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La géologie
[La Terre]
La gĂ©ologie (du grec gĂ© = terre, et logos = discours, science)  est la science de la Terre. Son objectif principal est de comprendre comment la Terre fonctionne, comment elle a fonctionnĂ© par le passĂ© et comment elle pourrait Ă©voluer dans le futur. 
La géologie cherche ainsi à répondre à des questions fondamentales comme : De quoi la Terre est-elle faite? Comment s'est-elle formée et a-t-elle évolué au cours de milliards d'années? Pourquoi y a-t-il des montagnes, des volcans et des tremblements de terre?Où trouve-t-on les ressources dont notre société a besoin (eau, métaux, énergie)? Comment le climat de la Terre a-t-il changé dans le passé et comment pourrait-il changer à l'avenir? Quelle est l'histoire de la vie sur Terre, telle que racontée par les roches et les fossiles?
Cette science ne se limite pas à l'étude de la surface terrestre. Elle étudie la Terre de son noyau interne jusqu'à l'interaction avec l'atmosphère et l'hydrosphère. Son champ d'étude comprend en particulier :
• La composition de la Terre. - L'étude des minéraux (minéralogie) et des roches (pétrologie) qui constituent la croûte, le manteau et le noyau. Cela implique de comprendre leur chimie, leur structure cristalline et leurs propriétés physiques.

• La structure de la Terre. - L'analyse des couches internes (noyau, manteau, croûte) et des structures géologiques à différentes échelles, des plis et failles microscopiques aux chaînes de montagnes et aux bassins océaniques (géologie structurale).

• Les processus terrestres. - L'étude des forces et mécanismes qui façonnent la Terre. Cela concerne les processus internes (tectonique des plaques, volcanisme, sismicité) et les processus de surface (érosion, sédimentation, altération, action de l'eau, du vent, de la glace).

• L'histoire de la Terre. - La reconstruction des événements passés, depuis la formation de la planète il y a environ 4,54 milliards d'années jusqu'à aujourd'hui. Cela s'appuie sur l'étude des couches de roches (stratigraphie), des fossiles (paléontologie) et des méthodes de datation absolue et relative (géochronologie). Un concept central ici est le Temps géologique, une échelle de temps immensément vaste par rapport à l'échelle humaine.

Concepts fondamentaux.
Plusieurs principes et théories sous-tendent la géologie moderne :

Tectonique des plaques.
La tectonique des plaques est la théorie unificatrice de la géologie moderne. Elle explique que la couche externe rigide de la Terre (la lithosphère) est divisée en grandes plaques qui se déplacent les unes par rapport aux autres sur l'asthénosphère plus ductile. Ce mouvement est responsable de la plupart des phénomènes géologiques majeurs comme les séismes, le volcanisme et la formation des chaînes de montagnes.

Uniformitarisme.
L'uniformitarisme ou uniformisme, souvent résumé par la phrase "le présent est la clé du passé", postule que les processus géologiques qui opèrent aujourd'hui (érosion, sédimentation, volcanisme, etc.) sont les mêmes que ceux qui ont agi tout au long de l'histoire de la Terre, bien que leur intensité puisse avoir varié.

Cycle des roches.
Le cycle des roches est un modèle qui décrit comment les trois principaux types de roches (ignées, sédimentaires et métamorphiques) se transforment les unes en les autres au fil du temps sous l'effet de processus géologiques (fusion, cristallisation, érosion, sédimentation, compaction, cimentation, chaleur, pression).

Principes de la stratigraphie.
Les principes de la stratigraphie correspondent à des règles comme le principe de superposition (dans une séquence non perturbée, les couches inférieures sont plus anciennes que les couches supérieures), qui permettent de déterminer l'âge relatif des roches sédimentaires.

Les branches de la géologie.
La géologie, science très vaste et diversifiée, se subdivise en de nombreuses branches spécialisées qui chacune se concentre sur un aspect particulier de l'étude de la Terre, de sa formation à son évolution actuelle, et, dans certains cas, d'autres corps célestes.

Minéralogie.
La minéralogie s'intéresse spécifiquement à l'étude des minéraux. Un minéral est généralement défini comme une substance naturelle, solide, inorganique, dotée d'une composition chimique définie et d'une structure atomique ordonnée, c'est-à-dire cristalline. Le minéralogiste analyse les propriétés physiques des minéraux comme la dureté, le clivage, l'éclat, la couleur, la forme cristalline, ainsi que leurs propriétés optiques et chimiques. Cette discipline vise à identifier, classifier les minéraux, comprendre leurs conditions de formation, leur occurrence, leur distribution géographique et leurs applications économiques (par exemple, les minerais, les pierres précieuses, les matériaux industriels). Elle utilise des techniques variées, allant de l'observation au microscope (pétrographique, électronique) aux analyses chimiques poussées et à la diffraction des rayons X pour déterminer la structure cristalline. La minéralogie est fondamentale car les minéraux sont les constituants de base des roches.

Pétrologie.
La pétrologie, étroitement liée à la minéralogie, est l'étude des roches. Une roche est un agrégat naturel de minéraux, ou, dans certains cas, de matière non minérale (comme le verre volcanique ou la matière organique). La pétrologie cherche à comprendre l'origine (la formation), la composition minéralogique et chimique, la texture (la taille, la forme et l'arrangement des grains minéraux), la structure et la classification des roches. Elle se subdivise classiquement en trois domaines :

• La pĂ©trologie ignĂ©e (ou magmatique) Ă©tudie les roches formĂ©es par le refroidissement et la solidification du magma ou de la lave (volcaniques et plutoniques), 

• La pĂ©trologie sĂ©dimentaire analyse les roches formĂ©es par l'accumulation et la compaction de sĂ©diments (issus de l'Ă©rosion, du transport et de la dĂ©position de matĂ©riaux), 

• La pétrologie métamorphique s'intéresse aux roches transformées par la chaleur, la pression et/ou des fluides chimiquement actifs, sans passer par une phase de fusion complète.

Les méthodes employées comprennent l'observation sur le terrain, l'étude d'échantillons à la main, l'examen microscopique de lames minces de roche, et les analyses géochimiques et isotopiques. La pétrologie est essentielle pour comprendre les processus internes et externes de la Terre, la formation des chaînes de montagnes, l'ouverture des océans, et pour la prospection des ressources naturelles associées aux différents types de roches.

Géologie structurale.
La géologie structurale étudie la géométrie tridimensionnelle des corps rocheux et l'histoire de leur déformation. Elle analyse les structures géologiques telles que les plis (déformations courbes des couches rocheuses), les failles (fractures le long desquelles il y a eu déplacement), les diaclases (fractures sans déplacement significatif), la foliation (arrangement plan de minéraux), et la linéation (arrangement linéaire). Cette branche cherche à comprendre les forces (contraintes) qui agissent sur les roches et la manière dont celles-ci réagissent (déformation élastique, plastique ou cassante). Le géologue structuraliste mesure l'orientation des couches et des structures en surface et en profondeur, construit des coupes géologiques pour visualiser la disposition des roches dans le sous-sol et analyse les mécanismes de déformation. Cette discipline est fondamentale pour comprendre la tectonique des plaques, la formation des montagnes, la sismologie (étude des tremblements de terre), et est cruciale pour l'exploration des gisements miniers et pétroliers (les structures peuvent piéger les fluides) ainsi que pour l'ingénierie géologique.

Stratigraphie.
La stratigraphie est la science des couches rocheuses, ou strates, et de leur succession dans le temps. Elle s'intéresse principalement aux roches sédimentaires, mais aussi aux coulées volcaniques et aux dépôts glaciaires, qui se déposent en couches successives. La stratigraphie vise à décrire, corréler (établir des équivalences) et dater ces couches rocheuses afin de reconstruire l'histoire de la Terre. Elle repose sur des principes fondamentaux tels que le principe de superposition (dans une séquence non déformée, les couches inférieures sont plus anciennes que les couches supérieures), le principe d'horizontalité originelle (les sédiments se déposent initialement à plat) et le principe de continuité latérale (les couches s'étendent latéralement jusqu'à ce qu'elles s'amincissent ou rencontrent une barrière). Différentes approches existent, comme :

• La lithostratigraphie (basée sur la nature physique des roches).

• La biostratigraphie (basée sur le contenu en fossiles).

• La chronostratigraphie (basée sur l'âge des couches).

• La stratigraphie séquentielle (basée sur l'analyse des variations du niveau marin et des dépôts associés).

La stratigraphie est essentielle pour établir l'échelle des temps géologiques, comprendre l'évolution des bassins sédimentaires, identifier les réservoirs d'hydrocarbures et d'eau souterraine, et pour la paléogéographie (reconstruction des environnements passés).

Paléontologie.
La paléontologie est l'étude de la vie ancienne basée sur les fossiles, qui sont les restes ou les traces d'organismes ayant vécu dans le passé géologique. La paléontologie se situe à l'interface entre la géologie et la biologie. Le paléontologue découvre, décrit, classe et étudie les fossiles, qu'il s'agisse d'organismes entiers, de parties de corps (coquilles, os, feuilles) ou de traces d'activité (empreintes de pas, terriers). Cette discipline permet de retracer l'évolution de la vie sur Terre, de comprendre les écosystèmes passés (paléoécologie), d'analyser les événements d'extinction massives et de reconstituer les environnements dans lesquels vivaient ces organismes. Les fossiles sont également des outils cruciaux pour la stratigraphie, notamment pour la biostratigraphie, car certaines espèces n'ont vécu que pendant des périodes de temps limitées et peuvent ainsi servir de marqueurs pour dater et corréler les couches rocheuses à l'échelle régionale ou globale. La paléontologie contribue ainsi de manière fondamentale à notre compréhension de l'histoire de la Terre et de l'évolution de la biodiversité.

Géomorphologie.
La géomorphologie se concentre sur l'étude des formes du relief terrestre, leur origine, leur évolution et les processus qui les façonnent. Elle analyse comment l'érosion par l'eau, le vent, la glace, ainsi que l'activité tectonique, le volcanisme et même les actions biologiques et humaines, créent des montagnes, des vallées, des plaines, des côtes et autres paysages. Cette branche cherche à comprendre non seulement la description des formes, mais surtout la dynamique des systèmes qui les produisent, intégrant souvent des notions de climatologie, d'hydrologie et de pédologie pour expliquer l'évolution des surfaces terrestres sur des échelles de temps variées, des événements instantanés aux millions d'années.

Sismologie.
La sismologie, quant à elle, est l'étude des tremblements de terre et de la propagation des ondes sismiques à travers la Terre. Les sismologues enregistrent et analysent ces ondes pour déterminer l'emplacement, la magnitude et les mécanismes des séismes, mais aussi, de manière cruciale, pour sonder la structure interne de la planète. En observant comment les différentes ondes (P, S, ondes de surface) se propagent, se réfléchissent et se réfractent aux interfaces des différentes couches terrestres, ils ont pu cartographier le manteau, le noyau externe liquide et le noyau interne solide, révélant ainsi la composition et l'état physique des profondeurs inaccessibles. La sismologie est également essentielle pour l'évaluation des risques sismiques et l'amélioration des normes de construction parasismique.

Volcanologie.
La volcanologie se dédie à l'étude des volcans, des éruptions volcaniques, de la lave, du magma et des phénomènes associés. Les volcanologues analysent la composition chimique et physique des roches volcaniques, surveillent l'activité des volcans actifs (mesure des déformations du sol, composition des gaz, sismicité locale) pour tenter de prévoir les éruptions, et étudient les risques associés (coulées de lave, nuées ardentes, chutes de cendres, lahars). Cette discipline est fondamentale pour comprendre le cycle de la matière du manteau vers la surface et l'atmosphère, la formation des roches magmatiques, et l'impact des éruptions sur le climat et les environnements.

Géophysique.
La géophysique est une branche plus large qui applique les principes et les méthodes de la physique à l'étude de la Terre et de son environnement spatial. Elle utilise diverses techniques comme la gravimétrie (étude du champ de gravité terrestre), le magnétisme (étude du champ magnétique terrestre), l'électricité et la résistivité électrique, ainsi que la sismologie et l'étude du flux de chaleur. Les géophysiciens cherchent à comprendre la structure interne de la Terre, les processus dynamiques comme la convection du manteau ou la tectonique des plaques, et à détecter des anomalies dans les propriétés physiques du sous-sol qui peuvent indiquer la présence de ressources (eau, minéraux, hydrocarbures) ou des risques géologiques. Elle fournit des outils puissants pour l'exploration du sous-sol, qu'il s'agisse de la Terre profonde ou des couches superficielles.

Géochimie.
La gĂ©ochimie est l'Ă©tude de la composition chimique de la Terre et des lois qui rĂ©gissent la distribution et la circulation des Ă©lĂ©ments chimiques et de leurs isotopes dans l'Ă©corce, le manteau, le noyau, l'hydrosphère, l'atmosphère et la biosphère. Elle analyse la chimie des roches, des minĂ©raux, de l'eau, des gaz et des ĂŞtres vivants pour comprendre l'origine des matĂ©riaux terrestres, les processus de formation et d'altĂ©ration des roches, les cycles biogĂ©ochimiques des Ă©lĂ©ments, l'Ă©volution de l'atmosphère et des ocĂ©ans, et la chronologie des Ă©vĂ©nements gĂ©ologiques grâce aux mĂ©thodes de datation isotopique. La gĂ©ochimie est essentielle pour comprendre la formation des gisements minĂ©raux, la qualitĂ© des eaux souterraines, la pollution environnementale, et l'Ă©volution Ă  long terme du système Terre. 

Hydrogéologie.
L'hydrogéologie est la branche qui étudie les eaux souterraines, c'est-à-dire l'eau qui se trouve sous la surface de la Terre dans les fractures des roches et les espaces poreux du sol et des sédiments. Elle s'intéresse à l'origine de cette eau, à son mouvement (écoulement), à sa distribution, à sa qualité chimique et physique, ainsi qu'à ses interactions avec les roches, les sols et les activités humaines. L'objectif principal de l'hydrogéologie est de comprendre les systèmes aquifères (les formations géologiques qui peuvent stocker et transmettre l'eau souterraine) afin de gérer les ressources en eau potable, de prévenir et de contrôler la contamination des nappes phréatiques, et d'évaluer l'impact de l'utilisation des terres et du changement climatique sur les réserves d'eau souterraine. Ses applications sont importantes pour l'approvisionnement en eau, l'agriculture, l'industrie et la protection de l'environnement.

Géologie économique.
La géologie économique est dédiée à l'étude des matériaux géologiques qui ont une valeur économique pour les humains. Cela inclut les minerais (des roches ou minéraux contenant des métaux ou d'autres éléments précieux), les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), les matériaux de construction (sable, gravier, pierre, argile) et parfois même l'eau souterraine (bien que l'hydrogéologie soit la spécialité pour l'étude de l'eau elle-même, la géologie économique s'intéresse à sa valeur en tant que ressource). Les géologues économiques cherchent à comprendre comment ces gisements se sont formés, où ils se trouvent, et comment les exploiter de manière rentable et si possible durable. Leur travail couvre la prospection (la recherche de nouveaux gisements), l'évaluation (déterminer la taille, la teneur et la viabilité économique d'un gisement) et contribue à la planification de l'exploitation minière et pétrolière.

Géologie de l'environnement.
La géologie de l'environnement applique les principes et les méthodes de la géologie à l'étude des interactions entre les humains et leur environnement géologique. Elle examine les problèmes environnementaux causés par les activités humaines (comme la pollution des sols et de l'eau, la gestion des déchets, l'impact de l'exploitation minière et des infrastructures) ainsi que les risques naturels d'origine géologique (tels que les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, les glissements de terrain, les inondations, l'érosion côtière) qui affectent les populations humaines. Les géologues environnementaux travaillent à identifier, évaluer et atténuer ces risques et ces problèmes. Ils sont impliqués dans les études d'impact environnemental, la planification de l'utilisation des sols, la gestion des sites contaminés, la conception de systèmes de gestion des déchets, et la compréhension des facteurs géologiques influençant le changement climatique et ses conséquences.

Géologie de l'ingénieur.
La géologie de l'ingénieur (ou géotechnique dans un contexte plus large) est l'application de la géologie à l'ingénierie civile et minière. Son objectif est d'assurer que les facteurs géologiques affectant l'emplacement, la conception, la construction, l'exploitation et la maintenance des ouvrages d'ingénierie (comme les bâtiments, les ponts, les barrages, les tunnels, les routes, les centrales électriques) sont correctement pris en compte. Cela implique l'étude des propriétés mécaniques des sols et des roches, l'évaluation de la stabilité des pentes, la reconnaissance de site pour identifier les conditions du sous-sol (présence de failles, de terrains instables, d'eau souterraine, etc.), l'étude de l'impact potentiel des aléas géologiques sur les ouvrages, et la fourniture de recommandations pour la conception et les méthodes de construction. Elle est essentielle pour garantir la sécurité et la durabilité des infrastructures.

Géologie planétaire.
La géologie planétaire (ou exogéologie) est l'étude de la géologie des corps célestes autres que la Terre, tels que les planètes et leurs satellites, les astéroïdes et les noyaux cométaires. Elle s'intéresse à la composition, à la structure, à l'histoire et aux processus géologiques (comme le volcanisme, la tectonique, l'impact de météorites, l'érosion par le vent, la glace ou d'éventuels liquides) qui façonnent leurs surfaces et leurs intérieurs. Les exogéologues analysent les données provenant des missions spatiales (images, mesures topographiques, analyses de composition, données sismiques, etc.) pour comprendre la formation et l'évolution de ces corps, comparer leur géologie à celle de la Terre, et chercher des indices sur la présence passée ou présente d'eau ou d'autres conditions propices à l'apparition et au développement des organismes vivants (domaine de l'astrobiologie). (Bien que le préfixe géo signifie « lié à la Terre », cette branche repousse donc les limites de la géologie au-delà de notre planète. Elle fait partie de la planétologie).

Méthodes et outils du géologue.
L'étude de la Terre et de son histoire complexe fait appel à une panoplie de méthodes et d'outils qui se complètent mutuellement. Ainsi, la géologie moderne ne repose-t-elle pas sur une approche unique, mais sur l'intégration des informations obtenues à différentes échelles et par diverses techniques. Parmi les piliers méthodologiques de cette science figurent le travail de terrain, l'analyse en laboratoire, la télédétection et la modélisation numérique.

Travail de terrain.
Le travail de terrain constitue souvent la première Ă©tape et le fondement de toute Ă©tude gĂ©ologique. Il consiste Ă  se rendre sur place, lĂ  oĂą les roches et les structures affleurent ou sont accessibles, pour observer directement le monde gĂ©ologique. 

C'est lĂ  que le gĂ©ologue interagit directement avec les objets de son Ă©tude : identifier les types de roches (sĂ©dimentaires, magmatiques, mĂ©tamorphiques), reconnaĂ®tre les minĂ©raux qui les composent, dĂ©crire les textures et structures (stratification, foliation, plis, failles, diaclases), mesurer l'orientation des couches ou des plans de faille Ă  l'aide d'un compas-clinomètre, rechercher des fossiles qui renseignent sur l'âge et l'environnement de dĂ©pĂ´t, et comprendre les relations spatiales entre les diffĂ©rentes unitĂ©s gĂ©ologiques. Le travail de terrain permet de situer les observations dans leur contexte naturel, de saisir l'Ă©chelle des phĂ©nomènes et de formuler les premières hypothèses sur l'histoire et la dynamique de la rĂ©gion Ă©tudiĂ©e. 

Les outils typiques comprennent le marteau de géologue pour échantillonner et nettoyer les surfaces, le compas-clinomètre, un carnet de notes et des stylos résistants, des cartes topographiques et géologiques, un GPS pour la localisation précise des points d'observation et des échantillons, ainsi qu'un appareil photo pour documenter les observations. L'échantillonnage (roches, minéraux, fossiles, sols, eaux) est crucial car il fournit le matériel de base pour les analyses ultérieures en laboratoire. Le produit essentiel du travail de terrain est souvent la carte géologique, qui représente la distribution spatiale des différentes formations et structures à la surface.

Analyse en laboratoire.
L'analyse en laboratoire prend le relais après la phase de terrain, et permet d'Ă©tudier en dĂ©tail les Ă©chantillons collectĂ©s. Elle vise Ă  obtenir des informations prĂ©cises et quantitatives qui ne sont pas accessibles par simple observation visuelle. 

Les techniques de laboratoire sont diverses et couvrent de nombreux domaines. La pĂ©trographie Ă©tudie la composition minĂ©ralogique et la texture des roches sous microscope optique (sur lames minces) ou Ă©lectronique, fournissant des indices sur leur origine et leur Ă©volution. La gĂ©ochimie utilise des instruments sophistiquĂ©s (spectromĂ©trie de fluorescence X - XRF, spectromĂ©trie de masse Ă  plasma Ă  couplage inductif - ICP-MS, microsonde Ă©lectronique, etc.) pour dĂ©terminer la composition chimique Ă©lĂ©mentaire et isotopique des roches, minĂ©raux ou fluides, ce qui est essentiel pour comprendre les processus magmatiques, mĂ©tamorphiques, hydrothermaux ou la circulation des fluides. La gĂ©ochronologie, via des mĂ©thodes de datation absolue (radiomĂ©trique comme U-Pb, Ar-Ar, K-Ar, 14C), permet de dĂ©terminer l'âge des roches et des Ă©vĂ©nements gĂ©ologiques, fournissant une chronologie indispensable. La sĂ©dimentologie et la palĂ©ontologie impliquent l'Ă©tude des sĂ©diments et des fossiles (macro ou micropalĂ©ontologie) pour reconstruire les palĂ©oenvironnements et les palĂ©oclimats. 

Des analyses des propriétés physiques (densité, porosité, perméabilité, vitesse sismique) ou mécaniques des roches sont également courantes, notamment en géotechnique ou en géophysique. Les outils varient considérablement, allant des microscopes aux accélérateurs de particules (pour certaines méthodes isotopiques très précises). L'analyse en laboratoire transforme les échantillons bruts en données quantifiables et interprétables.

Télédétection.
La tĂ©lĂ©dĂ©tection offre une vision synoptique et souvent inaccessible autrement de la surface terrestre et des phĂ©nomènes qui s'y dĂ©roulent. Elle consiste Ă  acquĂ©rir des informations Ă  distance Ă  l'aide de capteurs embarquĂ©s sur des satellites, des avions ou des drones. 

Les données de télédétection sont variées : images optiques à différentes résolutions spatiales et spectrales (visible, infrarouge, thermique), images radar (SAR) sensibles à la géométrie de surface et permettant de mesurer les déformations (InSAR), données Lidar fournissant des modèles numériques d'élévation (MNE) très précis. Ces données permettent d'identifier et de cartographier à grande échelle les unités lithologiques, les structures géologiques (failles, plis), les types de végétation (qui peuvent parfois indiquer la nature du substrat), les changements de l'occupation du sol, les zones d'altération hydrothermale, ou encore de suivre des phénomènes dynamiques comme les glissements de terrain, l'activité volcanique ou la subsidence.

La télédétection est particulièrement utile pour étudier des régions vastes, inaccessibles ou dangereuses, pour la prospection initiale, ou pour le suivi temporel. Les outils sont principalement logiciels (logiciels de traitement d'image et de SIG - Systèmes d'Information Géographique) pour l'acquisition, le traitement et l'interprétation des données acquises par les capteurs.

Modélisation numérique.
La modĂ©lisation numĂ©rique utilise des ordinateurs et des algorithmes pour simuler des processus gĂ©ologiques, analyser des jeux de donnĂ©es complexes ou tester des hypothèses. Elle devient indispensable lorsque les systèmes Ă©tudiĂ©s sont trop complexes, trop lents (sur des millions d'annĂ©es), trop rapides (sĂ©ismes, Ă©ruptions) ou trop profonds pour ĂŞtre observĂ©s ou expĂ©rimentĂ©s directement. 

La modĂ©lisation peut simuler la dynamique des fluides (Ă©coulement de l'eau souterraine, migration des hydrocarbures, mouvements du magma), la dĂ©formation des roches sous contrainte (formation des plis et failles, tectonique des plaques), le transport sĂ©dimentaire, les transferts de chaleur, l'Ă©volution des bassins sĂ©dimentaires, ou encore inverser des donnĂ©es gĂ©ophysiques (gravimĂ©trie, magnĂ©tisme, sismique) pour obtenir des modèles du sous-sol. Elle permet d'Ă©tudier l'impact de diffĂ©rents paramètres sur un processus et de faire des prĂ©dictions. 

Les outils sont des logiciels de calcul spécialisés (basés sur les méthodes par éléments finis, différences finies, etc.) nécessitant souvent une puissance de calcul importante. La modélisation numérique aide à quantifier la compréhension des processus géologiques et à tester la cohérence des données obtenues par les autres méthodes.



Philippe Duchaufour, Introduction à la science du sol (sol, végétation, environnement), Dunod, 2004.
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