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Les
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| Le Cycle carolingien
(les romans carolingiens), ensemble de poèmes français du
moyen âge, où sont retracées les entreprises et les
conquêtes de Charlemagne et des autres
chefs de la dynastie carolingienne Les romanciers allèrent bientôt
plus loin que l'imagination populaire. Quand l'ardeur des Croisades Dans tous les romans où il s'agit
de célébrer le triomphe des chrétiens sur les musulmans,
le caractère de Charlemagne est noble, imposant et chevaleresque.
II est l'image d'une royauté forte et grande, qui se soutient par
sa propre majesté et par le respect qu'elle inspire aux peuples.
Mais l'époque même où les romans carolingiens furent
composés, époque où la royauté était
chaque jour attaquée par les prétentions féodales,
devait imposer aux poètes l'obligation de chanter les exploits des
seigneurs contre le roi. Dans les ouvrages de cette classe, le caractère
de Charlemagne est indécis, dissimulé, odieux. Il a encore
la majesté de son nom; mais il est brutal, despote, sottement crédule,
souvent embarrassé, et trop heureux d'avoir pour conseillers des
seigneurs plus habiles que lui. Il a hérité de la gloire
de ses devanciers; mais, par une singulière compensation, les romanciers
lui attribuent toutes les faiblesses de ses successeurs en face de la féodalité
naissante. Cette transformation d'un souverain plein d'activité
et d'une mâle énergie en un monarque indolent tient sans doute,
comme l'a remarqué Schlegel, à
ce que les Normands Le nom de Charlemagne figure rarement dans le titre des romans poétiques écrits en son honneur. On a évité par là la confusion qui serait résultée de la fréquente répétition de ce nom. Les romans carolingiens paraissent avoir
été composés entre le XIIe
et le XIVe siècle. Quelques-uns
sont postérieurs à l'an 1300; mais tout porte à croire
qu'ils sont des versions et des paraphrases de romans plus anciens. On
n'y trouve pas les moeurs du VIIIe et du
IXe siècle, mais celles du XIIe,
avec des tableaux plus ou moins exacts de la vie chevaleresque. Ils sont
généralement en vers, soit alexandrins, soit de dix syllabes,
et en strophes monorimes de longueur inégale. Les vers de dix et
de douze syllabes y sont quelquefois mélangés, et la strophe
se termine souvent par un vers plus court que les précédents.
Quant à la rime, elle est fort libre; elle est souvent constituée
par le son d'une voyelle, sans tenir compté des consonnes suivantes
: par exemple; bocage rime avec regarde, fille avec empire. Un très
petit nombre de ces romans sont en prose, comme celui de Fierabras On comprend sous le nom de romans carolingiens
un grand nombre d'ouvrages dont les héros sont antérieurs
ou postérieurs à la deuxième dynastie des rois francs;
mais ils s'y rattachent par la nature de leurs exploits.
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.