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06 S, 55 36 E |
L'île de la
réunion (anc. île Bourbon) est une île de l'Océan Indien, la plus
occidentale des îles Mascareignes, à 140 km au Sud-Ouest de l'île
Maurice ,
et a 560 km au Sud-Est de Madagascar ;
superficie : 3500 km²; population : 860 000 habitants environ (2021);
chef-lieu : Saint-Denis .
Administrativement l'île est à la fois un département d'Outre-mer de
la France
et une région d'Outre-mer.
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Carte
de l'île de la Réunion. Source : The World
Factbook.
Géographie physique
Géologie et volcanisme.
L'île de la Réunion
s'est formée grâce à l'activité volcanique du point chaud de La Réunion,
similaire à celui qui a créé les îles Hawaiiï. Le Piton des Neiges
a été le premier volcan à émerger il y a environ 3 millions d'années,
suivi par le Piton de la Fournaise. De nombreux sentiers balisés permettent
de parcourir ces zones, y compris l'ascension du Piton des Neiges et les
randonnées autour du Piton de la Fournaise.
Le
Piton de la Fournaise.
Le Piton de la Fournaise,
haut de 2632 m, est l'un des volcans les plus actifs du monde, avec des
éruptions fréquentes, souvent spectaculaires. Il est situé dans le sud-est
de l'île. Le Piton de la Fournaise est un volcan bouclier, caractérisé
par des pentes douces et des coulées de lave fluides. C'est une attraction
majeure pour les scientifiques et les touristes. Ses éruptions sont généralement
effusives, produisant des coulées de lave spectaculaires mais rarement
dangereuses pour les populations locales grâce à des dispositifs de surveillance
sophistiqués et des mesures de sécurité.
Le
Piton des Neiges.
Le Piton des Neiges
est un volcan éteint situé au centre de la réunion. C'est le plus élevé
de l'île et des Mascareignes. Altitude : 3 070 mètres d'altitude. C'est
un stratovolcan qui a cessé son activité il y a environ 12 000 ans. Le
Piton des Neiges est entouré de cirques montagneux, offrant des panoramas
exceptionnels sur toute l'île.
Le GR R2, un sentier
de grande randonnée traversant l'île du nord au sud, passant par les
trois cirques. De nombreux sentiers balisés permettent d'explorer les
recoins de chaque cirque, offrant des niveaux de difficulté variés :
• Cirque
de Salazie. - Localisation : Nord-est de l'île. Accès : route de
Salazie (RD48) depuis Saint-André. Accessible en voiture, Salazie est
le plus vert des trois cirques. Il est réputé pour ses cascades abondantes
et sa végétation luxuriante. Les chutes d'eau comme le Voile de la
Mariée sont des attractions populaires. Village : Hell-Bourg, l'un
des plus beaux villages de France, est un point fort du cirque, avec ses
maisons créoles et son ambiance pittoresque.
• Cirque
de Cilaos. - Localisation : Centre-sud de l'île. Accès : Route de
Cilaos (RD242) depuis Saint-Louis, connue pour ses 400 virages. Cilaos
est connu pour ses sources thermales, ses vignobles et ses paysages montagneux.
Le cirque est entouré de sommets imposants, dont le Piton des Neiges.
Les activités les plus prisées sont la randonnée, le canyoning et la
visite des thermes. Village : Cilaos est le centre principal, offrant des
services touristiques, des hébergements et des restaurants.
• Cirque de
Mafate. - Localisation : Centre-ouest de l'île. Accès : Accessible
uniquement à pied ou en hélicoptère. Mafate est le plus isolé et sauvage
des trois cirques, offrant une expérience de nature préservée. L'absence
de routes rend ce cirque unique, accessible par des sentiers de randonnée.
Les panoramas sur les sommets environnants et les paysages accidentés
sont impressionnants. Villages : des îlets comme La Nouvelle, Marla et
Roche Plate offrent des hébergements rustiques et des points de ravitaillement
pour les randonneurs.
Les cirques de Salazie,
Cilaos et Mafate se sont formés par l'effondrement et l'érosion du massif
du Piton des Neiges. Ils sont sculptés par l'activité tectonique et volcanique,
ainsi que par l'érosion due aux fortes précipitations et aux rivières.
Relief.
Outre ses deux volcans
et ses trois grands cirque, l'île possède plusieurs plateaux, dont le
plateau de Saint-Denis et le plateau de la Mare. Ces zones élevées offrent
des vues panoramiques sur les cirques et les volcans.
Au bord de la mer
seulement sont des espaces plats, formés d'alluvions. La côte, sans baies
ni caps, est bordée de falaises ou de plages de galets, quelquefois de
récifs
coralliens. Pas de ports naturels, mais de simples mouillages, dangereux
lors des raz de marée ou des cyclones. Quelques abris pour petits navires
à Saint-Pierre et à Saint-Denis (barachois). En 1887 a été ouvert le
bon port de la Pointe des Galets.
Dans certaines parties
la nature du sol le prive de toute végétation; dans d'autres, au contraire,
la terre est extrĂŞmement fertile. Les tremblements de terre sont de faible
intensité (volcanisme de point chaud).
Hydrographie.
La réunion est
traversée par de nombreuses rivières, souvent tumultueuses, qui descendent
des montagnes et des cirques. Parmi les plus importantes, on trouve la
rivière des Galets, la rivière du Mât et la rivière des Remparts. Ces
rivières sont ponctuées de cascades spectaculaires, comme la cascade
de Grand Galet et la cascade du Voile de la Mariée.
Il n'y a pas de lacs
naturels de grande taille sur l'île. Cependant, le lac du volcan Piton
de la Fournaise (formé par des cratères érodés) est un site remarquable.
Climat.
La Réunion bénéficie
d'un climat tropical maritime, soumis au régime des alizés du
Sud-Est. Le relief partage l'île entre les deux régions « du Vent »
et « Sous le Vent », la seconde plus sèche que la première. La température,
douce sur la côte, est fraîche dans « les hauts-»,
oĂą la neige et la glace apparaissent quelquefois. Il
y a deux saisons principales :
• La
saison chaude (d'octobre à avril) est caractérisée par des températures
élevées, une humidité importante, et des précipitations plus abondantes.
C'est la saison des cyclones. Bien que ceux-ci ne touchent pas toujours
l'île de plein fouet, il peuvent être destructeurs, déraciner les arbres
et détruire les bâtiments.
• La saison
fraîche (de mai à septembre) a des températures plus fraîches,
surtout dans les hauteurs, et moins de pluie. Cette période est plus sèche
et agréable.
Le climat varie considérablement
en fonction de l'altitude. Les régions côtières sont généralement
plus chaudes et plus humides, tandis que les zones montagneuses, notamment
autour du Piton des Neiges, sont plus fraîches et peuvent connaître des
températures près du gel.
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Carte
de l'île de la Réunion. (Cliquer sur l'image
pour afficher une carte plus détaillée).
Biogéographie de La
Réunion
En tant
qu'île océanique d'origine volcanique, La Réunion n'a jamais été connectée
au continent, ce qui a favorisé un haut taux d'endémisme
tant pour la flore que pour la faune.
La
diversité des habitats est exceptionnelle : des récifs
coralliens littoraux aux forĂŞts tropicales humides, en passant par
les savanes sèches, les forêts de montagne et
les coulées de lave récentes. Cette diversité
écologique découle en partie des variations altitudinales, allant du
niveau de la mer jusqu'à plus de 3000 mètres au Piton des Neiges. Ces
contrastes créent des gradients thermiques et pluviométriques qui structurent
la distribution des espèces.
La
flore
indigène comprend plus de 860 espèces, dont environ 30 % sont endémiques.
La forêt semi-sèche de basse altitude, aujourd'hui extrêmement fragmentée,
abritait autrefois une biodiversité exceptionnelle
aujourd'hui menacée par la pression anthropique. Les forêts de montagne,
quant à elles, hébergent des espèces emblématiques comme le bois de
rempart (Agarista buxifolia) ou le tamarin des Hauts (Acacia heterophylla).
Les fougères arborescentes et les orchidées
terrestres ou épiphytes y sont également fréquentes.
La
faune
terrestre est plus limitée que la flore en raison de l'insularité. Toutefois,
certains groupes comme les oiseaux, les insectes
et les mollusques présentent de nombreux
cas d'endémisme. L'île abritait autrefois le solitaire de la Réunin
(un oiseau aujourd'hui disparu), et l'on y trouve encore des espèces comme
le Tuit-tuit (Saxicola tectes), l'un des oiseaux les plus menacés. Les
reptiles, tels que les geckos et les scinques,
montrent également une radiation adaptative insulaire.
Les
milieux marins autour de La Réunion sont riches en biodiversité, en particulier
les récifs coralliens, bien que moins étendus que ceux des autres îles
de l'archipel des Mascareignes. Ces récifs
soutiennent une grande diversité de poissons, d'invertébrés marins et
d'algues. La faune marine comprend également
des espèces migratrices comme les baleines
à bosse et plusieurs espèces de tortues marines.
Les
requins de l'île de La Réunion attirent une attention particulière
en raison des risques qu'ils représentent pour les activités maritimes.
Les espèces les plus fréquemment observées sont le requin bouledogue
(Carcharhinus leucas), le requin tigre (Galeocerdo cuvier) et, occasionnellement,
le grand requin blanc (Carcharodon carcharias). Ces prédateurs sont parfois
associés à des attaques sur des humains, bien que celles-ci restent rares.
La Réunion a mis en place des mesures de prévention, comme des filets
anti-requins dans certains spots de baignade et des patrouilles aériennes
ou nautiques pour surveiller les cĂ´tes. Les conseils de prudence sont
d'éviter de se baigner à l'aube ou au crépuscule, de rester en groupe
et de limiter les mouvements brusques en eau libre. Les débats sur leur
gestion soulèvent des questions éthiques et écologiques, entre protection
humaine et conservation des espèces. Les autorités et les scientifiques
étudient également des solutions alternatives, comme l'utilisation de
technologies répulsives ou la promotion de méthodes non violentes pour
protéger à la fois les usagers de la mer et l'écosystème marin. Il
est essentiel de rappeler que les requins jouent un rĂ´le vital dans la
chaîne alimentaire, et leur présence reflète souvent la santé d'un
écosystème.
Cependant,
la biogéographie de La Réunion est aussi caractérisée par de nombreuses
pressions : introduction d'espèces exotiques envahissantes (rats,
chats,
Miconia calvescens, etc.), déforestation historique, urbanisation, incendies
et changement climatique. Des efforts
de conservation, notamment dans le cadre du Parc National de La Réunion
(classé au Patrimoine mondial de l'Unesco), tentent
de préserver ces écosystèmes.
Géographie humaine
Population.
La Réunion compte
environ 860 000 habitants. La population est concentrée principalement
sur les côtes, notamment dans le nord et l'ouest de l'île. Saint-Denis,
la capitale régionale, est la ville la plus peuplée. L'île connaît
une croissance démographique soutenue, bien que le taux de natalité ait
légèrement diminué ces dernières années. La population est relativement
jeune par rapport à la métropole.
Les habitants de
la Réunion ont des origines très diverses. Il y a des descendants d'Africains,
de Malgaches, de Chinois, d'Indiens, d'Européens et d'Arabes. Cette diversité
résulte de l'histoire coloniale et de l'esclavage,
ainsi que du régime de travail sous contrat qui a suivi l'abolition de
l'esclavage.
Le français est
la langue officielle, mais le créole réunionnais est couramment parlé.
La diversité ethnique se reflète également dans la variété des pratiques
religieuses, qui inclut le christianisme (majoritairement catholique),
l'hindouisme, l'islam et le bouddhisme.
Les principales villes
sont Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Pierre et Le Tampon. Ces centres urbains
concentrent les activités économiques, administratives et culturelles.
L'urbanisation est un défi en raison de la topographie montagneuse de
l'île, avec des zones urbanisées souvent limitées aux côtes et aux
basses altitudes. Cela entraîne des problèmes d'étalement urbain et
de gestion des terres.
Quelques-unes
des principales villes de la Réunion
| •
Saint-Denis,
située au nord de l'île, est la capitale administrative et la plus grande
ville de La Réunion. Elle joue un rôle central dans la vie politique,
économique et culturelle de l'île. On y trouve les principales institutions
administratives, des universités, des musées ainsi qu'un centre-ville
historique avec des bâtiments coloniaux bien préservés. Ville cosmopolite,
elle reflète la diversité culturelle de l'île avec une population issue
de multiples origines : européenne, indienne, africaine, chinoise et malgache.
• Saint-Pierre,
au sud de l'île, est considérée comme la "capitale du Sud". Elle possède
un important port de plaisance et un aéroport secondaire. Son front de
mer est très animé, avec de nombreux restaurants et commerces. Elle constitue
un pôle économique dynamique, notamment dans les secteurs du tourisme,
du commerce et des services. La ville s'ouvre également vers les hauts
plateaux du sud, comme le village de Cilaos, accessible par une route spectaculaire.
• Le Port,
à l'ouest, abrite le principal port commercial de l'île. Ville industrielle
et logistique, elle concentre de nombreuses infrastructures de transport
maritime et de zones d'activités économiques. Bien que souvent perçue
comme une ville fonctionnelle, elle développe également des projets de
réhabilitation urbaine et de valorisation culturelle. Sa population est
jeune et très active dans les mouvements sociaux et associatifs.
• Saint-Paul
est une commune vaste qui comprend Ă la fois un centre urbain cĂ´tier
et des zones rurales dans les hauteurs. Elle se signale par son marché
forain et la plage de Saint-Gilles, haut lieu du tourisme balnéaire. Elle
intègre aussi des sites naturels majeurs comme le Maïdo, offrant un point
de vue spectaculaire sur le cirque de Mafate. Saint-Paul est l'une des
villes les plus peuplées et l'une des plus anciennes de l'île.
• Le Tampon,
situé sur les hauteurs au sud, est une ville d'altitude qui a connu |
une
forte croissance démographique. C'est un centre agricole important, notamment
pour la culture de géraniums, et une base pour les excursions vers le
Piton de la Fournaise. Son climat plus frais attire de nombreux habitants,
et elle joue aussi un rôle éducatif avec plusieurs établissements d'enseignement
supérieur.
• Saint-André,
Ă l'est, se distingue par son patrimoine culturel d'origine indienne et
tamoule, avec plusieurs temples colorés et de grandes fêtes religieuses
comme le Cavadee ou Dipavali. C'est une ville agricole avec de vastes champs
de canne à sucre, mais aussi une zone résidentielle en pleine expansion.
Elle se trouve à proximité de la rivière du Mât et du cirque de Salazie,
offrant un lien entre les plaines et les montagnes.
• Saint-Benoît,
également à l'est, est la plus grande commune de l'île en superficie.
Elle comprend une grande diversité de paysages allant des plaines côtières
aux forêts humides des hauts. C'est un centre régional important pour
les activités agricoles, notamment la culture de la vanille et des fruits
tropicaux. Elle se tourne progressivement vers l'écotourisme, avec des
sites naturels comme la cascade de Takamaka ou le bassin La Paix.
• Sainte-Marie,
voisine de Saint-Denis, accueille l'aéroport international Roland-Garros,
ce qui lui confère une importance stratégique pour les échanges extérieurs.
Elle se développe rapidement en zone résidentielle et commerciale, tout
en conservant une activité agricole dans les hauts. Elle constitue un
point de transition entre le nord urbanisé et l'est plus rural.
• Sainte-Suzanne
est une petite commune Ă dominante agricole. Elle est connue pour son
phare historique et pour ses paysages ruraux typiques de la cĂ´te est.
Son tissu urbain s'est densifié, mais elle conserve un charme paisible
et un fort ancrage dans les traditions culturelles réunionnaises. |
Économie.
L'économie de la
Réunion a longtemps réposé sur l'agriculture (canne à sucre,
vanille, fruits tropicaux). La canne à sucre a été
la principale culture pendant plus qu'un siècle, et certaines années
elle a représenté 85% d'exportations. Toutefois, l'île s'étant engagée
dans une politique tournée vers le développement d'une industrie du tourisme,
le secteur des services est désormais prédominant. La Réunion attire
aujourd'hui de nombreux visiteurs grâce à ses paysages naturels (Piton
de la Fournaise, cirques de Mafate, Salazie et Cilaos, plages), sa biodiversité
et ses activités de plein air (randonnée, plongée, surf).
L'île dispose d'un
réseau routier développé, mais la topographie accidentée rend certains
déplacements complexes. L'aéroport Roland-Garros à Saint-Denis est le
principal point d'entrée pour les voyageurs internationaux. La pression
démographique et le relief limitent les zones constructibles, conduisant
parfois à une urbanisation dense et à des problèmes de logement.
La Réunion possède
un réseau développé d'établissements scolaires et universitaires, avec
des institutions comme l'université de La Réunion. Le taux d'alphabétisation
est élevé, bien qu'il existe des disparités socio-économiques. Le système
de santé est bien développé, mais doit faire face aux défis posés
par les maladies tropicales et les besoins d'une population croissante.
Une restructuration
de l'économie qui n'a pas empêché le taux de chômage de rester très
élevé (31 % de la population active en 2002), et la persistance des d'inégalités
sociales excessivement marquées a contribué à alimenter un climat social
tendu (avec par exemple des émeutes, qui ont eu lieu en 1991). Aujourd'hui
encore, l'économie de l'île reste très dépendante de l'aide financière
de la Métropole. |
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