même des traces d'activité actuelle. Sur le plan de la dynamique du Système solaire, les petits corps constituent des marqueurs privilégiés de l'évolution orbitale des planètes. La distribution actuelle de la plupart d'entre eux conserve la mémoire des migrations anciennes des planètes géantes. Les modèles actuels de formation planétaire s'appuient largement sur leur répartition pour reconstruire les premières centaines de millions d'années du Système solaire. La distinction entre petits corps et planètes n'est pas uniquement fondée sur la taille. Les planètes dominent gravitationnellement leur voisinage orbital, alors que les petits corps appartiennent à des populations nombreuses partageant des régions dynamiquement similaires. L'Union astronomique internationale (UAI) emploie aujourd'hui le terme de petits corps du Système solaire pour désigner tous les objets orbitant autour du Soleil qui ne sont ni des planètes, ni des planètes naines, ni des satellites naturels. Cette catégorie englobe principalement les astéroïdes (à l'exception de ceux dont la différenciation interne ajoutée à une forme sphérique ou sphéroïdale fait des petites planètes ou appparentés) et les centaures, les comètes, les objets transneptuniens de petite taille et les les météoroïdes et ainsi que diverses populations plus spécialisées. Les astéroïdes.
La forme irrégulière des astéroïdes résulte directement de leur faible gravité. Les objets de moins de quelques centaines de kilomètres ne disposent pas d'une pression interne suffisante pour effacer les reliefs créés par les impacts. Certains ressemblent à des blocs rocheux allongés, d'autres possèdent deux lobes reliés par un col étroit, probablement issus de la réunion lente de deux corps distincts. Plusieurs présentent également des satellites naturels, parfois plusieurs, révélant l'importance des collisions dans leur évolution. La surface des astéroïdes est recouverte d'un régolithe, couche meuble constituée de poussières, de graviers et de blocs produits par des milliards d'années de bombardement météoritique. Dans les régions où la pesanteur est extrêmement faible, ce régolithe peut migrer sous l'effet des vibrations provoquées par les impacts ou sous l'action de la rotation de l'astéroïde. Les missions spatiales ont révélé une étonnante variété de paysages : champs de blocs géants, falaises abruptes, dépressions circulaires, glissements de terrain et accumulations de poussières fines. Les
classes d'astéroïdes.
• Les astéroïdes de type C, riches en carbone, représentent environ les trois quarts de la population connue. Leur faible albédo reflète une surface sombre composée de silicates hydratés, de matière organique complexe et de minéraux primitifs peu transformés depuis la naissance du Système solaire. Ils sont considérés comme les témoins les plus fidèles de la composition initiale de la nébuleuse solaire. • Les astéroïdes de type S dominent les régions internes de la ceinture principale. Plus brillants, ils sont composés principalement de silicates magnésiens et ferrifères, associés à des alliages métalliques de fer et de nickel. Leur composition évoque celle des météorites ordinaires qui constituent la majorité des météorites retrouvées sur Terre.Les familles d'astéroïdes. Les familles d'astéroïdes constituent un autre aspect fondamental de cette population. Elles regroupent des objets partageant des éléments orbitaux similaires et provenant probablement de la fragmentation d'un même corps parent. Leur étude permet de dater certains événements collisionnels majeurs remontant à plusieurs centaines de millions, voire plusieurs milliards d'années. • Les géocroiseurs. - À proximité de la Terre se trouve la population des astéroïdes géocroiseurs. Ceux-ci se répartissent en plusieurs groupes selon leur orbite. Certains croisent régulièrement celle de notre planète, tandis que d'autres restent confinés à l'intérieur ou à l'extérieur de son orbite. Ils représentent un enjeu scientifique et sociétal important en raison du risque d'impact, même si les collisions catastrophiques demeurent rares à l'échelle humaine.Les satellites irréguliers des planètes. Certains satellites de planètes sont également des petits corps irréguliers. S'ils ne répondent pas stricto sensu à la définition de l'UAI, on peut les placer ici, dans la mesure où ils s'interprêtent ordinairement comme des astéroïdes capturés par la planète autour de la laquelle ils sont en orbite. C'est le cas, en particulier de Phobos et de Deimos, les deux satellites de Mars, ou encore les petits satellites de Jupiter, et des autres planètes géantes. Les
centaures.
Les comètes.
les noyaux cométaires passent l'essentiel de leur temps, sinon toute leur existence, à la périphérie froide du Système solaire. Lorsqu'une comète s'approche du Soleil, l'augmentation du rayonnement provoque la sublimation des glaces. Les gaz entraînent alors les poussières vers l'espace et forment une atmosphère diffuse appelée chevelure ou coma. Le vent solaire et la pression de radiation produisent ensuite une ou plusieurs queues pouvant s'étendre sur plusieurs dizaines de millions de kilomètres. La queue ionique pointe presque toujours dans la direction opposée au Soleil, tandis que la queue de poussières suit une trajectoire plus courbe. Les comètes sont classées en plusieurs catégories dynamiques. • Les comètes de courte période proviennent principalement de la ceinture de Kuiper et reviennent vers le Soleil en moins de deux siècles.Certaines ne passent près du Soleil qu'une seule fois avant d'être définitivement éjectées. On connaît aussi des comètes (trois identifiées à ce jour) dont la trajectoire a révèle un origine extrasolaire. Les objets transneptunienes
irréguliers.
• La ceinture de Kuiper renferme des centaines de milliers d'objets glacés. Leur composition est dominée par des glaces volatiles mêlées à des silicates et à des matériaux organiques irradiés qui confèrent souvent à leur surface une coloration rouge sombre.Les météoroïdes et poussières On peut définir un météoroïde de façon un peu vague comme un corps rocheux plus petit qu'un astéroïde. Lorsqu'ils s'abattent sur une planète, on les désigne comme des météorites Les poussières proviennent
cependant la plupart du temps de la désagrégation des noyaux cométaires
lors de leur passage dans les régions internes du Système solaire. Dispersées
le long de l'orbite de ces comètes, ils donnent lieu aux phénomènes
d'étoiles filantes et d'essaims d'étoiles
filantes, lorsque la Terre croise leur route, et
qu'ils se consument dans son atmosphère. Dans une proportion plus faible,
mais sans doute non négligeable, les poussières peuvent aussi provenir
du milieu interstellaire. Notez enfin, que les anneaux
des planètes géantes sont constitués de météoroïdes
et de poussières.
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