 |
Le département
de l'Ariège a été formé du comté de Foix
et de la partie de la Gascogne
qui comprenait le Couserans
(arrondissement de Saint-Girons). Sa superficie
est de 486,300 hectares (4863 km²), et sa
population de 151 581 habitants (2010).
C'est un pays montagneux au Sud, où il
est couvert par les Pyrénées centrales et
leurs contre-forts. Au Nord, l'arrondissement
de Pamiers est un pays de plaines accidentées. En général, les montagnes
sont nues, arides et stériles au sommet, mais revêtues de pâturages
et de bois sur les flancs.
-
Un
paysage de l'Ariège : Saint-Lizier et les Pyrénées.
©
Photo : Serge Jodra, 2011.
Les vallées principales, celles du Lers,
de l'Ariège et du Salat, sont couvertes de prairies dans leurs parties
supérieures et très fertiles dans leurs parties inférieures.
Principales
communes
| Rang |
Arr. |
Commune |
Population |
|
1
|
2
|
Pamiers |
16 486 |
|
2
|
1
|
Foix |
10 119 |
|
3
|
3
|
Saint-Girons |
7 048 |
|
4
|
1
|
Lavelanet |
7 019 |
|
5
|
2
|
Saverdun |
4 523 |
|
6
|
1
|
Tarascon-sur-Ariège |
3 553 |
|
7
|
2
|
Mazères |
3 372 |
|
8
|
2
|
Mirepoix |
3 259 |
|
9
|
2
|
Varilhes |
2 935 |
|
10
|
2
|
Laroque-d'Olmes |
2 767 |
|
| Rang |
Arr. |
Commune |
Population |
|
11
|
2
|
Saint-Jean-du-Falga |
2 649 |
|
12
|
2
|
La Tour-du-Crieu |
2 414 |
|
13
|
2
|
Verniolle |
2 287 |
|
14
|
2
|
Lézat-sur-Lèze |
2 286 |
|
15
|
1
|
Ax-les-Thermes |
1 542 |
|
16
|
3
|
Saint-Lizier |
1 507 |
|
17
|
1
|
Montgaillard |
1 371 |
|
18
|
3
|
Lorp-Sentaraille |
1 290 |
|
19
|
1
|
Saint-Paul-de-Jarrat |
1 267 |
|
20
|
2
|
Le Mas-d'Azil |
1 243 |
|
Codes
des arrondissements : 1
= Foix,
2
= Pamiers,
3
= Saint-Girons.
Cliquer
sur les liens pour afficher la liste de toutes les communes.
Situation, limites,
superficie
Le département de l'Ariège
est traversé du Sud au Nord et partagé en deux parties inégales par
l'affluent de la Garonne qui lui donne son nom.
Il est borné au Nord et à l'Ouest par le département de la Haute-Garonne,
au Sud par la Catalogne ,
la Principauté d'Andorre et le département
des Pyrénées-Orientales; Ã
l'Ouest par le département de l'Aude. L'Aude
et l'Hers limitent le département pendant quelques kilomètres de leur
cours. La frontière méridionale se confond presque absolument avec la
ligne de faîte des Pyrénées. La superficie
atteint 486,300 hectares. Les plus grandes dimensions sont de 130 km de
Quérigut à Saint-Lary, et de 105 km de Lezat à L'Hospitalet.
-
Carte
de l'Ariège (partie centrale).
Curiosités naturelles
Outre la variété de
ses paysages, ses sites à la fois grandioses et charmants, ses lacs,
ses étangs, ses neiges, ses forêts, ses cascades,
ses gorges pittoresques, le département de l'Ariège renferme un grand
nombre de curiosités naturelles dont l'énumération et la description
serait trop longue. Nous nous contenterons de citer : la grottes
du Mas-d'Azil, à dix minutes de la ville du même nom, immense excavation
d'une hauteur de 80 mètres sur 48 mètres de largeur, qui sert de passage
aux eaux de l'Arize; - la grotte de l'Herm, près de Pradières, labyrinthe
composé d'un grand nombre de galeries adjacentes, dans lesquelles ont
été découverts un grand nombre d'ossements fossiles; - la fontaine intermittente
de Fontesorbe, dont les eaux coulent d'une manière régulière pendant
8 à 9 mois, et pendant trois mois de l'année présentent des phénomènes
de diminution et d'augmentation alternatives; - les montagnes de Gourbit,
abondantes en charmants paysages; - la grotte de Bédeillac,
remarquable par
ses admirables stalactites, et dans laquelle une légende a placé le tombeau
de Roland .
- Citons enfin les grottes d'Ornolac, de Lombrive (belles concrétions,
lac souterrain) et de Niaux (peintures pariétales), dans les environs
d'Ussat; celle de Las Roques, près de Gajan, et les trois grottes de Cazavet,
la rivière souterraine de Labouiche.
Relief du sol
Structure générale.
Le département
de l'Ariège est adossé à la grande chaîne des Pyrénées
et s'incline du Sud au Nord, non pas insensiblement, mais par une série
de gradins de hauteur décroissante. Il renferme en réalité quatre régions
distinctes, tant au point de vue géographique qu'au point de vue géologique.
1° La région
de la grande chaîne pyrénéenne qui sépare la France
de l'Espagne.
2° La région des
montagnes de Tabe; elle se compose essentiellement d'une chaîne de 80
km de long environ, à peu près parallèle à la première, mais formée
d'éléments géologiques bien différents et distante de 25 km de cette
première chaîne.
3° A 15 km au Nord
des montagnes de Tabe, une troisième chaîne, qui offre l'aspect d'une
grande muraille régulière et qui est connue sous le nom générique de
Plantaurel, constitue la « région calcaire » du département.
4° Au Nord du Plantaurel
se développe jusqu'à la plaine de la Garonne
et jusqu'aux collines de Lauragais
un système d'ondulations qui varient de 250 à 500 m.
Cette pente générale
du Sud au Nord qui est caractéristique du sol du département est marquée,
quand on déchiffre une carte de ce département, par la direction même
des eaux. Le Salat, l'Ariège et l'Hers coulent
du Nord au Sud en se frayant une route à travers les chaînes successives
qui leur barrent l'accès des plaines du Nord. Il est même remarquable
qu'à partir de Tarascon le cours de l'Ariège est, pour ainsi dire, en
ligne droite. Après avoir franchi l'obstacle du Plantaurel, les rivières
pénètrent dans une vallée plane qu'elles ont formée de leurs alluvions.
Le plan général du département de l'Ariège est donc complété par
les deux plaines jumelles de l'Ariège et de l'Hers , au Nord-Est, et Ã
l'Ouest par la plaine moins large du Salat. En
résumé le département est accidenté; il offre une grande variété
d'aspects.
La région des
Pyrénées.
La chaîne pyrénéenne
proprement dite, celle qui forme la limite entre l'Ariège et l'Espagne,
commence à l'Ouest, au Pic de Crabère, aux sources du Lez (2630 m). On
rencontre ensuite en allant vers l'Est, le Pic de Maubermé (2880 m), le
Mail de Bulard (2752 m), le Pic des Trois Comtes (2689 m), le Pic de Montvallier
(2839 m), les Mulats (2729 m), les Monts Rouges (2870 et 2865 m), le Cap
das Roujos ou de Ruhos (2604 m), le Pic de Cestescans dont la plus haute
pointe (2830 m) est en Espagne, la Pique d'Estats (3141 m.), cime culminante
du département, le Pic de Montcalm (3080 m), le Pic de Canal. bonne (2966
m), la Rouze (2905 m), le Pic de Médacourbe (2849 m), dominé par le pic
Andorran de la Coma Pedrosa (2945 m), le Pic de Cabayrou (2837 m), le Pic
de Tristagne (2879 m), le Pic de Malcaras (2814 m), le pic de Siguer (2903
m), le Pic de Serrère (2911 m), le Milmenut (2735 m), le Pic de la Cabanette
(2841 m).
La chaîne cesse
alors de suivre l'axe des Pyrénées, et, s'infléchissant vers le Nord-Est,
elle sépare l'Ariège des Pyrénées-Orientales,
jusqu'au Pic Pédroux (2838 m). Cette partie des Pyrénées, très sauvage
et presque constamment couverte de neiges, est l'une des plus inaccessibles
et des moins connues. La grande chaîne est coupée, à la vérité, en
théorie, par un grand nombre de dépressions qui sont censées permettre
le passage d'un versant à l'autre. On compte jusqu'à 41 ports depuis
le Pic de Crabère jusqu'au Pic Pédroux, mais ces ports ne sont pour la
plupart que des sentiers praticables pendant quelques mois seulement et
périlleux en toute saison.
Le Port de Giretta
entre le Pic des Trois Comtes et celui de Barlonguère est à 2620 m d'altitude.
Le plus fréquenté est le Col de Puymorens (1931 m), près du Pic Pédroux,
par où passe la grande route de Toulouse et de Foix en Cerdagne. Il faut
citer aussi le Port de Salau (2052 m).
Les montagnes
de Tabe.
On est convenu de
dire que, au Pic de Camporeils, situé sur la limite des département de
l'Ariège et des Pyrénées-Orientales, prend naissance la chaîne des
montagnes de Tabe. A proprement parler, la montagne de Tabe ou Pic de Saint-Barthélemy
(2349 m), entre Hers, Touyre et Ariège, est un massif particulier et,
en quelque sorte, le Canigou du département de l'Ariège. Toutefois, il
n'y a pas d'inconvénient à attribuer ce nom générique à la chaîne
qui, séparant d'abord les bassins de l'Ariège et de l'Aude, présente
du Sud-Ouest au Nord-Ouest les Pics de Moustier (2608 m), de Terrès (2549
m), des Récantous (2539 m), de Campras (2554 m), le Roc blanc (2543 m),
les Pics de Balbonne (2322 m), de Tarbesou (2366 m), de Mounégou (2079
m), la Crête de Pailhères (1998 m). La chaîne s'abaisse vers les sources
de l'Hers jusqu'à 1500 m et laisse passer par cette échancrure la route
de Belcaire à Tarascon. Ensuite commence le massif véritable de Tabe,
flanqué du pic de Soularac (2343 m), du pic de Galinat (2253 m) et du
mont Fourcat (2004 m).
Après le mont Fourcat,
nouvelle dépression, à Mercus, par où s'engouffre l'Ariège. De l'autre
côté de la rivière, la chaîne se relève et offre de nouveau des sommets
très notables à la montagne des Sondours (1067 m), le roc de Trabinet,
(1652 m.), le Cap de las Costes (1739 m), le Cap de la Dosse (1935 m),
le Pic des Trois Seigneurs (2165 m), le Pic de la Journalade (1949 m),
le Pic d'Estibal (1669 m), le Pic de Fontfrède (1622 m), le Pricou de
Berne (1716 m), le Pic de la Courate (1422 m). La chaîne se termine enfin
sur la rive droite du Salat, après la forêt de Rivenert. La portion de
l'arrondissement de Saint-Girons qui est
au delà du Salat est couverte d'un enchevêtrement de montagnes, épanouissement
de la grande chaîne pyrénéenne, qu'il est impossible de rattacher au
système de Tabe.
Le Plantaurel.
Le Plantaurel est
un massif calcaire, situé au Sud-Est de Lavelanet
entre l'Hers et Puyvert (Aude). Les géographes donnent par extension le
nom de Plantaurel à la large bande de terrains calcaires qui traverse
le département à partir du Plantaurel et de la forêt de Belesta. Ces
terrains ont une altitude de 700 à 800 m jusqu'au moment où l'Ariège
les traverse, entre Foix
et Varilhes. A l'Est de l'Ariège, ils varient entre 500 et 600 m. On cite,
comme sommets principaux, le Cap de la Mounjo (833 m), les Monges (934
m), la Montagne de Roquefixade (1003 m). Comme toutes les montagnes
calcaires, le Plantaurel est très pittoresque. L'Hers, le Touyre, le Douctouyre,
l'Ariège, la Lèze, l'Arize y ont creusé des gorges étonnantes, et des
grottes; on y rencontre des fontaines intermittentes, des jeux célèbres
de la nature; ainsi : la grotte du Mas d'Azil, de 80 m sur 48; la grotte
de l'Herm, près de Foix; la fontaine intermittente de Fontestorbes, qui
débite 554 litres par seconde à l'étiage, 3100 en crue, etc.
Collines et plaines
de l'arrondissement de Pamiers.
On a déjà dit
qu'il n'y a pas d'autres plaines dans le département que les basses vallées
de l'Hers et de l'Ariège, avec leurs annexes, les vallées du Lestaud
et du Crieu. Les plaines ont une altitude moyenne de 240 m (220 m au-dessous
de Saverdun). Elles atteignent de 20 à 30 km de largeur. Elles sont très
fertiles. A l'Ouest du cours de l'Ariège s'éparpillent
des collines de 250 Ã 400 m de hauteur, qui sont comme un prolongement
vers le Nord du système du Plantaurel et qui rejoignent celles du Lauraguais.
Géologie
Plusieurs auteurs ont
traité en détail de la géologie très compliquée du département de
l'Ariège, entre autres Leymerie, Mussy et Pouech. En 1884, Lacvivier a
publié un livre qui résume et qui complète les travaux antérieurs.
Formations éruptives.
Mussy a distingué
quatre massifs de roches cristallisées dans le département. Le principal
est celui que Mussy appelle le massif de granit de la frontière, qui constitue
la région montagneuse de Querigut, passe au Sud d'Ax-les-Thermes, remonte
vers Aston, se ramifie dans la vallée de Siguer jusqu'aux sources du Garbet
et du Salat. A l'Ouest ce massif se continue par un autre, très puissant,
qui est traversé par l'Oriège et par l'Ariège. En remontant la vallée
de l'Ariège, on trouve une masse de granit qui se poursuit jusqu'au pont
de Mérens.
« C'est
dans la vallée du Vicdessos, dit Lacvivier, qu'il faut prendre le deuxième
massif de roches granitoïdes; ces roches se développent au Nord-Ouest
et forment une masse énorme qui s'étend jusqu'à la vallée du Saurat,
puis se divise en deux bandes dont l'une s'étend dans le canton de Castillon,
l'autre aboutit au confluent de l'Arac et du Salat. »
Le troisième massif,
après avoir constitué le Saint-Barthélemy, traverse l'Ariège vers Mercus;
de là il se dirige sur Brassac et aboutit au pont de Lacourt. Le massif
de la Barguillière n'est qu'une dépendance de celui-là .
Formations crystallophylliennes
(Hébert).
Le gneiss
accompagne très souvent le granit dans la série des roches cristallines
de l'Ariège; il l'entoure et forme les sommets élevés à arêtes vives
(vallée de l'Oriège). Les micaschistes accompagnent aussi les massifs
granitoïdes et leur font comme une ceinture. Dans la région située au
Nord de la vallée d'Orlu, il y a une succession régulière de roches
granitoïdes, de gneiss, de micaschistes, de schistes
anciens et de silurien. Les micaschistes entrent pour une grande part dans
la constitution des vallées hautes du Vicdessos et du Touyre.
Série paléozoïque.
Les terrains siluriens
occupent une place considérable dans la géologie du département. Ils
forment notamment une bande de l'Est à l'Ouest; venant de l'Aude, cette
bande passe au Sud de Montségur
et contourne le versant Nord du Saint-Barthélemy, reparaît au bord de
l'Ariège, à Lacourt, et, un moment interrompue par le Salat, aboutit
dans le canton de Castillon. Une autre bande est comprise entre Camurac
et la vallée de l'Oriège.
Quant au terrain
dévonien,
Mussy en signale deux bandes la plus importante commence à la limite de
l'Aude et se dirige par Montségur et Montferrier vers la rive gauche de
l'Ariège, Alzen et la vallée du Salat. Lacvivier en signale en outre
dans les vallées du Garbet et de l'Alet. Le permien
et le carbonifère ne sont pas représentés
dans le département de l'Ariège.
Série mésozoïque.
Le trias
est assez bien représenté dans la série sédimentaire de l'Ariège;
on n'en trouve guère dans la partie montagneuse du département; il n'y
est représenté que par quelques affleurements, intéressants parce qu'ils
renferment du gypse; mais le trias forma une bande
fort importante qui accompagne le jurassique depuis Roquefixade jusque
dans le Saint-Gironnais; son assise la plus caractéristique est celle
des marnes irisées, fréquemment traversée par
les ophites.
Dans le département,
le jurassique ne paraît représenté que
par trois de ses étages : l'infralias, le lias
et le corallien. La découverte de l'existence de l'infralias (hettangien)
dans le département a été faite en 1865 par Pouech, qui trouva des fossiles
de cet étage sur le versant Sud de la barre rocheuse qui s'étend de Péreille
au Salat. Le lias moyen est très répandu, principalement dans la vallée
de Siguer au Rancié, dans la gorge de la Frau, sur la rive gauche du Salat.
Terrains crétacés.
II existe dans l'Ariège
deux groupes de terrain crétacé, d'inégale
importance. L'étude de Lacvivier leur est consacrée presque tout entière.
Nous citerons en abrégé les conclusions principales de cette étude :
«
Il y a des lacunes dans le crétacé inférieur de l'Ariège, de même
que sur d'autres points des Pyrénées. En effet, le néocomien n'est représenté
que par son sous-étage moyen ou urgonien. Essentiellement calcaire, il
forme, dans presque toute la largeur du département, deux bandes minces.
Le Gault, qui l'accompagne partout, est marneux et riche en fossiles. Le
crétacé supérieur est complet dans l'Ariège. Moins constant que le
Gault, il le recouvre sur tous les points où il se montre (Cabanères,
Péreille, Morenci). »
Pour la description
des terrains tertiaires et quaternaires de l'arrondissement
de Pamiers, il faut consulter la carte de Mussy et le texte qui l'accompagne.
Régime des eaux
Le département appartient
à la fois à deux systèmes hydrographiques, au versant de l'océan
Atlantique et au versant de la mer Méditerranée.
Versant de la
Méditerranée.
Il ne comprend que
le territoire du canton de Quérigut. L'Aude, venue des Pyrénées-Orientales,
arrose et limite ce canton pendant quelques kilomètres. Elle y reçoit
la Bruyante, un torrent qui traverse la forêt des Hares.
Versant de l'Océan.
Toutes les eaux
du versant de l'Océan coulent vers la Garonne
par un grand nombre d'affluents et de sous-affluents de ce fleuve, qui
n'effleure même pas le territoire du département. Les principaux affluents
directs de la Garonne sont le Salat, le Volp, l'Arize et l'Ariège.
Le Salat naît au-dessus
du hameau de Salau, par neuf sources (850 m). Il traverse les gorges de
Conflens (706 m) et de Ribaouto. Sa vallée s'élargit à partir d'Eychel
et forme la belle vallée de Saint-Lizier .
A La Bastide du Salat, il entre dans le département de la Haute-Garonne.
Dans le département, il reçoit à droite l'Aleth (20 km), grossi de l'Ossèze;
le Garbet (30 km), la rivière d'Aulus; l'Arac (30 km) grossi du Liers;
le Nert, qui traverse les gorges boisées de Riverenert; le Baup. A gauche,
il reçoit le ruisseau d'Estours, celui d'Esbints, l'Arrout et le Lez (40
km). Le Lez sort d'un lac des montagnes qui séparent la France et le Val
d'Aran ;
traverse la vallée de Biros, dont la sol est riche en zinc et en plomb;
recueille l'Orle, le Rivarat de Bordes, le torrent de Bethmale et la Bouigonne.
-
La
vallée de l'Arac. - L'Arac arrose le bassin de Massat
et
tombe dans le Salat au pont de Kercabanac.
Le Volp n'est qu'un
ruisseau de l'arrondissement de Saint-Girons qui va se jeter dans la Garonne
à Cazères .
L'Arize est un torrent
dont le bassin est beaucoup moins considérable que ceux de l'Ariège et
du Salat. Elle a 75 km de cours (Ariège et Haute-Garonne), mais elle n'est
navigable ni flottable sur aucun point de son parcours. Elle reçoit, Ã
droite, la Picade, l'Aujole, l'Aillères, le Gabre, le Ménay, la Dourne;
à gauche, l'Artillac, le ruisseau de Clermont, le Camarade, le Montbrun,
l'Argain.
L'Ariège
a pour origine la source de Font-Nègre, au pied du pic Nègre d'Embalire
(2812 m), qui se, dresse sur les confins du val d'Andorre et des Pyrénées-Orientales.
Elle entre dans le département près de l'Hospitalet. De là , elle coule
dans d'étroites gorges rocheuses jusqu'à Ax. D'Ax à Tarascon, la rivière
est enserrée presque continuellement entre deux murailles de rochers.
Mais après Tarascon sa vallée tend à s'élargir, et, à Varilhes, l'Ariège
débouche dans une plaine fertile. Jusqu'à Saverdun, elle longe, à gauche,
la base de collines cultivées; à partir de Saverdun, elle arrose une
plaine unie, mais, à 5 km de ce bourg, à l'endroit mène où elle devient
flottable, elle entre dans le département de la Haute-Garonne. Dans la
partie moyenne de son cours, entre Foix et Saverdun, l'Ariège roule des
paillettes d'or. Les affluents de l'Ariège dans le département ne sont
que des ruisseaux, à l'exception de quatre. Il suffit de les énumérer
: le Sisca, qui sort de l'étang du même nom et forme une belle cascade;
les ruisseaux des Besines, de Crémal, de Cargathi et du Nabre, qui descendent
des montagnes qui forment, à droite, la bordure de l'Ariège entre l'Hospitalet
et Mérens. Le ruisseau de Mourguillou prend naissance dans un petit étang
au pied du pic de Castille et se jette dans l'Ariège, par la rive gauche,
à Merens. L'Orlu ou Oriège traverse deux étangs (étangs de Fauzy, d'Enleyre),
reçoit la rivière d'Orgeix et se jette dans l'Ariège, par la rive droite,
à Ax. A Ax, débouchent aussi, du même côté, la Lauze et le ruisseau
de la Fouis. D'Ax aux Cabannes, l'Ariège reçoit, à droite, le torrent
de Caussou et le ruisseau de Souquet; Ã gauche le torrent de Nagear et
les ruisseaux de Lagal, de Luzenac et de Mourègnes.
L'Aston (30 km) descend
d'un étang situé au pied du pic de Joucla (2766 m) et se jette dans l'Ariège
au-dessous de Cabannes, à gauche (515 m); l'Aston reçoit lui-même Ã
gauche les torrents de Guixel, de Querlong, grossi de la Courre de Jax,
de Calvière, le Sirbal et le Ressec.
A Tarascon se trouve
le confluent de l'Ariège et du Vicdessos. Le Vicdessos vient de la frontière
d'Espagne; il est grossi, Ã gauche, du torrent de Lartigue, Ã droite,
du torrent de Siguer, dont les gorges sont très sauvages; il traverse
l'une des régions de la France les plus riches en minerai de fer
(40 km de cours). De Tarascon à Saverdun l'Ariège reçoit, à gauche,
la Courbière, le Saurat, l'Argat (22 km), qui traverse Foix, le Lestrique;
à droite, le ruisseau d'Arnave, le Scios, le Crieux (42 km), rivière
de plaine.
Les deux plus grands
affluents de l'Ariège, l'Hers et la Lèze, n'ont qu'une partie de leur
cours dans le département :
Le Grand Hers prend
sa source (1792 m) dans le canton de Lavelanet, à quelques kilomètres
au Nord d'Ax. D'abord, tantôt il limite les département de l'Ariège
et de l'Aude, tantôt il s'engage dans l'un ou dans l'autre; au-dessous
de Sonac, il rentre pour quelque temps dans l'Ariège et, à partir de
Mirepoix ,
décrit une grande courbe du côté de l'Ouest. A Rieucros, l'Hers débouche
dans la plaine de Pamiers. Il baigne encore le département de l'Aude au-dessous
de Gaudiès pendant quelques kilomètres, puis il repasse dans l'Ariège
(Mazères), qu'il quitte bientôt définitivement pour le département
de la Haute-Garonne. L'Hers reçoit sur sa rive gauche le ruisseau de Brière
le Douctouyre; sur sa rive droite, la Frau, la source intermittente de
Fontestorbes, l'Ambrole.
Quant à la Lèze,
elle prend sa source à 450 m d'altitude dans le canton de Varilhes. Sa
vallée, en ligne droite, est fertile et pittoresque (75 km). Au-dessous
de Lézat, elle entre dans la Haute-Garonne; elle reçoit l'Argenoux, le
Cazaux, le Monesple et le Latou.
-
 |
|
Le
lac de Bethmale. - La vallée de Bethmale, qui a pour capitale
Ayet, gros hameau de la commune de Bethmale, descend le cours du Balamet,
dit aussi le Bethmale : ce tributaire de droite du Lez court dans les schistes
primaires ou les granits, entre monts de 2000 il près de 2500 mètres
d'altitude : un de ses tributaires a pour origine le lac de Bethmale, qui
miroite à 1058 m d'altitude. |
Le département de
l'Ariège renferme environ 150 lacs dans les montagnes.
Les plus dignes d'être cités sont le lac d'Albe (2212 m), l'étang de
Médacourbe (2192 m), d'où sort le Vicdessos; l'étang de Fontargente
(2146 m); d'où sort l'Aston; le lac de Bethmale; les trois étangs
de Tabe, situés sur le pic de Saint-Barthélemy.
Climat
Comme le climat de tous
les pays montagneux situés dans une région méridionale, le climat de
l'Ariège est extrême et variable suivant les lieux. La neige
couvre les montagnes de septembre à avril; elle recouvre les hautes plaines
pendant tout l'hiver. Mais, dans la plaine de Pamiers ,
le thermomètre monte en été jusqu'à 36°C . Les orages de grêle
sont fréquents; la moyenne annuelle des jours de pluies
est de 128; la hauteur annuelle des pluies est de 0,120 m vers les sources
de l'Ariège, de 0,73 m à Foix ,
de 0,60 m à Pamiers. Le vent du Nord-Ouest est le plus fréquent, comme
dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Les vents
du Nord et du Sud sont rares.
Flore et faune naturelles
Il importe de remarquer
surtout, à propos de la flore naturelle de l'Ariège, que les forêts
se trouvent presque toutes disposées sur les flancs de la rangée des
montagnes
de Tabe. Les flancs et les contreforts de cette chaîne sont boisés par
les grandes forêts de Riverenert, du Bosc, de Brassas, de Ganac, de Montoulieu,
de Prayols, du Basque et d'Embeyre, de Tiblac et des Hares.
Dans les montagnes
pyrénéennes, la faune sauvage est encore assez riche. On y trouve des
ours,
qui ont dû y être réintroduits. Autrefois, les habitants d'Ustou se
livraient à l'élevage des oursons que les saltimbanques achetaient pour
les promener dans les foires .
(GE).
 |
Michel
Gardère et Anne-Charlotte Delangle, La
femme sauvage, Presses de la Cité, 2011 - En
1807, dans les Pyrénées ariégeoises, deux chasseurs aperçoivent et
traquent une femme nue, accompagnée d'un ourson. Capturée, hurlant comme
une démente - on l'appellera désormais la Folle du Montcalm -,
elle est conduite chez le curé du village. L'inconnue ne prononce que
ces mots; "Robespierre a tué ma famille", et s'échappe dans la nuit.
Elle passera encore deux années dans la montagne, avant d'être reprise
et jetée en prison, à Foix. Pour y mourir peu après. Qui était cette
femme? Comment a-t-elle pu survivre? Est-elle vraiment morte en prison
comme on l'a dit? Pourquoi le redoutable Fouché, ministre de la Police
de Napoléon, s'intéressa-t-il tant à elle? Et pour quelles curieuses
raisons le préfet de l'Ariège tenta-t-il de la sauver? C'est cette incroyable
mais authentique histoire qu'a reconstituée Michel Gardère, secondé
par Anne-Charlotte Delangle. Palpitant comme un polar et admirablement
documenté, La Femme sauvage nous raconte une extraordinaire aventure
humaine.
Gilles
Castroviejo et al., Le Petit Futé, Ariège, 2009.
Olivier
de Robert et Jean-Pierre Siréjol, Ariège, Editions Sud-Ouest,
2003. - Entre douceur de vivre et montagnes infranchissables,
l'Ariège raconte l'histoire de ses habitants à travers ses paysages.
Terre accueillante et rebelle à la fois, façonnée par l'histoire, elle
porte en elle le souvenir des artistes de la préhistoire, du génie roman,
du drame cathare et de l'inaltérable courage des paysans de la montagne.
Partagée en deux par la langue et le climat, l'Ariège a pourtant toujours
su préserver son unité dans les épreuves d'hier et d'aujourd'hui. Tout
autant tournée vers l'agriculture que vers l'industrie et à présent
le tourisme, elle a gardé ses multiples identités et son authenticité,
offrant un visage sans cesse renouvelé au voyageur. Cet ouvrage doit se
lire comme un prétexte au voyage, à la découverte des grands sites et
des coins secrets de ce département, pays par pays.
Jean-François
Ratonnat, La vie d'autrefois en Ariège, Editions Sud-Ouest,
2001. - La vie d'autrefois en Ariège raconte
l'histoire du département des années 1890 à la Première
Guerre mondiale, époque où nos grands-parents
vivent les grands bouleversements industriels et moraux qui marquent le
passage du XIX au XXe siècle. C'est l'époque de l'émigration paysanne,
de la séparation de l'Église et de l'État qui entraînèrent des inventaires
houleux, des grèves dans la métallurgie, de la longue carrière du ministre
Théophile Delcassé qui passa sept années aux Affaires étrangères -
un record -, c'est l'école obligatoire, l'arrivée du train, du téléphone,
de l'électricité, avec la construction du plus grand barrage de France
de l'époque (celui de Naguilles), c'est aussi le thermalisme à Ax, Ã
Aulus, la fin de la transhumance, les grandes fêtes de Foix et bien d'autres
choses encore... Illustré par des cartes postales et des documents anciens,
cet ouvrage fait revivre le quotidien de ces hommes et de ces femmes, sans
qui l'Ariège d'aujourd'hui ne serait pas ce qu'elle est.
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