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Les Vandales

Les Vandales étaient un peuple de la Germanie orientale, qui se divisait en Silingues et Asdingues.  Il en est fait mention, pour la première fois, au Ier siècle de notre ère; ils occupaient alors les bords de la Baltique, entre l'Oder et la Vistule. Ils avaient la plus grande ressemblance avec les Goths et les Gépides, qui apparurent plus tard. Dans la seconde moitié du IIe siècle, ils accompagnèrent les Marcomans et les Quades dans leurs incursions en Pannonie, et furent en lutte contre Marc-Aurèle. Pendant cette guerre, dite guerre des Marcomans (166-180 ap. J.-C.), une partie de ceux qui habitaient la Silésie se porta vers la Dacie, tandis qu'un autre groupe traversait l'Allemagne en se dirigeant vers l'Ouest et apparaissait en 280 sur le Main moyen. En Pannonie, ils furent battus par Aurélien, puis par Probus, de 270 à 277. Les Vandales de la Dacie éprouvèrent en 334 une grande défaite sur le Maros, infligée par les Goths : leur roi Wisumar (de la tribu des Astinges) y périt; ceux qui échappèrent à ce désastre demandèrent à Constantin le Grand de leur assigner des terres : Constantin établit les Vandales et les Sarmates dans la Pannonie romaine (334).

L'un d'eux, Stilicon, gouverna même l'empire d'Occident, sous Honorius. Les Vandales avaient embrassé l'arianisme. Les Vandales furent entraînés vers l'Ouest par les Huns, quand ceux-ci eurent renversé l'empire des Goths. Un groupe considérable de Vandales, sous la conduite du roi Godegisel, quitta la Pannonie, et, en compagnie des Suèves et des Alains,  des Gépides, des Bourguignons, des Sarmates, des Hérules et des Saxons, passa le Rhin (406) pour venir pendant trois années ravager les Gaules; en 409, ils traversèrent les passes des Pyrénées avec Gonderick, fils de Godegisel, et dévastèrent l'Espagne.Le roi wisigoth Wallia, au service de Rome (416-418), et poussé par Honorius, livra des combats acharnés aux Vandales, mais ceux-ci, après quelques insuccès, détruisirent une armée romaine envoyée contre eux (422) et s'emparèrent du Sud de l'Espagne. Ils obtinrent alors en partage, la Bétique, qui prit le nom de Vandalousie ou Andalousie. Leur domination assez douce fut, acceptée dans cette contrée. 

La querelle d'Aétius, vainqueur d'Attila, et de Boniface, le défenseur de Marseille, qui avait reconquis l'Afrique, allait donner aux Vandales une nouvelle occasion d'intervenir dans les affaires de l'empire. A la mort de Gonderick (427), son frère illégitime Genséric prit le pouvoir; celui-ci fut appelé en Afrique par Boniface qui gouvernait pour l'impératrice Placidie et, inquiet des intrigues de son rival Aétius à la cour, venait de se révolter. Genséric passa aussitôt en Afrique (mai 429) avec 30.000 Goths et Alains : en vain Boniface, qui avait fait la paix avec la cour de Ravenne, lui demanda de repasser la mer. Genséric, profitant des discordes entre les partisans et les ennemis des Romains, en même temps que du schisme des donatistes qui déchirait l'Église d'Afrique, se conduisit en conquérant et s'empara du pays qu'il ravagea. Cependant Boniface étant rentré en grâce auprès de l'impératrice Placidie, et ayant fait reconnaître la perfidie d'Aétius, essaya vainement d'arrêter les Vandales, qui occupaient la Mauritanie, il fut vaincu, assiégé dans Hippone en 430, et obligé de consentir à une paix (431) qui assurait à Genséric la possession de l'Afrique  et de la Numidie, depuis les colonnes d'Hercule jusqu'à Hippone et Cirta. En 439, violant le traité, il enleva Carthage qu'il prit pour capitale et obtint par un nouveau traité, en 442, des frontières beaucoup plus vastes. Il donna tous ses soins à sa flotte et fut bientôt maître de la Méditerranée; il s'empara de la Mauritanie et de Tripoli. 

Leur marine était devenue redoutable dans la Méditerranée; aussi, ils parurent bientôt en Sicile, en Sardaigne, dans les îles Baléares, et jusque sur les côtes de l'Italie et de la Grèce. Rome elle-même fut saccagée pendant 14 jours, en 455. Léonce entreprit de venger l'affront fait à l'empire; il rassembla 100.000 hommes sous les ordres de Basilicus; mais la flotte qui devait transporter ces troupes à Carthage, pour y chercher les dépouilles enlevées aux Romains par les Vandales, fut incendiée et l'armée dispersée. La cour de Constantinople fut alors forcée de reconnaître les conquêtes de Genséric, qui comprenaient, outre l'Afrique jusqu'à la Cyrénaïque, la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les Baléares. 

Genséric mourut peu après, en 477, et l'empire qu'il avait fondé ne lui survécut guère. Les Maures, dont il avait fait ses alliés, ne tardèrent pas à envahir les villes sous ses successeurs. Hunéric, fils de Genséric, lui succéda et régna de 477 à 484; après lui, vint le neveu de Hunéric, Gundamund, qui régna jusqu'en 496, et le frère de ce dernier, Thrasamund, qui régna jusqu'en 523. Ces despotes puissants eurent alors pour successeur Hildéric (526-530), fils de Hunéric et de la fille de l'empereur Valentinien. Hildéric, élevé à la cour de Constantinople, ami de Justinien et chrétien orthodoxe, n'était pas un roi guerrier; il affaiblit son royaume et fit massacrer la veuve de son prédécesseur, fille du roi ostrogoth Théodoric, avec 6.000 Goths qui l'avaient accompagrée en Afrique. 

Justinien prit pour prétexte l'usurpation de Gélimer, qui venait de renverser, en 530, son cousin Hildéric. Ce dernier avait été élevé à Constantinople, et s'était lié avec Justinien. Il envoya son général Bélisaire en 533 contre les Vandales. Bélisaire n'avait que 30.000 hommes; il parvint cependant à entrer dans Carthage, battit les Vandales à Tricaméron, fit prisonnier Gélimer et l'emmena à Constantinople : trois années suffirent à ruiner l'empire de Genséric. Les Vandales, qui avaient adopté les moeurs et la licence des Romains, étaient incapables de résister. En outre, ils n'avaient pu se fondre avec les Romains qui différaient d'eux par la nationalité et les croyances et formaient le plus grand nombre; établis à Carthage, les Vandales ne s'étaient pas assimilé les trois quarts des provinces; ils avaient conservé l'administration romaine pour tous les bas emplois, tandis que les grandes charges étaient confiées aux Germains; l'administration de ceux-ci était meilleure que l'ancienne, mais entachée d'arbitraire; les Vandales ariens laissaient cependant la liberté de croyances aux catholiques romains; et s'il y eut quelques persécutions, elles furent motivées par le désir d'obliger les empereurs romains à accorder aux ariens la tolérance dans l'empire romain.

A partir de 544, les historiens ne font plus mention des Vandales; ils disparaissent, absorbés par leurs vainqueurs, réduits au servage ou incorporés dans l'armée. impériale. Leur nom resta cependant longtemps dans la mémoire des peuples. Leur passage à travers l'empire avait été signalé par de tels actes de cruauté et de pillage; que toutes les hordes barbares même arabes, slaves, etc., reçurent indistinctement le nom de Vandales. De nos jours même, c'est, l'expression de vandalisme qui sert à flétrir l'ignorance ou l'aveuglement de ceux qui détruisent, sans les comprendre les chefs-d'oeuvre de l'art. (GE /DHG).

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