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N, 7.50 E |
L'Alsace,
qui a été jusqu'en 2015 l'une des régions administratives de la France ,
est aujourd'hui intégrée à la région Grand-Est.
D'une superficie de 8280 km² et peuplée de 1,86 million d'habitants (janvier
2010), elle est subdivisée en deux départements, soit 13 arrondissements,
entre lesquels se distribuent 75 cantons et 904 communes.
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Située entre la Suisse,
le Rhin, la Lauter (avant 1815, la Queich) et la
chaîne des Vosges, l'Alsace est limitée au Sud
par la Suisse, Ã l'Est par le land du Bade-Wurtemberg, au Nord par le
Palatinat (land de Rhénanie-Palatinat), à l'Ouest par la le plateau Lorrain
et les Vosges.
Elle peut se diviser en trois zones allant
du Sud au Nord : la première, celle de l'Ouest, limitée par la crête
des Vosges, est un pays montagneux; celle de l'Est longe le Rhin et est
formée par la plaine rhénane; entre les deux s'étend le pays des collines
jurassiques et sous-vosgiennes :
Zone montagneuse.
La chaîne des Vosges
est recouverte dans les régions supérieures de forêts
de Conifères (Pin, Sapin, Épicéa, Mélèze)
et de forêts de Hêtres, de Chênes, de Charmes et de Châtaigniers dans
ses parties inférieures. Au delà de 1200 m, les sommets ne produisent
plus que du gazon formant de vastes et beaux pâturages. Les céréales
sont cultivées encore à une altitude de 900 m. Il faut distinguer, dans
les Vosges, deux chaînes de montagnes, nettement
tranchées : (a) celle du Sud, de beaucoup la plus élevée, composée
de roches cristallines; (b) celle du Nord formée
de grès.
Les
montagnes du Sud.
Les montagnes cristallines, Ã leur tour,
peuvent se subdiviser en montagnes à roches granitiques
et en montagnes à roches métamorphiques.
Les premières s'étendent, dans un enchaînement continu qui marque la
limite entre le Haut-Rhin et le département des Vosges, depuis le Ballon
d'Alsace (1250 m) jusqu'à la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines en formant
le Gresson (1249 m), la Tête du Drumont (1223 m), le Grand-Ventron (1204
m), le Rainkopf (1304 m), le Hohneck (1362 m, la cime la plus élevée
des montagnes granitiques), le Gazon du Faing et le Rocher Belmont
(1303 m et 1272 m), qui surplombent le lac Noir (960 m) et le lac Blanc
(1054 m), le col du Bonhomme (949 m) et enfin le Brézouard (1228 m). Plus
au Nord, une dernière montagne granitique, le massif du Champ du Feu (1095
m), qui forme un système à part.
Les roches métamorphiques (ou de transition,
principalement les grauwackes) forment une crête
en demi-cercle qui s'étend depuis le Kahlenwasen (1274 m) en passant par
le Rothenbach (1240 m) jusqu'au Ballon de Guebwiller (ou de Soultz ou Grand-Ballon,
1426 m), sommet le plus élevé des Vosges; à son pied se trouve le lac
du Ballon (1060 m). Les roches métamorphiques sont encore très répandues
dans les vallées de Giromagny, de Masevaux, de Saint-Amarin, de Guebwiller,
de Munster, de l'Andlau et de la Bruche. Les montagnes des Vosges cristallines
offrent une pente ordinairement très abrupte du côté rhénan, plus douce
du côté occidental. Les cours d'eau ont leurs
sources à la crête; ils suivent tous la même direction, celle de l'Est
vers la plaine du Rhin, avec de légères déviations
vers le Nord ou le Sud. De là , une série de crêtes secondaires allant
de l'Est à l'Ouest et se rattachant en ligne perpendiculaire à l'axe
principal du Sud au Nord.
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Le
Ballon d'Alsace (versant alsacien).
Les principales rivières de cette partie
de l'Alsace sont toutes des affluents de l'Ill, qui prend sa source dans
le Jura, baigne la plus grande partie de l'Alsace,
traverse Altkirch, Mulhouse,
Colmar, Sélestat,
Benfeld, Strasbourg, pour se jeter, après
un cours de 180 km, Ã 15 km en aval de Strasbourg, dans le Rhin, dont
il est l'affluent le plus important. Toutes les vallées formées par les
rivières tributaires de l'Ill sont riches en établissements industriels.
Les toits d'eau les plus importants sont :
1° la Doller qui sort du lac
de Sewen (510 m), traverse Masevaux pour se jeter dans l'Ill à Mulhouse;
2° la Thur qui descend du Grand-Ventron
et forme la vallée de Saint-Amarin;
3° la Lauch qui a sa source au Lauchen
(1160 m) et traverse la vallée de Guebwiller qu'on nomme Florival;
4° la Fecht qui descend du Wissort forme
la vallée de Munster ou de Saint-Grégoire et reçoit la Weiss et la Strenge;
5° la Liepvrette (die Lober) qui prend
sa source au col du Bonhomme et traverse Sainte-Marie-aux-Mines;
6° l'Andlau qui descend du Champ du Feu
et se réunit à la Kirneck;
7° la Bruche qui a sa source près du
col de Saales, sur le versant ouest du Climont, traverse le Ban de la Roche
pour se jeter dans l'Ill à quelques kilomètres en amont de Strasbourg;
une partie de ses eaux forme avec la Mossig le canal de la Bruche, creusé
en 1682 par Vauban
lors de la construction de la citadelle de Strasbourg.
Il faut encore mentionner deux petits bassins
houillers, enclavés dans les roches cristallines : l'un se trouve au Nord,
l'autre au Sud de la Liepvrette; ils ne sont plus exploités aujourd'hui.
Les
montagnes du Nord.
Les Vosges septentrionales,
formées du grès qu'on appelle le grès vosgien,
ne sont pas une continuation de la chaîne à roches cristallines. D'un
côté, elles forment une vaste bande, à l'Ouest et hors de l'Alsace,
qui, partant de Phalsbourg (Moselle), passe
par Epinal (Vosges) et s'étend jusqu'à Luxeuil,
Lure (Haute-Saône) et Belfort;
ses principales montagnes sont le Donon (1009 m), le Hengst (890 m). D'un
autre côté, nous trouvons, déjà dans le Haut-Rhin,
une série de montagnes granitiques surmontées d'un cône de grès vosgien,
comme le Hohneck (1362 m), Hohkoenigsbourg (807), le Climont (974 m) le
plateau de la Bloss avec le Moennelstein (819 ) et Sainte-Odile (764 m).
Evidemment, ce ne sont plus que des restes
isolés d'une combe de
grès qui devait recouvrir autrefois,
sur une grande étendue, les Vosges cristallines. Depuis la montée de
Saverne et Phalsbourg (428 m) jusqu'Ã Wissembourg,
les Vosges arénacées ont un caractère moins imposant; elles ne sont
plus qu'une série de collines plus ou moins élevées dont les plus importantes
sont : la Petite-Pierre (fort déclassé après 1870, 433 m), le
Wasenkaepfel (528 m), le Wintersberg (577 m), tous deux près de Niederbronn,
le fort de Bitche (320 m) et enfin près de Wissembourg le col du Pigeonnier
(Scherhohl, 507 m).
Les rivières
qui descendent de cette partie des Vosges ont toutes un cours très sinueux,
la plupart ont leur source au haut plateau lorrain; presque sans exception
elles se jettent directement dans le Rhin. Les principales
sont :
1° la Zorn qui a sa source Ã
Dabo, traverse Saverne, se réunit à la Moder, elle-même grossie par
la Zintzel pour se jeter dans le Rhin près de Dahlhunden;
2° la Sauer, qui traverse Woerth;
3° la Lauter qui passe par Wissem bourg,
forme en partie la frontière septentrionale et se jette dans le Rhin près
de Lauterbourg.
Zone des collines.
Elle comprend les derniers prolongements
du Jura ainsi que les collines sous-vosgiennes qui trois fois, Ã Strasbourg,
à Bischwiller et à Seltz, s'avancent jusqu'à proximité du Rhin. La
composition géologique de ces collines est assez variée; elles sont formées
tour à tour par des terrains tertiaires ( Cénozoïque),
triassiques et jurassiques;
le plus souvent elles sont recouvertes par les alluvions'
pléistocènes alpino-rhénans caractéristique
pour toute la vallée du Rhin et connus sous le nom de loess.
Cette partie de l'Alsace est très peuplée et très fertile. Ces collines
sont en grande partie plantées de vignes et d'arbres fruitiers dans le
Haut-Rhin; dans le Bas-Rhin
on cultive de préférence les céréales; les forêts y sont plus rares.
Zone de la plaine.
Toute cette partie de l'Alsace a comme
sous-sol le gravier du Rhin, qui, le long du fleuve, n'est recouvert que
d'une couche très mince de sable et d'humus; mais à mesure qu'on s'éloigne
du Rhin pour se rapprocher des collines, la couche
d'alluvion (surtout le loess) devient plus considérable et plus fertile.
De là deux bandes de terre bien différentes.
La première, toujours exposée aux inondations
et de beaucoup la moins fertile, est couverte, de même que les nombreuses
îles du Rhin, de prairies et de forêts. L'autre
par contre, surtout celle qui s'étend entre l'Ill et les collines, depuis
Colmar jusqu'à Strasbourg et de là jusqu'Ã
Brumath, est d'une grande fécondité et produit, outre les plantes agricoles
les plus usitées. Enfin, à partir de Strasbourg jusqu'à la frontière
du Palatinat, il y là le long du Rhin une zone de vastes tourbières
et de prairies marécageuses. Autrefois le Rhin se divisait en un grand
nombre de bras, dont quelques-uns se convertissaient souvent en marais.
De grands travaux de correction et d'endiguement ont dû être exécutés,
et le lit du fleuve, qui était large de 300 à 1000 m, a été réduit
à une largeur de 200 à 250 m.
Le terrain d'inondation entre les digues
parallèles et le fleuve a une largeur de 1700 m en amont et de 2400 m
en aval de Strasbourg. La pente du fleuve est de 1 : 1000 près de Huningue,
de 6 :10.000 près de Strasbourg et de 4 : 10.000 près de Lauterbourg.
A Huningue, son altitude est de 240,8 m, Ã Lauterbourg de 104,9 m au-dessus
du niveau de la mer. Le Rhin roule en moyenne un volume de 960 mètres
cubes d'eau par seconde près de Strasbourg et 1000 mètres cubes près
de Lauterbourg. Lors des inondations, le Rhin forme quelquefois de nouveaux
bras et ses nombreuses îles et ses bancs de sable se déplacent souvent.
Sur une étendue de 184 km, le fleuve forme la frontière entre l'Alsace
et le Bade-Wurtemberg.
Climat.
L'Alsace jouit d'un climat modéré, avec
une tendance continentale (forte amplitude thermique entre la saison la
plus chaude et la plus froide). Avec une hauteur barométrique moyenne
de 749 à 752 mm, la température moyenne de l'année s'élève à 10°C.
(A Strasbourg, le maximum de température est +35° 9 C et le minimum -
23° 4 C). La pluie moyenne annuelle a une hauteur de 680 m, c.-à -d. qu'il
en tombe 68,000 hectolitres par hectare. Dans la région montagneuse le
climat est plus rude, la pluie et la neige
plus abondantes. |
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