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Littérature
La littérature française
jusqu'en 1900
Aperçu
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La littérature médiévale-
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  • Jalons chronologiques
  • Des origines à la majorité de saint Louis
    De la majorité de saint Louis à 1500
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  • Les genres et les oeuvres
  • Les chansons de geste
    Les Romans carolingiens
    La Chanson de Roland
    La littérature courtoise
    Romans de la Table ronde
    La légende d'Alexandre
    Le Roman de la Rose
    La littérature bourgeoise et satirique
    Le Roman de Renart
    Les Fabliaux
    Le théâtre
    L'histoire
    Le XVIe siècle
    La Pléïade
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    Le XVIIe siècle
    La poésie et le théâtre
    La prose
    Les Précieuses
    La querelle des Anciens et des Modernes
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    Le XVIIIe siècle
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    Le XIXe siècle
    La poésie
    le théâtre
    La prose
    Nous appelons littérature française la littérature qui a pour langue le français c'est beaucoup moins et un peu plus que la littérature de la France. Pendant les premiers siècles, les seuls textes littéraires que nous connaissions directement sont écrits en latin; lorsque la littérature française se fait enfin une place à côté de la littérature latine, celle-ci n'en paraît pas sensiblement affaiblie; elle continue son développement, parallèlement à la littérature française, ne lui empruntant presque rien, lui donnant au contraire beaucoup. Nous ne nous occuperons pas de la littérature latine du Moyen âge en France, car son histoire rentre dans une histoire générale de la littérature latine de l'Occident. Dès le IXe siècle, des raisons sur lesquelles nous n'avons pas à disserter ici amenèrent en France la formation de deux littératures en langue vulgaire en face de la littérature latine unique, l'une dans le Midi, l'autre dans le Nord. Nous ne nous occuperons que de celle du Nord, renvoyant pour celle du Midi à l'article Littérature provençale. Voilà en quoi littérature française est beaucoup moins que littérature de la France. Nous avons dit que c'était aussi un peu plus. En effet, depuis la conquête de l'Angleterre par les Normands francisés jusqu'en 1350, le français est la langue préféré de la littérature d'Outre-Manche, et cette littérature anglo-normande, comme on l'appelle généralement, fait corps avec la littérature française; en outre, du côté du Midi, la littérature française a fait une autre conquête, celle de l'Italie du Nord, conquête moins profonde assurément, moins durable que celle de l'Angleterre, mais plus intéressante peut-être par ses origines, car elle ne doit rien à la force des armes : la littérature franco-italienne fait le pendant de la littérature anglo-normande ou franco-anglaise. On notera enfin que les croisades ont importé à Chypre, en Morée, en Palestine l'usage du français au moins pendant deux ou trois siècles, et que quelques oeuvres littéraires intéressantes ont vu le jour dans ces pays lointains. Viendront par la suite des littératures de langue française en Belgique, au Canada, en Suisse, en Afrique, etc., et que l'on range, avec la littérature française, sous la rubrique des littératures francophones.

    Le Moyen âge.
    La plus ancienne littérature de France fut celle des trouvères et des troubadours. Ces derniers, qui écrivaient en langue d'oc, ont produit de petites effusions lyriques sur l'amour ou sur d'autres sujets frivoles; ils fleurirent surtout aux XIe et XIIe siècles. Les trouvères, dans leurs chansons de geste, écrites en langue d'oïl, célébrèrent les actions héroïques des rois et des chevaliers illustres. Ces chansons de geste, appelées aussi romans, sont très nombreuses. La Chanson de Roland ou de Roncevaux, le Roman de Brut et le Roman de Rou sont les plus connus. Un peu plus tard, on composa des poèmes satiriques et allégoriques, comme le Roman du Renard et le Roman de la Rose, qui fut imité en anglais par Chaucer dans son Romaunt of the Rose. Parmi les poètes du XIIe siècle fut Abélard, et parmi ses successeurs, on cite Audefroy le Bastard, Quesnes de Béthune, le castillan de Coucy, et Thibaut, comte de Champagne et roi de Navarre. Les principaux ouvrages en prose du XIIIe siècle sont : la Chronique de la conquête de Constantinople, par Villehardouin (1207) et les Mémoires de Louis IX, par Joinville. La littérature du XIVe siècle nous offre les Chroniques de Froissart, ouvrage qui est resté le modèle de son genre, puis, à cheval sur le siècle suivant, les oeuvres de Christine de Pisan. Le XVe siècle produisit les Mémoires de Commines et les poèmes de Villon et du duc Charles d'Orléans

    La Renaissance.
    Parmi les écrivains du XVIe siècle, Rabelais et Montaigne tiennent le premier rang sous le rapport de l'originalité. Les Essais de Montaigne, écrits dans un style facile et attrayants, sont cyniques et sceptiques. L'Institution de la religion chrétienne de Calvin prouva que la langue française avait acquis assez de force pour se prêter à l'éloquence religieuse et la Satire Ménippée montra que sa flexibilité lui permettait de se plier aux exigences des luttes politiques. Déjà Marguerite de Navarre dans ses Contes, s'était servie d'une langue fine, spirituelle, bien faite pour des sujets légers. Amyot mit en oeuvre tout ce qu'elle possédait de grâce, dans sa traduction des Vies de Plutarque. Cette période ne fut pas très féconde en poètes, quoique Clément Marot et Ronsard se soient illustrés.

    Le XVIIe siècle.
    "Enfin, dit Boileau dans son Art Poétique, Malherbe vint, et le premier en France", réforma la poésie. Mathurin Régnier (1573-1613) est le plus ancien des poètes satiriques français. Balzac donna tous ses soins à perfectionner la prose; ses épîtres sont des modèles de rhétorique claire et harmonieuse. Il faut citer aussi les lettres frivoles mais spirituelles de Voiture.

    Pierre Corneille éleva la tragédie à un tel degré de grandeur qu'il n'a jamais été surpassé : le Cid, Horace, Cinna, et Polyeucte sont encore aujourd'hui l'objet de l'admiration universelle. Descartes, dans son Discours sur la Méthode, montra que la langue française permettait de traiter les sujets philosophiques les plus élevés, et Pascal, dans ses Lettres provinciales, établit le premier véritable modèle de prose française. C'est alors que s'ouvrit cette magnifique époque littéraire, connue sous le nom de siècle de Louis XIV. L'éloquence de la chaire produisit des oeuvres telles que les oraisons funèbres de Bossuet et de Fléchier, et les sermons de Bourdaloue, de Fénelon et de Massillon. Racine porta la tragédie à son apogée : Andromaque, Iphigénie et Phèdre rappellent les plus belles productions de l'Antiquité grecque. La comédie atteignit son point culminant avec Molière dont les chefs-d'œuvre sont : le Misanthrope, Tartufe, l'Avare et les Femmes savantes

    Sous la plume de La Fontaine, la fable devint une véritable comédie sur une petite échelle. La poésie didactique, philosophique et satirique brilla avec Boileau, qui acheva l'oeuvre de Malherbe : son Art poétique, ses Epîtres, ses Satires, ainsi que son poème héroï-comique le Lutrin,  malgré la pédanterie qu'on leur reprochera peut-être aujourd'hui, sont autant de chefs-d'œuvre de bon sens, de concision, d'ordre et de symétrie. La philosophie morale fut représentée par des auteurs tels que Pascal, Malebranche, Bossuet, Fénelon, La Rochefoucauld et La Bruyère. L'histoire fut cultivée par Mézeray dans son Histoire de France, par Fleury dans son Histoire de l'Eglise et par Bossuet dans son Discours sur l'histoire universelle. Les Mémoires personnels du cardinal de Retz sont classés parmi les chefs-d'œuvre de l'histoire familière et les Lettres de Mme de Sévigné sont des modèles de style épistolaire. Le Télémaque de Fénelon marque le couronnement d'une période littéraire remarquable. 

    Le XVIIIe siècle.
    XVIIIe siècle fut éminemment le siècle du scepticisme. Quatre auteurs remarquables : Montesquieu, Voltaire, J.-J. Rousseau et Buffon exercèrent une influence considérable sur leurs contemporains. Les Lettres persanes de Montesquieu seul une satire des moeurs, du gouvernement et de la religion des Français; ses Considérations sur la grandeur et la décadence des Romains ont fait progresser la philosophie de l'histoire; et son Esprit des lois est une investigation profonde dans le domaine de la législation générale. Voltaire, véritable personnification de son époque, fut, en quelque sorte, le roi de l'opinion publique pendant un demi-siècle. Mérope, Zaïre Mahomet, Alzire, etc., l'ont classé comme poète tragique immédiatement après Corneille et Racine; il a aussi excellé en philosophie, dans les romans, dans les poésies épiques et en histoire. Le passionné Rousseau n'a jamais été surpassé; à peine même a-t-il été égalé par ses rivaux les plus parfaits. La grande Histoire naturelle de Buffon est un chef-d'oeuvre littéraire. 

    Diderot, écrivain passionné, et le grand géomètre d'Alembertfondèrent l'Encyclopédie. Helvétius dans son traité De l'Esprit, d'Holbach dans son Système de la nature, Lamettrie dans son Homme-machine et Raynal dans son Histoire philosophique des deux Indes dépassèrent de beaucoup les doctrines radicales des encyclopédistes, pendant que d'autres écrivains, tels que Vauvenargues, Fontenelle, Condillac, Mably et Condorcet, usèrent de plus de modération. Parmi les autres écrivains connus, il faut citer : Crébillon et Ducis, poètes tragiques; Marivaux, dont les romans et les comédies eurent beaucoup de célébrité à leur époque; L. Gilbert, poète satirique d'une puissance peu commune; Le Sage, auteur de Gil Blas; Beaumarchais, auteur du Barbier de Séville; Bernardin de Saint-Pierre, auteur de Paul et Virginie; La Harpe, dont le Cours de littérature fut classique; Duclos, Mlle Delaunay, et Saint-Simon dont les Mémoires obtinrent une célébrité méritée; Barthélemy, qui écrivit le Voyage du jeune Anacharsis en Grèce; l'essayiste historique Rublière; Prévost, l'auteur de Manon Lescaut; Marmontel, auteur de Bélisaire; Gresset, l'auteur de Vert-Vert; Florian qui écrivit des contes et des fables; Delille, poète didactique; J.-B. Rousseau, Lebrun et André Chénier, poètes lyriques.

    Le XIXe siècle. 
    Chateaubriand (Atala, René) et Mme de Staël sont les premiers écrivains que l'on rencontre en abordant la littérature française au début XIXe siècle. Ils représentent (ou du moins préfigurent) le premier grand courant de cette époque : le romantisme. Le romantisme est une réaction, venue d'Allemagne et d'Angleterre, contre le néo-classicisme, dominant depuis la Révolution; il se présente comme une exaltation des passions. S'inscrivent également dans ce mouvement inauguré au théâtre par Victor Hugo avec son Hernani (1830), des romanciers tels que George Sand (La mare au Diable, la petite Fadette) et Honoré de Balzac (à ses débuts) et des poètes tels que Lamartine (Les Méditations), Alfred de Musset (Les Nuits, Confession d'un enfant du siècle), Alfred de Vigny. L'oeuvre de Théophile Gautier est aussi à rattacher au romantisme.

    Après 1830, l'âge romantique perd de sa force, malgré des individualités comme Gérard de Nerval, à l'origine peut-être de ce que le romantisme a produit de plus intéressant. En poésie, l'école du Parnasse (Leconte de l'Isle, José-Maria de Hérédia, etc.) connaît un moment de faveur. Mais elle représente surtout un retour à l'académisme, et la vraie contestation du romantisme s'observe plutôt avec la montée en puissance du courant réaliste, qui, après 1848, s'ouvre davantage encore au contexte social en prenant une coloration positiviste et prend le nom de naturalisme. Le réalisme proprement dit est représenté, notamment, par les romanciers Stendhal (Le Rouge et le Noir), Victor Hugo (Les Misérables), Eugène Sue (Les Mystères de Paris) et Balzac, deuxième période (La Comédie humaine) ou même Alexandre Dumas, avec ses romans historiques; au naturalisme appartiennent, le plus souvent, les oeuvres de Gustave Flaubert (Madame Bovary) et de Maupassant (Pot Bouille, etc.). La peinture de la réalité quotidienne, et la critique des valeurs bougeoises sont au centre des préoccupations de ces romanciers.

    Le naturalisme se poursuivra encore après 1875, notamment avec Emile Zola (Thérèse Raquin, L'Assommoir, Les Rougon-Macquart, etc.), qui porte à son sommet la critique sociale, mais, s'offrant d'une certaine manière comme le contrepoint des excès du naturalisme, un autre courant devient important à cette époque en investissant la poésie. Il s'agit du symbolisme, voie dans laquelle se sont engagés plusieurs anciens Parnassiens. A ce mouvement, qui fait sa place à la rêverie et au fantastique, se rattachent les oeuvres de Baudelaire, de Verlaine, de Rimbaud, de Mallarmé et d'Apollinaire. (T.).



    Daniel Couty, Histoire de la littérature française, Bordas, 2004.
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