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Le
mot spectre revêt en physique plusieurs
sens. Employé dans son acception la plus large, il désigne un ensemble
de radiations monochromatiques d'un type particulier. Ainsi, dans le contexte
de l'étude du rayonnement
électromagnétique. On pourra alors parler de spectre électromagnétique
pour désigner toute l'étendue de la gamme de rayonnements électromagnétiques
possibles, classés selon leur longueur
d'ondes, leur fréquence ou encore lâ'énergie
des photons qui les composent. Tous ces rayonnements,
quâ'ils soient visibles ou invisibles à lâ'oeil humain, se propagent
dans le vide à la même vitesse, celle de la lumière, et ne diffèrent
entre eux que par la quantité dâ'énergie quâ'ils
transportent. Cette énergie est directement liée à la fréquence : plus
la fréquence est élevée, plus la longueur dâ'onde est courte et plus
lâ'énergie transportée est grande. Cet ensemble étant couramment divisé
en plusieurs parties ou domaines :
• Les
ondes radio. - Le domaine radio correspond à des ondes
dont la longueur peut atteindre plusieurs kilomètres et dont les
fréquences sont très basses. Ces ondes sont largement utilisées pour
la diffusion de la radio et de la télévision, les communications longue
distance, les radars et même lâ'imagerie médicale par résonance magnétique.
• Les micro-ondes.
- La plage du rayonnement radio dont
la fréquence est la plus haute (ou la longueur d'onde la plus basse) peut
être distinguer pour définir le domaine des micro-ondes. Leurs longueurs
dâ'onde vont du millimètre à quelques dizaines de centimètres. Elles
sont exploitées dans les fours à micro-ondes pour chauffer les aliments,
mais aussi dans les télécommunications par satellites, les réseaux Wi-Fi,
le Bluetooth et certains systèmes de détection.
• Le domaine
infrarouge. - Le rayonnement infrarouge
est situé juste en dessous de la lumière visible en termes de fréquence.
Il est principalement associé à la chaleur; tout corps dont la température
est supérieure au zéro absolu en émet.
On lâ'utilise dans les télécommandes, les caméras thermiques, le chauffage
industriel, la spectroscopie et lâ'astronomie
pour observer des objets célestes froids ou masqués par des nuages
de poussière.
• La lumière
visible. - La partie visible du spectre est extrêmement étroite :
elle ne sâ'étend que sur des longueurs dâ'onde comprises approximativement
entre 380 et 780 nanomètres. Câ'est la seule région perceptible par
lâ'oeil humain, et elle est décomposée en différentes couleurs allant
du violet au rouge.
• Le rayonnement
ultraviolet. - Au-delà du violet se trouve le rayonnement
ultraviolet, plus énergétique que la lumière visible. Une partie
de ce rayonnement est arrêtée par la couche dâ'ozone,
mais ce qui atteint la surface terrestre peut provoquer des coups de soleil,
des lésions cutanées et des cancers de la peau; il est aussi utilisé
pour la stérilisation, la désinfection de lâ'eau, le durcissement de
certaines résines et lâ'analyse de documents.
• Les rayons
X. - En poursuivant vers des fréquences encore plus élevées, on
rencontre les rayons X, dont les longueurs
dâ'onde sont de lâ'ordre du nanomètre ou moins. Très pénétrants,
ils sont couramment employés en imagerie médicale, en radiographie industrielle,
en cristallographie pour déterminer la structure des matériaux et en
contrôle de sécurité dans les aéroports.
• Les rayons
gamma. - Le rayonnement gamma est
produit par des phénomènes nucléaires, la désintégration radioactive
ou des événements cosmiques violents comme les supernovae.
Le pouvoir de pénétration des rayons gamma est extrême et leur danger
biologique important, mais ils sont aussi utilisés en médecine pour la
radiothérapie contre certains cancers, en stérilisation dâ'instruments
médicaux et en astronomie des hautes énergies.
Le mot spectre sert plus spécialement
à désigner la distribution d'une caractéristique telle que l'intensité
d'un rayonnement (ou d'une onde
quelconque), en fonction de son énergie (ou d'une grandeur qui en dépend
comme la fréquence ou la longueur
d'onde). On désigne ainsi sous le nom de spectre lumineux la répartition
de l'intensité d'une lumière en fonction de la longueur d'onde (ou de
la fréquence) des rayonnements qu'elle contient.
D'un point de vue plus concret, cela revient
à définir un spectre comme l'apparence de la lumière émise par un corps
lorsqu'elle est dispersée par un prisme (ou un
réseau de diffraction). On reconnaîtra alors
trois familles principales de spectres : les spectres continus, où les
différentes couleurs observées forment un continuum; les spectres de
raies, qui sont eux-mêmes de deux sortes : les spectres en absorption,
où certaines radiations (signalées dans le dispositif expérimental par
des raies sombres) sont absentes ou très atténuées, et les spectres
en émission où, au contraire, certaines radiations (signalées dans le
dispositif expérimental par des raies brillantes) sont plus intenses.
L'explication des particularités des spectres se trouve dans le caractère
quantique des atomes, et plus spécialement de
leur enveloppe électronique.
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C'est Newton
qui a d'abord montré, dès 1666, que la lumière blanche du Soleil
pouvait se décomposer grâce à un prisme en une multitude de rayonnements
de couleurs. Lorsqu'un faisceau de lumière solaire subit l'action décomposante
du prisme, on obtient un spectre brillant qui, Ã l'instar de celui que
révèle l'arc-en-ciel, présente toute la
gamme des couleurs, mais que l'on réduit souvent par habitude à la série
traditionnelle des sept couleurs dites primitives (le rouge, l'orangé,
la jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le violet...). Ces couleurs empiètent
ordinairement les unes sur les autres; mais si l'un a la précaution d'associer
au prisme une lentille
convergente et de rétrécir le faisceau par une fente étroite, les divers
rayons simples sont alors respectivement confinés dans une série d'espaces
contigus, rétrécis, analogues à celui qui se trouve compris entre les
bords mêmes de la fente. C'est ainsi qu'on en 1802, soit 138 ans après
la découverte de Newton, Wollaston
a constaté que quatre raies sombres semblaient
séparer les couleurs. Ces raies plus ou moins marquées qui sillonnent
le spectre solaire ont été appelées raies de Fraunhofer, du nom
du physicien qui, le premier, les a étudiées en détail. Fraunhofer
reconnut 500 Ã 600 de ces raies obscures dans le spectre du Soleil, et
montra que malgré l'apparence de leur disposition fortuite, elles sont
d'une fixité absolue. En effet, il les retrouva dans Ia lumière du jour
réfléchie par les nuages, ainsi que dans celle de la Lune
et des diverses planètes, car celte dernière n'est que de la lumière
solaire réfléchie. En conséquence, il fut dès lors bien établi que
ces raies constituent un caractère indélébile de la lumière solaire.
Fraunhofer désigna
par les huit premières lettres majuscules de l'alphabet les huit raies
les plus intenses de ce spectre, puis par des minuscules les raies qui
venaient après celle-ci par leur importance.
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A,
a
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rouge
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B,
C
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orangé
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D
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jaune
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E,
b, F
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vert
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G
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bleu
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H
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violet
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Les conventions encore
en usage aujourd'hui pour désigner les raies où les zones du spectre
électromagnétique dérivent des principes énoncés par Fraunhofer :
La lumière solaire
renferme des rayons de toutes les couleurs, mais elle ne renferme pas rigoureusement
toutes les nuances appartenant à chacune des couleurs. Les lumières artificielles
fournissent également des lumières colorées; mais des raies colorées,
brillantes, que le Soleil ne possède pas, caractérisent ces radiations
lumineuses. Chaque sorte lumière artificielle fournit un spectre différent,
et ces différences dépendent de la présence des particules existant
dans la flamme et portées à l'incandescence. Wheatstone
le premier a remarqué quelle nombre et la disposition des ligne lumineuses
dans le spectre sont caractéristiques de tel ou tel métal. Mais c'est
à Kirchhoff
et à Bunsen ,
tous deux professeurs à Heidelberg, que l'on doit l'avoir généralisé
cette observation, d'avoir tiré de là une méthode l'analyse nouvelle,
l'analyse spectrale, permettant de connaître la composition d'un corps
grâce à l'étude de la lumière qu'il émet, par la simple observation
de la disposition et des caractéristiques des raies que contient son spectre.
Un
ancien spectroscope.
On l'a noté plus
haut, dans le spectre produit par un faisceau de lumière solaire, soit
directe, soit réfléchie, le nombre et la position des raies obscures,
dites raies de Fraunhofer, sont absolument invariables. Les spectres qui
donne la radiation lumineuse des étoiles présentent
de même des raies obscures; mais ici les raies sont distribuées autrement.
Bien plus, chaque étoile fixe affecte, dans la distribution de ces raies,
un mode particulier et caractéristique. D'après ce qui précède, il
est aisé de concevoir que ces différences doivent résulter de certaines
différences correspondantes dans la constitution de ces globes immenses
et si éloignés de nous ( Les
types spectraux des étoiles). En comparant le spectre fourni par la
lumière solaire, avec ceux que donnent les métaux actuellement connus,
Kirchhoff et Bunsen ont constaté que le premier renferme les raies que
produit le sodium, le lithium, le strontium, le magnésium, le fer, le
chrome et le nickel, tandis que l'un y trouve pas les raies propres Ã
l'argent, au cuivre, au zinc, au cobalt, a l'antimoine, Ã l'aluminium
et au silicium.
« Telles
sont, écrira Léon Foucault ,
les conséquences grandioses et inattendues auxquelles on arrive en suivant
pas à pas la logique des faits. La lumière est le seul moyen de communication
que la nature ait mis entre nous et les corps célestes. Mais celle lumière,
dans son admirable complexité, se compose d'une infinité de rayons dont
chacun peut contenir un renseignement, et que le prisme a la précieuse
propriété d'isoler et de ranger dans l'ordre parfait de leur réfrangibilité.
Une fois étalés en spectres, ces innombrables rayons sont pour ainsi
dire numérotés par ordre, si bien qu'au premier coup d'oeil on constate
les forts, les faibles, les présents et les absents. La pile, ce puissant
engin calorifique qui réduit en vapeurs tous les corps conducteurs, nous
montre, en les portant à l'incandescence, que dans ces circonstances où
la cohésion est détruite, toutes ces vapeurs vibrent comme des harpes
avec une sonorité propre, émettant dans l'espace des notes lumineuses
douées d'un timbre inaltérable et capables de franchir les plus grandes
distances. Qu'importent donc les 30 millions de lieues qui nous séparent
du Soleil? Si ses rayons parviennent jusqu'Ã nous et qu'ils renferment
les signes caractéristiques de substances connues parmi nos éléments,
la conséquence est forcée: ces substances appartiennent incontestablement
au soleil. »
Diverses
expériences conduites vers la même époque, notamment par Wullner, ont
montré qu'un même corps simple peut donner suivant les conditions extérieures
(température, pression) des spectres différents, qui peuvent se ranger
en deux classes : dans certains cas des raies brillantes se substituent
aux raies sombres, dont elles occupent exactement les mêmes positions.
Cela définit les deux classes de spectres de raies les spectres en absorption
et les spectres en émission, dont l'explication sera recherchée par de
nombreux physiciens (Bunsen, Kirchhoff, G.-G. Stokes, Angström ,
etc.). Les diverses caractéristiques des spectres seront finalement comprises
et expliquées par Bohr ,
lorsque celui-ci, combinant à la fois les travaux de Planck
sur la quantification de l'énergie (1900), et les diverses formules empiriques
dues principalement à Balmer, Rydberg, Paschen et Ritz, rendant compte
de la répartition des raies, publie son modèle d'atome en 1913. |
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Mise en ordre |
Les
spectres continus
Les corps solides
et les gaz très comprimés portés à haute température
(par exemple, un fer chauffé au rouge, ou les parties profondes de la
photosphère
des étoiles) sont à l'origine d'un rayonnement continu,
que l'on appelle rayonnement thermique ou rayonnement de corps
noir. Ces caractéristiques sont indépendantes de la composition chimique
de la source, et sont seulement fonction de sa température, autrement
dit des énergies impliquées. Plus un corps lumineux est chaud, et plus
son spectre continu contient de rayonnements bleus (côté le plus énergétique
du spectre), moins il est chaud, et plus sa couleur se rapprochera du rouge.
C'est ainsi que l'on peut avoir une idée de la température superficielle
des étoiles au simple constat de leur couleur. Ajoutons que le rayonnement
cosmologique, diffusé quelque centaines de milliers d'années après
le big bang, a également un spectre de corps
noir. Son maximum de rayonnement se situe à l'heure actuelle dans le domaine
micro-ondes, ce qui correspond à une température de 3K.
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Outre celui du rayonnement de corps
noir, les spectres continus sont caractéristiques de plusieurs sortes
de types de rayonnements. On citera le rayonnement synchrotron
et le rayonnement Cerenkov, le rayonnement Compton
et Compton inverse, et le rayonnement free-free.
Chacun des spectres correspondant possède un profil différent, ce qui
permet en général de l'identifier.
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Le rougissement
interstellaire
La présence en abondance
de poussières dans le milieu
interstellaire influe sur les caractéristiques observées de la lumière
émise par les étoiles et les galaxies.
Les poussières interceptent sélectivement les rayonnements. L'effet est
plus sensible pour la lumière bleue que pour la lumière rouge, si bien
que les sources lointaines affectent un déficit en lumière bleue et paraissent
donc plus rouges qu'elles ne le sont en réalité. Plus la distance
de la source est grande, et plus il y a normalement de poussières qui
interceptent sa lumière. Dès lors, le rougissement interstellaire est
plus important pour les sources lointaines que pour les sources proches.
Une second phénomène
accompagne logiquement ce rougissement :
l'extinction interstellaire.
la lumière interceptée par les poussières ne nous parvenant pas, la
source paraît d'autant moins brillante qu'elle est distante.
Le rougissement et
l'extinction dépendent aussi de la direction dans laquelle on observe.
Il y a plus de poussières dans le plan de la
Voie lactée
que dans la direction perpendiculaire à celle-ci. En fait, à proximité
du plan galactique l'interception par les poussières devient vite telle
qu'aucune lumière ne passe. Cela ne signifie pas pour autant qu'aucun
rayonnement n'est émis dans ces directions; Les poussière qui interceptent
les rayonnement visibles jusqu'à les éteindre en apparence, s'échauffent
légèrement, et atteignent une température d'équilibre
(généralement quelques K seulement), pour laquelle un flux d'énergie
réémis compense le flux absorbé. L'énergie de ces photons se distribue
avec les caractéristiques qui sont celles d'un spectre de corps noir.
Du fait de la température très basse des poussières, le maximum du rayonnement
auquel il correspond se fait dans le domaine infrarouge et micro-onde. |
Les
spectres de raies
Lorsqu'on disperse un rayonnement lumineux
pour former un spectre, on constate dans de nombreux cas (notamment lorsqu'il
s'agit de rayonnements astronomiques) que des radiations, correspondant
à certaines longueurs d'ondes ou fréquences sont plus faible, voire absentes,
et que d'autres en revanche sont très intenses. Cela se traduit sur le
spectre sous forme de raies sombres (raies en absorption)
ou brillantes (raies en émission) respectivement.
Les conditions de température et de pression,
ainsi que la présence ou non de champs magnétiques et électriques influent
sur les caractéristiques d'un tel spectre. Certaines raies peuvent être
plus ou moins larges, plus ou moins floues, elles sont parfois dédoublées.
Mais ce qui le paramètre fondamental est la composition chimique du gaz
impliqué. La succession de ces raies forment des ensembles ou systèmes
qui sont d'abord caractéristiques des éléments
chimiques responsables de l'émission (ou de l'absorption) des radiations
concernées. Et c'est donc seulement secondairement que l'intensité de
ces raies, leur largeur, etc., informent sur les conditions physiques qui
dans lesquelles se trouvent ces éléments.
Les spectres en
émission.
Un spectre en émission correspond Ã
un système de raies brillantes apparaissant dans le spectre de la lumière,
d'un atome, d'une molécule,
ou plus généralement d'un gaz dilué, porté
la plupart du temps à haute température. Dans le cas des étoiles très
chaudes, ces raies brillantes se superposent au spectre continu. Elles
traduisent normalement l'émission du gaz très chaud situé qui
constitue la couronne de l'étoile. Les spectres
en émission sont cependant plus fréquents dans les régions
chaudes du milieu interstellaire : ils caractérisent la lumière émise
par les nébuleuses brillantes. La couleur
rougeâtre qu'elles affectent souvent étant due à l'émission de
l'hydrogène qu'elles renferment en abondance.
On notera qu'il existe aussi des raies d'émission en provenance de gaz
très froids, et qui s'observent dès lors dans les domaines micro-onde
et radio. C'est le cas de l'émission à 21 cm de longueur d'onde par les
atomes d'hydrogène dispersés dans des nuages froids
du milieu interstellaire.
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Les spectre en
absorption.
On parle de spectre en absorption
pour définir un spectre composite, formé d'un spectre de raie sombres
qui se détachent sur le fond fond brillant d'un spectre continu. La composante
continue peut provenir de n'importe quelle source située en arrière plan.
Dans le cas des étoiles, c'est la région profonde de leur photosphère.
La composante discrète est, pour sa part, causée par l'interposition
de gaz entre la source du fond continu et l'observateur.
Ce pourra être le gaz des couches supérieures d'une atmosphère stellaire
( L'atmosphère
du Soleil), mais aussi un nuage de gaz interstellaire sans rapport
avec l'étoile, ou même l'air de notre atmosphère.
Dans tous les cas, les particules du gaz interposé interceptent et absorbent
plus ou moins complètement les radiations qui les traversent à des longueurs
d'ondes bien définies. Ces radiations sont donc atténuées ou même complètement
absentes de la composante continue du spectre. Comme dans le cas des spectres
en émission, le système de raies, distribué dans les deux cas de la
même façon, constitue une sorte de code-barre qui caractérise les atomes
intercepteurs (leur nature d'abord, puis les conditions physiques dans
lesquelles ils se trouvent).
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Rouages |
L'origine
des raies
Les raies présentes dans les spectres
s'expliquent par le caractère discontinu des phénomènes physiques
lorsqu'on les considère à l'échelle microscopique, et plus spécialement
à l'échelle des atomes et des molécules. C'est le domaine de la mécanique
quantique, fondée sur la notion de quantum. Un quantum correspond à la
plus petite valeur que peut prendre grandeur mesurée. Toutes les autres
valeurs sont des multiples de ce quantum élémentaire. Par exemple, un
quantum d'énergie ne peut prendre que des valeurs qui sont des multiples
entiers de E = hn,
où h est un terme constant (constante de Planck) et n
la fréquence de l'onde qui transporte cette énergie. Il s'ensuit entre
autres choses de ces principes quantiques que les atomes ne peuvent stocker
ou libérer de l'énergie que sous forme discontinue. Chaque atome possède
ainsi, suivant la disposition des électrons qu'il
possède, une gamme d'énergie qui lui sont attribuables : ce sont ses
niveaux d'énergie. Chaque niveau exprimant un état d'énergie.
L'état de plus basse énergie que peut
avoir l'enveloppe électronique d'un atome prend le nom d'état fondamental.
Lorsqu'un électron absorbe un photon, l'énergie globale de l'atome augmente,
la configuration électronique change et l'atome se trouve alors dans un
état dit excité. Si l'énergie absorbée est plus importante, l'électron
peut même quitter l'atome, ce qui correspond au phénomène d'ionisation.
Cependant, les atomes tendent spontanément à revenir à leur état de
plus faible énergie (l'état fondamental), soit en se débarrassant de
l'énergie emmagasinée, par sa désexcitation (phénomène de fluorescence),
soit, s'il y a eu ionisation, en récupérant l'électron qui s'est échappé
(recombinaison).
L'excitation,
l'ionisation ou le retour à l'état fondamental ne s'effectuent pas par
des chemins uniques. Les configurations énergétiques de l'atome peuvent
correspondre transitoirement à des niveaux d'énergie intermédiaires.
Cela conduit à l'existence à un nombre considérable (et même en théorie
infini) de transitions possibles entre les différents états. Ce sont
ces transitions, qui correspondent selon les cas à des absorptions ou
à des émissions, qui expliquent l'existence des raies spectrales.
Dans le cas de l'atome d'hydrogène (schéma
ci-dessous), quand la transition concerne l'état d'un atome entre un niveau
d'énergie quelconque et le niveau fondamental (n=1), les raies produites
se rangent dans la série dite de Lyman. Lorsque c'est le niveau n=2, on
parle de raies de la série de Balmer (la première raie, entre les niveaux
2 et 3, est appelée raie H-alpha, et joue un rôle important en astronomie).
Lorsque c'est le niveau n=3, on aura affaire à la série de Paschen, etc.
On comprend dès lors que lorsque l'atome concerné est placé dans des
conditions physique peu énergétiques (basses températures), seuls les
premières séries de raies, et seules les premières raies de chaque série
soient observables. Les hautes températures permettent l'apparition des
séries et des raies de rang plus élevé. L'ionisation, quant à elle
rompt quelque peu les règles que l'on vient d'énoncer. Selon le principe
lapalicien qui veut qu'au-delà des limites, il n'y a plus de limites,
l'énergie cesse d'être quantifiée. Les spectres de raies possèdent
ainsi du côté des hautes énergies une composante continue.
Ce schéma général se complique par le fait
que chaque niveau d'énergie possède une structure fine (et hyperfine),
selon la terminologie des physiciens. Cela signifie qu'il existe en fait
des niveaux d'énergie possibles extrêmement proches, normalement indiscernables,
mais que certaines contraintes extérieures, comme la présence d'un champ
magnétique ou d'un champ électrique, peuvent mettre en évidence. De
tels champs provoquent des dédoublements de chaque raie du spectre, selon
des modalités différentes, et appelées respectivement l'effet Zeeman
et l'effet Stark. Des transitions entre niveaux très proches peuvent également
s'observer spontanément. Les différences d'énergies qu'elles impliquent
étant très faibles, on aura des émissions faibles, et normalement des
rayonnements de grande longueur d'onde (radio). C'est l'origine du rayonnement
à 21 cm de l'hydrogène atomique.
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Les spectres
moléculaires
Le rayonnement émis
ou absorbé par les molécules a un spectre dans lequel on retrouve les
raies correspondant aux atomes qui les forment. Mais les molécules, capables
de vibrer et de tourner sur elles-mêmes, ajoutent de ce fait de nouveaux
états énergétiques. Ils se traduisent par l'apparition dans les spectres
moléculaires non plus seulement de fines raies, mais aussi de larges bandes.
Ces bandes, traduisent en particulier l'efficacité des molécules pour
stopper de larges gammes de rayonnement. Dans les cas de la vapeur d'eau,
du dioxyde de carbone ou du méthane, par exemple, c'est l'existence de
telles bandes situées dans le domaine infrarouge qui expliquent l'effet
de serre. |
Les raies interdites.
Les raies interdites sont des raies spectrales
qui correspondent à des transitions électroniques normalement "interdites"
par les règles de sélection de la mécanique quantique (par exemple,
changement de moment angulaire orbital autre que ±1, ou changement de
spin). Ces règles découlent de l'approximation dipolaire électrique,
qui décrit la façon dont la lumière interagit le plus fortement avec
les atomes ou les ions.
Une transition interdite n'est pas impossible
au sens strict : elle a simplement une probabilité extrêmement faible
de se produire par rapport aux transitions "permises". Concrètement, un
atome ou un ion porté dans un état excité métastable (à durée de
vie longue, parfois secondes ou plus) peut redescendre vers un état de
plus basse énergie via un mécanisme d'ordre supérieur (transition quadripolaire
électrique, dipolaire magnétique, etc.), beaucoup plus lent qu'une transition
dipolaire électrique permise.
Sur Terre, ces raies sont presque toujours
invisibles, car dans un gaz dense (comme dans un laboratoire ou l'atmosphère),
les collisions entre particules sont si fréquentes que l'atome excité
perd son énergie par collision bien avant d'avoir le temps d'émettre
spontanément la transition interdite. En revanche, dans les milieux extrêmement
raréfiés de l'espace (nébuleuses planétaires,
milieu
interstellaire, restes de supernova,
couronne
solaire), les collisions sont si rares que les atomes ont le temps
d'effectuer ces transitions lentes avant d'être désexcités par collision.
C'est pourquoi les raies interdites sont couramment observées en astrophysique.
Quelques exemples :
• Les
raies vertes de l'oxygène doublement ionisé ([O III]) à 495,9 nm et
500,7 nm, responsables de la couleur verte de nombreuses nébuleuses planétaires.
On les notait autrefois à tort "nébulium", croyant à un nouvel élément
chimique.
• La raie rouge
de l'azote ionisé ([N II]).
• La raie verte
de la couronne solaire, due au fer fortement ionisé (Fe XIV).
• La raie à 21
cm de l'hydrogène neutre, due, comme on l'a vu plus haut, à une transition
hyperfine (dipolaire magnétique), largement utilisée en radioastronomie
pour cartographier l'hydrogène dans la Galaxie.
Par convention, on note les raies interdites
entre crochets, comme [O III] ou [N II], pour les distinguer des raies
permises du même élément.
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Chérif
Zananiri, Couleurs et lumière, Ellipses marketing, 2000.
Céline
Caumon et al., Lumière sur la couleur, Editions Jean-Pierre
de Monza, 2010.
Michel
Blay, Lumière sur les couleurs, le regard du physicien,
Ellipses Marketing, 2001.
Emilie
Biémont, Spectroscopie moléculaire : Structures moléculaires et
analyse spectrale, De Boeck, 2008. - Spectroscopie atomique
: Instrumentation et structures atomiques, De Boeck, 2006. La
Lumière, PUF (QSJ?), 1996.
Jean
Terrien, La spectroscopie, PUF (QSJ?), 1968.
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Page
sur l'Analyse
spectroscopique (Cours de
chimie de l'Université du Var).
Page
d'Introduction
à la spectroscopie, (site la
découverte du monde).
Fiche
sur les Spectres
lumineux du site Web
sciences.
Page
sur le Spectre
electromagnétique du site Techno-Science.net.
Page sur le Spectre
electromagnétique du site Scio.
Page
sur le Spectre
de la lumière du site Profil-Couleur.com.
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