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Coustou (Nicolas),
sculpteur, fils aîné du précédent, né
à Lyon
le 9 janvier 1658, mort à Paris
le 1er mai 1733, A l'âge de dix-huit
ans, il vint à Paris étudier la sculpture, auprès
de son oncle Antoine Coysevox. En 1682, il remporta
le premier grand prix, sur un bas-relief
représentant Caïn
bâtissant la ville d'Hénoch, et reçut une médaille
d'or de 200 livres. Puis au mois d'avril 1683, il partit pour Rome, où
il séjourna pendant trois années; il y fit une copie en marbre
de la statue de l'Empereur Commode en Hercule ,
qu'on plaça dans le parc de Versailles .
A son retour en France ,
il resta quelques mois à Lyon; il les employa à sculpter
des figures décoratives pour des particuliers.
Au mois de février 1688, Nicolas
Coustou fut reçu, comme agréé, à l'Académie
royale de peinture
et de sculpture ;
en 1692, il commença à travailler pour l'église
des Invalides ,
sculptant des groupes de Prophètes ,
dans la chapelle
Saint-Jérôme, une figure d'Ange
tutélaire sous une tribune de la nef ,
ainsi que plusieurs figures destinées à décorer l'extérieur
du monument. Le 29 août 1693, Nicolas Coustou fut reçu académicien;
son morceau de réception était un bas-relief
allégorique, au sujet du Rétablissement de la santé
du roi (actuellement au Louvre ).
En 1695, il sculpta, pour le tombeau du maréchal de Créqui,
placé dans l'église des Jacobins, à Paris ,
une figure en marbre de la Valeur et un bas-relief en bronze représentant
une bataille; en 1696, les religieuses de Moulins lui commandèrent
deux statues
en pierre, Saint Joseph et Saint Augustin.
En 1700, il travaillait, au château
de Marly ,
à des motifs de décoration intérieure; en 1701, il
terminait une statue
que Girardon avait laissé inachevée,
la statue de Saint Louis pour les Invalides .
De 1701 à 1710, Nicolas Coustou fit, pour le parc de Marly, le groupe
en marbre de la Seine et la Marne, une statue de César,
un Chasseur au repos, deux figures de Nymphes ,
deux groupes placés de chaque côté du grand escalier ,
représentant la Chasse au cerf et la Chasse au sanglier,
deux groupes de Tritons
pour la cascade et la pièce d'eau des Vents ,
des Sphinx
et des Enfants exécutés en plomb doré, les
groupes de Diane
et Endymion ,
de Mercure
et Argus ,
des groupes de Bergers et Bergères, fondus en plomb; la statue
en marbre d'Apollon
poursuivant Daphné .
En récompense de si grands et si beaux travaux, le roi lui accorda
une pension de 2000 livres.
Le duc d'Antin ayant chargé Nicolas
Coustou et son frère Guillaume de l'exécution du Voeu
de Louis XIII, pour Notre-Dame
de Paris ,
Nicolas entreprit le groupe principal de la Vierge
soutenant le corps du Christ ;
cet important ouvrage ne fut terminé qu'en 1725. En 1713, il sculpta,
pour Mgr de Noailles, une statue
en marbre de Saint Denis; en 1714, il fit la statue en marbre du
Maréchal
de Villars vêtu à la romaine; en 1715, il exécuta
une figure de Minerve
soutenant le médaillon du prince de Conty; ce groupe en marbre
ornait le tombeau du prince, placé dans le choeur
de Saint-André des Arts, à Paris. En 1720, le duc d'Antin
fit accorder à cet artiste la pension de 4000 livres que Louis
XIV avait donnée à Coysevox.
Vers la même époque, Nicolas Coustou orna, de deux groupes
en bronze, la place Bellecour à Lyon, l'un représentant la
Saône
assise sur un lion, l'autre un Trophée avec Minerve,
ce dernier placé contre le piédestal
de la statue équestre de Louis XIV. En
1731, il termina la statue en pied (en marbre) de Louis
XV, placée d'abord à Petit-Bourg, puis dans le parc de
Versailles (aujourd'hui au Louvre ).
On doit encore à ce grand sculpteur
: une statue
en marbre du Cardinal de Janson pour la cathédrale
de Beauvais ;
un Crucifix en marbre; les bustes en marbre de Colbert,
de Bignon, de d'Argenson, garde des sceaux, une Flore
et un Bacchus
pour un parc à Saint-Maur. Quand il mourut, il laissait à
l'état d'ébauche un grand bas-relief
du Passage du Rhin. Nicolas Coustou a été successivement
adjoint à professeur à l'Académie en 1695; professeur
en 1702, adjoint à recteur, en 1715; recteur en 1720, chancelier
en 1733. Il n'a exposé qu'au Salon de 1704 un Christ en bronze.
On a transporté de Marly
aux Tuileries la
Seine et la Marne, Apollon poursuivant Daphné et le Chasseur
au repos; au Louvre
se trouve la statue de César. (Maurice
Du Seigneur). |
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Coustou (Guillaume).
- Sculpteur, frère cadet du précédent, né à
Lyon le 25 avril 1677, mort à Paris
le 22 février 1746. Élève de Coysevox,
il obtint le second prix au concours pour Rome, en 1696, et le premier
prix en 1697, sur un bas-relief représentant
un Épisode de l'histoire de Joseph
en Égypte. Il éprouva, en arrivant à Rome, quelques
tracasseries qui l'empêchèrent de jouir de la pension royale;
il allait, découragé, s'embarquer pour Constantinople ,
lorsque son ami le sculpteur Frémin vint à son secours et
le détourna de son projet. Il entra alors chez le sculpteur Le Gros,
auquel Frémin l'avait présenté, et travailla sous
sa conduite à l'exécution du bas-relief de Saint Louis
de Gonzague, placé dans l'église
Saint-Ignace. En 1704, le 25 novembre, il fut reçu académicien;
son morceau de réception représentait Hercule
sur son bûcher (marbre, actuellement au musée du Louvre )
: il fut nommé adjoint à professeur le 3 juillet 1706, professeur
le 28 décembre 1715, adjoint à recteur le 26 octobre 1726,
recteur le 10 janvier 1733, directeur du 3 février 1735 au 5 juillet
1738.
En 1712, Guillaume Coustou sculpta, pour
Marly ,
les statues d'Hippomène et de Daphné
(aujourd'hui aux Tuileries );
en 1730, il orna de trophées et d'enfants en bronze
le piédestal de la statue de Louis
XIV, place Vendôme ;
en 1731, il fit les sculptures d'ornement
de la pyramide du pont de Blois
et la statue en marbre de Marie Leczinscka (aujourd'hui au Louvre ).
En 1738, Guillaume Coustou décora le tapis vert de Marly d'un groupe
en marbre représentant la Jonction des deux mers, groupe
de 18 pieds de large sur 16 pieds de haut. Il exécuta pour la chapelle
de Versailles : une statue de Saint Augustin;
un groupe d'Anges ;
un autre groupe, la Foi et la Religion; les bas-reliefs
de la Visitation, de Jésus chez les docteurs, du Christ
mort sur les genoux de la Vierge; il termina aussi pour ce palais le
bas-relief ovale, commencé par son frère Nicolas Coustou,
représentant Louis XIV à cheval; et sculpta, pour
le parc, une statue de Bacchus .
On voyait de cet artiste, dans l'église
du noviciat des jésuites
à Paris ,
rue du Pot-de-Fer, les figures en marbre de Saint Ignace et de Saint
Xavier; sur l'entablement de l'ancien
Palais-Bourbon ,
un groupe important représentant le Char du soleil. Au grand
porche
de l'hôtel royal des Invalides ,
il fit toutes les sculptures, les figures
en pierre de Mars
et de Minerve
placées de chaque côté de l'entrée; le masque
d'Hercule
ornant la clef de voûte, et enfin l'important
bas-relief
représentant Louis XIV à cheval,
accompagné des figures de la Justice et de la Prudence.
Le Louis XIV à cheval fut détruit pendant la Révolution,
en 1793, mais il a été refait à peu près identiquement
au modèle de Coustou, par
Pierre
Cartellier en 1815. Dans l'oeuvre du Voeu de Louis
XIII, pour Notre-Dame
de Paris, la statue du roi Louis XIII est de Guillaume Coustou. Il faut
rappeler aussi le bas-relief qu'il exécuta pour la grand-chambre
du Parlement et les figures décoratives dont il orna l'ancien château
d'eau de la place du Palais-Royal .
Les oeuvres les plus importantes de Guillaume
Coustou, celles qui ont consacré son nom, sont les deux fameux groupes
en marbre des Chevaux de Marly exécutés pour remplacer,
de chaque côté de l'abreuvoir de Marly ,
le Mercure et la Renommée de Coysevox.
Le 25 fructidor an III (11 septembre 1795), ces deux groupes furent transportés
de Marly à Paris
en cinq heures, et placés, à l'entrée des Champs-Elysées
sur les piédestaux élevés
par l'architecte Delannoy. Le portrait de
Guillaume Coustou a été peint par Jean-François Delyen
vers 1724, et gravé par Larmessin en 1730. (Maurice
Du Seigneur). |
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Coustou (Guillaume),
le fils, sculpteur, fils du précédent, né à
Paris
le 20 mars 1716 , mort à Paris le 13 juillet 1777. Il remporta le
premier prix de Rome en 1735, sur un bas-relief
représentant Rebecca et Eliézer. Il fut reçu
académicien le 28 juillet 1742; son morceau de réception,
représentant Vulcain ,
est aujourd'hui au Louvre .
En 1743, il eut le titre d'adjoint à professeur; en 1746, celui
de professeur; adjoint à recteur en 1765, il devint recteur en 1770
et trésorier de l'Académie en 1774; il était, de plus,
conservateur des sculptures du Louvre depuis
1764. En 1743, Coustou sculpta, pour le maître-autel
de l'église des jésuites
de Bordeaux ,
un groupe en marbre, représentant l'Apothéose
de saint François Xavier. Au Salon de 1745, il exposa un groupe
en terre cuite : le Dieu Pan
enseignant à Apollon
à jouer de la flûte; à celui de 1750, un bas-relief
destiné au château de Bellevue,
Galathée
sur les eaux; dans le livret du Salon de 1769, une note indique qu'on
pouvait voir, dans l'après-midi, à l'atelier de Coustou,
le modèle du tombeau de feu Mgr le Dauphin et de feue Mme la
Dauphine, exécuté pour le choeur
de la cathédrale de Sens. Nous
citerons encore, de cet artiste, une statue d'Apollon pour le château
de Bellevue; les statues de Mars et Vénus exécutées
pour le roi de Prusse ;
la statue de Louis XV, pour le château
de Ménars; le bas-relief de la Visitation à l'autel de la
Vierge dans la chapelle de Versailles; la
statue de Saint Roch dans l'église de ce nom à Paris;
le premier fronton de l'église Sainte-Geneviève (devenue
par la suite le Panthéon )
représentant une croix rayonnante adorée par des chérubins ;
deux des frontons des grands hôtels de la place Louis XV (place de
la Concorde ).
Le portrait de cet artiste, peint en 1758
par F.-H. Drouais le fils, est conservé à l'École
des beaux-arts de Paris. (M. d. S.). |