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Les chevaux
Equus ferus
Le cheval domestique (Equus ferus caballus), est un grand mammifère' herbivore appartenant à la famille des équidés, et domestiqué par l'être humain depuis plusieurs millénaires. Il descend d'ancêtres sauvages aujourd'hui disparus ou partiellement représentés par des formes proches comme le cheval de Przewalski (Equus ferus przewalskii). Sa domestication, probablement amorcée dans les steppes d'Asie centrale vers 3500 à 4000 avant notre ère, a profondément transformé les sociétés humaines en facilitant les déplacements, les échanges, l'agriculture et les activités militaires.

Morphologiquement, le cheval se caractérise par un corps puissant et harmonieux, soutenu par de longs membres terminés par un seul doigt protégé par un sabot. Sa taille varie considérablement selon les races, allant de petits poneys de moins d'un mètre au garrot à de grands chevaux de trait dépassant 1,80 mètre. Son poids peut osciller entre 200 et plus de 1000 kilogrammes. Il possède une tête allongée, des yeux latéraux offrant un champ de vision très large, et des oreilles mobiles qui témoignent de sa vigilance. Sa robe, c'est-à-dire la couleur de son pelage, présente une grande diversité (bai, alezan, noir, gris, pie, etc.), souvent codifiée dans les pratiques d'élevage.

Le cheval est un animal grégaire, vivant naturellement en groupes structurés appelés harems ou troupeaux, généralement composés d'un étalon, de plusieurs juments et de leurs petits. Cette organisation sociale repose sur des interactions complexes, incluant des comportements de dominance, de coopération et de communication. Les chevaux utilisent notamment des postures corporelles, des mouvements d'oreilles et des vocalisations (hennissements, soufflements) pour exprimer leurs intentions et leurs émotions.

Sur le plan physiologique, le cheval est adapté à la course et à l'endurance. Son système musculaire et cardiovasculaire lui permet de fuir rapidement les prédateurs, ce qui a façonné son comportement : c'est un animal proie, naturellement vigilant et réactif. Sa digestion repose sur un système monogastrique avec fermentation dans le caecum, ce qui nécessite une alimentation riche en fibres, principalement composée d'herbe et de fourrage. Il doit manger fréquemment en petites quantités pour maintenir un bon équilibre digestif.

La relation entre le cheval et l'être humain est l'une des plus anciennes et des plus significatives de l'histoire de la domestication animale. Utilisé comme monture, animal de trait, auxiliaire agricole ou compagnon, il a joué un rôle central dans de nombreuses civilisations. Aujourd'hui, le cheval est principalement utilisé dans des contextes sportifs, récréatifs et thérapeutiques. La diversité des races de chevaux, issues de sélections humaines adaptées à des usages spécifiques, témoigne de la plasticité de l'espèce. Des chevaux de trait lourds aux chevaux de course rapides et légers, en passant par les poneys rustiques, chaque type répond à des besoins particuliers. Sur le plan symbolique, le cheval occupe aussi une place importante dans de nombreuses cultures à travers le monde. Il est souvent associé à la liberté, à la puissance, à la noblesse et au mouvement.

La paléontologie du cheval.
La paléontologie du cheval retrace une histoire évolutive particulièrement bien documentée, faisant de Equus ferus caballus l'un des exemples classiques utilisés pour illustrer les mécanismes de l'évolution au sein du règne animal. Cette lignée s'étend sur environ 55 millions d'années, depuis le début de l'Éocène jusqu'à aujourd'hui, et témoigne de transformations progressives en réponse à des changements environnementaux majeurs, notamment le passage de forêts denses à des paysages ouverts de type savane et prairie.

Les premiers représentants connus de cette lignée appartiennent au genre Eohippus (souvent assimilé à Hyracotherium), un petit mammifère de la taille d'un renard, vivant il y a environ 55 millions d'années. Il possédait plusieurs doigts (quatre à l'avant, trois à l'arrière), des dents basses adaptées à une alimentation de feuilles tendres, et un corps bien adapté à un environnement forestier. Sa morphologie indique un animal agile, se déplaçant sur un sol souple et couvert de végétation.

Au cours de l'Oligocène et du Miocène, plusieurs genres intermédiaires apparaissent, notamment Mesohippus et Merychippus. Ces formes montrent une augmentation progressive de la taille corporelle, une réduction du nombre de doigts et une transformation des dents. Le pied devient plus spécialisé, avec un doigt central dominant, mieux adapté à la course sur des sols plus durs. Parallèlement, les dents deviennent plus hautes (hypsodontes) et résistantes à l'usure, ce qui correspond à une alimentation de plus en plus composée d'herbes riches en silice, typiques des prairies en expansion.

Le genre Pliohippus, apparu au Miocène supérieur, présente déjà des caractéristiques proches des chevaux modernes, notamment un seul doigt fonctionnel terminé par un sabot. Toutefois, il ne s'agit pas nécessairement d'un ancêtre direct du genre Equus, qui apparaît plus tard, au Pliocène, il y a environ 4 à 5 millions d'années. Equus regroupe les chevaux actuels, mais aussi les ânes et les zèbres, et se caractérise par une morphologie pleinement adaptée à la vie dans des milieux ouverts : grande taille, membres longs et robustes, et dentition spécialisée pour le pâturage intensif.

Un aspect important de cette évolution est qu'elle est buissonnante. De nombreuses lignées parallèles ont coexisté, certaines s'éteignant sans descendance. La vision simplifiée d'une progression directe de Eohippus à Equus est aujourd'hui remplacée par une compréhension qui implique des radiations évolutives et des extinctions multiples. Cette diversification est étroitement liée aux fluctuations climatiques du Cénozoïque, notamment le refroidissement global et l'aridification progressive, qui ont favorisé l'expansion des prairies au détriment des forêts.

Les fossiles de chevaux sont particulièrement abondants en Amérique du Nord, où la majeure partie de cette évolution s'est déroulée. C'est également sur ce continent que le genre Equus est apparu avant de se disperser vers l'Eurasie et l'Afrique via des ponts terrestres comme celui de Béring. Paradoxalement, les chevaux se sont éteints en Amérique à la fin du Pléistocène, il y a environ 10 000 ans, probablement en raison d'une combinaison de changements climatiques et de pression humaine. Ils ne seront réintroduits qu'au XVIe siècle par les Européens.

Le cheval de Przewalski.
Le cheval de Przewalski (Equus ferus przewalskii ou Equus Przewalskii Poliakof), est une forme de cheval sauvage originaire des steppes d'Asie centrale, notamment de Mongolie. Il est habituellement considéré comme le dernier représentant des chevaux véritablement sauvages encore existants, bien qu'il soit étroitement apparenté au cheval domestique. 

Découvert pour la science occidentale en 1879  par le voyageur Nicolaï Przewalski, lors de son dernier voyage dans l'Asie centrale, et décrit scientifiquement par Poliakof en 1881, ce cheval habitait alors les steppes les plus désertes de la Dzoungarie, entre l'Altaï et les monts Thian-Chan, et ne se trouvait, semble-t-il, nulle part ailleurs. Les Kirghiz l'appellaient kertag et les Mongols' takké
Morphologiquement, le cheval de Przewalski présente une silhouette trapue et robuste, adaptée aux conditions rigoureuses des steppes. Il mesure généralement entre 1,20 et 1,40 mètre au garrot, avec un corps compact, des membres solides et une encolure épaisse. Sa tête est relativement large, avec un profil légèrement convexe. Sa robe est typiquement de couleur isabelle (jaune sable), avec des extrémités plus sombres, une raie dorsale bien marquée et parfois des zébrures discrètes sur les membres, traits considérés comme primitifs chez les équidés. Sa crinière est courte, dressée et dépourvue de toupet, ce qui le distingue nettement de la plupart des chevaux domestiques.

Sur le plan génétique, le cheval de Przewalski se différencie du cheval domestique par un nombre de chromosomes légèrement supérieur (66 contre 64 chez Equus ferus caballus). Malgré cette différence, les deux formes peuvent se croiser et produire une descendance fertile, ce qui témoigne de leur proximité évolutive. Des études génomiques récentes ont cependant montré que le cheval de Przewalski n'est pas un ancêtre direct des chevaux domestiques actuels, mais qu'il pourrait descendre de populations anciennement domestiquées redevenues sauvages, ce qui complexifie la distinction entre "sauvage" et " féral".

Le comportement du cheval de Przewalski est typique d'un équidé vivant en milieu ouvert. Il forme des groupes sociaux composés d'un étalon dominant, de plusieurs juments et de leurs petits, ainsi que des groupes de mâles célibataires. Ces structures sociales favorisent la protection contre les prédateurs et l'accès aux ressources. L'espèce est bien adaptée aux conditions climatiques extrêmes, avec des hivers très froids et des étés chauds et secs. Elle peut parcourir de longues distances à la recherche de nourriture et d'eau, et possède une grande résistance physique.
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Cheval de Przrewalski.
Cheval de Przewalski.

Le cheval de Przewalski a survécu à l'état sauvage dans les steppes arides de Mongolie jusqu'au milieu du XXe siècle, avant de disparaître de son habitat naturel vers 1966 en raison de la chasse, de la compétition avec le bétail domestique et de la dégradation de son environnement. Heureusement, une douzaine d'individus capturés auparavant pour des zoos ont permis de lancer des programmes de reproduction en captivité, aboutissant à des réintroductions réussies en Mongolie à partir des années 1990 dans des réserves comme le parc national de Khustain Nuruu et la réserve de Takhin Tal. 
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Aujourd'hui, le cheval de Przewalski, classé "En danger" par l'Union internationale pour la conservation de la nature, compte environ 2 000 individus dont seulement quelques centaines vivent en liberté dans leur habitat d'origine. Les principales menaces actuelles qui pèsent sur le cheval de Przewalski comprennent la perte et la fragmentation de son habitat steppique, la consanguinité liée au faible nombre de fondateurs, la compétition avec le bétail domestique pour les ressources alimentaires, et les risques de croisements avec des chevaux domestiques ou marrons qui pourraient compromettre l'intégrité génétique de l'espèce. Des initiatives internationales, comme celles menées par l'association française Takh, coordonnent des efforts de conservation, de suivi génétique et de réintroduction pour assurer la pérennité de cette espèce emblématique.

Le cheval de Przewalski joue un rôle important dans les écosystèmes de steppe, notamment en tant que grand herbivore contribuant à la dynamique de la végétation. Son pâturage influence la structure des communautés végétales et peut favoriser la biodiversité en maintenant des habitats ouverts.
 

Le cheval dans la culture.
Le cheval, Equus ferus caballus, occupe une place exceptionnelle dans la culture, à la fois comme auxiliaire matériel, symbole social et figure mythologique. Depuis sa domestication  vers 2200 avant notre ère dans la vallée du Don, au sud-ouest de la Russie, où les premiers éleveurs ont réussi à manipuler délibérément la reproduction pour augmenter massivement la production de chevaux adaptés à la monte et à l'attelage, il a profondément influencé les structures économiques, militaires et symboliques de nombreuses civilisations, au point de devenir l'un des animaux les plus chargés de significations dans l'histoire humaine.

Dans les sociétés anciennes, le cheval est d'abord un vecteur de puissance et de mobilité. Son utilisation dans la guerre transforme radicalement les stratégies militaires, notamment avec l'apparition des chars dans des régions comme la Mésopotamie et l'Égypte antique. Plus tard, la cavalerie devient un élément central des armées, que ce soit chez les peuples nomades des steppes, comme les Scythes, ou dans les empires structurés. Le cheval permet des déplacements rapides, des charges militaires décisives et une extension du contrôle territorial, ce qui en fait un instrument de domination politique et militaire.

Dans l'Europe médiévale, le cheval est indissociable de la figure du chevalier. Il devient un marqueur de statut social et un élément central de la culture aristocratique. La possession et l'entretien de chevaux de guerre, souvent coûteux, distinguent les élites. Le lien entre le cheval et la noblesse s'inscrit également dans les pratiques culturelles, comme les tournois, les récits épiques et les codes de la chevalerie, où l'animal est à la fois compagnon de combat et symbole de valeurs telles que l'honneur et la loyauté.

Au-delà de la guerre, le cheval joue un rôle fondamental dans les économies agraires et les échanges. Il est utilisé pour le labour, le transport de marchandises et les déplacements sur de longues distances. Dans de nombreuses régions, il remplace ou complète d'autres animaux de trait, augmentant la productivité agricole et facilitant le commerce. Cette fonction utilitaire s'accompagne d'une intégration dans la vie quotidienne, où le cheval devient un partenaire de travail essentiel.

Sur le plan symbolique et religieux, le cheval apparaît dans de nombreuses mythologies et traditions religieuses. Dans la mythologie grecque, il est représenté par des figures comme Pégase, cheval ailé associé à l'inspiration et au divin, ou les chevaux du dieu Hélios tirant le char du soleil. Dans les traditions nordiques, le dieu Odin chevauche Sleipnir, un cheval à huit jambes symbolisant la capacité à traverser les mondes. En hindouistes comme l'Ashvamedha, soulignant sa dimension sacrée et royale. Ces représentations témoignent d'une association fréquente entre le cheval et des forces cosmiques, la lumière, la vitesse ou la transcendance.

Dans les cultures des peuples des steppes et d'Asie centrale, le cheval est au coeur de l'identité culturelle. Chez les Mongols, par exemple, il est à la fois moyen de subsistance, outil de guerre et élément central des pratiques sociales. Le mode de vie nomade repose largement sur l'élevage et l'utilisation du cheval, qui permet de parcourir de vastes territoires. Il est également présent dans les chants, les récits et les traditions orales, où il incarne la liberté et la relation intime entre l'humain et la nature.

Dans les cultures amérindiennes, notamment après la réintroduction du cheval par les Européens, l'animal acquiert rapidement une importance majeure. Chez les populations des Grandes Plaines, il transforme les modes de vie en facilitant la chasse au bison et en modifiant les structures sociales et guerrières. Le cheval devient un symbole de richesse, de prestige et de compétence, et s'intègre profondément dans les pratiques culturelles et religieuses.

À l'époque moderne et contemporaine, le rôle du cheval évolue avec l'industrialisation. Il perd progressivement ses fonctions utilitaires au profit des machines, mais conserve une forte valeur culturelle et symbolique. Il est présent dans les sports équestres, les loisirs, les spectacles et les pratiques thérapeutiques. Il devient aussi un objet de représentation artistique, dans la peinture, la littérature et le cinéma, où il incarne souvent la liberté, la puissance ou la relation entre l'humain et l'animal.

Le cheval reste ainsi une figure universelle, dont la signification varie selon les contextes culturels mais conserve des constantes : il est associé au mouvement, à la force, à la noblesse et à la relation interspécifique.

Les races de chevaux.
Les races de chevaux, toutes appartenant à l'espèce Equus ferus caballus, résultent de millénaires de sélection par l'être humain en fonction d'usages spécifiques, de contraintes environnementales et de critères esthétiques. Cette diversité peut être organisée en grands types fonctionnels plutôt qu'en une simple liste, car les races partagent généralement des caractéristiques communes liées à leur utilisation principale : chevaux de sang, chevaux de trait, chevaux de selle, poneys et types intermédiaires.

Les chevaux dits "de sang" sont généralement légers, rapides et endurants. Le représentant le plus emblématique est le Pur-sang, développé en Angleterre aux XVIIe et XVIIIe siècles pour les courses. Il se distingue par sa grande vitesse, sa silhouette élancée et son tempérament nerveux. Dans un registre proche mais plus polyvalent, le cheval Arabe est l'une des plus anciennes races connues, originaire de la péninsule arabique. Il est réputé pour son endurance exceptionnelle, sa résistance et son influence génétique majeure sur de nombreuses autres races. L'Anglo-arabe, issu du croisement entre Pur-sang et Arabe, combine vitesse et endurance, ce qui en fait un cheval apprécié en compétition.
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Cheval arabe.

Les chevaux de selle regroupent des races sélectionnées pour l'équitation sportive et de loisir. Le cheval de Selle français, développé en France, est particulièrement reconnu pour le saut d'obstacles grâce à sa puissance et sa souplesse. Le Hanovrien, originaire d'Allemagne, est très présent dans le dressage et le concours complet, en raison de son équilibre et de sa régularité. Le Holsteiner, également allemand, est réputé pour sa capacité à sauter et son mental stable. Ces races dites warmblood (sang chaud tempéré) sont issues de croisements entre chevaux de sang et chevaux plus lourds, visant à obtenir un compromis entre puissance et agilité.

Les chevaux de trait sont des animaux massifs, sélectionnés pour la traction et les travaux agricoles. Le Percheron, originaire de la région du Perche en France, est l'un des plus connus, apprécié pour sa force et son tempérament docile. Le Clydesdale, venant d'Écosse, est reconnaissable à ses grandes fanons (poils autour des sabots) et à sa stature imposante. Le Shire, également britannique, est l'un des plus grands chevaux du monde. Ces races ont été essentielles dans les économies agricoles et industrielles avant la mécanisation, et sont aujourd'hui valorisées dans des contextes patrimoniaux ou touristiques.

Les poneys constituent un groupe distinct, généralement défini par une taille inférieure à 1,48 mètre au garrot, mais aussi par des caractéristiques morphologiques spécifiques. Le Shetland, originaire des îles Shetland en Écosse, est très rustique et adapté à des conditions climatiques difficiles. Le Connemara, venant d'Irlande, est réputé pour sa polyvalence et ses capacités sportives. Le Welsh Pony, du Pays de Galles, se décline en plusieurs sections, allant de petits poneys à des types proches du cheval de selle.

Certaines races sont étroitement liées à des cultures spécifiques et à des usages traditionnels. Le Mustang, en Amérique du Nord, descend de chevaux introduits par les Européens et redevenus sauvages; il symbolise la liberté et l'adaptation aux milieux difficiles. Le Akhal-Téké, originaire du Turkménistan, est célèbre pour sa robe souvent métallique et son endurance dans les environnements désertiques. Le Frison, des Pays-Bas, se distingue par sa robe noire, sa crinière abondante et son allure élégante, ce qui en fait un cheval prisé pour les spectacles et l'attelage.

La notion de race chez le cheval est étroitement liée aux stud-books, registres généalogiques qui définissent les critères d'appartenance et encadrent la reproduction. Ces systèmes reflètent des choix humains en matière de sélection, parfois orientés vers la performance sportive, parfois vers la conservation de caractéristiques traditionnelles.
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Chevaux domestiqués
(Equus caballus)
Races asiatiques Races arabes : Chevaux de l'Irak, Chevaux du Nedjed, Chevaux du Yemen, Chevaux de I'Oman, Chevaux du Hedjaz, Chevaux de Barhein, Chevaux de Mésopotamie

Races persanes; races turques.

Races africaines Races de Nubie; races de Numidie.

Races du Tchad : type Dongola, type Barbe, type Kirdi (ou Poney de Logone).

Races européennes Races espagnoles ou andalouses.

Races anglaises : Cheval de course anglais(pur sang anglais et pur sang anglo-arabe), Cheval de chasse ou hunier, Cheval noir, Suffolk, Cheval de Lincolnshire.

Races françaises : Chevaux des Pyrénées (Pottoks du Pays Basque et Mérens de l'Ariège). Chevaux d'Auvergne, Chevaux bourguignons ou nivernais, Chevaux limousins, Chevaux anglo-normands, Chevaux corses, Chevaux du Morbihan et de la Cornouailles, Chevaux du Poitou, Chevaux percherons, Chevaux boulonais, Chevaux flamands, Chevaux ardennais, Chevaux franc-comtois.

Races hollandaises : Cheval hollandais, Cheval frison.

Races allemandes et d'Europe centrale : Cheval mecklembourgeois, Cheval du Holstein, Cheval allemand, Cheval hongrois; Konigs de Pologne (peut-être descendants des Tarpans d'Asie centrale); poneys : Haflinguer autrichien, Dulmen de Westphalie, Poney polonais.

Races danoises et russes : Cheval danois, Cheval russe.

Chevaux sauvages
ou errants (E. caballus / E. ferus)
Chevaux errants 
de l'Asie
Tarpan (la sous-espèce sauvage originelle est éteinte depuis les années 1760, mais le nom continue d'être employé pour désigner certains chevaux retournés à l'état sauvage), Muzins, Chevaux des steppes ou tartares, Cheval nu.
Chevaux errants 
de l'Afrique
Kumrah ou cheval nain.
Chevaux errants 
de l'Amérique du Sud
Cimmarones (Argentine), Mustangs (Paraguay).
Chevaux errants de l'Amérique du Nord : Mustangs (Mexique et Etats-Unis)
Chevaux errants de l'Océanie.
Chevaux errants d'Europe Chevaux français (Chevaux camarguais, Chevaux des dunes de Gascogne).

Chevaux de la Russie méridionale.

Chevaux des Iles Britanniques (Poneys des Shetlands à poils longs, Connemaras d'Irlande, Poneys du Pays de Galles).

Chevaux de Norvège, de Laponie et d'Islande.

Les chevaux redevenus sauvages ou marrons.
Il existe, dans presque toutes les régions du monde, des chevaux marrons, c.-à-d. des chevaux échappés à la domesticité et redevenus sauvages. Ceux des steppes de l'Asie centrale, qu'on ne peut confondre avec le Cheval réellement sauvage (Equus Przewalskii), portent le nom de Tarpans. Ils ont des formes plus lourdes que le Cheval domestique, la tête relativement plus grosse, et sont de petite taille, mais ils ont la queue touffue dès la base, comme ce dernier, bien qu'assez courte. La couleur de leur robe, toujours uniforme et sans tache, est beaucoup plus foncée que celle de l'E. Przewalskii, variant du gris souris à l'isabelle et au brun, très rarement noire et jamais pie. Mais ce qui est généralement moins connu, c'est qu'il a existé des Tarpans ou Chevaux marrons jusque dans l'Europe occidentale et même en France, à une époque relativement récente. Elisée Roesslin (de Haguenau), dans un livre publié à Strasbourg en 1593, signale en ces termes leur présence dans la chaîne des Vosges :

"Parmi les animaux qui se rencontrent dans les Vosges, il faut surtout remarquer, ce qui serait une merveille dans beaucoup de pays, les Chevaux sauvages. Ils se tiennent dans les forêts et les montagnes, pourvoyant eux-mêmes à leur entretien, se reproduisant et se multipliant par toutes les saisons. En hiver, ils cherchent un abri sous les rochers, se nourrissant, comme le grand gibier, de genêts, de bruyère, de branches d'arbres. Ils sont plus farouches et plus sauvages que ne le sont, en bien des contrées, les Cerfs et aussi difficiles à prendre que ceux-ci. L'on s'en rend maître, comme des Cerfs, au moyen de lacs. Quand on parvient à les apprivoiser et à les dompter, ce qui est d'un travail long et difficile, on obtient des Chevaux de la meilleure qualité [...]. Ils résistent aux froids les plus violents et se contentent des fourrages les plus grossiers. Leur marche est sûre, leur pied ferme et solide, parce qu'ils sont habitués, comme les Chamois, à parcourir les montagnes et à franchir les rochers. Si les Vosges entretiennent des Chevaux sauvages, tandis que la forêt Noire ne connaît pas ce genre d'animaux, elles doivent ce privilège à leur exposition septentrionale, depuis Lichtenberg jusqu'à Neustadt-sur-la-Haardt, à leur stérilité et à la domination des vents âpres et rudes qui soufflent du nord." (cité par Gérard, Faune historique de l'Alsace).
A la même époque, il existait également des chevaux sauvages dans les Alpes suisses (canton de Saint-Gall) et en Prusse (Erasmus Stella, 1518), et l'on mangea leur chair jusqu'à l'époque où elle fut interdite par l'Eglise. Plus récemment, il en existait encore dans le sud de la Russie. Partout où les humains ont transporté le Cheval, on retrouve des troupes de Chevaux marrons analogues aux Tarpans; sur les bords du Niger, en Afrique, ils sont appelés Kumrahs. On en a trouvé aussi eu Australie, mais c'est une race d'aspect misérable qui ont été fusillés sans pitié pour éviter tout mélange avec les juments domestiques, et qui ont peut-être été complètement exterminés aujourd'hui. 

Dans les deux Amériques, le cheval, qui comptait encore sur ce continent de nombreuses espèces au Paléolithique, s'était complètement éteint bien avant l'arrivée des Européens. Importée au XVe siècle par les premiers conquérants, la race des chevaux espagnols, trouvant dans les prairies du Nord, les llanos et les pampas du Sud une nourriture abondante, a prospéré et constitue, sous le nom de Mustangs (de l'espagnol mestengo = vagabond) au Paraguay et au Mexique, de Cimmarrones à la Plata (Argentine), des races souvent de grande taille, très recherchées, et que l'on chassait au lasso pour les apprivoiser et les dresser aux usages domestiques. 

Les Mustangs diffèrent des Tarpans par la variété de leurs teintes et le grand nombre d'individus à robe pie. Certaines de ces robes sont remarquables par la disposition élégante des couleurs; on voyait, dans les années 1880, au Nouveau-Cirque, sous le nom de chevaux tigres (le nom de chevaux pards aurait été plus exact), huit magnifiques Mustangs très bien assortis et tous tachetés de brun ou de marron sur un fond d'un blanc pur; ces taches, disposées assez régulièrement et n'ayant rien de commun avec les pommelures des chevaux domestiques, produisaient un effet très agréable à l'oeil.

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Dictionnaire Les mots du vivant
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