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| Une
valeur
(Valorem, de valere, être fort, avoir de l'efficacité,
du prix) est le caractère des choses qui faitqu'elles sont plus ou moins
estimées par un individu ou un groupe (ex. : un tableau a plus de valeur
pour un connaisseur que pour un profane), ou bien qu'elles méritent plus
ou moins d'estime, à des titres divers, c'est-à -dire selon la qualité
qu'elles possèdent : Distinction entre valeurs, normes et principes. • Les valeurs sont de idéaux qui motivent les actions et les choix.Les Pragmatistes appellent jugements de valeur ceux qui se rapportent aux moyens à prendre pour atteindre une fin obligatoire ou souhaitable. Introduction aux
valeurs.
• Valeurs éthiques. - Elles concernent les notions du bien et du mal, et guident les comportements vertueux et les choix moraux. Par exemple, la justice, l'honnêteté ou la solidarité.Les valeurs comme constructions sociales et individuelles. Les valeurs ne sont pas innées, mais se construisent et évoluent au fil du temps, influencées par l'histoire, la culture et les expériences personnelles. Les sociétés définissent des valeurs partagées qui structurent la vie collective. Par exemple, l'égalité et la fraternité dans une société démocratique. Chaque individu intègre et interprète ces valeurs en fonction de son expérience, de son éducation et de sa sensibilité personnelle. Importance
des valeurs en philosophie.
Les fondements
des valeurs.
Pour Aristote, les valeurs sont liées à la recherche du bonheur (eudaimonia) et se manifestent par la vertu, un équilibre entre les excès et les défauts. Les
valeurs dans la philosophie moderne.
Nietzsche critique les valeurs traditionnelles qu'il considère comme décadentes. Il prône la transvaluation des valeurs, où l'individu crée ses propres valeurs fondées sur la volonté de puissance. Les
valeurs dans la philosophie contemporaine.
Jürgen Habermas met en avant la valeur de la communication rationnelle et du consensus comme fondement des normes et des valeurs dans les sociétés démocratiques. Diversité et
relativité des valeurs.
• Relativisme culturel. - Cette approche soutient que les valeurs et les normes sont le produit de contextes culturels spécifiques et ne peuvent être jugées qu'à l'intérieur de ces mêmes contextes. Ce point de vue implique que ce qui est considéré comme moral ou immoral varie d'une société à une autre. Par exemple, les pratiques de mariage, les rites de passage ou les codes vestimentaires peuvent différer considérablement selon les cultures, sans qu'aucune pratique ne soit considérée comme universellement correcte ou incorrecte.Les valeurs dans différentes cultures et sociétés. Les valeurs reflètent les croyances fondamentales qui guident les comportements et les relations au sein d'une population. Elles sont influencées par l'histoire, la religion, la géographie et les conditions économiques. Voici quelques exemples : • Le sociétés collectivistes (ex : Japon, Chine) valorisent l'harmonie sociale, la loyauté envers la famille et la communauté.Les valeurs dans un monde globalisé. La globalisation a entraîné une interconnexion accrue entre les cultures, favorisant à la fois l'échange de valeurs et les tensions. D'un côté, elle encourage la création d'un socle commun de valeurs (comme l'environnement ou la justice sociale). De l'autre, elle peut provoquer des résistances face à la standardisation culturelle. En conséquence, comprendre la diversité des valeurs implique de trouver un équilibre entre respect des différences culturelles et défense de principes universels, dans le but de construire une société plus inclusive et harmonieuse. Les valeurs dans
l'éthique et la morale.
Éthique
déontologique.
Éthique
conséquentialiste.
Éthique
de la vertu.
Dilemmes
moraux et conflits de valeurs.
Les valeurs dans
la société et la politique.
Les
valeurs dans les différents systèmes politiques.
Les
valeurs dans les mouvements sociaux et les droits humains.
Les
valeurs dans les médias.
Les valeurs morales
selon les sciences cognitives et les neurosciences.
Le point de départ de cette révolution est l'idée que le jugement moral n'est pas d'abord une activité rationnelle mais une réponse émotionnelle rapide, ensuite rationalisée. Jonathan Haidt, avec sa théorie de l'intuitionnisme social, a montré que les êtres humains formulent d'abord un verdict moral viscéral (une forme de dégoût, d'approbation, d'indignation) et que le raisonnement explicite intervient après coup, comme une justification construite rétrospectivement. Ce n'est pas la raison qui guide le sentiment moral, mais bien l'inverse : la raison est au service de l'intuition. Les neurosciences ont confirmé et précisé ce tableau. Les travaux d'Antonio Damasio sur des patients présentant des lésions du cortex préfrontal ventromédian ont montré que ces individus, pourtant dotés de capacités cognitives intactes, deviennent incapables de prendre des décisions morales cohérentes dans la vie quotidienne. La célèbre hypothèse des marqueurs somatiques soutient que les émotions fonctionnent comme des signaux d'alerte incorporés, des raccourcis affectifs qui orientent le choix avant même que l'analyse consciente ne soit achevée. Autrement dit, ressentir est une condition de bien décider moralement, et non un obstacle à surmonter. L'imagerie cérébrale fonctionnelle a ensuite permis d'identifier les substrats neurologiques de cette dynamique. Les recherches de Joshua Greene et ses collègues sur le dilemme du tramway ont mis en évidence une tension au sein même du cerveau : face à des dilemmes où il faut choisir entre nuire directement à une personne pour en sauver plusieurs, deux systèmes entrent en compétition. Le cortex préfrontal dorsolatéral, associé au raisonnement conséquentialiste et au calcul des utilités, s'oppose à des régions comme le cortex cingulaire antérieur et l'amygdale, qui réagissent à la valence émotionnelle de l'acte lui-même, notamment la répugnance à toucher directement une victime. Cette dualité a conduit Greene à proposer un modèle dual-process (théorie du processus dual) de la moralité : un système automatique, rapide, émotionnellement coloré, issu de l'évolution, coexiste avec un système délibératif, lent, capable d'abstraction et de calcul. L'évolutionnisme cognitif apporte une dimension supplémentaire. Des chercheurs comme Marc Hauser (avant ses controverses) ou plus solidement Frans de Waal ont soutenu que certaines intuitions morales de base, comme la réciprocité, l'équité ou l'empathie, ne sont pas des constructions culturelles arbitraires mais des adaptations sélectionnées parce qu'elles favorisaient la coopération dans des groupes sociaux. De Waal a documenté chez les grands singes des comportements proto-moraux : consolation, partage, résolution de conflits, réactions négatives face à une distribution jugée inéquitable. Cela suggère que les valeurs morales humaines s'enracinent dans une infrastructure émotionnelle et sociale partagée avec d'autres primates, et que leur caractère universel partiel (l'interdiction du meurtre gratuit, la norme de réciprocité) reflète cette origine commune plutôt qu'une découverte rationnelle. La notion de grammaire morale universelle, proposée par Hauser à partir d'une analogie avec la linguistique chomskyenne, radicalise encore cette perspective. Tout comme les enfants acquièrent leur langue maternelle en activant une structure syntaxique innée, les êtres humains posséderaient une faculté morale innée, un ensemble de principes abstraits (distinguer les actes des omissions, le contact direct du contact indirect, l'intention de la conséquence) qui s'appliquent automatiquement aux situations sociales. Les variations culturelles dans les codes moraux ne seraient alors que des paramétrages de surface sur un fond universel. Les neurosciences montrent de leur côté que les fondements de la moralité émergent très tôt, bien avant toute instruction explicite. Les travaux de Kiley Hamlin à l'Université de Colombie-Britannique ont démontré que des nourrissons de six mois préfèrent déjà les agents qui aident plutôt que ceux qui nuisent à autrui, manifestant une forme de jugement évaluatif élémentaire. Cela indique que certaines valences morales (positiver la coopération, négativer l'entrave) sont câblées dans la cognition précoce, sans apprentissage social. Il n'en reste pas moins que les neurosciences et les sciences cognitives se heurtent à plusieurs tensions internes. Le débat entre universalisme et constructivisme culturel demeure vif : des travaux comme ceux de Richard Shweder ou de l'anthropologue Cecilia Heyes ont montré la profonde variabilité des intuitions morales à travers les cultures, remettant en question la robustesse de tout inné moral. Par ailleurs, le problème du passage du descriptif au normatif (ce que les philosophes appellent le problème de la guillotine de Hume) reste irréductible : savoir comment le cerveau produit un jugement moral ne dit rien sur la valeur de ce jugement. Décrire les mécanismes neuraux de la répulsion face à certains actes ne suffit pas à les condamner ou à les justifier moralement. Une autre tension concerne le libre arbitre et la responsabilité morale. Si les décisions morales sont le produit de mécanismes cérébraux en grande partie automatiques, influencés par l'état du corps, le niveau de glucose sanguin, l'humeur du moment (ce que Shai Danziger et ses collègues ont illustré de façon frappante en montrant que des juges prononcent des décisions plus clémentes après un repas), alors la notion de responsabilité individuelle qui fonde les systèmes juridiques et éthiques se trouve fragilisée. Les neurosciences invitent à penser la moralité comme un phénomène émergent, collectif, situé dans des corps et des contextes, plutôt que comme l'expression d'une volonté pure et désincarnée. |
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