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Les départements français
Les Vosges
Situé dans l'est de la France, au sein de la région Grand Est, le département des Vosges a été formé d'une partie de la Lorraine et de l'ancienne principauté de Salin, réunie à ce département par décret de la Convention du 2 mars 1795. Sa superficie est de 607.996 hectares, et sa population de 379.605 habitants (2010). Il  tire son nom et une grande part de son identité de la chaîne de montagnes du même nom, qui constitue son élément physique dominant, particulièrement dans sa partie orientale et méridionale. Ce massif montagneux s'étend du nord au sud, présentant des sommets arrondis, appelés ballons, fruits de l'érosion glaciaire et de l'érosion millénaire sur des roches anciennes.

Le relief du département est fortement contrasté. À l'est et au sud, on trouve les Hautes Vosges, caractérisées par des altitudes plus élevées et des pentes plus marquées. C'est ici que l'on trouve les points culminants, comme le Hohneck (culminant à 1363 mètres d'altitude et deuxième sommet du massif des Vosges, entièrement situé dans le département) ou les pentes du Grand Ballon (qui culmine à 1424 mètres, juste à la limite avec le Haut-Rhin). Cette partie du massif présente des cirques glaciaires, des vallées encaissées et des lacs d'altitude d'origine glaciaire, parmi lesquels les plus célèbres sont le lac de Gérardmer, le lac de Longemer et le lac de Retournemer, souvent désignés collectivement comme les lacs des Hautes Vosges. Les cols de montagne, comme le col de la Schlucht ou le col du Bonhomme (à la limite), sont des points de passage importants.

En se déplaçant vers l'ouest, le paysage change progressivement. Les Pré-Vosges constituent une zone de transition avec des altitudes moindres et un relief plus doux, fait de collines et de petites vallées. Plus à l'ouest encore, le département s'étend sur le plateau lorrain, une vaste étendue de plaines et de collines basses, marquée par des couches sédimentaires. Le relief y est beaucoup moins accentué, avec des altitudes descendant en dessous de 300 mètres par endroits.

La géologie du département reflète cette diversité topographique. Le coeur du massif des Vosges est constitué de roches cristallines anciennes (granite, gneiss) remontant à l'ère primaire, particulièrement résistantes à l'érosion, expliquant les reliefs marqués. Les Pré-Vosges et le plateau lorrain à l'ouest sont formés de roches sédimentaires (grès, calcaire, marnes) déposées au cours des ères mésozoïques et tertiaire. Les traces de l'activité glaciaire du Quaternaire sont très visibles dans les Hautes Vosges, avec la formation de lacs de cirque, de vallées en auge et de dépôts morainiques.

L'hydrographie est un aspect fondamental de la géographie physique vosgienne. Les crêtes du massif des Vosges constituent une ligne de partage des eaux majeure entre le bassin versant de la Mer du Nord et celui de la Mer Méditerranée. De nombreuses rivières importantes prennent leur source dans le département ou y coulent sur une partie significative de leur cours. C'est le cas de la Moselle, qui prend sa source à Bussang et s'écoule vers le nord-ouest, rejoignant le Rhin. La Saône prend également sa source dans le sud du département, près de Vioménil, et s'écoule vers le sud, faisant partie du bassin du Rhône. D'autres rivières importantes incluent la Vologne, la Mortagne, le Madon (affluents de la Moselle) et la Meuse (qui prend sa source juste à l'extérieur des limites actuelles du département mais dont le cours supérieur traverse une partie significative). Les lacs naturels des Hautes Vosges, mentionnés précédemment, sont des réservoirs d'eau importants et des sites paysagers remarquables. Le département compte également des plans d'eau artificiels, comme le lac de Pierre-Percée.

Le climat est majoritairement de type semi-continental, avec une influence montagnarde marquée dans les Hautes Vosges. Les précipitations sont abondantes, particulièrement sur les versants exposés à l'ouest, contribuant à l'alimentation des nombreuses rivières. L'enneigement est régulier et important en hiver dans les montagnes, permettant le développement des stations de ski. Les températures varient considérablement avec l'altitude, les étés étant frais en altitude et plus chauds en plaine, et les hivers rigoureux en montagne. Le brouillard est fréquent, en particulier dans les vallées et sur les crêtes.

La végétation est largement dominée par la forêt, qui couvre environ la moitié du département. Le massif des Vosges donne son nom à une vaste zone forestière. À haute altitude, les forêts sont principalement composées de conifères (sapins, épicéas). À des altitudes inférieures et dans les zones de collines et de plateaux, on trouve des forêts mixtes et de feuillus (hêtres, chênes, pins). Les Hautes Vosges abritent également des zones de chaumes (prairies d'altitude utilisées pour le pâturage) et des tourbières, des milieux humides remarquables et fragiles. L'ensemble de la partie montagneuse est intégré au Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, qui vise à protéger et valoriser ces paysages et écosystèmes variés et souvent exceptionnels.

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
1
Épinal 35 387
2
3
St-Dié-des-Vosges 22 926
3
3
Gérardmer 9 379
4
1
Remiremont 8 599
5
1
Golbey 8 351
6
1
Thaon-les-Vosges 8 257
7
2
Neufchâteau 7 395
8
3
Raon-l'Étape 6 887
9
2
Mirecourt 6 415
10
1
Rambervillers 5 874
Rang Arr. Commune Population
11
2
Vittel 5 745
12
1
La Bresse 4 916
13
1
Charmes 4 645
14
1
Le Val-d'Ajol 4 294
15
1
Saint-Nabord 4 182
16
1
Vagney 4 096
17
1
St-Étienne-lès-Remiremont 3 994
18
1
Le Thillot 3 841
19
1
Cornimont 3 821
20
2
Contrexéville 3 750
Codes des arrondissements : 1 = Epinal, 2 = Neufchâteau, 3 = Saint-Dié-des-Vosges.
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Avec une population d'environ 380 000 habitants, les Vosges est un département majoritairement rural. La densité de population est relativement faible par rapport à la moyenne nationale, et la population se concentre principalement dans les vallées fluviales, le long des axes de communication historiques, comme la vallée de la Moselle (où se situent Épinal, la préfecture, et Remiremont), celle du Vologne ou dans le secteur de Saint-Dié-des-Vosges. Les zones de montagne et les plateaux de l'Ouest vosgien sont moins densément peuplés, abritant de petits villages et des fermes isolées. Le département, à l'instar de nombreux territoires ruraux français, fait face à un certain déclin démographique dans certaines zones, un vieillissement de sa population et un solde migratoire parfois négatif, notamment chez les jeunes quittant le département pour leurs études ou pour chercher un emploi dans de plus grandes métropoles.

Sur le plan économique, les Vosges ont connu une histoire industrielle riche, notamment dans le textile (coton, lin), l'exploitation minière (fer, charbon localisé), et la papeterie, dont les traces sont encore visibles dans le paysage bâti (usines réhabilitées, cités ouvrières) et dans la mémoire collective. Cependant, ces secteurs ont subi d'importantes crises et restructurations depuis la seconde moitié du XXe siècle, entraînant des reconversions nécessaires et parfois douloureuses. L'économie actuelle s'appuie davantage sur le secteur tertiaire, le tourisme étant un pilier essentiel. Les stations de montagne (Gérardmer, La Bresse, Ventron, etc.) offrent des activités hivernales (ski) et estivales (randonnée, VTT, nautisme sur les lacs). Les villes d'eau réputées (Vittel, Contrexéville) constituent un pôle important d'activité autour du thermalisme, de la production d'eau minérale et des activités de bien-être. Le patrimoine naturel exceptionnel (parcs, lacs, forêts du massif vosgien) attire également une clientèle axée sur le tourisme vert et la nature. L'exploitation forestière et l'industrie du bois restent importantes, valorisant la richesse des massifs forestiers qui couvrent une grande partie du territoire départemental, alimentant scieries, menuiseries et industries de l'ameublement. L'agriculture, dominée par l'élevage laitier et la polyculture dans les zones de plaine et de piémont moins pentues, continue de façonner les paysages des vallées et plateaux. Le département cherche également à développer de nouvelles activités dans des secteurs de niche, profitant de sa position géographique et de ses infrastructures de transport (notamment l'autoroute A31 traversant l'ouest du département et reliant le nord et le sud).

L'organisation de l'espace est fortement hiérarchisée autour des villes principales : Épinal, centre administratif et économique majeur, Saint-Dié-des-Vosges, pôle industriel et culturel de la vallée de la Meurthe, et Remiremont, carrefour important dans la haute vallée de la Moselle. Ces villes concentrent la majorité des emplois et des services. Le maillage rural est constitué de nombreux villages de tailles diverses, dont certains sont en perte de population et d'activités, tandis que d'autres, notamment ceux proches des pôles urbains ou des sites touristiques, bénéficient d'une certaine vitalité. Les infrastructures de transport, bien que s'améliorant, peuvent encore être un défi dans les zones montagneuses, limitant l'accessibilité de certains territoires.

L'identité vosgienne est multiple, influencée par son histoire, sa position de carrefour entre Lorraine, Alsace et Franche-Comté, et son lien fort avec la nature. L'histoire industrielle a laissé une culture ouvrière forte dans certains bassins. Le patrimoine, qu'il soit naturel, industriel (musées, friches réhabilitées) ou lié à l'histoire (sites de la Première Guerre Mondiale dans les Hautes-Vosges comme le Hartmannswillerkopf, ou Domrémy-la-Pucelle, lieu de naissance de Jeanne d'Arc à la limite ouest du département), joue un rôle dans l'attractivité et l'identité locales. Le thermalisme à Vittel et Contrexéville constitue également une part importante de l'identité locale et de l'économie de services. La culture locale se manifeste aussi à travers l'artisanat (cristallerie, lutherie dans le Mirecourt), les traditions culinaires (munster, tofailles) et les événements culturels (Festival international de géographie à Saint-Dié-des-Vosges).

Histoire du département des Vosges.
L'histoire du département, avant sa création officielle, est étroitement liée à celle de la Lorraine. La région fut habitée dès la Préhistoire, comme l'attestent divers vestiges archéologiques. À l'époque romaine, le territoire est intégré à la province de Gaule Belgique et des voies romaines importantes traversent la région, qui stimulent le développement de quelques agglomérations et l'exploitation des ressources locales.

Au Moyen Âge, le territoire des Vosges est morcelé entre diverses seigneuries et entités ecclésiastiques. Les puissantes abbayes comme celles de Remiremont, Senones, Étival ou Moyenmoutier jouent un rôle économique, religieux et politique majeur. La majeure partie du territoire dépend cependant du Duché de Lorraine, mais certaines enclaves relèvent de l'Évêché de Toul ou du Saint-Empire Romain Germanique (avec des villes comme Neufchâteau, qui eut un statut particulier). La vie s'organise autour des châteaux forts, des villages agricoles et des premières villes qui émergent, souvent liées aux abbayes ou à des carrefours commerciaux. L'exploitation forestière, l'élevage et une agriculture de subsistance constituent les bases économiques, complétées par l'extraction du sel, notamment autour de Salins.

Les Temps Modernes voient la Lorraine, et par conséquent le territoire futur des Vosges, au coeur des rivalités entre le Royaume de France et le Saint-Empire. Les guerres, notamment la Guerre de Trente Ans (1618-1648), dévastent la région, laissant derrière elles des villages détruits et une population décimée par les combats, les famines et les épidémies. Progressivement, l'influence française s'accroît. L'industrialisation naissante s'esquisse timidement, notamment avec le développement du travail du textile à domicile et l'exploitation des mines et forges locales.

La Révolution française marque un tournant décisif avec la création des départements en 1790. Le département des Vosges est alors constitué en grande partie du sud de l'ancien Duché de Lorraine, auquel s'ajoutent des territoires issus de la Champagne et de la Franche-Comté. Épinal, ville d'ancienne tradition drapière et idéalement située, est choisie comme chef-lieu. La Révolution bouleverse l'organisation sociale et politique, entraînant la vente des biens nationaux (dont les vastes forêts abbatiales), la suppression des privilèges féodaux et l'établissement d'une administration centralisée.

Le XIXe siècle est une période de profonde transformation pour les Vosges, dominée par la révolution industrielle. L'industrie textile, notamment le coton et la laine, connaît un essor fulgurant, particulièrement dans les vallées de la Vologne, de la Moselle et de leurs affluents. De grandes usines se développent, attirant une main-d'oeuvre rurale. Des villes comme Épinal, Remiremont, Saint-Dié-des-Vosges, Gérardmer deviennent des centres industriels majeurs. L'industrie papetière s'implante également, profitant des ressources forestières et hydriques. L'exploitation de la forêt reste une activité fondamentale; elle évolue avec les techniques de coupe et de transport (flottage du bois puis chemins de fer). Le développement des voies ferrées au cours du siècle est important,. Grâce à lui, les centres industriels, le transport des matières premières et des produits finis est facilité. Le département est désenclavé.

Sur le plan social, l'industrialisation entraîne l'apparition d'une classe ouvrière, avec ses conditions de vie souvent difficiles, ses luttes pour l'amélioration des droits et ses organisations naissantes. Le monde rural subsiste, mais est de plus en plus lié à l'économie industrielle ou délaissé par l'exode vers les villes ou d'autres régions. Politiquement, le département suit les soubresauts nationaux. Après la chute du Second Empire, le département des Vosges, bien qu'épargné par les annexions du Traité de Francfort (qui cède l'Alsace-Moselle voisine à l'Allemagne), devient un département frontalier. Cette nouvelle position renforce le sentiment patriotique et entraîne la construction de fortifications (système Séré de Rivières) pour défendre la nouvelle frontière.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle voient également le développement d'une autre activité économique : le thermalisme. Des stations comme Contrexéville et Vittel connaissent un essor considérable. Elles attirent une clientèle nationale et internationale et créent de nouvelles dynamiques économiques et sociales, distinctes des bassins industriels.

Le début du XXe siècle est marqué par la prospérité de l'industrie textile et papetière, mais aussi par les tensions internationales croissantes dues à la proximité de la frontière allemande. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en août 1914, le département des Vosges se retrouve immédiatement sur la ligne de front, constituant une partie stratégique du front Est. De violents combats se déroulent dans les montagnes et les vallées, notamment autour de Saint-Dié, Gérardmer, la vallée de la Bruche (bien qu'une partie soit en Alsace annexée, les combats s'étendent dans les Vosges françaises). Le département est le théâtre de la guerre de position, avec l'établissement d'un front stable et de tranchées dans un terrain montagneux particulièrement difficile.

Des villes et villages proches du front sont détruits ou gravement endommagés (comme Saint-Dié). La population civile est évacuée, subit les bombardements, l'occupation dans certaines zones ou vit sous la menace constante de la guerre. L'industrie est bouleversée, réorientée vers l'effort de guerre ou mise à l'arrêt. Les hommes sont massivement mobilisés, les femmes et les personnes âgées doivent assurer la vie quotidienne et souvent travailler dans des conditions difficiles. La guerre cause des pertes humaines immenses parmi la population vosgienne. À l'armistice de 1918, le département est meurtri, son économie désorganisée et de nombreuses infrastructures et habitations sont détruites. 

Au sortir de la Première Guerre mondiale, que le département a vécue en première ligne de l'arrière, mobilisé pour l'effort de guerre industriel et logistique, les Vosges se présentent comme un territoire à forte dominante industrielle, notamment textile, concentrée dans les vallées (Moselle, Vologne, Meurthe), et agricole dans les plaines de l'ouest et les vallées de l'est. Les stations thermales de Vittel et Contrexéville connaissent déjà une renommée internationale. L'entre-deux-guerres voit perdurer cette structure économique, mais les premières fragilités apparaissent dans le secteur textile, sensible aux fluctuations du marché mondial et à la concurrence. La crise de 1929 n'arrange rien. Elle entraîne des difficultés sociales, un chômage croissant et des mouvements de grève. La vie politique locale est active, ancrée dans des traditions républicaines parfois teintées de conservatisme ou de sensibilité radicale-socialiste selon les cantons, mais aussi marquée par l'essor du syndicalisme ouvrier face aux difficultés économiques.

Le second conflit mondial va marquer profondément le département. Envahi en juin 1940, une grande partie des Vosges se retrouve en zone occupée. La vie quotidienne est rythmée par les contraintes de l'Occupation : réquisitions, rationnement, couvre-feu. La répression nazie frappe les opposants, les Juifs (dont beaucoup sont déportés), et les réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO). Le département devient un lieu de résistance active, avec l'organisation de maquis (comme le Maquis des Vosges dans les massifs forestiers) et de réseaux de renseignement et d'évasion. La Libération, à l'automne 1944, est particulièrement dévastatrice. Les combats acharnés entre les forces alliées et l'armée allemande retranchée dans les montagnes provoquent d'énormes destructions, en particulier dans la vallée de la Meurthe. Saint-Dié-des-Vosges est incendiée et dynamitée systématiquement par les troupes allemandes en retraite en novembre 1944, devenant un symbole de la violence de la guerre. D'autres villes comme Gérardmer, Cornimont ou Le Tholy subissent aussi d'importantes destructions. Les pertes humaines sont lourdes parmi les civils et les combattants.

L'après-guerre est d'abord synonyme de reconstruction. L'effort est colossal pour rebâtir les villes et les infrastructures détruites. Saint-Dié, sous l'impulsion de l'architecte Le Corbusier pour une partie de son centre-ville, devient un laboratoire de l'urbanisme d'après-guerre. Les TTrente Glorieuses apportent une période de prospérité et de modernisation. L'industrie textile atteint un pic d'activité dans les années 1950-1960, employant des dizaines de milliers d'ouvriers, majoritairement des ouvrières. D'autres industries se développent, comme le papier, l'ameublement, la métallurgie, ou encore l'agroalimentaire avec l'eau minérale. L'agriculture se modernise et se spécialise. Le tourisme prend de l'ampleur, avec le développement des stations de sports d'hiver (La Bresse, Gérardmer) et la modernisation des stations thermales. Cependant, dès la fin des années 1960 et surtout à partir des années 1970, le déclin du textile s'amorce, accéléré par la concurrence internationale et les crises économiques. Les fermetures d'usines se succèdent, provoquant un chômage massif et touchant durement les vallées industrielles.

La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle  sont confrontés à la nécessité de la reconversion économique. Le département cherche à diversifier ses activités pour compenser la perte d'emplois industriels. Le tourisme devient un pilier essentiel de l'économie, s'étendant des sports d'hiver au tourisme vert, aux lacs, aux randonnées et au patrimoine. La filière bois, traditionnellement importante, est valorisée et modernisée. Des efforts sont faits pour attirer de nouvelles industries, notamment dans les domaines de la logistique (avec l'essor des axes de communication), de l'automobile (avec des équipementiers), de l'agroalimentaire et des écotechnologies. L'activité thermale, après un passage difficile, retrouve un certain dynamisme. La décentralisation transfère des compétences importantes aux collectivités locales (conseil général, puis départemental), qui jouent un rôle croissant dans le développement local et social. Sur le plan démographique, le département connaît un vieillissement de sa population et une émigration des jeunes, en particulier des vallées touchées par le déclin industriel, vers les centres urbains ou d'autres régions.

Les dernières décennies voient les Vosges s'intégrer davantage dans leur espace régional (la création de la région Grand Est en 2016 modifie les équilibres administratifs) et européen, tout en cherchant à préserver et valoriser ses spécificités : sa nature (Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges), son patrimoine culturel (imagerie d'Épinal, Musée Textile des Vosges, festival international de géographie à Saint-Dié), ses produits locaux et son savoir-faire, notamment dans le bois et le textile haut de gamme ou technique qui subsistent. Les défis restent nombreux, liés au maintien des services publics en milieu rural, à la transition écologique, à la revitalisation économique des zones sinistrées et à la lutte contre la précarité, mais le département étudie de nouvelles voies de développement, misant sur ses atouts naturels, humains et patrimoniaux pour construire son avenir.

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