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Wolf

Wolf ou Wolff (Christian, baron de). - Philosophe né à  Breslau le 24 janvier 1670, mort à Halle le 9 avril 1754. Il était fils d'un brasseur et était destiné de bonne heure à la théologie. Il se fit remarquer par sa précocité, s'adonna avec ardeur à l'étude des sciences. Il fit ses études aux universités d'Iéna et de Leipzig. C'est à Leipzig qu'il connut la philosophie de Descartes et entra en relation avec Leibniz qui lui fit obtenir, en 1706, la chaire de mathématiques et de physique de l'Université de Halle en Prusse. Il étendit bientôt son enseignement à la philosophie et obtint auprès de ses auditeurs un succès retentissant. La raison d'être de ce succès était un rationalisme très clair qui prétendait démontrer déductivement jusqu'aux vérités de foi. Cette prétention alarma les collègues piétistes de Wolff, Franke et J. Lange, qui obtinrent contre lui, en 1723, un rescrit enjoignant au philosophe de quitter la Prusse dans les quarante-huit heures sous peine du gibet.

Mais Wolff trouva un asile auprès du landgrave de Hesse-Cassel, qui le nomma professeur de philosophie à Marbourg et conseiller aulique. Au bout de quelque temps, le gouvernement prussien, honteux de sa rigueur, l'autorisa à rentrer dans le royaume, mais il n'y retourna qu'à l'avènement de Frédéric II, qui lui rendit la chaire de Halle en 1740, et le nomma vice-chancelier de l'Université.

Wolf n'eut d'autre but que celui de coordonner les matériaux de la science, épars de tous côtés : il composa à cet effet un grand corps de philosophie, en 24 vol. in-4, rédigé en latin, et qui comprend la logique, la psychologie soit empirique, soit rationnelle, l'ontologie, la cosmologie, la théologie naturelle, la morale, le droit naturel la politique, les mathématiques. Il a en outre traité presque tous les mêmes sujets dans sa langue nationale. On le voit, l'oeuvre de Wolff constitue un système de doctrine à peu près complet, si l'on excepte l'esthétique qui fut traitée par son principal disciple, Baumgarten.

Ce système est directement issu de celui de Leibniz que Wolff a eu le mérite d'exposer sous une forme très cohérente et avec une clarté parfaite qui le rendit populaire dans les écoles. L'idée qui domine ce système est qu'il est possible de fonder la connaissance sur la pure déduction et que, par suite, le principe d'identité est le seul qui domine toute connaissance. Notamment le principe leibnizien de la raison suffisante se ramène au principe d'identité, car il serait contradictoire que quelque chose sortit de rien ou de quelque chose qui ne suffit pas à le produire. Sont donc absolument vrais les seuls jugements analytiques, et l'expérience ne peut avoir d'autre rôle que de corroborer la déduction. Au reste, le système de Wolff n'a guère qu'une valeur d'enseignement, fort atténuée d'ailleurs, par l'insupportable prolixité et le pédantisme de cette prose justement raillée par Voltaire. Les principales thèses leibniziennes : monadologie, optimisme, distinction de la perception et de l'appétition, morale de la perfection, sont reprises et étayées sur une argumentation minutieuse qui poursuit la vérité dans ses plus infimes conséquences.
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Wolff.
Christian Wolff, par J. F. Rosbach.

Même si l'on peut reprocher à Wolff une prolixité fatigante et un appareil pédantesque, résultant de la folle prétention d'appliquer à toutes les sciences la méthode géométrique, ses ouvrages, grâce à leur clarté et à leur unité systématique, devinrent l'encyclopédie philosophique de toutes les universités allemandes. Il y eut ainsi, durant plus d'un demi-siècle, une école wolffienne, alors qu'il n'y eut pas d'école leibnizienne proprement dite. Le rationalisme wolffien inspira toutes les sciences particulières, depuis la médecine jusqu'à l'esthétique. Kant, dont la critique ruina le dogmatisme de Wolff, ne parle de ce philosophe qu'avec le plus grand respect. Les principaux disciples de Wolff, en philosophie, furent Bilfinger, Gottsched, Baumeister, et surtout Baumggarten, Ploucquet et J. H. Lambert. (Th. Ruyssen).



Éditions anciennes - Wolff a prodigieusement écrit, tant en allemand qu'en latin. Ses ouvrages allemands sont les premiers d'outre-Rhin qui aient traduit la pensée philosophique en langage vulgaire.

Les principaux sont : Vernünftige Gedanken von den Kräften des menschlichen Verstandes (Halle, 1712, très souvent réédité, traduit en français sous le titre de Pensées philosophiques, par Jean Deschamps, 1736); Vernünft. Gedanken von Gott, der Welt u. der Seele des Menschen (Francfort et Leipzig, 1719); Vernünft. Gedanken v. den Menschen Thun u. Lassen zur Beförder ihrer Glückseligkeit (Halle, 1720); Vernünft. Gedanken v. dem Gesellsch. Leben der Menschen (Halle, 1721); Vernünft. Gedanken v. d. Absichten der natürl. Dinge (Francfort, 1723), etc.

Citons, parmi les ouvrages latins, qui ne comprennent pas moins de 23 vol. in-4 : Philosophia rationalis, sive logica, etc. (Francfort et Leipzig, 1728); Philos. prima, sive Ontologia (ibid.,1730), Cosmologia generalis (ibid., 1731); Psychologia empirica, etc. (ibid., 1732); Psychologia rationalis, etc. (ibid., 1734); Theologia naturalis, etc. (ibid., 173637, 2 vol.); Philos. practica universalis, etc. (ibid., 1738-39, 2 vol.); Jus naturae (ibid., 1740 et suiv., 8 vol.); Philos. moralis (ibid., 1750, 4 vol.); OEconomica (ibid., 1750).

Son Corpus philosophiæ a paru à Francfort et à Leipzig de 1728 à 1746. On doit à Gunther Ludovici une Esquisse d'une Hist. complète de la philosophie de Wolf, Leipzig, 1737, et à J. Deschamps un Abrégé de la philosophie wolfienne, 1743.

En librairie - Ch. Wolff, Le Philosophe roi et le roi philosophe, Vrin. - Emmanuel Kant, Les progrès métaphysiques en Allemagne depuis le temps de Leibniz et Wolff, Vrin. - J. Ecole, Introduction à l'Opus Métaphysicum de Christian Wolff, Vrin, 1995.

Wolf, Rudolf (1816-1893) - Né à Fallanden, prés de Zurich, correspondant de l'Institut (1885), fut directeur de l'Observatoire de Zurich à partir de sa fondation (1864). Son Ouvrage intitulé Geschichte der Astronomie (1877) est estimé. R. Wolf a conclu en 1852, des observations faites depuis 1611 et surtout de celles de Schwabe, que la durée de la période des taches du Soleil est de 11 ans, 6 mois.
Wolf (Charles Joseph Étienne). - Astronome né à Vorges (Aisne) le 9 novembre 1827, m. en 1918. Normalien (1848), docteur (1856), de l'Institut (1883), fut de 1862 à 1891 astronome à l'Observatoire de Paris puis, à partir de 1886 professeur d'astronomie physique à la Sorbonne. C. Wolf en compagnie de G. Rayet a découvert dans le Cygne trois petites étoiles très voisines donnant des spectres remarquables par leurs raies brillantes; elles sont désignées sous le nom d'étoiles Wolf-Rayet. De ce que les spectres des étoiles Wolf-Rayet offrent des lignes brillantes, C. Wolf conclura en 1870 que leur photosphère est dans un état intermédiaire entre celui des nébuleuses et celui du Soleil.

A partir de 1862, C. Wolf a fait de nombreuses expériences sur l'équation personnelle, avec des appareils ou un astre artificiel passe derrière les fils d'une lunette à des époques connues, que l'on compare à celles que donne l'estime de l'observateur. Il est arrivé à conclure que, par l'éducation, la correction personnelle d'un observateur est bientôt réduite à un minimum et par suite devient constante.

C. Wolf, après avoir analysé en 1884 et en 1885 les hypothèses sur la formation de l'Univers émises par Kant, Laplace et H. Faye, ainsi que les travaux de Roche, Sir W. Thomson, Hirn et G.-H. Darwin, expose les conclusions suivantes dans son ouvrage intitulé Les Hypothèses cosmogoniques (1886) : 

L'hypothèse de Kant doit être rejetée, car elle a cette conséquence, en général contredite par les faits, que les planètes et leurs satellites ont un mouvement rétrograde. Celles de Laplace et de H. Faye sont sujettes aux mêmes objections : notamment, la difficulté de comprendre comment la matière d'un segment d'anneau a pu se rassembler en une planète unique, et le manque d'explication de l'obliquité des axes de rotation des planètes. Mais comme celle de H. Faye arrive à donner aux périodes géologiques trente millions données, elle se rapproche plus que celle de Laplace du nombre cent millions d'années que réclament les géologues C. Wolf pense qu'en complétant l'hypothèse de Laplace par les travaux de Roche et de G.-H. Darwin, on se rapproche des conditions que doit remplir une hypothèse cosmogonique rationnelle.
Wolf, au sujet de la comète 1881 b, a fait remarquer que le spectre de son noyau, outre les bandes d'hydrocarbures que donnent toutes les comètes, présentait aussi entre ces bandes des protubérances indiquant qu'il y a d'autres gaz ou vapeurs dans les régions les plus chaudes et les plus lumineuses de l'atmosphère cométaire.

Asaph Hall en 1870 et C. Wolf en 1874 ont publié chacun un Catalogue d'un certain nombre d'étoiles de l'Amas de l'Écrevisse (Cancer), après avoir déterminé leurs positions par des mesures micrométriques très précises.

Outre les travaux dont nous avons parlé, citons son Ouvrage d'Astronomie et Géodésie (1891) et ses Mémoires sur le Pendule (1891).

Wolf, Maximilien Franz Joseph Cornelius, ou Max Wolf (1863-1932) - Né à Heidelberg (grand-duché de Bade) le 21 juin 1863, mort en 1932. De l'Académie Leopoldina, lauréat de l'Institut (1892), est professeur d'astronomie à l'Université et directeur de l'Observatoire astrophysique de Heidelberg. Max Wolf, à Heidelberg, a appliqué avec succès la photographie à la recherche d'astéroïdes. Il en a ainsi découvert 38. Il s'est également intéressé à l'étude photographique de la Voie lactée, et fait des travaux statistiques sur les nuages sombres que l'on y distingue.
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