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Lyon, Lugdunum.
- Troisième ville la plus peuplée de France
après Paris
et Marseille, chef-lieu du département du Rhône, au confluent
du Rhône et de la Saône, à 470 kilomètres au
Sud-Est de Paris; 455 000 habitants. La ville, dominée au Nord par
les monts Fourvières et Saint-Sébastien, offre un aspect
magnifique : belles promenades; quartiers de la Guillotière, de
la Croix-Rousse (traboules, vieux quartier des canuts) et de Vaise, anciennes
communes réunies à Lyon en 1852; places Bellecour (310 m
sur 200), des Terreaux (avec une fontaine
monumentale de Bartholdi, et l'hôtel de ville qui date du XVIIe
siècle); beaux et vastes quais, plusieurs ports; nombreux ponts
, parmi lesquels on remarque le pont Saint-Jean ou de l'Archevêché,
le pont Morand, le pont des Cordeliers, le
pont en fil de fer conduisant à l'île Barbe. Rues bien percées
en général, mais étroites, ce qui donne à la
ville un aspect un peu sombre. Monuments principaux : cathédrale
Saint-Jean (construite du XIIe au XVe
siècle, 350 bas-reliefs gothiques,
beaux vitraux), églises Saint-Nizier,
Saint-Irénée, avec une crypte
curieuse, basilique romane de Saint-Martin
d'Ainay, sur l'emplacement d'un temple d'Auguste;
Notre-Dame-de-Fourvière, dont le clocher
a été surmonté en 1853 d'une statue colossale de la
Vierge ,
et qui est un but de pèlerinage très fréquenté;
l'église des Chartreux ,
de style baroque, dont on admire le dôme, le choeur
et l'autel; le palais archiépiscopal
(l'Archevêché date du IIe
siècle et son titulaire est Primat des Gaules), le Grand-Théâtre,
la douane, le Palais de Justice, oeuvre de P. Baltard;
l'Antiquaille, sur les ruines du palais où naquirent Claude
et Germanicus; etc.
Fondée ou agrandie vers 41 av. J.-C.
par Lucius Munatius Plancus, la ville prit de là le nom de Lucii
Dunum, d'où Lugdunum (D'autres dérivent ce nom
du celtique lok ou log, petit temple, et de dun colline).
Favorisée par Auguste et par ses successeurs,
elle devint bientôt assez importante pour donner son nom à
toute la Gaule
Celtique ( Lyonnaise ).
Détruite en une nuit par un terrible incendie, en 59, elle fut relevée
par Néron et embellie par Trajan,
qui fit construire sur une des collines qui dominent la ville un édifice
magnifique, le Forum Trajani, appelé plus tard Forum Vetus,
dont on fit Fortvieil, par corruption, Fourvières,
Fourvière,
nom que porte encore le quartier ou s'élevait cet édifice.
Lyon brillait surtout alors par ses écoles d'éloquence. Décimée
en 197 par Septime-Sévère,
à qui elle avait résisté et qui défit Albinus
sous ses murs elle eut ensuite à subir tous les maux des invasions
barbares, auxquels se joignirent les inondations, la peste
et la famine.
Au Ve siècle,
Lyon, fut, sous les fils de Gondioc, la capitale d'un des démembrements
du royaume de Bourgogne
: mais sa prospérité date surtout des XIe
et XIIe siècles, après la
réunion du royaume des deux Bourgognes à l'empire elle devint
alors à peu près ville libre, bien que les seigneurs lyonnais
et les archevêques de Lyon s'y disputassent sans cesse la souveraineté.
Pour leur échapper, elle se mit sous la protection du roi de France
Philippe
le Bel, qui la réunit à la couronne en 1307. Ce prince
érigea la seigneurie de Lyon en comté et en laissa l'administration
l'archevêque et au chapitre de Saint-Jean conjointement avec les
échevins ou Lyon consuls. LouisXI,
Louis
XII et François leraccrurent
par leurs faveurs la prospérité de Lyon : c'est François
Ier qui y introduisit la fabrication des
étoffes de soie et des draps d'or et d'argent.
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Plan
de Lyon Cliquez sur l'image pour afficher un plan zoomable grand format.
Le voisinage de Genève favorisa
à Lyon l'établissement de la Réforme. En 1560, les
Calvinistes ,
exaspérés par la persécution; s'emparèrent
de la ville : ils la gardèrent jusqu'en 1563. Redevenu maître
de la place, Charles IX, par un édit
rendu dans cette ville en 1563, interdit aux ministres protestants l'enseignement
ainsi que les synodes. Les massacres de la Saint-Barthélemy (1512)
y furent presque aussi sanglants qu'à Paris .
Lyon prit parti pour la Ligue; mais, après la mort de Henri
III, elle reconnut Henri IV, qui vint la
visiter en 1596. Sous Louis XIV, sa prospérité
fut portée à un très haut degré; mais la révocation
de l'édit de Nantes faillit ruiner son industrie. En 1709, les misères
d'un hiver rigoureux vinrent encore aggraver la situation.
Néanmoins Lyon comptait plus de
200 000 habitants en 1793, lorsqu'elle se révolta contre la Convention
: elle eut alors à subir un siège terrible, dirigé
par le général Dubois-Crancé, et dont le résultat
fut la destruction presque entière de la ville; elle fut ensuite
décimée par les commissaires de la Convention Collot-d'Herbois,
Couthon, Fouché; le nom même de Lyon fut effacé, et
remplacé par celui de Commune-Affranchie. Elle se releva sous l'Empire
: l'introduction du métier Jacquard donna alors un grand essor à
la fabrique, mais les révoltes d'ouvriers qui eurent lieu en 1831,
1834, 1848 et 1849, et l'inondation de 1840 l'ont encore cruellement fait
souffrir; en outre, les fabriques de soie fondées au commencement
du XIXe siècle en Suisse ,
en Allemagne ,
en Italie ,
lui enlevèrent d'importants débouchés.
L'église de Lyon fut une des plus
florissantes des Gaules; elle fut fondée au IIe
siècle par Saint Pothin, qui en fut le premier évêque,
et par Saint Irénée. Il se tint à Lyon plusieurs conciles,
notamment deux oecuméniques, en 1245 et 1274 : dans le dernier on
s'occupa de la réforme du clergé et de la réunion
des églises grecque et latine. Lyon possédait un chapitre
célèbre où l'on ne recevait que des nobles, et dont
les membres portaient le titre de Comtes de Lyon.
Cette ville a vu naître les empereurs
Claude,
Caracalla
et Géta;
Sidoine-Apollinaire;
Louise
Labé, Ph. Delorme, Coustou,
Coysevox,
Audran,
Lemot; Spon, Terrasson, Montucla, Sonnerat,
les Jussieu,
Bourgelat,
Ampère,
Camille Jordan, De Gérando,
Ballanche,
Dugas-Montbel,
J.
B. Say, Jacquard, le major Martin, le maréchal Suchet, etc. |
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