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Les langues > Indo-européen
Les langues germaniques
Allemand Haut-allemand Allemand standard, dialectes silésiens.
Franconien de la Moselle (luxembourgeois, franconien de Mayence); Franconien du Rhin (plusieurs dialectes); franconien de Cologne.
Dialectes alémaniques : alémanique, alsacien, souabe, etc.
Dialectes bavarois : bavarois, cimbrien, etc. 
Langue morte : francique.
Yiddish ( = judéo-allemand, deux dialectes).
Langue éteinte : gothique (ostrogothique, wisigothique, le gothique de Crimée a été parlé jusqu'au XVIIIe siècle)..
Anglais Anglo-saxon Anglais standard (+ une trentaine de variantes dialectales), anglo-américain.
Langues saxonnes
(langues cimbriques)
Frison Plusieurs dialectes. 
Saxon Bas-saxon, bas-allemand, allemand des Mennonites, westphalien, etc.
Néerlandais
(bas-franconien)
Néerlandais standard (= hollandais), flamand, zélandais, afrikaans.
Langues nordiques Dano-suédois Danois, jutlandais
Suédois standard, dalécarlien, scanien.
Groupe occidental Norvégien : norvégien parlé (bokmaal, qui peut aussi être rattaché au dano-suédois), norvégien écrit (nynorsk).
Islandais, jamtlandais, féroien
Langue éteinte : nornien (langue des îles Shetland et Orcades).
Les langues germaniques forment un branche de la famille des langues indo-européennes. Ce groupe se partage en quatre rameaux parallèles : l'allemand, l'anglais, les langues cimbriques (dont fait partie le néerlandais), les langues nordiques (suédois, danois, norvégien, islandais).  Parmi les langues éteintes, on notera, proche du haut-allemand, le gothique, qui était la langue des Goths et qui est parvenu jusqu'à nous, grâce à une traduction de la Bible faite au IVe siècle de notre ère par Ulfila, évêque de Mésie. Le bas-allemand moderne dérive d'une forme archaïque de laquelle sont également issus le frison, qui a persisté jusqu'à nos jours, et le saxon, qui s'est éteint après avoir produit, d'une part, l'anglo-saxon (devenu l'anglais moderne sous l'influence du français), et le néerlandais.

La phonétique.
La caractéristique principale de ces langues est l'accent tonique, ou cette intona. tion particulière avec laquelle on prononce chaque mot. Si l'on excepte l'anglais, on peut dire que leur prononciation diffère très peu de l'écriture; en suédois et en danois, elle est même identique pour le discours solennel, quoique un peu différente dans la conversation; mais, à l'exception des langues modernes de la branche scandinave, elle est dans toutes plus ou moins dure. La pron nonciation du hollandais, dans la branche saxonne, et celle des langues teutoniques le sont plus que les autres, surtout dans les dialectes suisse, tyrolien, alsacien, souabe et bavarois, où les sons gutturaux et l'accumulation des consonnes sont très fréquents. Le suédois, étant riche en voyelles sonores, est le plus musical; après le suédois vient l'islandais et ensuite le danois, surtout parlé avec l'accent norvégien; le danois rejette ou transforme, de même que le bas-saxon et le hollandais, les consonnes sifflantes et redoublées. La voyelle é y prédomine comme l'a dans le suédois. Le wh ou hw est particulièrement conservé en anglais et en jutlan dais; il existe aussi en islandais. Le son grec du th se rencontre dans le gothique, l'islandais, l'anglo-saxon et l'anglais. 

la grammaire.
Legothique, le normanique, l'ancien haut et bas-allemand, sous le rapport de la richesse des formes grammaticales, tiennent le premier rang; l'anglais et ensuite le danois le dernier. La déclinaison des langues germaniques, à l'exception de ces deux derniers, du hollandais et de suédois, est riche; dans tous, l'article y joue un grand rôle; dans. cent de la branche scandinave, le gothique excepté, il est placé comme un suffixe après le nom (comme en copte, en valaque et autres langues). L'allemand, le hollandais, le suédois ont trois genres; le danois et le bas-allemand on ont deux, l'un pour les personnes, l'autre pour les choses; l'anglais n'en a pas. Le gothique, l'ancien haut et bas-allemand, l'anglo-saxon, le normanique, l'islandais et le dialecte de Féroé ont le duel dans la déclinaison des pronoms personnels. Les langues germaniques forment le comparatif par flexion en ajoutant un r au positif; le seul gothique, en y ajoutant un z; elles expriment toutes le superlatif par l'addition des lettres st. Leur conjugaison est pauvre, et a recours à trois auxiliaires pour exprimer les temps et les modes qui lui manquent; il faut cependant en excepter les langues nordiques, parmi lesquels le gothique a le duel et le véritable passif complet, et les autres chez lesquels ce dernier existe aussi, quoique borné à quatre temps. Les langues scandinaves ont aussi plusieurs verbes auxiliaires particuliers qui aident à varier et à enrichir leurs conjugaisons; mais elles ne peuvent pas créer aussi librement que l'allemand des adjectifs nouveaux par l'union d'un substantif avec un participe actif, quoique elles lient aussi facilement les substantifs et les adjectifs, soit entre eux, soit les uns aux autres. 

Les langues germaniques  ont toutes la prérogative de pouvoir constamment former des mots nouveaux d'après des règles fixes, prérogative commune au grec, au slavon, mais refusée au latin et aux filles du latin; et, en revanche, cette facilité fait négliger les tournures et les finesses de style.  La construction de l'allemand et du hollandais est très artificielle; celles des autres langues l'est beaucoup moins : dans l'anglais et le suédois, elle est même très simple. Aucune famille linguistique n'offre peut-être plus de variété tans l'emploi des pronoms personnels qui servent à adresser la parole; on en trouve quatre employés dans les différentes langues. 

L'écriture.
A l'égard de leurs moyens graphiques, on peut réduire les langues germaniques aux suivants : 

L'alphabet runique, dont on ne saurait préciser l'époque d'invention.
" Il tient, selon Malte-Brun, à une classe entière d'alphabets rectilignes ou hastiformes, et le vieux mot latin runa, un javelot, un fer pointu, serait aussi un mot scandinave ancien, d'où viendrait l'appellation runique, équivalent à runatus, armé de javelot, tracé à la pointe du javelot. "
Il était en usage dans toute la Scandinavie et chez les Slaves Vendes avant l'introduction du christianisme, et, selon quelques auteurs, il le serait resté jusqu'au XIXe siècle dans la Dalécarlie. On prétend qu'il n'avait primitivement que seize lettres, ressemblant aux caractères grecs et latins, auxquels Waldemar Il en ajouta sept, appelées lettres ponc tuées, parce quelles se distinguaient des antres par des points. 

L'alphabet islandais, qui est presque identique au runique, et qui a de plus une lettre particulière pour expri mer le son du th

L'alphabet gothique (ou méso-gothique), formé par Ulphilas à l'imitation du grec. 

L'alphabet anglo-saxon, jadis en usage en et dans le Scandinavie : dans cette dernière, il remplaça le runique et fut en vogue jusqu'à l'introduction du gothique. 

L'alphabet improprement nommé gothique, qui n'est que l'alphabet latin ramené aux formes carrées et surchargé d'ornements bizarres par les écrivains du Moyen âge, et qui fut employé par presque tous les peuples de l'Europe latine depuis le XIIIe jusqu'au XVe siècle.

Le prétendu alphabet allemand, qui n'est que le gothique un peu modifié : il est en usage chez les Allemands, les Bohèmes, les Stovènes et alternativement avec le latin chez les Suédois, les Hollandais et les Danois; il l'a été aussi exclusivement pendant quelque temps chez les Anglais et les Hollandais, qui le quittèrent vers la fin du XVIIe siècle. 

L'alphabet latin, qui est employé par les peuples qui parlent anglais et hollandais; il est devenu à partir du XIXe siècle d'un usage général en Suède, puis au Danemark, en Allemage et dans les pays hors de cette contrée où l'on parle allemand. (DL).

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