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Le rayonnement
ultraviolet (UV) est une forme de rayonnement électromagnétique
qui se situe dans le spectre entre la lumière
visible et les rayons X. Sa longueur d'onde
s'étend approximativement de 10 nanomètres à 400 nanomètres. Étant
doté d'une longueur d'onde plus courte que celle de la lumière visible,
il transporte une énergie plus importante, ce qui lui confère des propriétés
physiques et chimiques particulières. Bien qu'il soit totalement invisible
pour l'oeil humain, certaines espèces animales, comme de nombreux insectes,
les oiseaux et certains reptiles,
possèdent des récepteurs visuels capables de le percevoir, ce qui joue
un rôle important dans leur comportement,
notamment pour la recherche de nourriture, la navigation ou la sélection
sexuelle.
La découverte de ce rayonnement remonte
à l'année 1801, lorsque le physicien Johann
Wilhelm Ritter a observé que des rayons situés juste au-delà de
l'extrémité violette du spectre visible provoquaient
le noircissement rapide de papier imbibé de chlorure d'argent. Il les
a d'abord appelés "rayons désoxydants" avant que le terme "ultraviolet",
signifiant littéralement "au-delà du violet", ne finisse par s'imposer
dans la communauté scientifique. La source naturelle la plus importante
de rayonnement UV est le Soleil, qui en émet
de grandes quantités lors des réactions de fusion nucléaire en son coeur.
Cependant, la grande majorité de ces rayonnements solaires est bloquée
par la couche d'ozone présente dans la stratosphère,
un bouclier naturel et dynamique qui absorbe les longueurs d'onde les plus
dangereuses et qui s'avère indispensable à la survie des écosystèmes
terrestres.
Pour mieux comprendre les effets de l'ultraviolet
sur la matière et le vivant, les scientifiques l'ont subdivisé en trois
bandes principales en fonction de la longueur d'onde et de l'impact biologique
: les UVA, les UVB et les UVC.
• Les
UVA, dont la longueur d'onde varie de 315 à 400 nanomètres, représentent
la quasi-totalité des ultraviolets atteignant la surface de la Terre.
Moins énergétiques, ils traversent facilement les nuages et les vitres,
pénètrent profondément dans la peau et sont principalement responsables
du vieillissement cutané prématuré, de la destruction du collagène
et de l'apparition des rides.
• Les UVB,
compris entre 280 et 315 nanomètres, sont partiellement filtrés par l'atmosphère.
Plus énergétiques que les UVA, ils sont arrêtés par les vitres et absorbés
par la couche superficielle de l'épiderme. S'ils sont les principaux responsables
du bronzage, ils causent aussi les coups de soleil, les mutations
cellulaires et la majorité des cancers de la peau.
• Les UVC,
allant de 100 à 280 nanomètres, sont les plus dangereux et les plus énergétiques,
mais ils sont intégralement absorbés par l'oxygène
et l'ozone de la haute atmosphère et n'atteignent donc jamais le sol naturellement.
Sur le plan biologique, l'exposition aux rayonnements
ultraviolets présente un double visage, à la fois bénéfique et redoutable.
D'un côté, une exposition modérée aux UVB est absolument essentielle
à la synthèse de la vitamine D3 par l'organisme
humain, un nutriment indispensable à la fixation du calcium,
à la santé osseuse et au bon fonctionnement du système
immunitaire. De l'autre, une exposition excessive ou prolongée entraîne
de graves dommages. L'énergie des photons UV
est suffisante pour altérer directement la structure de l'ADN
des cellules, créant des anomalies (comme les
dimères de thymine) qui, si elles ne sont pas réparées par les mécanismes
cellulaires, peuvent mener à des mutations génétiques et à des mélanomes.
Outre la peau, les yeux sont
également très vulnérables; une exposition intense peut provoquer une
photokératite, une sorte de coup de soleil de la cornée très douloureux,
tandis qu'une exposition chronique accélère la formation de cataractes
et la dégénérescence maculaire liée à l'âge.
Face aux risques qu'ils représentent,
la protection contre les ultraviolets est devenue un enjeu majeur de santé
publique à l'échelle mondiale. La préservation de la couche d'ozone,
encadrée par le Protocole de Montréal de 1987, a permis d'éviter une
catastrophe environnementale et sanitaire majeure en limitant l'amincissement
de ce bouclier stratosphérique provoqué par les gaz chlorés d'origine
humaine. À l'échelle individuelle, la protection passe par la limitation
de l'exposition aux heures les plus chaudes, l'utilisation de crèmes solaires
contenant des filtres minéraux ou chimiques capables d'absorber ou de
réfléchir les rayons UV, ainsi que le port de vêtements couvrants et
de lunettes de soleil traitées anti-UV.
En raison de leur énergie et de leur capacité
à interagir avec la matière, les ultraviolets ont trouvé de très nombreuses
applications technologiques, médicales et industrielles. Les lampes à
vapeur de mercure, les diodes électroluminescentes spécifiques ou les
lasers
permettent de produire des UV artificiels. Les UVC, par leur pouvoir germicide
exceptionnel, sont massivement utilisés pour la stérilisation de l'air
en milieu hospitalier, la désinfection des surfaces et la purification
de l'eau potable ou des eaux usées, car ils détruisent
l'ADN des bactéries,
virus
et champignons, les rendant inoffensifs.
Dans le domaine de la criminalistique et de la sécurité, les lampes émettant
des UVA, souvent appelées "lampes noires", sont utilisées pour révéler
des traces de fluides biologiques invisibles à l'oeil nu ou pour authentifier
des billets de banque et des documents officiels grâce aux encres et fils
de sécurité fluorescents qu'ils contiennent. De plus, la lithographie
par ultraviolets extrêmes (EUV) est aujourd'hui une étape technologique
importante dans la fabrication des microprocesseurs et semi-conducteurs
les plus avancés, permettant de graver des circuits électroniques à
l'échelle du nanomètre.
L'astronomie
ultraviolette.
L'astronomie ultraviolette est la branche
de l'astrophysique dédiée à l'observation
et à l'analyse du rayonnement électromagnétique émis par les objets
célestes dans les longueurs d'onde comprises approximativement entre 10
et 400 nanomètres. La caractéristique fondamentale de cette discipline
réside dans sa principale contrainte technique : l'atmosphère
terrestre. Comme la couche d'ozone et l'oxygène moléculaire absorbent
l'immense majorité des photons UV, l'astronomie
UV au sol est quasi inexistante, à l'exception de quelques observations
marginales dans le proche ultraviolet depuis des observatoires de très
haute altitude. Pour étudier l'Univers dans ces longueurs d'onde, les
astronomes ont dû s'affranchir de l'écran atmosphérique en développant
des fusées-sondes, des ballons stratosphériques et, surtout, des télescopes
spatiaux, ce qui a fait de l'astronomie UV l'une des premières disciplines
à dépendre entièrement et intimement de l'exploration
spatiale.
Après
les premiers balbutiements des fusées-sondes dans les années 1960, le
satellite OAO-2 a prouvé le potentiel de l'observation spatiale. La mission
la plus marquante de la fin du XXe siècle
fut l'International Ultraviolet Explorer (IUE), lancé en 1978, qui a opéré
pendant 18 ans et révolutionné notre compréhension des étoiles et des
noyaux galactiques. Par la suite, des observatoires dédiés comme le Far
Ultraviolet Spectroscopic Explorer (FUSE) ou le Galaxy Evolution Explorer
(GALEX) ont permis des relevés du ciel entier et des études spectroscopiques
de haute précision. Aujourd'hui, le télescope spatial Hubble demeure
un acteur majeur de l'astronomie UV grâce à des instruments de pointe
comme le Cosmic Origins Spectrograph (COS), bien que l'essentiel de sa
popularité médiatique repose sur ses images en lumière visible et en
proche infrarouge.
Contrairement à l'astronomie
infrarouge qui révèle les objets froids et poussiéreux, l'astronomie
ultraviolette est la fenêtre privilégiée sur l'univers chaud et extrême.
Les corps célestes émettent principalement dans l'UV lorsqu'ils atteignent
des températures de surface très élevées,
typiquement supérieures à 10 000 kelvins. Cette discipline permet donc
d'étudier les étoiles massives de type O et B,
dont la vie brève et intense sculpte les galaxies
par leurs vents stellaires et leurs futures
explosions en supernovae. Elle est également indispensable
pour observer les stades finaux de l'évolution stellaire,
comme les naines blanches très chaudes, ainsi que
les phénomènes violents liés à un champ
gravitationnel extrême : les disques
d'accrétion de matière spiralant autour des tétoiles
à neutrons, des trous noirs stellaires
ou des noyaux actifs de galaxies. Dans ces environnements,
le gaz chauffé à des millions de degrés émet une signature ultraviolette
caractéristique avant de basculer dans le domaine des rayons
X.
La spectroscopie ultraviolette constitue
aussi un outil d'une puissance inégalée pour sonder la composition chimique
et la dynamique du milieu interstellaire et intergalactique.
De nombreux éléments chimiques fondamentaux (carbone,
oxygène, azote, silicium
ou deutérium), possèdent des raies
de résonance très intenses dans le domaine de l'ultraviolet lointain.
En analysant la lumière UV d'un quasar agissant
comme un phare, les astrophysiciens peuvent observer les raies d'absorption
créées par les nuages de gaz diffus situés sur la ligne de visée. Cette
technique a permis de cartographier la "toile cosmique", de découvrir
et de quantifier le milieu intergalactique
tiède et chaud qui contiendrait une grande partie de la matière baryonique
manquante de l'univers, et de mesurer l'abondance du deutérium primordial,
ce qui offre des contraintes précieuses sur les modèles de nucléosynthèse
primordiale.
L'avenir de l'astronomie ultraviolette
fait aujourd'hui face à un défi stratégique majeur. Alors que les grands
observatoires spatiaux se succèdent dans les domaines des rayons X, de
l'infrarouge avec le JWST, ou des ondes radio, le domaine UV manque cruellement
de grands projets pour prendre le relais à long terme de Hubble. La communauté
astrophysique mondiale plaide régulièrement pour le développement de
nouveaux télescopes spatiaux UV de grand diamètre, car les petites missions
exploratoires actuelles ne peuvent compenser la perte de sensibilité et
de résolution spectrale qui se profile à moyen terme. |
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