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Marseille [L'histoire de Marseille]
Marseille (Massalia à l'époque grecque, Massilia à l'époque romaine) est  par sa population la deuxième ville de France, après Paris; c'est le chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône. Elle se situe à 813 kilomètres au Sud-Sud-Est de Paris, sur un golfe de la Méditerranée déterminé par le cap Couronne et le cap Croisette; 809.000 habitants. D'un aspect original et pittoresque, Marseille s'étend sur les pentes de quatre collines : celle du nord couronnée par le cimetière Saint-Charles et par la gare du chemin de fer; celle de l'ouest entièrement occupée par les vieux quartiers; celle du sud-est qui porte à son sommet la belle place carrée, qu'on appelle la Plaine Saint-Michel; celle de l'est, portant le Château-d'Eau et le magnifique palais de Longchamp. Ces quatre parties n'en font en réalité que deux:: 
1° La vieille ville qui s'étage sans ordre sur la colline des Accoules et des Carmes, et dans laquelle, malgré le percement de la rue de la République, qui la traverse dans toute sa longueur, on voit encore des ruelles  étroites, escarpées, est circonscrite par le boulevard des Dames, la rue de Rome, le Cours, la Canebière, et le port.

2° La ville neuve, datant des XVIIe et XVIIIe siècles, ensemble de rues tirées au cordeau et bordées de constructions magnifiques, qui, partant du Vieux Port, s'étend jusqu'au pied de la colline de Notre-Dame de la Garde. C'est le quartier des affaires et, peut-être, le plus beau de Marseille. 

Les rues créées au pied de la colline de la Garde et formant le quartier de la Plaine sont vastes, mais moins animées. Les deux artères principales sont, d'une part : le boulevard de Paris, la place et la rue d'Aix, les cours et Saint-Louis et Belzunce, qui mène à  l'arc de triomphe (Porte d'Aix), la rue de Rome, la place Castellane et la belle avenue du Prado; d'autre part : la Canebière (anc. Cannebière), qui est une rue, une place et une promenade, et qui est aussi l'orgueil de la ville, et le boulevard de la Libération (anc. avenue de Noailles) dans son prolongement, les allées de Meilhan et le boulevard de la Madeleine. La ville a plusieurs jardins : celui de la colline Bonaparte, créé à grands frais: celui du château Borély, avec cascade et rivière artificielle, le château des Fleurs.

Marseille est relativement pauvre en monuments anciens remarquables. On peut cependant mentionner les vestiges des remparts grecs du IIe av. J.C.  (période héllénistique), le port grec (remanié à l'époque romaine) et, sur le quai de la mairie à quelques 200 m, les vestiges imposants des docks romains du Ier siècle (musée de site), ainsi que le sanctuaire grec (Ve av. J.C.)  plus récemment découvert sous la butte Saint-Laurent et non encore entièrement fouillé à ce jour. 

Marseille : église Saint-Victor.
Eglise Saint-Victor.
Marseille : église de la Major.
Eglise de la Major (ancienne cathédrale).

Quant aux vieilles églises, elles n'étaient pas en rapport avec l'étendue et la richesse de la ville, et il ne reste que la flèche élancée du calvaire des Accoules, et la chapelle souterraine du même nom, sur la place du Vieux-Palais, ainsi que les souterrains et les tours crénelées de l'église Saint-Victor, édifice du XIIIe siècle (c'est tout ce qui reste de la célèbre abbaye romane de Saint-Victor, fondée par le moine Cassien vers 413 de notre ère). 

Du XVIIe siècle datent Notre-Dame du Mont-Carmel et Saint-Théodore. Au XIXe siècle (1848-1893), Marseille a fait bâtir notamment : 

La Major, sur une hauteur de la Joliette, c'est la cathédrale (Sainte-Marie-Majeure, commencée en 1852), construite à côté de l'ancienne dont on a fait disparaître les ruines. C'est une basilique' byzantine à cinq dômes, bâtie par Jacques-Henri Espérandieu, sur les plans de Vaudoyer, tout en pierre verte de Florence et en pierre blanche de Fontvieille. On a dit qu'elle était la plus belle cathédrale construite en France depuis le Moyen âge.

Notre-Dame de la Garde, chapelle dans le style romano-byzantin, bâtie en 1854, sur les plans d'Espérandieu, au sommet de la colline qui a pris son nom elle est précédée d'un immense perron, d'où la vue est splendide, et surmontée d'un clocher de 45 mètres couronné par une colossale statue de la Vierge (la « bonne mère »), de 9 mètres de hauteur.

Parmi les autres églises on mentionnera : Saint-Joseph, vaste, mais classique et froide (1833); Saint-Lazare (1860-1870), de style ogival; enfin, Saint-Vincent-de-Paul (1849-1890), de style XIIIe siècle; l'église Saint-Cannat, où l'on voit un beau maître-autel de Fortis et des tableaux de Serre et de Parrocel, l'église des Chartreux (Sainte Marie-Madeleine), remarquable par l'élégance de son architecture et ses deux gracieux campaniles; l'église Saint-Laurent, où l'on admire le baldaquin en fer ciselé qui couvre le grand autel et les fonts baptismaux à bas-reliefs sculptés du XIIIe siècle.

Les monuments civils les plus anciens sont l'Hôtel de ville, du XVIIe siècle, qui est dû à Gaspard Puget et est un édifice baroque d'influence gênoise, avec sculptures de Pierre Puget (notamment le blason ornant le fronton) et un double escalier tournant en marbre blanc; la Consigne, édifice du XVIIIe siècle, qui renferme des tableaux remarquables de David, Guérin, Gérard, Horace Vernet et un excellent bas-relief de Puget. Au XIXe siècle furent bâtis : le Palais de Justice (1858-1862); la préfecture 1861-1867); la Vieille Charité avec ses galeries et son dôme ovoïde, qui datent des XVIIe et XVIIIe siècles (transformée en musées); la Bourse (1852-1860), construite sur la Canebière; le château du Pharo, construit pour Napoléon III. Enfin citons la statue de Belsunce, sur le cours de l'Athénée, et l'arc de triomphe (Porte d'Aix), élevé en 1823 en l'honneur de Louis XVIII. Il est décoré de statues et bas-reliefs par Ramey et David d'Angers.
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Plan de Marseille.
Plan de Marseille vers 1900.
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir).

Le monument le plus remarquable de Marseille est le palais de Longchamp, bâti dans le style de la Renaissance sur les plans d'Espérandieu, et terminé en 1869. Au centre, se trouve le château d'eau, avec un groupe représentant la Durance et les campagnes qu'elle arrose. L'aile gauche est occupée par le musée des beaux-arts extrêmement riche qui contient en particulier de belles peintures de Puvis de Chavannes, et des oeuvres remarquables de Puget, Lesueur, Mignard, Corot, Courbet, Rubens, etc.; l'aile droite renferme le musée d'histoire naturelle.

Les buts de promenade de Marseille, sont : la Canebière, magnifique rue mais qui ne mériterait pas sa célébrité si elle n'était prolongée par le boulevard de la Libération; les allées de Meilhan; Longchamps, où s'est trouvé naguère (jusqu'en 1987) le Jardin zoologique; le Prado où est le château des Fleurs; la route de la Corniche qui côtoie la mer sur une longueur de 7 kilomètres, depuis la plage du Prado au sud jusqu'au château du Pharo, au nord.

Marseille a toujours été et reste, avant toute chose, un centre de commerce maritime. La partie la plus pittoresque et la plus animée de la ville, c'est le premier port de France par son trafic. Le Vieux Port, sur lequel aboutit la Canebière, s'ouvre entre les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas; il a 900 m de long, 300 m de large, et les quais qui le bordent ont un développement de 3200 m. La passe, rétrécie par les roches du Pharo, est sûre cependant. Muni d'un bassin de radoub, il n'est affecté de nos jours qu'aux bateaux de plaisance, et il n'occupe plus qu'une place marginale dans le dispositif portuaire de Marseille. Le port de la Joliette, creusé en 1853, précédé de l'avant-port du Sud, a été de longue date réservé aux navires faisant un service régulier dans la Méditerranée. Il communique, au Nord, avec les bassins du Lazaret, d'Arenc, le bassin National, etc., dont les quais sont desservis par un réseau de voies ferrées, reliées à la gare Saint-Charles. En avant du port, se développe une rade large et sûre, protégée au Nord par la chaîne de l'Étoile, au midi par les collines de Montredon, à l'Ouest, plus faiblement, par les trois îlots du Château d'If, de Pomègue et de Ratonneau, où se trouve le lazaret du Frioul.

Marseille : square de la Bourse.
Square de la Bourse (Chambre de commerce), oeuvre de Pascal Coste (1852-1860).
Marseille : statue de Pierre Puget.
Statue de Pierre Puget, devant le château Borély.
Marseille : Porte d'Aix.
Arc de Triomphe, achevé en1832. Il devait commémorer la bataille du Trocadéro.
Marseille : cathédrale.
La cathédrale de Marseille (style romano-byzantin).
Marseille : palais de Longchamp.
Palais de Longchamp, oeuvre d'Espérandieu, achevé en 1870
Histoire (version courte).
Le site de Marseille a été occupé dès l'époque paléolitique (grotte Cosquer). Quant à la ville, elle elle fut fondée en 600 av. J.-C. des Phocéens. Gouvernée par un conseil de 600 citoyens avec 3 magistrats investis d'une autorité analogue à celle des consuls romains, la ville créait, deux siècles après sa fondation, des colonies à  (Agde, Antibes, Nice, La Ciotat, etc., Rivale de Carthage, elle partagea avec cette ville célèbre le commerce de la Méditerranée : ses flottes allaient jusque dans l'Océan Atlantique, et quelques-unes dans la Baltique.

Sa rivalité avec Tyr et Carthage fit de Marseille un allié naturel de Rome. Plus tard, Cicéron l'appellera la soeur (soror nostra Massilia); c'est elle qui ouvrit aux Romains le chemin de la conquête de la Gaule en les appelant à son secours contre les Ligures (153), puis contre les Cavares (125). . La ruine de Carthage la favorisa, mais, en se déclarant pour Pompée, elle excita la colère de César, qui  s'en empara après un siège mémorable en 49 av. J.-C. et réunit ses colonies à la république. Le vainqueur lui laissa cependant ses libertés. 
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Marseille : la Canebière.
Marseille au début du XXe siècle. Ci-dessus la Canebière
en bas : la rue de Noailles (auj. Boulevard de la Libération).
Marseille : rue de Noailles.

Saint Lazare, disciple de Jésus, aurait apporté à Marseille le christianisme, suivant une tradition constante, et en aurait été le premier évêque. Il semble toutefois que la ville n'aurait été évangélisée que vers 280. Marseille eut pour premier martyr saint Victor. Deux fois les Wisigoths la prirent, puis les Burgondes, qui la cédèrent aux Ostrogoths, remplacés par les Francs en 539. La ville basse appartint aux rois francs, tandis que la ville haute était aux évêques. En 735, les Sarrasins la pillèrent, mais ils furent chassés par Charles-Martel. En 879, elle tomba au pouvoir de Boson, roi d'Arles. En 1214, la ville basse obtint son indépendance et fut gouvernée par un podestat assisté d'un conseil, tandis que la ville haute restait fief épiscopal.

Charles d'Anjou, qui s'en empara en 1252, réprima avec violence une insurrection. En 1288, les deux villes furent réunies; mais les guerres avaient ruiné le commerce et en 1423, dans un nouveau siège, elle fut incendiée par Alphonse d'Aragon. Le roi René, pour lui rendre sa prospérité, institua des juges de commerce et réorganisa le conseil. Son petit-neveu légua la Provence à Louis XI, en 1481; mais la ville garda une certaine autonomie. Au XVIe siècle, assiégée deux fois par Charles-Quint en 1524 et 1538, livrée aux fureurs des Guerres de religion, atteinte par la peste en 1580, reprise en 1596, après avoir traité avec l'Espagne, en haine du roi de Navarre, Marseille voit décliner son commerce. Son industrie est atteinte ensuite par les prohibitions de Sully. Louis XIV, après une révolte, lui donne un viguier, assisté de deus échevins, et construit le fort Saint-Nicolas pour la réduire; mais Colbert rétablit la franchise du port en 1669 et la relève. En 1720, la grande peste lui enlève 40.000 habitants sur 90.0000

La Révolution fut acclamée par Marseille, qui se prononça tour à tour pour les girondins et les montagnards, et subit la réaction thermidorienne. Les guerres de l'Empire et le blocus continental la ruinèrent, et elle eut sa "Terreur blanche" sous la Restauration. La conquête de l'Algérie (à partir de 1830), la création du canal de Suez (1869) accrurent sa prospérité, que la guerre de 1870-1871 arrêta momentanément. Après la Commune, il y eut des troubles à Marseille; la ville, mise en état de siège, eut sa préfecture bombardée, le 4 avril 1871, par le général Espivent.

Parmi les hommes célèbres nés à Marseille, citons, pour l'Antiquité, les navigateurs Pythéas et Euthymène et le poète latin Pétrone; du XVIIe siècle sont le romancier Honoré d'Urfé, le prédicateur Mascaron et le sculpteur Pierre Puget; du XVIIIe siècle,  l'auteur comique Barthe, le girondin Barbaroux, le littérateur Rivarol. Le XIXesiècle y a vu naître Honoré Daumier, Adolphe Thiers, Mignet, Léon Gozlan, Louis et Charles Reybaud, Joseph Autran, Amédée Achard, Eugène Guinot, Edmond Rostand, Jean Bouin, et l'écrivain Antonin Artaud. Pour le XXe siècle, on mentionnera le sculpteur César Baldaccini,  le chorégraphe Maurice Béjart, etc. (DGV /NLI / GE; merci à René Pierini pour ses correctifs et ses compléments d'information).

Marseille.
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Dictionnaire Villes et monuments
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