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Géographie historique de la France
Les départements
Le dĂ©partement est une division administrative de la France créée Ă  la RĂ©volution. AussitĂ´t que l'AssemblĂ©e constituante de 1789 se fut constituĂ©e, elle reconnut, Ă  une immense majoritĂ©, la nĂ©cessitĂ© de briser le cadre administratif de la monarchie, afin d'assurer la perpĂ©tuitĂ© de son oeuvre. Dès le 7 septembre Sieyès avait rĂ©clamĂ© la formation d'un comitĂ© chargĂ© de prĂ©senter le plus tĂ´t possible Ă  l'assemblĂ©e un plan de municipalitĂ©s et de provinces « tel qu'on puisse espĂ©rer de ne pas voir le royaume se dĂ©chirer en une multitude de petits Etats sous forme rĂ©publicaine et qu'au contraire la France puisse former un seul tout soumis uniformĂ©ment dans toutes ses parties Ă  une lĂ©gislation et Ă  une administration communes ». 

Depuis longtemps d'ailleurs les publicistes et les administrateurs les plus compĂ©tents dĂ©siraient une meilleure division territoriale du royaume, toutes celles qui existaient alors Ă©tant excessivement inĂ©gales et prĂ©sentant une confusion de divisions très embarrassante. Le cartographe Robert de Hesseln avait mĂŞme imaginĂ© en 1786 tout un plan qui fut par la suite presque exactement suivi. L'Ă©poque Ă©tait essentiellement favorable Ă  la rĂ©pression des tendances sĂ©paratistes des provinces et Ă  l'organisation d'une centralisation puissante. Le comitĂ© de constitution de l'AssemblĂ©e nationale reçut donc la dĂ©licate mission d'arrĂŞter un plan de division gĂ©nĂ©rale du royaume et il apporta une grande activitĂ© dans l'accomplissement de sa tâche. 

Le 4 novembre 1789, Thouret lisait un rapport Ă©tendu dans lequel, au nom du comitĂ© de constitution, il proposait avec une grande rigueur d'argumentation de partager la France en quatre-vingts divisions nouvelles, ayant chacune une Ă©tendue de 324 lieues carrĂ©es environ. Chacun de ces dĂ©partements Ă©tait subdivisĂ© en neuf districts de commune qui se fractionnaient encore chacun en neuf cantons. L'Ă©tendue de 324 lieues Ă©tait considĂ©rĂ©e comme une moyenne heureuse, convenant Ă  la fois Ă  des districts d'Ă©lection directe et Ă  des districts d'administration, et qui pourrait convenir par la suite pour rĂ©unir dans les mĂŞmes divisions l'exercice des autres pouvoirs publics. 

En somme, on s'Ă©tait appliquĂ© Ă  innover de manière Ă  ne pas froisser inutilement les amours-propres provinciaux et, rejetant telle ou telle division de territoire dĂ©jĂ  existante, on avait cherchĂ© une division de superficie assez rĂ©duite pour que l'administration chargĂ©e d'en surveiller les intĂ©rĂŞts pĂ»t le faire avec promptitude et facilitĂ©, et des subdivisions point trop multipliĂ©es afin que trop de degrĂ©s entre la communautĂ© de village et l'AssemblĂ©e nationale ne pussent embarrasser ou du moins retarder la marche des affaires. La discussion sur les propositions du comitĂ© fut très ardue et très approfondie : on lui reprochait surtout de diviser l'espace et non la population. Un grand nombre de projets surgirent. 

Verdet voulait qu'on divisât la France d'après la population, en sept cent vingt-cinq communes, chaque commune en dix-huit municipalitĂ©s et que chaque province conservât ses anciennes limites, rĂ©unĂ®t en une ou plusieurs assemblĂ©es administratives supĂ©rieures toutes les communes de son ressort. Mirabeau rejetait une division mathĂ©matique, presque idĂ©ale, et dont il considĂ©rait l'exĂ©cution comme impraticable. Au lieu des quatre-vingts dĂ©partements, sept cent vingt districts et six mille quatre cent quatre-vingts cantons du comitĂ©, il proposait cent vingt dĂ©partements supprimant toutes les autres subdivisions intermĂ©diaires. On eĂ»t communiquĂ© directement des villes et villages an chef-lieu du dĂ©partement et de chaque dĂ©partement au pouvoir exĂ©cutif et Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Bengy de PuyvallĂ©e ne voulait que soixante-dix dĂ©partements inĂ©gaux en superficie, mais Ă©gaux en population. 

Chaque département serait le siège d'une assemblée provinciale, divisée en dix districts et chaque district n'aurait d'autre division que celle des villes et des paroisses de campagne de sa circonscription. Barrère proposait d'établir deux sortes de municipalités, les unes secondaires et les autres principales, auxquelles les secondaires ressortiraient pour certains objets. Aubry du Bochet partageait le territoire en cent dix départements dont chacun pouvait former une assemblée provinciale, un siège épiscopal et une ou plusieurs cours de justice équivalentes aux présidiaux. En fin de compte, l'Assemblée constituante adopta le projet du comité le 11 novembre 1789, décréta que le nombre des départements serait de soixante-quinze à quatre-vingt-cinq et laissa au comité le soin de déterminer le chef-lieu de chaque département, la circonscription des territoires, en lui enjoignant de respecter les localités, les frontières, les provinces et jusqu'aux répugnances et aux habitudes morales des habitants. Il fallut à peu près trois mois au comité de constitution pour venir à bout de ce travail ardu.

La loi du 22 dĂ©cembre 1789 dĂ©cida que chaque dĂ©partement serait divisĂ© en districts, chaque district en cantons d'environ 4 lieues carrĂ©es. Au chef-lieu du dĂ©partement, il Ă©tait Ă©tabli une assemblĂ©e administrative supĂ©rieure sous le titre d'administration du dĂ©partement; au chef-lieu du district une assemblĂ©e administrative infĂ©rieure sous le titre d'administration de district. De plus, il y avait une municipalitĂ© en chaque ville, bourg, paroisse ou communautĂ© de campagne. Le dĂ©partement Ă©tait une division formĂ©e aussi bien pour la reprĂ©sentation que pour l'administration. 

L'administration du dĂ©partement se composait de trente-six membres, Ă©lus par les Ă©lecteurs lĂ©gislatifs du second degrĂ©; sur ces trente-six, huit formaient le directoire du dĂ©partement, les vingt-huit autres, le conseil gĂ©nĂ©ral de dĂ©partement. L'administration de district se composait de douze membres dont quatre formaient le directoire de district et huit le conseil gĂ©nĂ©ral de district. Le prĂ©sident du directoire de dĂ©partement ou de district Ă©tait en mĂ©me temps prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral. Les directoires demeuraient toute l'annĂ©e en fonctions, les conseils gĂ©nĂ©raux se rĂ©unissaient une fois par an. Un procureur gĂ©nĂ©ral syndic et un procureur syndic Ă©taient attachĂ©s l'un au dĂ©partement, l'autre au district avec charge de requĂ©rir l'application de la loi et de provoquer les actes politiques ou administratifs des autoritĂ©s. 

Ces fonctionnaires Ă©taient nommĂ©s pour quatre ans et rééligibles après l'intervalle de quatre autres annĂ©es. Les autres membres des administrations dĂ©partementales Ă©taient renouvelables par moitiĂ© tous les deux ans. Le gouvernement n'avait pas le droit de les rĂ©voquer. Ces administrations Ă©taient chargĂ©es de l'assiette, de la rĂ©partition, de la perception de l'impĂ´t et du paiement des dĂ©penses,  sous l'autoritĂ© du pouvoir lĂ©gislatif; de l'assistance publique, des encouragements Ă  l'agriculture, Ă  l'industrie et au commerce, de la gestion des forĂŞts, de la viabilitĂ© et des travaux publics, de l'organisation et de l'emploi des milices et gardes nationales, etc., sous l'autoritĂ© du pouvoir exĂ©cutif. 

Les municipalités furent administrées par un maire, un corps municipal (de trois membres à vingt et un), un conseil général de la commune (composé du corps municipal et de notables en nombre double), un procureur de la commune assisté dans les grands centres d'un substitut du procureur, un secrétaire greffier et un trésorier. Le décret du 26 février 1790 établit quatre-vingt-trois départements copiés en général presque exactement sur les diocèses de la France l'avant 1789. Par suite, ils furent comme les évêchés sur lesquels on les calquait, peu ou point homogènes et « réunirent des pays différents de moeurs et d'histoire, des climats divers, des bassins divergents, des sols disparates » (Reclus). Ils reçurent le nom des principaux fleuves; rivières ou montagnes enfermés dans les limites factices qu'on leur imposa. Un grand nombre eurent des noms de rivière, plusieurs des noms de monts ou de plateaux (Ardennes, Lozère, Puy-de-Dôme, Côte-d'Or, etc.); deux, des noms suggérés par leur situation (Finistère, Nord); cinq, des noms qui rappellent leur proximité de la mer ou des côtes (Pas-de- Calais, Calvados, Manche, Morbihan, Côtes-du-Nord), un seul, les Landes, porta un nom de région. Ce qui formera à peu près ensuite le département de la Seine s'appela d'abord le département de Paris.

Sans rien innover, au fond, Ă  ce rĂ©gime, la Convention ne pouvant obtenir des autoritĂ©s locales auxquelles la loi avait assurĂ© une indĂ©pendance presque complète du pouvoir central, la levĂ©e rĂ©gulière de l'impĂ´t et le recrutement de l'armĂ©e, fut obligĂ©e de recourir Ă  des mesures de rigueur et d'exception. Dans chaque commune, elle installa (dĂ©cret du 21 mars 1793) un comitĂ© de surveillance qui fut ensuite le comitĂ© rĂ©volutionnaire. Par la loi du 4 dĂ©cembre 1793, elle supprima les procureurs de commune et de district, et les remplaça par des agents nationaux de commune et de district qui furent chargĂ©s de requĂ©rir et de poursuivre l'exĂ©cution des lois ainsi que de dĂ©noncer les nĂ©gligences apportĂ©es dans cette exĂ©cution. Plus d'Ă©lection pour ces fonctionnaires : ils sont nommĂ©s et rĂ©voquĂ©s par la Convention qui supprime encore les conseils gĂ©nĂ©raux de dĂ©partement et les procureurs gĂ©nĂ©raux syndics. Les directoires furent conservĂ©s, mais chaque membre dut les prĂ©sider Ă  tour de rĂ´le. Les reprĂ©sentants en mission, comme autrefois les intendants, furent chargĂ©s du contrĂ´le gĂ©nĂ©ral; ils disposèrent: de l'armĂ©e et des tribunaux. 

La Constitution de l'an III  fit disparaĂ®tre les administrations de district et jusqu'aux districts eux-mĂŞmes. Il ne resta plus pour administrer le dĂ©partement; qu'un directoire de cinq membres renouvelable par cinquième tous les ans. Les quarante et une mille communes de France furent rĂ©duites Ă  cinq mille environ : on divisa les grandes, on groupa les petites, on conserva telles quelles les moyennes. Les municipalitĂ©s furent administrĂ©es par des officiers municipaux (jusqu'Ă  cinq mille habitants); celles qui n'avaient pas au moins cinq mille habitants furent groupĂ©es de manière Ă  former une municipalitĂ© de canton, administrĂ©e par des agents municipaux nommĂ©s par chacune de ces communes. Les maires n'existaient plus, ils Ă©taient remplacĂ©s par des officiers ou agents municipaux, que le gouvernement pouvait suspendre ou destituer et qu'il faisait surveiller par un commissaire chargĂ© de requĂ©rir l'exĂ©cution des lois.

Pendant cette période, la division territoriale fut remaniée. Le Comtat-Venaissin, réuni à la France le 14 septembre 1791, fit d'abord partie du département des Bouches-du-Rhône, puis il en fut séparé le 25 juin 1793 et forma le département du Vaucluse. Le département de Rhône-et-Loire fut divisé le 19 novembre 1793 en deux départements, ceux du Rhône et de la Loire. La Corse fut partagée le 1er juillet 1793 en deux départements, Golo et Liamone. La Savoie, réunie à la France le 27 novembre 1792, forma le département du Mont-Blanc. Le comté de Nice (31 janvier 1793) forma celui des Alpes-Maritimes; l'évêché de Bâle (23 mars 1793) celui du Mont-Terrible. Le traité du 27 floréal an III donna lieu à la création des départements de la Roer, du Rhin-et-Moselle, du Mont-Tonnerre, de la Sarre. La Belgique fournit le 9 vendémiaire an IV les départements de la Dyle, de l'Escaut, de la Lys, de Jemmapes, des Forêts, de Sambre-et-Meuse, de l'Ourthe, de la Meuse-Inférieure, des Deux-Nèthes. La Suisse fournit le département du Léman (7 avril 1798). L'Italie, ceux des Apennins, de la Doire, de Gênes, de Marengo, de Montenotte, du Pô, du Tanaro, de la Sesia, de la Stura, du Taro, de l'Arno, de la Méditerranée, de l'Ombrone.

Le Consulat et l'Empire apportèrent dans cette organisation des changements administratifs et territoriaux très considĂ©rables. La loi du 28 pluviĂ´se an VIII supprima les municipalitĂ©s de canton, rĂ©tablit les anciennes communes, divisa le dĂ©partement non plus en districts, mais en arrondissements. 

Dans chaque dĂ©partement il y eut un prĂ©fet (fonctionnaire exĂ©cutif) et un conseil gĂ©nĂ©ral (assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante); dans chaque arrondissement, un sous-prĂ©fet et un conseil d'arrondissement; dans chaque commune, un maire (assistĂ© d'un ou plusieurs adjoints) et un conseil municipal. Le prĂ©fet et le sous-prĂ©fet Ă©taient uniquement les agents du gouvernement, le maire reprĂ©sentait le pouvoir exĂ©cutif de la commune et en mĂŞme temps l'agent du pouvoir exĂ©cutif central. Le prĂ©fet Ă©tait assistĂ© d'un conseil de prĂ©fecture chargĂ© de la justice administrative. 

Tous les fonctionnairesdépartementaux étaient nommés par le gouvernement. Paris était soumis à un régime exceptionnel. Il était divisé en douze municipalités avant chacune un maire et des adjoints et un commissaire de police. Les douze maires étaient placés sous l'autorité du préfet de la Seine, les douze commissaires sous les ordres du préfet de police. Pas de conseil municipal; le conseil général de la Seine en tenait lieu. C'était la centralisation à outrance.

Passons rapidement en revue les remaniements de territoire. En 1808, on créa le Tarn-et-Garonne aux dépens du Lot, de la Haute-Garonne, du Tarn, de l'Aveyron, du Lot-et-Garonne, du Gers et de l'Ariège. L'empire français, en 1808, se composait de cent vingt-sept départements dont treize pour les colonies (Guadeloupe, Martinique, Guyanne-Cayenne, Sainte-Lucie, Tobago, La Réunion, l'lle-de-France, les Indes-Orientales et Saint Domingue partagée en cinq départements : ceux du Sud, du Nord, de l'Ouest, d'Ingranne, de Samana). Les Etats de l'Eglise réunis en 1809 formèrent deux départements, Tibre et Trasimène. De 1809 à 1811, quatorze départements nouveaux furent créés aux dépens de la Hollande et de l'Allemagne: Bouches-de-l'Escaut, Bouches-du-Rhin, Bouchesde-la-Meuse, Bouches-de-l'Yssel, Yssel-Supérieur, Zuyderzée, Frise, Ems-Oriental, Ems-Occidental, Ems-Supérieur, Bouches-de-l'Elbe, Bouches-du-Weser, Lippe, Simplon; on réunit les départements du Golo et du Liamone qui redevinrent la Corse. Il y eut alors cent trente départements, nombre réduit à quatre-vingt-six par les traités de 1845.

Les départements formés lors annexions de la Révolution et de l'Empire.

Départements Chefs-lieux Pays correspondants
Dyle Bruxelles Belgique
Escaut Gand
ForĂŞts Luxembourg
Jemmapes Mons
Lys Bruges
Meuse-Inférieure Maestricht
Deux-Nèthes Anvers
Ourthe Liège
Sambre-et-Meuse Namur
Bouches-de-l'Escaut Middelbourg Hollande
Bouches-du-Rhin Bois-le-Duc
Bouches-de-la-Meuse La Haye
Bouches-de-l'Yssel Zwolle
Yssel-Supérieur Arnheim
Frise Leeuwarden
Zuyderzee Amsterdam
Ems-Occidental Groningue
Ems-Orienntal Aurich Hanovre
Ems-Supérieur Osnabrück
Lippe Munster Prusse rhénane
Roer Aix-la-Chapelle
Sarre Trèves
Rhin-et-Moselle Coblentz
Mont-Tonnerre Mayence Hesse-Darmstadt
Bouches-de-l'Elbe Hambourg Villes hanséatiques
Lauenbourg
Oldenbourg
Hanovre
Bouches-du-Weser BrĂŞme
Mont-Terrible (supprimé en 1800) Porrentruy Suisse
Simplon Sion
Léman Genève Suisse et Savoie
Mont-Blanc Chambéry
Doire Ivrée Piémont
PĂ´ Turin
Marengo Alexandrie
Sesia Verceil
Tanaro (supprimé en 1803) Asti
Stura Coni
Alpes-maritimes Nice Comté de Nice
GĂŞnes GĂŞnes Etat de GĂŞnes
Apennins Chiavari
Montenotte Savone
Taro Parme Duché de Parme et Plaisance
Arno Florence Toscane
Méditerranée Livourne
Ombrone Sienne
Tibre Rome Etats de l'Eglise
Trasimène Spolète

La Restauration ne modifia rien Ă  l'organisation autoritaire de l'administration locale. Suivant un mot cĂ©lèbre de NapolĂ©on, elle trouva son lit bon et se contenta d'en changer les draps. La loi du 21 mars 1831 considĂ©ra les maires et adjoints comme agents du pouvoir exĂ©cutif; en consĂ©quence; ils furent nommĂ©s, suivant la population des municipalitĂ©s, soit par le roi, soit par le prĂ©fet. Le conseil municipal fut Ă©lu par un corps Ă©lectoral spĂ©cial comprenant les habitants les plus imposĂ©s de la commune et  certaines catĂ©gories de fonctionnaires, de magistrats et de lettrĂ©s.

La loi du 22 juin 1833 rendit Ă  l'Ă©lection la nomination des conseils gĂ©nĂ©raux et des conseils d'arrondissement. La loi du 20 avril 1834 accorda Ă  Paris un conseil municipal de trente-six membres, dont le prĂ©sident et le vice-prĂ©sident furent nommĂ©s par le roi. La loi du 10 mai 1838 se contenta de dĂ©terminer les attributions des conseils-gĂ©nĂ©raux et d'arrondissement. La RĂ©volution de 1848 ne fit qu'introduire le suffrage universel et supprimer le cens dans les Ă©lections locales : l'organisation gĂ©nĂ©rale resta identique et bien entendu le Second Empire la maintint. 

En 1860, l'annexion de la Savoie et de Nice  rendit Ă  la France trois dĂ©partements : ceux des Alpes-Maritimes, de la Savoie et de la Haute-Savoie. Mais, en 1871, Ă  la suite de la guerre franco-allemande, les dĂ©partements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Moselle furent rattachĂ©s Ă  l'Allemagne. Du Haut-Rhin il resta le territoire de Belfort; de la Moselle et de la Meurthe, des tronçons qui furent rĂ©unis sous le nom de Meurthe-et-Moselle. En sorte que la France ne possĂ©da plus, jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale, plus que quatre-vingt-sept dĂ©partements ou plus exactement quatre-vingt-six, plus un territoire très infĂ©rieur en superficie Ă  l'arrondissement moyen. 

La IIIe RĂ©publique n'a pas apportĂ© de changement notable au plan gĂ©nĂ©ral de l'organisation dĂ©partementale conçu en l'an VIII, mais elle s'est appliquĂ©e Ă  Ă©tendre les attributions des conseils gĂ©nĂ©raux et Ă  leur assurer une indĂ©pendance effective; elle a rendu aux conseils municipaux le droit d'Ă©lire les maires, elle a cherchĂ© en somme Ă  concilier Ă  la fois le droit supĂ©rieur de l'Etat et les libertĂ©s locales, et Ă  soumettre sans trop l'affaiblir l'action administrative Ă  un contrĂ´le sĂ©rieux (lois du 18 aoĂ»t 1871, du 12 aoĂ»t 1876, du 28 mars 1882, du 5 avril 1884). En 1914, la France est divisĂ©e en quatre-vingt-sept dĂ©partements, subdivisĂ©s chacun en arrondissements (trois au moins et sept au plus, c.-Ă -d. environ quatre par dĂ©partement), puis en cantons (treize communes en moyenne) et en communes. Le premier fonctionnaire du dĂ©partement est le prĂ©fet qui reprĂ©sente le pouvoir exĂ©cutif. Il est assistĂ© d'un corps Ă©lectif reprĂ©sentant les intĂ©rĂŞts spĂ©ciaux du dĂ©partement dans l'en-semble de l'Etat, le conseil gĂ©nĂ©ral, et d'un conseil de prĂ©fecture chargĂ© de juger le contentieux administratif. 

L'administration de l'arrondissement est modelée sur celle de la circonscription supérieure. Le sous-préfet administre l'arrondissement sous la direction du préfet, et un conseil d'arrondissement représente les cantons respectifs. En moyenne l'arrondissement a huit cantons. Le canton, composé de treize communes en moyenne, est simplement un district judiciaire; par suite il n'a pas de conseil local ni d'administration particulière. Chaque canton a un juge de paix : c'est par canton qu'on nomme les conseillers généraux et d'arrondissement et c'est par canton que se fait le recrutement de l'armée. La commune gère ses intérêts par l'entremise d'un conseil municipal. Le chef de l'administration communale est le maire. (Ch. Mortet).

Régions et départements français (2016)

 Grand-Est
Alsace

67 - Bas-Rhin
68 - Haut-Rhin

Champagne-Ardenne

08 - Ardennes
10 - Aube
52 - Haute-Marne
51 - Marne

Lorraine

54 - Meurthe-et-Moselle
55 - Meuse
57 - Moselle
88 - Vosges


 Nouvelle-Aquitaine
Aquitaine

24 - Dordogne
33 - Gironde
40 - Landes
47 - Lot-et-Garonne
64 - Pyrénées-Atlantiques

Poitou-Charentes

16 - Charente
17 - Charente-Maritime
79 - Deux-Sèvres
86 - Vienne

Limousin

19 - Corrèze
23 - Creuse
87 - Haute-Vienne


Auvergne-RhĂ´ne-Alpes
Auvergne

03 - Allier
15 - Cantal
43 - Haute-Loire
63 - Puy-de-DĂ´me

RhĂ´ne-Alpes

01 - Ain
07 - Ardèche
26 - DrĂ´me
74 - Haute-Savoie
38 - Isère
42 - Loire
69 - RhĂ´ne
73 - Savoie

Normandie
Basse-Normandie

14 - Calvados
50 - Manche
61 - Orne

Haute-Normandie

27 - Eure
76 - Seine-Maritime


Bourgogne-Franche-Comté
Bourgogne

21 - CĂ´te-d'Or
58 - Nièvre
71 - SaĂ´ne-et-Loire
89 - Yonne

Franche-Comté

25 - Doubs
39 - Jura
70 - Haute-SaĂ´ne
90 - Territoire de Belfort


Bretagne
22 - CĂ´tes-d'Armor
29 - Finistère
35 - Ille-et-Vilaine
56 - Morbihan

 Centre-Val-de-Loire
18 - Cher
28 - Eure-et-Loir
36 - Indre
37 - Indre-et-Loire
41 - Loir-et-Cher
45 - Loiret

 Corse
2A - Corse-du-Sud
2B - Haute-Corse

 ĂŽle-de-France
91 - Essonne
92 - Hauts-de-Seine
75 - Paris
77 - Seine-et-Marne
93 - Seine-Saint-Denis
94 - Val-de-Marne
95 - Val-d'Oise
78 - Yvelines

N. B. : Chaque nom de département est précédé de son code géographique. - Les anciennes régions, qui ont fusionné lors de la réforme territoriale de 2015 sont en marron.

 Occitanie
Midi-Pyrénées

09 - Ariège
12 - Aveyron
31 - Haute-Garonne
65 - Hautes-Pyrénées
32 - Gers
46 - Lot
81 - Tarn
82 - Tarn-et-Garonne

Languedoc-Roussilon

11 - Aude
30 - Gard
34 - Hérault
48 - Lozère
66 - Pyrénées-Orientales


 Hauts-de-France
Nord-Pas-de Calais

59 - Nord
62 - Pas-de-Calais

Picardie

02 - Aisne
60 - Oise
80 - Somme


 Pays-de-la-Loire
44 - Loire-Atlantique
49 - Maine-et-Loire
53 - Mayenne
72 - Sarthe
85 - Vendée

 PACA
04 - Alpes de Hte-Provence
06 - Alpes-Maritimes
13 - Bouches-du-RhĂ´ne
05 - Hautes-Alpes
83 - Var
84 - Vaucluse

Outre-mer
971 - Guadeloupe
972 - Martinique
973 - Guyane
974 - Réunion
976 - Mayotte

975 - St-Pierre-et-Miquelon, a été un département de 1976 à 1985.
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