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Relief
du sol.
Le département de Seine-et-Marne n'a
rien de houleux, de puissamment tourmenté et il se présente sous forme
d'un plateau plus ou moins raviné, plutôt
que sous celle d'un pays de collines; encore moins est-il montagneux. Aucun
coteau n'y monte au-dessus de 215 m, altitude de la butte Saint-Georges,
altitude d'un mamelon du Nord-Est entre la Marne
et son affluent de gauche le Petit-Morin,
à la frontière même de l'Aisne, au Nord-Est
du village d'Hondevilliers. Quelques autres protubérances dépassent 200
m, mais en petit nombre, et la plupart se tiennent au-dessous de 150 m.
De ce culmen de 215 m au lieu le plus bas de Seine-et-Marne (32 m), qui
est l'endroit où le fleuve de la Seine
abandonne le territoire, l'échelle des altitudes n'est donc que de 183
m.
Ce n'est pas à dire que le pays soit
absolument banal; il s'en faut de beaucoup, car s'il s'étend en plateaux
monotones, il est creusé de profonds et pittoresques vallons, ou sillonné
de riches, d'opulentes vallées, ou ombragé de forêts. Dans l'ensemble
se détachent la Brie ,
le Gâtinais ,
la région des grès de Fontainebleau .
La
Brie française.
La Brie
occupe tout le Nord et tout le centre du territoire et, en somme, Ã peu
près toute la contrée, sauf l'arrondissement de Fontainebleau, dans le
Sud extrême. Cette Brie est proverbiale par l'opulence de ses moissons,
la bonne tenue de ses fermes, les soins minutieux qu'on y apporte à la
culture du sol; avec sa commère, la Beauce ,
elle a historiquement contribuée pour une grande part à nourrir le dévorant
Paris .
C'est une des régions essentielles du bassin de Paris (du bassin géologique,
s'entend). Cet ancien Briegus saltus, dont le nom viendrait, croit-on,
du celtique' briek, autrement dit l',
ne s'étend pas seulement en Seine-et-Marne, mais c'est ce département
qui en détient la plus grande part, beaucoup plus que Aisne,
Marne et Aube. On
la divisait géographiquement en Haute-Brie, Basse-Brie et Brie Pouilleuse
ou Galvèse, relativement infertile, ce que le mot pouilleux signifiait
dans le vieux français; et administrativement en Brie française et en
Brie champenoise. La Brie de Seine-et-Marne était Brie française, et,
à l'autre point de vue, elle formait la Haute-Brie et la majeure part
de la Basse-Brie.
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Carte
de la Seine-et-Marne.
La Brie
de Seine-et-Marne, plus plate que la Brie champenoise, est une surface
d'argiles empâtant des meulières et reposant
sur un calcaire de 6 m d'épaisseur au plus,
dit calcaire de Brie; sous ce calcaire s'étendent tantôt des gypses
perméables, tantôt des marnes imperméables : là où c'est le gypse,
la Brie laisse couler ses eaux dans la profondeur, à travers meulières
de Brie, calcaire de Brie, et le dit gypse; et alors les rus de surface
tarissent, les pluies s'infiltrent, et le tout va sortir par des fontaines
dont l'une, celle de Chailly, dans le val du Grand-Morin,
est l'une des plus puissantes du bassin de la Seine;
là où c'est la marne, les eaux ne « s'effondrent pas », le sol reste
humide : « ce qui explique la présence, sur beaucoup de points, de longues
lignes de peupliers et de grandes mares entourées
de roseaux, de saules et de prêles-».
La Brie, lit-on dans une description assez
concentrée, « la Brie, reine des blés, s'étend
presque jusqu'aux portes de Paris ,
entre la Seine tortueuse et la Marne
plus errante encore : un village qui n'est qu'Ã 14 km de la place
de la Bastille, Sucy-en-Brie, lui doit son surnom. Si près de Lutèce
par son terme occidental, des millions d'hommes connaissent cette plaine
de 622,000 hectares (toute Brie comprise), plus on moins bosselée : de
nom seulement, ou pour l'avoir traversée en wagon, de Paris à Melun ,
de Paris à Brie-Comte-Robert ,
de Paris à Provins ,
de Paris à Coulommiers ,
et pour avoir fugitivement vu sa plaine admirablement labourée par des
attelages de forts chevaux, ses châteaux, ses grosses fermes, ses grands
domaines; ses champs d'épis superbes, et sa nudité plus souvent que ses
forêts, dont cependant plusieurs sont restées vastes et belles jusqu'Ã
ce jour. Telle est la forêt de Sénart : elle va de la Seine Ã
la rivière centrale de la Brie, à la ravissante Yères, petit méandre
de Brunoy qu'on admire un instant du haut des viaducs du chemin de fer
de Paris à Lyon ,
lente en sa prairie, dans l'ombre de deux rideaux d'arbres; ainsi encore
la forêt de Crécy-lès-Meaux ,
au-dessus du Grand-Morin, autre jolie rivière
vagabonde, et la forêt d'Armainvilliers, voisine de gouffres ou ruisseaux
et ruisselets s'abiment ». Ces forêts ne sont pas des plus petites :
celle d'Armainvilliers a 4325 hectares, celle de Crécy 4970.
On a dit plus haut que la Brie
est la reine des blés; c'est aussi la reine des fromages et des beurres,
grâce à d'innombrables vaches plus nourries du fourrage des prairies
artificielles que de celui des prés naturels : ce qui est également le
cas dans la rivale de la Brie, la Beauce .
Ces deux contrées se ressemblent fort, étant géologiquement de même
formation, faites de meulières au-dessus d'un calcaire
analogue, dit ici calcaire de Brie, là calcaire de Beauce. Seulement la
Brie est bien plus boisée, plus amène et variée, moins aplanie; dans
les deux régions, l'eau courante est très rare sur le plateau, et pour
arriver à la couche aquifère, il faut creuser des puits d'une profondeur
redoutable : parfois jusqu'Ã plus de 80 m sous terre dans les hauts lieux
de la Brie.
La
Goële et le Multien.
La Brie étant considérée comme s'arrêtant
à la rive gauche de la Marne où elle a
sa ville de Meaux
« en Brie », la rive droite de cette rivière est commandée par les
collines de rebord d'un plateau dit la Goëllo ou Goële, autour de Dammartin
« en Goële-» .
Cette Goële, aujourd'hui suffisamment nue, était une vaste forêt sous
les premiers rois de France ,
comme l'indique assez son nom, s'il est bien exact qu'il provienne du celtique
Coat, la sylve. « C'est un pays de calcaires éocènes,
avec îlots oligocènes, reliant la plaine
de la Brie à celles du Valois
et du Parisis, et richement pourvue de marnes gypseuses
». Une chaîne de coteaux la traverse, qui porte la ville de Dammartin
et s'élève à 200 m d'altitude au-dessus du village de Montgé (peut-être
Mons Jovis), soit à 100 m de dominance sur le plateau: d'où une
certaine majesté de montagnette. La Goële se continue au Nord-Est., au-dessus
du profond vallon de l'Ourcq, tributaire droit
de la Marne, par un plateau analogue, le Multien ,
où revit le nom des Meldenses, la population celtique ,
puis gallo-romaine du pays : le nom de Meaux a la même origine.
Le
Gâtinais français.
A la rive droite de la Seine
s'achève la Brie ,
commencée à la rive gauche de la Marne;
de l'autre côté du fleuve, nouveau plateau, qui s'appelle Gâtinais ,
et spécialement Gâtinais français (comme dépendant autrefois de l'Île-de-France ),
par opposition au Gâtinais orléanais. Le Gâtinais, coupé en deux par
la jolie rivière du Loing, tributaire gauche de la Seine, est également
un plateau, qui se rattache, Ã l'Ouest, Ã la fameuse Beauce .
Si voisin de ces deux plaines banales, il ne leur céderait guère en banalité
s'il n'était sillonné d'admirables chaînes de collines de la formation
du grès de Fontainebleau ,
si merveilleusement sauvages avec leurs empilements de rochers, leurs déserts
de sable, leurs forêts de pins; ces coteaux d'humble altitude sont réellement
plus sauvages, plus grandioses que telles montagnes dix fois plus élevées,
et l'on ne saurait trop vanter les recoins farouchement pittoresques de
la forêt de Fontainebleau (17.000
hectares), des environs de Larchant, de Nemours
« en Gâtinais », de Nanteau-sur-Lunain, etc. En dehors de ces
grès, le plateau est absolument nu, sans hameaux, sans fermes, avec tous
ses habitants dans de gros villages où il n'y a généralement qu'un puits
creusé à 40, 50, 60, 70 m, sinon plus, et qui parfois tarissent au bout
de l'été; le bétail boit à de grandes mares vertes, jamais à des ruisseaux
- il n'y en a pas sur la haute plaine; mais de belles fontaines jaillissent
en bas, au bout de vallées sèches: de ces surgeons, le plus puissant
est celui de Chaintreauville-lès-Nemours, détourné par la ville de Paris .
Pays d'ailleurs très fertile en grains, autant que Brie ou Beauce, et
en somme beaucoup plus riche que tant d'autres plus variés. Cette description
s'applique surtout au Gâtinais de la rive gauche du Loing, qui tire sur
la Beauce; le Gâtinais de la rive droite, qui tire sur la vallée de l'Yonne,
est moins plateau, plus coteau, plus agréable à l'oeil, et il possède
les jolis vallons creux du Lunain, de l'Orvanne.
-
Hondevilliers,
au nord-est de la Seine et-Marne.
Géologie.
Le département de Seine-et-Marne occupe
une position qui est presque l'inverse de celle des autres départements
de l'ÃŽle-de-France au point de vue
de la disposition géologique des assises qui constituent son sous-sol.
Tandis, en effet, que dans le premier le Crétacé
affleure à l'Ouest et au Nord, dans les seconds, cette formation ne se
montre qu'à l'Est et au Sud. Le prolongement général des assises étant
Nord-Ouest-Sud-Est, dans les départements voisins, à l'Ouest; il est
au contraire et Nord-Sud dans la Seine-et-Marne. Mais les différents départements
de l'Ile-de-France sont constitués par le Crétacé supérieur et le Tertiaire.
Toutefois, dans le département de Seine-et-Marne, l'Eocène
est moins développé, il ne constitue des affleurements importants qu'au
Nord de l'Oise et aux alentours des confluents
de la Seine, de l'Yonne et du Loing. On l'observe
aussi dans le fond des vallées du Grand-Morin,
du Petit-Morin et de l'Yerre. C'est l'Oligocène
qui a la plus grande extension. On le trouve dans tout le département,
soit en buttes isolées, sur l'Eocène vers Dammartin
et Meaux ,
soit formant de vastes nappes dans toute la région comprise entre la Marne,
la Seine et le Loing. Il est en partie recouvert par un manteau de limon
ou quaternaire. En résumé, les formations les plus anciennes (Crétacé,
Eocène inférieur) forment le Sud-Est, le Nord et le Nord-Ouest du département;
les formations les plus récentes, l'Ouest, le centre et le Sud-Ouest.
Tectonique.
Cette régularité provient de la régularité
des assises formant le fond du bassin de Paris .
Elle est cependant rompue par une série de plissements, le long desquels
les assises sont enfoncées (synclinaux) ou ramenées au jour (anticlinaux).
Ces plissements sont la continuation de ceux qui traversent l'Ouest de
l'ÃŽle-de-France, comme eux, ils ont
une direction générale Nord-Ouest-Sud-Est. Quelques-uns cependant atteignent
le département de Seine-et-Marne et n'intéressent pas les couches des
autres départements de la région. Ces plissements sont du Nord au Sud-:
1° L'axe du Multien
qui ne touche au département que dans sa pointe extrême Nord-Est.
2° Le synclinal du Therain, jalonné par
Montmirail, la vallée du Petit-Morin, Champigny-sur-Marne
et Saint-Aulde, Jouarre, enfonce l'Eocène inférieur
à une faible altitude et conserve des lambeaux de sables de Fontainebleau
et d'Oligocène inférieur (Dammartin, Mongé).
3° Très près du synclinal précédent
et, le suivant parallèlement, se trouve l'anticlinal remarquable qui fait
suite à l'axe du pays de Bray ,
il passe à 1 km au Sud de Meaux ,
Brétigny, Villemareuil et à 2 km au Nord de Rebais .
4° Vient ensuite le synclinal de la Seine
qui passe par Chelles, Lagny, Magny et suit presque continuellement la
vallée du Grand-Morin à Coulommiers
et La Ferté-Gaucher .
Ce synclinal est très remarquable en ce qu'il est jalonné par une rivière
importante et de grandes lignes de communications, qui sont ouvertes en
partie dans le calcaire de Brie .
5° L'anticlinal de Beynes traverse la
Seine à Ivry, la Marne à Champigny, Villeneuve-le-Comte, la forêt de
Crécy, et se bifurque vers la Brie. On observe de petits anticlinaux et
synclinaux secondaires dans toute la Brie jusqu'au synclinal (6°) de l'Eure
qui traverse la forêt de Fontainebleau, passe à Moret et à Veaulx.
7°, 8°, 9°, 10°. Une série de petits
plis accidente les couches crétacées et tertiaires
du Sud du département; ils sont de peu d'importance.
L'étendue de ces synclinaux et anticlinaux
est très importante pour les forages artésiens et la disposition des
niveaux aquifères.
Stratigraphie.
Le Crétacé
ne constitue qu'une faible partie de la région Sud-Est du département,
le long des vallées de la Seine, de l'Yonne et du Loing. Ce sont les étages
supérieurs qui affleurent (Sénonien et Danien).
Le sénonien forme l'étage de la craie blanche. La craie, roche blanche,
pulvérulente, un peu marneuse avec lits de silex noirs, est divisée ici
en deux zones, une zone inférieure à Bel. quadrata, Offaster pilula et
une zone supérieure à Bel. mucronata, Ostrea vesicularis se terminant
par un calcaire dur à Magas pumilus. Le Danien
est représenté par le calcaire de Montereau, dur, à grains grossiers,
jaunâtre, renfermant Janira quadricostata et Nautilus Hebertinus. Il existe
aussi quelques lambeaux du montien de très faible étendue.
Tertiaire. L'Eocène
inférieur n'affleure que sur la rive droite de la Seine,
vers Provins ,
dans la vallée de la Marne et la partie
inférieure de celle du Grand-Morin. Il débute
seulement par le sparnacien sous forme d'argile plastique exploitée Ã
Montereau, logée dans des poches de la craie où elle est associée Ã
un conglomérat de gros silex roulés. Ce conglomérat cimenté par un
ciment siliceux donne le poudingue de Nemours .
Dans la vallée de l'Ourcq, les sables sparnaciens
glauconifères et argileux, ont livré des exemplaires d'Ostrea submissa.
Des lits d'argile ligniteuse s'y montrent intercalés. Un bombement fait
réapparaître cette formation entre La Ferté-sous-Jouarre et Saint-Aulde.
On y a recueilli Cyrena gravesi et Teredina personata. Le sparnacien est
surtout étendu entre les vallées de l'Yonne et du Loing.
L'horizon du calcaire grossier inférieur
et moyen affleure dans la vallée de la Marne jusqu'à La Ferté-sous-Jouarre
et dans celle de l'Ourcq jusqu'Ã Lizy-sur-Ourcq .
Le calcaire grossier supérieur va jusqu'au delà de Crécy-lès-Meaux,
à Pouilly, et les deux horizons constituent un liséré sur la rive droite
de la Seine. Le premier horizon débute par des calcaires glauconieux,
devenant sableux, et renfermant Num. loevigata, Cardita planicosta. Puis
viennent un calcaire coquiller à Campanile giganteum et des bancs à Orbitolites
et à Miliolites (Orbitolites complanata, Cardium aviculare). L'épaisseur
de cet horizon varie de 1 m à 15 m, suivant les points. Il est surmonté
par une couche argileuse verdâtre, dite banc vert, puis par des assises
à Potamides lapidum, Potamides cristatus, Corbula angulata, que recouvrent
des lits de marne blanche et de calcaire à Potamides Hericarti. Le long
des vallées de la Marne, de l'Ourcq, du
Petit-Morin, et la rive droite de la Seine
affleure l'étage bartonien, qui montre une très grande complexité. D'une
manière générale, cet étage comprend des sables et des calcaires sableux
à Potamides mixtus, Cer. mutabilis, surmontant des sables grossiers Ã
galets calcaires, caractérisés par Nurn. variolaria, Cer. trochiforme.
Cet ensemble est recouvert par des calcaires marneux à Limnées, Planorbes
et Hydrobies, couronnées par des marnes et des calcaires à Limnea arenularia.
Très fréquemment les sables sont agglomérés sous forme de grès siliceux.
Dans les mêmes régions et à la base des escarpements de la vallée du
Grand-Morin, s'étend la formation de calcaire
de Saint-Ouen qui comprend à la base des sables à Potamides tricarinatus,
dans la partie moyenne, le calcaire, dit de
Saint-Ouen (marnes blanches à silex noirs, marnes
magnésiennes, calcaires marneux et siliceux) à Limnea longiscata, Cyclostoma
mumia et à la partie supérieure des couches sableuses et marneuses. L'Eocène
se termine par une formation qui offre une extension considérable, car
on l'observe dans toutes les vallées. C'est l'étage du gypse, également
très complexe. Il débute par des marnes à Pholodomya ludensis (Meaux ,
Coulommiers) recouverts par un calcaire blanc à nodules de silex, ou d'un
calcaire siliceux très dur (travertin de Champigny) qui supporte la masse
inférieure du gypse. La partie moyenne est représentée par des marnes
avec intercalation de la deuxième masse de gypse
(trois niveaux). activement exploitée dans des carrières souterraines.
Les marnes renferment : Lucina inornata, Cer. Roissyi. Le gypse a livré
d'assez nombreux ossements de Mammifères,
Palaeotherium Anoplotherium, etc. L'étage se termine par les marnes supragypseuses,
laguno-lacustres, formées d'alternance de lits de marne grumeleuse, panachée,
à silex, et de petits bancs calcaires (Meaux, Mortcerf, La Ferté-Gaucher ).
On y trouve Lymnea strigosa, Nystia plicata.
L'Oligocène,
en dehors des collines de Dammartin ,
Monthyon, etc., situés sur le synclinal de Meaux, ne s'étend pas au nord,
au delà de la vallée de l'Ourcq. En revanche,
il couvre toute la Brie
à laquelle il donne un cachet très spécial. Les horizons supérieurs
de l'Oligocène ne se montrent qu'au Sud de Melun ,
vers Fontainebleau ,
Château-Landon. Ils se rattachent à la région voisine de la Beauce .
Ce sont des argiles imperméables, de couleur verte, qui reposent sur des
argiles supragypseuses et forment la base de l'Oligocène. Elles constituent
un niveau aquifère très important. On y recueille : Cyrena convexa, Nystia
plicata. Ces argiles supportent la formation qui constitue le sous-sol
de tous les plateaux de la Brie; elle se présente sous l'aspect d'une
grisâtre empâtant des blocs irréguliers de
meulières provenant d'un calcaire siliceux primordial. Ce sont ces meulières
qui ont été exploitées de longue date pour la fabrication des meules
à La Ferté-sous-Jouarre .
On y trouve quelques fossiles Nystia Duchastelli, Planorbis depressus.
En dehors des buttes de Dammartin, Monthyon, Villeneuve-d'Ornains, il faut
aller chercher l'Oligocène moyen à l'Est et au Sud de Meaux ,
vers Fontainebleau, La Ferté-Alais. C'est l'horizon des grès et sables
de Fontainebleau composé, à la base, de sables calcaires à Ostracées
: O. cyathula, O. longirostris, Cer. plicatum, puis de sables à Natica
crassatina, Buccinum gossardi, supportant une masse puissante (de 50 Ã
80 m) de sables fins, micacés, sans fossiles.
Ce sont ces sables, qui deviennent gréseux par places et forment alors
des escarpements du plus curieux effet, ou ils affleurent. On les a exploités
très activement autrefois pour le pavage (nombreuses carrières). L'Oligocène
supérieur est localisé dans le Sud-Ouest du département entre Château-Landon
et La Ferté-Alais. C'est par cet étage que le département se rattache
à la Beauce. II est connu d'ailleurs sous le nom de calcaires et meulières
de Beauce, car il est formé par un calcaire marneux avec passage à des
meulières. Les lits marneux sont fossilifères. Ils renferment : Potamides
Lamarcki, Bythinia Dubuissoni. A La Ferté-Alais, ils présentent des intercalations
de courbes à faune terrestres à Helix, Pupa et à Anthracotherium. Les
calcaires et les meulières de Beauce ont été l'objet d'une grande exploitation.
Sous les couches du limon des plateaux qui couronnent presque tous les
plateaux de la Brie et de la Beauce, on trouve parfois une formation spéciale
dite des sables granitiques assimilée au Miocène
supérieur, mais c'est surtout vers la vallée de la Seine
qu'on les observe. Ils ne renferment pas de fossiles et offrent, au contraire,
de nombreux minéraux de roches granitiques.
Pléistocène. Le limon des plateaux
occupe de vastes surfaces avec une épaisseur de 5 à 6 m. II provient
en grande partie, dans le Sud, de la destruction des sables de Fontainebleau.
Mais il est fréquemment argileux et employé à la fabrication de briques.
Les alluvions anciennes (graviers anciens) sont
puissamment développées dans la vallée de la Seine,
du Loing, de l'Yonne et de la Marne. Elles
sont formées de sables grossiers, alternant avec lits de cailloux roulés
(silex de la craie, blocs de calcaire grossier, etc.) s'élevant jusqu'Ã
25 m au-dessus du niveau actuel des cours d'eau. On y a trouvé Elephas
primigenius et Elephas antiquus (basses et hautes terrasses), accompagnés
de Rhinocéros tichorinus, Cervus tarandus pour les premières et de Rhinoceros
Mercki pour les secondes. Une des localités classiques du Pléistocène
est Chelles, où l'on a recueilli avec Elephas antiquus et Equus ste nonis
de nombreux silex taillés non roulés, et à la partie supérieure, au-dessus
de la zone à Elephas primigenius, des silex d'âge moustiérien accompagnés
de restes de Bos, Equus, et Cervus. Les alluvions modernes ne dépassent
guère le lit naturel des cours d'eau.
Régime des eaux.
Tous les cours d'eau du département sans
exception appartiennent au bassin de la Seine. Ce fleuve, arrivant du département
de l'Aube, entre définitivement en Seine-et-Marne
par environ 60 m au-dessus des mers, en amont de Villiers-sur-Seine, et
y coule vers l'Ouest-Ouest-Sud, jusqu'au confluent de l'Yonne, puis, et
pas longtemps, vers l'Ouest, et enfin, Ã partir de la rencontre du Loing,
vers le Nord-Ouest, mais avec de vastes sinuosités qui lui font changer
d'horizon. La Seine « seine-et-marnaise » double,
et au delà , d'importance, durant les 106 km où elle arrose le territoire,
grâce à l'annexion de l'Yonne et du Loing, et de modeste rivière de
50 Ã 60 m d'ampleur, avec volume minimum de 10 m3 par seconde, de 60 en
module, c.-à -d. avec compensation de tous les débits de l'année, elle
devient un beau courant de 120 Ã 150 m entre rives, dont le module ne
doit pas être inférieur à 150 m3 Ã
la seconde, et qui, régularisé par des écluses, est parfaitement navigable.
avec 2 m de profondeur minima, pour les bateaux qui demandent 1,80 m d'enfoncement.
Elle baigne Bray « sur Seine », se divise et subdivise en coulées, dans
de très larges prairies où son cours est extraordinairement sinueux,
boit la Voulzie, passe sous un viaduc de la ligne de Montereau à Flamboin,
se cogne à l'Yonne, plus considérable qu'elle et en réalité branche
mère, dans la ville de Montereau-Faut-Yonne et, plus de deux fois plus
forte da fait de cette rivière de 80 à 100 m de largeur, plus abondante
après un cours plus long dans un bassin plus étendu, elle s'accroît
du Loing à Saint-Mammès près Moret, et frôle de sa rive gauche les
collines du massif de Fontainebleau ,
ville qu'elle laisse à 3 km de distance; après quoi, elle coule dans
la ville de Melun ,
coupe le chemin de fer de Paris
à Lyon sous un pont en fer de trois arches de 40 m haut de 23 m, et quitte
la Seine-et-Marne par 32 m l'altitude, soit 28 m de dénivellement depuis
son entrée dans le territoire, soit encore, en moyenne, une pente de 26
à 27 cm par km. C'est une eau verte et pure en temps ordinaire, et d'autant
plus transparente que dure longtemps la sécheresse.
Son premier affluent
en Seine-et-Marne, l'Orvin, est un cours d'eau de la craie champenoise,
qui, venu de l'Aube, n'appartient au département
que par le bas de son vallon; ce tributaire de gauche est un ru constant,
d'une portée normale de 711 litres par seconde, avec 267 aux eaux les
plus basses. Très constante aussi la Voulzie, sur la rive opposée. Cette
riviérette briéronne naît de sources abondantes derrière lesquelles
se ramifient les vallées sèches (sèches en apparence, avec ruisseaux
souterrains), d'un réseau de 10.000 hectares environ; partie des fontaines
de Richebourg, c'est le cours d'eau de Provins
où lui arrive le très clair Durtain, fait aussi de fonts vives; elle
tombe dans la Seine à 2500 m en aval de Bray, au bout d'un cours de 25
km, en une conque de 31.000 à 32.000 hectares, qui lui valent un étiage
de 600 litres, dont 160 pour le Durtain, et un volume normal de 1.000,
dont le Durtain apporte 330.
Autre courant briéron, l'Auxence, de Donnemarie-en-Montois,
a son terme à 7 km en amont de Montereau; elle est ruisseau plutôt que
riviérette.
L'Yonne arrive en Seine
à la rive gauche du fleuve, par 46 m d'altitude,
à l'entrée de Montereau, juste au-dessous du pont ou fut assassiné Jean
sans Peur ,
duc de Bourgogne ,
en 1419. C'est un fort beau cours d'eau d'une centaine de mètres de moyenne
largeur auquel on attribue 75 m3 par seconde
de portée ordinaire et 17 en étiage, au terme d'un cours de 293 km en
un bassin de 10.887 km², le 49e de la
France; elle l'emporte donc sur la Seine dont
le module ne serait que de 60 m3 et l'étiage
de 10, mais ses eaux, écoulement de terrains plus généralement imperméables,
sont beaucoup moins transparentes que les eaux « séquaniennes ». Venue
du département qui porte son nom, elle n'a que 16 km en Seine-et-Marne
et n'y reçoit aucun affluent notable; elle y est navigable dans les mêmes
conditions que la Seine : 2 m de mouillage minimum, 1,80 m pour l'enfoncement
des embarcations.
Le Loing est un tributaire de gauche; sa
vallée, empruntée par un canal de navigation, est la route la plus facile
entre la Seine et la Loire
: c'est que le pays, où il coule aujourd'hui débonnairement, fut antan
le détroit de l'ère oligocène par lequel les lacs de la Limagne
s'unissaient à ceux de Gâtinais ,
Beauce
et Brie .
Son voyage en Seine-et-Marne est d'une quarantaine de kilomètres, par
Souppes, Nemours ,
Montigny, Moret, dans une vallée riante, ou il serpente à raison de 4
m3. en étiage, de 1 en volume coutumier, navigable avec même profondeur
moyenne que Seine et Yonne, par lui-même ou par le canal du Loing qui
tantôt use de son lit, à lui Loing, et tantôt l'accompagne sur l'une
ou l'autre rive. Il admet à droite le Bez, fort ruisseau d'un débit ordinaire
de 521 litres, qui dépend presque entièrement de l'Yonne et du Loiret,
mais reçoit en Seine-et-Marne, près de Bransles, la puissante fontaine
de Frameny (246 litres par seconde); à gauche, le Fusain, qui, formé
dans le Loiret, n'est que très peu seine-et-marnais, au bas de la très
pittoresque Château-Landon, ville ancienne; c'est une riviérette de 336
à 1344 litres/s, suivant la saison, et crues à part. A gauche, ce qui
reste de la fontaine de Chaintreauville (248 l/s), accaparée par Paris
dans la banlieue d'amont de Nemours; Ã droite, le Lunain (ce qui veut
dire le petit Loing) ou ce qui en reste, depuis que ce même Paris a confisqué
les principales fontaines de sa vallée; c'est le cours d'eau de Lorrez-le-Bocage
et de Nanteau, remarquable surtout en ce qu'il perd ses eaux, puis qu'il
les récupère par les sources de Lorrez et autres fonts en aval, dont
la plus abondante avoisine Paley; Ã droite, l'Orvanne, venue de l'Yonne,
qui, forte de 377 à 830 l/s, passe à Voulx. puis, au pied de la montagne
de Trin, fière colline isolée, s'endort dans l'étang de Moret et a sa
fin vis-Ã -vis du bourg de Moret.
L'Anqueuil, tributaire de droite, est un
ruisseau briéron; il continue l'Ancoeur (même nom qu'Anqueuil), qui filtre
dans le sol, ainsi que la plupart de ses confrères de Brie; il baigne
le parc du château de Vaux-Praslin, littérairement si célèbre depuis
l'élégie aux nymphes de Vaux, oeuvre du bon La Fontaine .
Son embouchure est à Melun
même : 40 litres en étiage, 150 en débit coutumier.
L'Ecole, ruisseau des grès de Fontainebleau ,
tributaire de gauche, a son commencement et sa fin en Seine-et-Marne, mais
le seul bourg qu'il rencontre, Milly, se trouve en Essonne;
il verse à la Seine, à 8 km en aval de Melun ,
de 320 Ã 420 litres par seconde.
L'Essonne, affluent de gauche, n'appartient
au département que par sa rive droite, et pendant 12 ou 13 km seulement,
dans la vallée de Malesherbes; c'est une riviérette des plus claires,
sur fond de tourbe, au sein de prairies humides où elle s'anastomose en
petits bras, devant des collines prises d'assaut par des grès de Fontainebleau;
son embouchure est à Corbeil .
Tout au contraire, l'Yères, affluent
de droite et riviérette de Brie ,
est de Seine-et-Marne, sauf tout au bas de son cours. Bien que longue de
70 km. et drainant 75.000 hectares, elle perd tant de rus, tant de sources
de son bassin dans les trous et fissures du plateau, au pays de Rozoy,
de Tournan, de Mormant, de Brie-Comte-Robert ,
que ce ruisseau (plutôt que rivière) de Touquain (lieu de la source),
de Rozoy, de Chaumes, de Combs-la-Ville, de Villeneuve-Saint-Georges (lieu
de l'embouchure dans le Val-de-Marne)
est réduit à presque rien par la saison sèche; il est souvent inférieur
aux 300 litres/s de l'étiage officiel; on évalue sa force normale Ã
2 m3, en belles et bonnes eaux.
La Seine écoulant
directement les deux arrondissements de Fontainebleau ,
de Melun ,
et presque tout celui de Provins ,
environ les trois cinquièmes du département, la Marne,
grand affluent de droite, draine ce qui reste du territoire, ceux de Meaux
et de Coulommiers ,
donc les deux autres cinquièmes. C'est l'Aisne qui la transmet à la Seine-et-Marne
où elle serpente le long de 110 km, pour 50 seulement en ligne droite,
car elle est incroyablement sinueuse, et tel de ses détours en amont de
Meaux a 25 km, de développement pour 4 km d'isthme; tel autre, en aval,
18 pour un isthme de moins de 3500 m. C'est un courant de 70 Ã 80 m entre
rives, quelquefois 90 on 100, égal en étiage à la moitié de la Seine,
et au quart en portée ordinaire; son moindre débit est de 11 m3 à la
seconde, 15 étant l'expression la plus habituelle de ses basses eaux et
36 celui de son volume normal. C'est peu pour une rivière qui s'unit au
fleuve à l'entrée de Paris
après un pèlerinage de 525 km en un bassin de 12.679 km², mais il faut
dire aussi que les pays où elle se déroule sont des plus secs comme climat
que l'on observe en France. Des travaux considérables
en ont fait une voie parfaitement navigable où les bateaux trouvent un
mouillage de 2,20 m, et par conséquent 1,80 m au moins d'enfoncement.
Elle entoure en Seine-et-Marne 64 îles, dont aucune de très grande, passe
sous de nombreux ponts de chemin de fer ou de route de terre, baigne la
Ferté-sous-Jouarre ,
Meaux, Legny et confisque le Petit-Morin,
l'Ourcq la Thérouanne,
le Grand-Morin, la Beuvronne.
Le Petit-Morin a 40 km en Seine-et-Marne
sur 90 et environ 100 km² de bassin sur 620; le reste dans la Marne
et dans l'Aisne; suivi dans son val profond,
sinueux par le chemin de fer de Montmirail à La Ferté-sous-Jouarre, c'est
en cette dernière ville qu'il finit, dans la rive gauche de la Marne,
au pays de la pierre meulière.
L'Ourcq, ainsi
que le Petit-Morin, n'est de Seine-et-Marne
que pour la moindre part : 20 à 21 km, sur 78, et 118 km² sur 1087; le
reste dans l'Aisne et dans l'Oise;
il gagne la rive droite de la Marne après
avoir erré dans des prairies basses et rencontré le village de Lizy-sur-
Ourcq ;
il lui apporte beaucoup moins d'eau qu'antan, ayant été fort diminué
par les emprunts que lui fait le canal de
l'Ourcq, à lui et à ses affluents; lequel canal, profond de 1,50
m, se dirige vers Paris ,
qu'il devait fournir d'eau potable; mais cette eau n'est pas très bonne
à boire, et le canal ne sert plus qu'à la navigation du bassin de l'Ourcq.
La Thérouane,
riviérette du Multien ,
affluent de droite, contribue à remplir le canal de l'Ourcq : 24 km, 150
km², un volume ordinairement contenu entre 456 et 970 litres (grâce Ã
de belles sources).
Le Grand-Morin,
tributaire de droite, relève de Seine-et-Marne pendant 64 km sur 112,
et y draine 576 km², sur 908; c'est une eau fraîche de 20 m de largeur
moyenne, roulant
1300 litres par seconde au plus
bas, 2000 en étiage ordinaire, 4000 en volume habituel, dans un val très
serré, très profond, extrêmement sinueux, que suit le chemin de fer
de Paris
à Vitry-le-François par Coulommiers .
Sorti de la Marne, son pays natal, il serpente
devant La Ferté-Gaucher ,
anime de grandes papeteries, frôle Jouy, hume à Saint-Rémy-de-la-Vanne
la grande source de Chailly, forte de plusieurs centaines de litres par
seconde (débit variant entre 450 et 600) et autres fontaines abondantes,
traverse Coulommiers et accueille à gauche l'Aubetin, ru du plateau briéron
qui a 62 kim de déroulement en un bassin de 318 km² et que viennent de
grossir les jolies fontaines du parc de Mauperthuis, assez copieuses pour
qu'on ait projeté de les mettre à contribution pour la soif de Paris
: l'Aubetin, faible pour sa longueur et son aire drainée, mais constant,
ne varie guère qu'entre 200 on 300 litres par seconde. Cet affluent
reçu, le Grand-Morin va baigner la ville de Crécy en Brie et se perdre
dans la Marne à Esbly, par deux bras. La Beuvronne, tributaire de droite,
est un ruisseau de sources, dans le pays de Goële; elle passe au bourg
de Claye; embouchure à 12 km à l'Ouest-Sud-Ouest de Meaux
: 20 km; 199 km²; débit variant entre 300 et 600 litres, dont une grande
part confisquée par le canal de l'Ourcq.
Le
Grand Morin, à Coulommiers. © Photos
: Serge Jodra, 2011.
Climat.
Le climat qui règne en Seine-et-Marne,
le climat séquanien, dit aussi climat parisien, a pour caractéristique,
ainsi qu'on ne l'ignore, une grande bénignité comparative de température;
et cette bénignité provient, non pas précisément d'une situation presque
aussi voisine de l'équateur que du pôle, mais bien et surtout de la proximité
relative de la mer et de la prédominance des vents marins, Sud-Ouest,
Ouest, Nord-Ouest, sur les vents continentaux de l'Est, du Sud; les étés
y sont moins chauds que plus à l'Est sous la même latitude, mais aussi
les hivers y sont sensiblement moins froids. En deux mots, le climat y
est moins excessif, moins brusque, moins continental. On peut considérer
ce département comme très analogue, dans ses conditions météorologiques,
à ceux des autres départements de l'Île-de-France;
toutefois, l'intervalle entre le minimum et le maximum de température
paraît y être plus grand. La Marne suit à peu près, la limite de la
culture en grand de la vigne; le raisin mûrit bien dans la vallée de
l'Ourcq et aux environs de Dammartin-en-Goële
que dans la vallée du Loing et dans les plaines du Gâtinais .
Par sa position méridionale et par la
nature moins sablonneuse de son sol, l'arrondissement de Fontainebleau
est le plus chaud du département. Les pluies et neiges sent assez rares
malgré la prédominance des vents du Sud-Ouest et de l'Ouest en Seine-et-Marne.
La chute d'eau totale est évaluée seulement de 400 à 420 millimètres;
aussi les puits y ont-ils, en général, une grande profondeur. La moyenne
annuelle de la France est supérieure à 77 cm
et celle de Seine-et-Marne oscille entre 50 et 60.
Histoire depuis
1789.
L'histoire de Seine-et-Marne s'est de
tout temps presque confondue avec celle de Paris ,
dont ce département n'est que la banlieue un peu éloignée. Depuis la
Révolution et la nouvelle division du sol national, quand on forma le
département de pays empruntés à la Champagne
et surtout à l'lle-de-France ,
les événements les plus marquants y ont été : la réception du pape
Pie VII Ã Fontainebleau
en 1804, par Napoléon, qu'il venait de sacrer empereur; l'emprisonnement
de ce même pontife par ce même césar, en 1812, en ce même Fontainebleau;
la signature du concordat de Fontainebleau par Napoléon et Pie VII ;
l'abdication de Napoléon
toujours à Fontainebleau, en 1814, et la fameuse scène des adieux dits
de Fontainebleau, à la fin d'une guerre qui avait été signalée en Seine-et-Marne
par la victoire de Montereau. En 1870, nouvelle invasion, non plus de l'Europe
entière, mais des seuls Allemands; nombreux petits faits de guerre; et
surtout entrevue de Jules Favre
avec le prince de Bismarck
au château de Ferrières : les vaincus n'y obtinrent rien du vainqueur.
Parmi les personnages plus ou moins illustres
du XIXe siècle, nés en Seine-et-Marne,
il convient de citer : l'architecte Mangin (1721-1807), né à Mitry, près
de Claye; - l'académicien d'Aguesseau
(1746-1826), né à Fresnes, près de Claye; - Christophe Opoix (1745-1840),
né à Provins ,
qui fut un conventionnel; - le bibliographe Barbier
(1765-1825), né à Coulommiers ;
- Jacquinot (17721818), général de la République et de l'Empire, originaire
de Melun ;
le général Damesme (1807-1845), né à Fontainebleau ;
- Hégésippe Moreau
(1810-1838), le poète de Provins; le naturaliste Leborgne de Savigny (1777-1851),
originaire de Provins; - l'archéologue et historien Félix Bourquelot
(1815-1868), né à Provins; - le général Raoult (1810-1870), né Ã
Meaux ;
- le très savant érudit et polygraphe Maury (1817-1892), né à Meaux;
- le sculpteur Chapu (1833-1891), né au Mée, près deMelun; - Albert
de Mun ,
homme politique et orateur, né en 1841 à Lumigny, près de Rozoy; - le
professeur et littérateur Lenient, né en 1826 à Provins.
(O. Reclus / Ph. Glangeaud). |
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