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L'époque précolombiennePériodes et cultures principalesPériode paléo-indienne. Les premiers habitants de l'Amérique du Nord seraient arrivés par la région du détroit de Béring il ya a 15 000 à 12 000 ans, à une époque où un pont terrestre qui reliait l'Asie à l'Alaska. Ces groupes de chasseurs-cueilleurs suivaient probablement les grands troupeaux d'animaux tels que les mammouths. Des outils de pierre caractéristiques ont été découverts sur de nombreux sites en Amérique du Nord, témoignant de la présence de ces premiers peuples, qui définissent la culture Clovis (du nom d'un site archéologique représentatif de cette période, au Nouveau-Mexique). Période
archaĂŻque.
Période
sylvicole.
Période
du Mississippi.
Tribus et régions.
Les
Anasazis (ancĂŞtres des Pueblos).
Les
Iroquois (Haudenosaunee).
Les
Algonquiens.
Les
Sioux.
Les
tribus du Nord-Ouest Pacifique.
L'Ă©poque colonialeĂ€ la fin du XVe siècle, les voyages de Christophe Colomb ouvrent une pĂ©riode de conquĂŞtes et de colonisation europĂ©ennes en AmĂ©rique. Les Espagnols explorent principalement le Sud et l'Ouest du continent. Les Français s'installent dans la vallĂ©e du Saint-Laurent, autour des Grands Lacs et le long du Mississippi. Les Hollandais fondent notamment la colonie de Nouvelle-NĂ©erlande. Les Anglais, quant Ă eux, commencent Ă Ă©tablir des colonies permanentes sur la cĂ´te atlantique. Les rivalitĂ©s entre ces puissances europĂ©ennes jouent un rĂ´le important dans l'histoire du futur territoire amĂ©ricain.La première colonie anglaise permanente est fondĂ©e Ă Jamestown, en Virginie, en 1607. La colonie est créée par la Virginia Company. Les premiers colons connaissent de grandes difficultĂ©s : manque de nourriture, maladies, conditions climatiques difficiles et conflits avec les populations amĂ©rindiennes. La culture du tabac, dĂ©veloppĂ©e notamment grâce Ă John Rolfe, permet cependant Ă la colonie de devenir rentable. Le tabac devient une importante production d'exportation et entraĂ®ne l'arrivĂ©e de nouveaux colons ainsi que le dĂ©veloppement d'une main-d'oeuvre servile. En 1620, un autre groupe de colons anglais arrive en AmĂ©rique Ă bord du Mayflower. Ces colons, couramment appelĂ©s les Pères pèlerins, sont des sĂ©paratistes religieux qui veulent pratiquer leur foi en dehors de l'Église d'Angleterre. Ils fondent la colonie de Plymouth, dans la rĂ©gion de la Nouvelle-Angleterre. Avant de dĂ©barquer, ils signent le Mayflower Compact, un accord qui prĂ©voit une forme d'organisation politique collective. Les relations avec les Wampanoags permettent d'abord une certaine coopĂ©ration, mais les tensions entre colons et AmĂ©rindiens augmentent progressivement. Au XVIIe siècle, les colonies anglaises se multiplient le long de la cĂ´te atlantique. Le Massachusetts est fondĂ© par des puritains qui souhaitent crĂ©er une sociĂ©tĂ© organisĂ©e selon leurs convictions religieuses. La colonie du Maryland accueille notamment des catholiques. La Pennsylvanie est fondĂ©e par William Penn en 1681 comme refuge pour les quakers et d'autres groupes religieux. La Caroline et la GĂ©orgie sont créées plus au Sud. Chaque colonie possède ses propres caractĂ©ristiques, mais toutes restent liĂ©es Ă la monarchie anglaise. Les colonies se dĂ©veloppent grâce Ă l'arrivĂ©e massive de colons europĂ©ens. Des Anglais, des Écossais, des Irlandais, des Allemands et d'autres EuropĂ©ens s'installent en AmĂ©rique. Certains viennent pour trouver des terres et amĂ©liorer leur situation Ă©conomique. D'autres cherchent la libertĂ© religieuse. La population coloniale augmente rapidement. Les colons construisent des villes, dĂ©veloppent l'agriculture et organisent des institutions locales. La colonisation entraĂ®ne cependant de graves consĂ©quences pour les peuples amĂ©rindiens. Les colons prennent progressivement possession de terres utilisĂ©es par les populations autochtones. Les diffĂ©rences culturelles et les rivalitĂ©s pour les ressources provoquent de nombreux conflits. Les maladies europĂ©ennes (variole, rougeole et grippe), causent Ă©galement une forte mortalitĂ© parmi les AmĂ©rindiens, qui ne disposent pas des mĂŞmes dĂ©fenses immunitaires. Des guerres Ă©clatent rĂ©gulièrement, comme la guerre du Roi Philippe en Nouvelle-Angleterre entre 1675 et 1676. Les AmĂ©rindiens sont progressivement repoussĂ©s vers l'intĂ©rieur du continent. L'Ă©conomie coloniale se dĂ©veloppe de manière diffĂ©rente selon les rĂ©gions. Dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre, le climat et les sols favorisent une agriculture de petite taille. Les habitants pratiquent la pĂŞche, la construction navale et le commerce maritime. Les ports de Boston et de Newport deviennent importants. Dans les colonies du centre, comme New York et la Pennsylvanie, l'agriculture est diversifiĂ©e et le commerce se dĂ©veloppe. Dans les colonies du Sud, les grandes plantations produisent du tabac, du riz et de l'indigo. Le dĂ©veloppement des plantations entraĂ®ne la croissance de l'esclavage. Les premiers Africains rĂ©duits en esclavage arrivent dans la colonie de Virginie en 1619. Au dĂ©but, les formes de servitude sont diverses, mais l'esclavage devient progressivement un système raciste et hĂ©rĂ©ditaire. Les Africains et leurs descendants sont privĂ©s de libertĂ© et considĂ©rĂ©s comme une main-d'oeuvre destinĂ©e aux plantations. Le commerce triangulaire relie l'Europe, l'Afrique et les AmĂ©riques. Des navires transportent des marchandises vers l'Afrique, des esclaves vers les colonies amĂ©ricaines et des produits coloniaux vers l'Europe. Au XVIIIe siècle, l'esclavage devient essentiel Ă l'Ă©conomie des colonies du Sud. Les colonies possèdent une certaine autonomie politique. Chaque colonie dispose d'un gouverneur et d'une assemblĂ©e locale. Les colons participent parfois Ă la gestion des affaires de leur colonie. Cependant, le roi d'Angleterre et le Parlement britannique conservent l'autoritĂ© suprĂŞme. Pendant longtemps, la Grande-Bretagne exerce un contrĂ´le relativement limitĂ© sur les colonies. Cette situation permet aux colons de dĂ©velopper des habitudes d'autonomie et de gouvernement local. Les rivalitĂ©s europĂ©ennes influencent fortement l'histoire coloniale. La France et la Grande-Bretagne s'opposent pour le contrĂ´le de l'AmĂ©rique du Nord. Les Français possèdent de vastes territoires, notamment au Canada et dans la vallĂ©e du Mississippi. Les Anglais occupent principalement la cĂ´te atlantique. Les deux puissances cherchent Ă contrĂ´ler les routes commerciales et les territoires de l'intĂ©rieur. Les peuples amĂ©rindiens s'allient parfois aux Français ou aux Anglais selon leurs intĂ©rĂŞts. La guerre de Sept Ans, de 1756 Ă 1763, constitue un tournant majeur. En AmĂ©rique du Nord, le conflit oppose principalement les colonies britanniques aux forces françaises et Ă leurs alliĂ©s amĂ©rindiens. La Grande-Bretagne remporte la guerre et la France doit abandonner une grande partie de ses possessions amĂ©ricaines. Le traitĂ© de Paris de 1763 donne notamment le Canada Ă la Grande-Bretagne. Les colonies anglaises ne sont dĂ©sormais plus menacĂ©es directement par la France. La RĂ©volution amĂ©ricaineLa Grande-Bretagne a remportĂ© la guerre contre la France, mais elle a accumulĂ© d'importantes dettes. Pour financer ses dĂ©penses et maintenir des troupes en AmĂ©rique du Nord, le gouvernement britannique dĂ©cide de faire davantage contribuer les colonies. Les colons amĂ©ricains sont cependant habituĂ©s Ă une grande autonomie et supportent mal l'intervention croissante de Londres dans leurs affaires.En 1765, le Parlement britannique adopte le Stamp Act, qui impose une taxe sur les journaux, les contrats et les documents imprimĂ©s. Les colons protestent vivement contre cette loi. Ils affirment que le Parlement britannique n'a pas le droit de les taxer puisqu'ils n'y sont pas reprĂ©sentĂ©s. Le slogan No taxation without representation devient le principal symbole de leur opposition. Des organisations comme les Sons of Liberty organisent des manifestations et encouragent la rĂ©sistance aux autoritĂ©s britanniques. Face aux protestations, la Grande-Bretagne annule le Stamp Act en 1766. Cependant, elle affirme en mĂŞme temps son droit de lĂ©gifĂ©rer pour les colonies. De nouvelles taxes sont ensuite imposĂ©es par les Townshend Acts sur diffĂ©rents produits importĂ©s, comme le verre, le papier et le thĂ©. Les colons organisent alors un boycott des marchandises britanniques. Les tensions entre les habitants et les soldats britanniques augmentent fortement. Le 5 mars 1770, un affrontement entre des soldats britanniques et des habitants de Boston provoque la mort de cinq colons. Cet Ă©vĂ©nement, appelĂ© le massacre de Boston, est utilisĂ© par les opposants Ă la Grande-Bretagne pour dĂ©noncer la violence du pouvoir britannique. Les images et les rĂ©cits de l'Ă©vĂ©nement circulent dans les colonies et renforcent le sentiment anti-britannique. Les tensions restent cependant encore limitĂ©es pendant quelques annĂ©es. En 1773, le Parlement britannique adopte le Tea Act afin de favoriser la compagnie britannique des Indes orientales. Les colons refusent le principe de cette loi, car ils y voient une nouvelle tentative de contrĂ´ler le commerce amĂ©ricain. Dans la nuit du 16 dĂ©cembre 1773, des colons de Boston montent Ă bord de navires et jettent des caisses de thĂ© dans le port. Cet Ă©vĂ©nement devient cĂ©lèbre sous le nom de Boston Tea Party. La rĂ©action britannique est très sĂ©vère. En 1774, le Parlement adopte les Intolerable Acts. Le port de Boston est fermĂ© et l'autonomie politique du Massachusetts est rĂ©duite. Au lieu d'isoler Boston, ces mesures rapprochent les colonies. En septembre 1774, le premier Congrès continental se rĂ©unit Ă Philadelphie. Les reprĂ©sentants de douze colonies dĂ©cident de coordonner leur opposition Ă la Grande-Bretagne et organisent un boycott des produits britanniques. La situation se dĂ©grade rapidement en 1775. Le gouverneur britannique du Massachusetts tente de saisir des armes appartenant aux milices coloniales. Le 19 avril, les troupes britanniques affrontent les miliciens amĂ©ricains Ă Lexington et Concord. Les premiers combats de la RĂ©volution amĂ©ricaine ont lieu. Les milices coloniales parviennent Ă rĂ©sister et les soldats britanniques se replient vers Boston. La guerre d'indĂ©pendance commence vĂ©ritablement. En juin 1775, le deuxième Congrès continental dĂ©cide de crĂ©er une armĂ©e continentale. George Washington, riche planteur de Virginie et ancien officier, est nommĂ© commandant en chef. Il possède une expĂ©rience militaire importante et devient rapidement le principal chef militaire de la rĂ©volution. Son objectif est de coordonner les forces des diffĂ©rentes colonies, qui ne disposent pas toutes de la mĂŞme organisation ni du mĂŞme matĂ©riel. Les premiers combats sont difficiles pour les AmĂ©ricains. En juin 1775, la bataille de Bunker Hill, près de Boston, se termine par une victoire britannique, mais les pertes britanniques sont très importantes. Cette bataille montre que les milices amĂ©ricaines sont capables de rĂ©sister Ă l'armĂ©e britannique. Les colons comprennent cependant qu'ils doivent mieux organiser leur armĂ©e s'ils veulent rĂ©ellement gagner la guerre. Le 4 juillet 1776, le deuxième Congrès continental adopte la DĂ©claration d'indĂ©pendance. Thomas Jefferson en est le principal rĂ©dacteur, avec l'aide d'autres reprĂ©sentants. Le texte affirme que tous les hommes sont créés Ă©gaux et qu'ils possèdent des droits naturels, notamment la vie, la libertĂ© et la recherche du bonheur. La DĂ©claration affirme Ă©galement qu'un peuple a le droit de renverser un gouvernement qui ne respecte plus ses droits. Les treize colonies deviennent officiellement les États-Unis d'AmĂ©rique. La guerre devient alors un vĂ©ritable conflit international. Les forces amĂ©ricaines affrontent l'armĂ©e britannique, qui est l'une des plus puissantes du monde. Les Britanniques disposent de soldats professionnels bien entraĂ®nĂ©s et d'une importante flotte. Les AmĂ©ricains ont cependant l'avantage de combattre sur leur propre territoire et bĂ©nĂ©ficient de l'appui d'une partie de la population. George Washington mène une guerre fondĂ©e sur la rĂ©sistance et l'usure de l'ennemi. En dĂ©cembre 1776, Washington remporte une victoire importante Ă Trenton, dans le New Jersey. Il traverse le fleuve Delaware pendant la nuit et attaque les troupes hessoises au service de la Grande-Bretagne. Cette victoire redonne confiance aux soldats amĂ©ricains et permet Ă Washington de maintenir son armĂ©e. En 1777, les AmĂ©ricains remportent une victoire dĂ©cisive Ă Saratoga, dans l'État de New York. La victoire de Saratoga a des consĂ©quences internationales majeures. La France, ennemie traditionnelle de la Grande-Bretagne, dĂ©cide d'aider les insurgĂ©s amĂ©ricains. En 1778, elle signe une alliance avec les États-Unis. La France fournit des armes, de l'argent, des soldats et une importante aide navale. L'Espagne et les Provinces-Unies soutiennent Ă©galement les AmĂ©ricains de manière plus ou moins directe. La guerre ne se limite donc plus Ă un conflit entre la Grande-Bretagne et ses colonies. L'aide française joue un rĂ´le essentiel dans la poursuite de la guerre. Les troupes françaises combattent aux cĂ´tĂ©s des soldats amĂ©ricains. Le marquis de Lafayette devient un important alliĂ© de George Washington. La flotte française permet Ă©galement de menacer les forces britanniques sur les cĂ´tes amĂ©ricaines. La Grande-Bretagne doit dĂ©sormais combattre sur plusieurs fronts et ses ressources militaires sont dispersĂ©es. Ă€ partir de 1778, les Britanniques concentrent leurs efforts dans le Sud. Ils espèrent obtenir le soutien des colons loyalistes, c'est-Ă -dire des habitants restĂ©s fidèles Ă la monarchie britannique. Les Britanniques prennent plusieurs villes importantes, notamment Savannah et Charleston. Cependant, ils rencontrent une forte rĂ©sistance des milices amĂ©ricaines. Les combats dans le Sud sont particulièrement violents et prennent parfois la forme d'une guerre civile entre colons amĂ©ricains. En 1781, les forces amĂ©ricaines et françaises encerclent l'armĂ©e britannique commandĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Cornwallis Ă Yorktown, en Virginie. George Washington dirige les forces amĂ©ricaines tandis que les troupes françaises et la flotte française jouent un rĂ´le dĂ©terminant. Le 19 octobre 1781, Cornwallis se rend. La victoire de Yorktown constitue un tournant dĂ©cisif. La Grande-Bretagne comprend qu'elle ne peut plus facilement gagner la guerre. Les nĂ©gociations de paix commencent ensuite. Le traitĂ© de Paris, signĂ© en 1783, reconnaĂ®t officiellement l'indĂ©pendance des États-Unis. La Grande-Bretagne reconnaĂ®t le nouveau pays et lui cède un vaste territoire s'Ă©tendant jusqu'au Mississippi. Les États-Unis deviennent une rĂ©publique indĂ©pendante. La guerre a cependant causĂ© de nombreuses morts et laissĂ© les colonies dans une situation Ă©conomique difficile. De plus, le nouvel État doit encore construire ses institutions et organiser son territoire. Les treize anciennes colonies doivent trouver un moyen de gouverner ensemble tout en conservant une certaine autonomie. Dans un premier temps, les États-Unis sont organisĂ©s par les Articles de la ConfĂ©dĂ©ration, adoptĂ©s en 1777 et appliquĂ©s Ă partir de 1781. Ce système crĂ©e un gouvernement central très faible. Le Congrès ne peut pas imposer directement des taxes et ne possède pas de vĂ©ritable pouvoir exĂ©cutif. Chaque État conserve une grande partie de son indĂ©pendance. Les difficultĂ©s financières et les dĂ©saccords entre les États montrent rapidement les limites de cette organisation. En 1786-1787, la rĂ©volte de Shays, dans le Massachusetts, rĂ©vèle la fragilitĂ© du gouvernement fĂ©dĂ©ral. Des fermiers endettĂ©s se rĂ©voltent contre les impĂ´ts et les saisies de leurs terres. Le gouvernement central est incapable de rĂ©tablir efficacement l'ordre. De nombreux dirigeants amĂ©ricains comprennent alors qu'il est nĂ©cessaire de renforcer le pouvoir fĂ©dĂ©ral. Une convention se rĂ©unit Ă Philadelphie en 1787 pour rĂ©former le système politique. Les reprĂ©sentants dĂ©cident finalement de rĂ©diger une nouvelle Constitution. Celle-ci Ă©tablit un rĂ©gime fĂ©dĂ©ral fondĂ© sur la sĂ©paration des pouvoirs. Le pouvoir exĂ©cutif est confiĂ© Ă un prĂ©sident, le pouvoir lĂ©gislatif au Congrès et le pouvoir judiciaire Ă la Cour suprĂŞme. La Constitution est ratifiĂ©e en 1788 et entre en vigueur en 1789. Le nouvel État est fondĂ© sur les principes de libertĂ©, de droits naturels et de souverainetĂ© populaire. Cependant, ces principes ne s'appliquent pas Ă toute la population. Les esclaves africains restent privĂ©s de libertĂ© et les AmĂ©rindiens sont largement exclus du nouvel ordre politique. MalgrĂ© ces limites, la RĂ©volution amĂ©ricaine exerce une influence considĂ©rable sur les mouvements rĂ©volutionnaires de la fin du XVIIIe siècle, notamment sur la RĂ©volution française. Au temps des « Pères fondateurs »George Washington devient le premier prĂ©sident des États-Unis en avril 1789. Il cherche Ă renforcer l'autoritĂ© du gouvernement fĂ©dĂ©ral tout en respectant la Constitution. Son administration organise les finances du pays, crĂ©e un système de remboursement des dettes et met en place les bases du gouvernement fĂ©dĂ©ral. En 1791, le Congrès adopte Ă©galement le Bill of Rights, qui garantit plusieurs libertĂ©s fondamentales, comme la libertĂ© d'expression, de religion et de la presse.Les premières annĂ©es de la RĂ©publique sont marquĂ©es par des divisions politiques. Alexander Hamilton, secrĂ©taire au TrĂ©sor, dĂ©fend un gouvernement fĂ©dĂ©ral fort, une banque nationale et le dĂ©veloppement de l'industrie et du commerce. Thomas Jefferson, au contraire, dĂ©fend davantage les droits des États et une sociĂ©tĂ© fondĂ©e sur les agriculteurs. Ces dĂ©saccords conduisent Ă la crĂ©ation des premiers partis politiques amĂ©ricains, les fĂ©dĂ©ralistes et les rĂ©publicains-dĂ©mocrates. La politique Ă©trangère constitue Ă©galement un problème important. La RĂ©volution française et les guerres europĂ©ennes opposent la France Ă plusieurs monarchies, dont la Grande-Bretagne. Les États-Unis souhaitent rester neutres. En 1793, George Washington proclame la neutralitĂ© amĂ©ricaine. MalgrĂ© cela, les relations avec la France et la Grande-Bretagne restent tendues. Le traitĂ© de Jay, signĂ© avec la Grande-Bretagne en 1794, provoque de nombreuses critiques aux États-Unis. En 1796, George Washington quitte volontairement la prĂ©sidence après deux mandats. Dans son discours d'adieu, il met en garde contre les divisions politiques et les alliances permanentes avec les puissances Ă©trangères. John Adams lui succède en 1797. Sa prĂ©sidence est ponctuĂ©e par de fortes tensions avec la France. Les relations entre les deux pays se dĂ©gradent lors de l'affaire XYZ et provoquent une guerre maritime non dĂ©clarĂ©e appelĂ©e la quasi-guerre. Les tensions politiques augmentent Ă©galement Ă l'intĂ©rieur du pays. En 1798, le Congrès adopte les Alien and Sedition Acts, qui renforcent le pouvoir du gouvernement et limitent certaines critiques contre les autoritĂ©s. Ces lois sont vivement dĂ©noncĂ©es par les rĂ©publicains-dĂ©mocrates. L'Ă©lection de 1800 oppose John Adams Ă Thomas Jefferson. Jefferson remporte l'Ă©lection et devient prĂ©sident en 1801. Cette alternance politique est souvent appelĂ©e la "rĂ©volution de 1800". Thomas Jefferson dĂ©fend un gouvernement moins centralisĂ© et une sociĂ©tĂ© de petits agriculteurs. Son action la plus importante est l'achat de la Louisiane Ă la France en 1803. Pour environ 15 millions de dollars, les États-Unis acquièrent un immense territoire situĂ© entre le Mississippi et les montagnes Rocheuses. Cet achat double presque la superficie du pays et permet aux États-Unis de s'Ă©tendre vers l'Ouest. Jefferson envoie l'expĂ©dition de Lewis et Clark pour explorer le nouveau territoire. L'expĂ©dition se dĂ©roule de 1804 Ă 1806 et atteint la cĂ´te du Pacifique. Les explorateurs cartographient les rĂ©gions traversĂ©es et Ă©tablissent des contacts avec plusieurs peuples amĂ©rindiens. L'expansion amĂ©ricaine vers l'Ouest s'accĂ©lère cependant au dĂ©triment des populations autochtones, dont les terres sont progressivement convoitĂ©es par les colons. L'Ă©conomie amĂ©ricaine se dĂ©veloppe fortement au dĂ©but du XIXe siècle. Le commerce maritime s'Ă©tend et les villes portuaires comme New York, Boston et Philadelphie connaissent une croissance importante. Dans le Nord, les dĂ©buts de l'industrialisation apparaissent avec le dĂ©veloppement des manufactures et des nouvelles machines. Dans le Sud, l'agriculture de plantation reste dominante. La culture du coton prend une importance croissante et renforce le recours Ă l'esclavage. Les relations avec la Grande-Bretagne deviennent de plus en plus difficiles. Les Britanniques imposent des restrictions au commerce amĂ©ricain et arrĂŞtent parfois des marins amĂ©ricains pour les enrĂ´ler de force dans la Royal Navy. Les États-Unis protestent contre ces pratiques. En 1812, le prĂ©sident James Madison demande au Congrès de dĂ©clarer la guerre Ă la Grande-Bretagne. La guerre de 1812 commence. Le conflit est difficile pour les États-Unis. Les forces britanniques attaquent plusieurs rĂ©gions du pays et incendient Washington en 1814, notamment la Maison-Blanche et le Capitole. Les AmĂ©ricains remportent cependant certaines victoires militaires. La bataille de La Nouvelle-OrlĂ©ans, en janvier 1815, est remportĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Andrew Jackson. Le traitĂ© de Gand, signĂ© en dĂ©cembre 1814, met officiellement fin Ă la guerre, mĂŞme si la bataille de La Nouvelle-OrlĂ©ans a lieu après la signature du traitĂ© en raison de la lenteur des communications. Après la guerre de 1812, le sentiment national amĂ©ricain se renforce. Les États-Unis cherchent Ă dĂ©velopper leur Ă©conomie et leurs infrastructures. Cette pĂ©riode est parfois appelĂ©e l'ère des bons sentiments, notamment sous la prĂ©sidence de James Monroe Ă partir de 1817. Le Parti fĂ©dĂ©raliste disparaĂ®t progressivement et les divisions politiques semblent temporairement moins importantes. L'expansion territoriale se poursuit. En 1819, les États-Unis achètent la Floride Ă l'Espagne grâce au traitĂ© Adams-OnĂs. La frontière amĂ©ricaine s'Ă©tend donc davantage vers le Sud. Dans le mĂŞme temps, de nouveaux États entrent dans l'Union. Cependant, chaque nouvelle admission pose la question de l'Ă©quilibre entre les États libres et les États esclavagistes. La nouvelle dĂ©mocratie amĂ©ricaineĂ€ partir de 1820, les États-Unis connaissent une pĂ©riode de profondes transformations politiques, Ă©conomiques et territoriales. Le pays s'agrandit rapidement et sa population augmente fortement. Cette expansion vers l'ouest, appelĂ©e "conquĂŞte de l'Ouest", devient l'un des grands phĂ©nomènes de l'histoire amĂ©ricaine. Les colons traversent les Appalaches et s'installent progressivement dans les territoires de l'Ouest. De nouveaux États sont créés, comme le Missouri, l'Arkansas ou le le Michigan. Cette expansion provoque cependant de nombreux conflits avec les peuples amĂ©rindiens, qui sont chassĂ©s de leurs terres ou dĂ©placĂ©s vers des territoires rĂ©servĂ©s.La question de l'esclavage devient progressivement le principal problème politique du pays. Depuis le dĂ©but du XIXe siècle, les États du Nord et les États du Sud Ă©voluent de manière diffĂ©rente. Le Nord connaĂ®t une forte industrialisation, le dĂ©veloppement des usines, des chemins de fer et du commerce. L'esclavage y recule progressivement et est interdit dans la plupart des États. Le Sud, au contraire, reste une sociĂ©tĂ© agricole dominĂ©e par les grandes plantations. La production de coton se dĂ©veloppe considĂ©rablement grâce Ă l'invention de l'Ă©greneuse Ă coton, mise au point par Eli Whitney. Le coton devient la principale richesse du Sud et l'Ă©conomie repose largement sur le travail des esclaves africains et de leurs descendants. En 1820, le compromis du Missouri tente de maintenir l'Ă©quilibre entre les États esclavagistes et les États libres. Le Missouri est admis comme État esclavagiste tandis que le Maine entre dans l'Union comme État libre. Une limite est Ă©galement fixĂ©e pour l'extension de l'esclavage dans les territoires de l'Ouest. Ce compromis montre dĂ©jĂ que l'Ă©quilibre politique entre le Nord et le Sud est fragile. Chaque camp craint que l'autre ne devienne majoritaire au Congrès et impose ses dĂ©cisions au reste du pays. Dans les annĂ©es 1820 et 1830, la vie politique amĂ©ricaine est profondĂ©ment transformĂ©e par l'arrivĂ©e au pouvoir d'Andrew Jackson. Élu prĂ©sident en 1828, il dĂ©fend l'idĂ©e d'une dĂ©mocratie plus populaire et s'appuie sur les petits fermiers et les classes populaires blanches. Sa prĂ©sidence marque le dĂ©veloppement du Parti dĂ©mocrate. Jackson renforce Ă©galement le pouvoir prĂ©sidentiel et s'oppose Ă la Banque nationale. Toutefois, sa politique envers les AmĂ©rindiens est extrĂŞmement brutale. En 1830, l'Indian Removal Act autorise leur dĂ©placement forcĂ© vers l'ouest du Mississippi. Des milliers d'AmĂ©rindiens sont expulsĂ©s de leurs terres lors de la Piste des Larmes, au cours de laquelle beaucoup meurent de faim, de froid ou de maladie.
L'expansion territoriale s'accélère dans les années 1840. Le Texas, qui s'est séparé du Mexique en 1836, est annexé par les États-Unis en 1845. Cette décision provoque de fortes tensions avec le Mexique. La guerre américano-mexicaine éclate en 1846 et se termine en 1848 par la victoire des États-Unis. Le Mexique cède une immense partie de son territoire, comprenant notamment la Californie et les régions correspondant aujourd'hui au Nevada, à l'Utah et à une partie de l'Arizona et du Nouveau-Mexique. Cette expansion donne aux États-Unis un accès à l'océan Pacifique, mais elle pose immédiatement la question de l'esclavage dans les nouveaux territoires. La découverte d'or en Californie en 1848 provoque la ruée vers l'or de 1849. Des dizaines de milliers de personnes se rendent dans l'Ouest à la recherche de richesses. La population de la Californie augmente rapidement et l'État demande à entrer dans l'Union. L'admission de la Californie comme État libre en 1850 provoque une nouvelle crise. Le compromis de 1850 tente de calmer les tensions. Il permet l'entrée de la Californie comme État libre, mais renforce en même temps la loi sur les esclaves fugitifs. Cette loi oblige les habitants des États du Nord à aider à capturer les esclaves en fuite, ce qui provoque l'indignation des abolitionnistes. Dans les années 1850, le mouvement abolitionniste se développe fortement dans le Nord. Des personnalités comme William Lloyd Garrison, Frederick Douglass et Harriet Tubman dénoncent l'esclavage. Frederick Douglass, ancien esclave devenu écrivain et orateur, devient l'un des principaux défenseurs de l'abolition. Harriet Tubman aide de nombreux esclaves à fuir vers le Nord grâce au réseau clandestin appelé Underground Railroad. Les oeuvres et les discours abolitionnistes sensibilisent une partie croissante de la population américaine à la violence du système esclavagiste. En 1854, le Kansas-Nebraska Act provoque une nouvelle crise. Cette loi autorise les habitants de ces territoires à décider eux-mêmes s'ils acceptent ou non l'esclavage. Des partisans de l'esclavage et des abolitionnistes se précipitent alors dans la région pour influencer le vote. Des affrontements violents éclatent, donnant au territoire le surnom de Bleeding Kansas, ( = Kansas en sang). La violence montre que le débat sur l'esclavage n'est plus seulement politique : il devient une véritable lutte armée entre les deux camps. La même période voit la création du Parti républicain en 1854. Ce nouveau parti rassemble des opposants à l'extension de l'esclavage dans les territoires de l'Ouest. Il ne réclame pas toujours l'abolition immédiate de l'esclavage dans les États du Sud, mais il veut empêcher son expansion. Le parti devient rapidement une force politique majeure dans le Nord. Les divisions entre le Nord et le Sud s'accentuent donc de plus en plus. En 1857, la décision de la Cour suprême dans l'affaire Dred Scott aggrave encore la crise. Dred Scott, un esclave qui avait vécu dans un territoire où l'esclavage était interdit, demande sa liberté. La Cour suprême décide qu'il n'est pas un citoyen américain et qu'il ne peut pas porter plainte devant la justice fédérale. Elle affirme également que le Congrès ne peut pas interdire l'esclavage dans les territoires. Cette décision provoque la colère des abolitionnistes et renforce la méfiance du Nord envers le pouvoir fédéral. En 1858, les débats entre Abraham Lincoln et Stephen Douglas illustrent les divisions du pays. Lincoln, membre du Parti républicain, s'oppose à l'extension de l'esclavage. Il considère que le pays ne peut pas rester durablement divisé entre une partie libre et une partie esclavagiste. Même s'il ne demande pas encore, lui non plus, l'abolition immédiate de l'esclavage dans les États du Sud, ses idées inquiètent fortement les propriétaires esclavagistes. En octobre 1859, l'abolitionniste John Brown tente de s'emparer de l'arsenal fédéral de Harpers Ferry afin de provoquer une révolte générale des esclaves. Son projet échoue et il est capturé puis exécuté. Dans le Nord, certains abolitionnistes le considèrent comme un martyr de la lutte contre l'esclavage. Dans le Sud, il est perçu comme un dangereux terroriste soutenu par les abolitionnistes. Cet événement augmente encore la peur et la méfiance entre les deux régions. L'élection présidentielle de 1860 constitue le point de rupture. Abraham Lincoln est élu président des États-Unis. Il défend l'idée que l'esclavage ne doit pas s'étendre aux nouveaux territoires. Les États du Sud craignent alors que le pouvoir fédéral finisse par remettre en cause l'esclavage et leur système économique. La Caroline du Sud décide de quitter l'Union en décembre 1860. D'autres États du Sud la suivent au début de l'année 1861 et forment les États confédérés d'Amérique, dirigés par Jefferson Davis. La guerre de SécessionLa guerre de Sécession est une guerre civile qui oppose les États du Nord, appelés l'Union, aux États du Sud, regroupés dans les États confédérés d'Amérique. Elle se déroule de 1861 à 1865 et constitue l'un des événements les plus importants de l'histoire des États-Unis. Le conflit est principalement provoqué par les tensions liées à l'esclavage, mais il oppose également deux modèles économiques, politiques et sociaux très différents.La crise commence après l'élection d'Abraham Lincoln à la présidence en novembre 1860. Lincoln est le candidat du Parti républicain et s'oppose à l'extension de l'esclavage dans les territoires de l'Ouest. Les États du Sud craignent que son arrivée au pouvoir menace progressivement le système esclavagiste. La Caroline du Sud, on l'a vu, fait alors sécession le 20 décembre 1860. Entre janvier et juin 1861, dix autres États du Sud quittent l'Union. Ils forment les États confédérés d'Amérique et choisissent Jefferson Davis comme président. Abraham Lincoln refuse de reconnaître la sécession. Pour lui, l'Union est indivisible et aucun État ne peut décider unilatéralement de la quitter. La guerre commence officiellement le 12 avril 1861 lorsque les forces confédérées attaquent le fort Sumter, situé en Caroline du Sud. Lincoln appelle alors les États du Nord à mobiliser des soldats. Le conflit devient rapidement une guerre totale opposant les deux parties du pays. Les États de l'Union disposent de nombreux avantages. Ils sont plus peuplés, possèdent la majorité des usines, des banques et des voies ferrées. Ils contrôlent également une grande partie de la flotte américaine. Le Nord peut donc produire davantage d'armes et de matériel militaire. Le Sud, en revanche, possède des chefs militaires expérimentés et mène une guerre sur son propre territoire. Son économie repose sur les grandes plantations de coton et sur le travail des esclaves. Au début de la guerre, les Confédérés remportent plusieurs victoires importantes. Le général Robert E. Lee devient le principal chef militaire du Sud. Il commande l'armée de Virginie du Nord et remporte des succès contre les forces de l'Union. Le général Thomas "Stonewall" Jackson s'illustre également par ses qualités militaires. Dans le Nord, l'armée connaît plusieurs défaites et Abraham Lincoln doit faire face à de nombreuses critiques. Le conflit prend une dimension nouvelle avec la question de l'esclavage. Au début de la guerre, Lincoln affirme que son objectif principal est de préserver l'Union. Cependant, il comprend progressivement que l'abolition de l'esclavage est nécessaire pour affaiblir le Sud. Le 1er janvier 1863, il proclame l'émancipation des esclaves dans les territoires contrôlés par la Confédération. Cette proclamation ne libère pas immédiatement tous les esclaves, mais elle transforme profondément le sens de la guerre. Le conflit devient une lutte contre l'esclavage. Des milliers d'Afro-Américains rejoignent alors l'armée de l'Union. Environ 180 000 soldats noirs servent dans les forces nordistes pendant la guerre. Ils combattent pour la liberté et pour la reconnaissance de leurs droits. Leur participation renforce considérablement les forces de l'Union, même s'ils sont souvent victimes de discriminations et moins bien payés que les soldats blancs au début du conflit. L'année 1863 constitue un tournant décisif. En juillet, les forces de l'Union remportent la bataille de Gettysburg en Pennsylvanie. L'armée de Lee, qui avait envahi le Nord, est repoussée. Cette bataille est l'une des plus meurtrières de la guerre et marque l'échec de la grande offensive confédérée vers le Nord. Quelques mois plus tard, Abraham Lincoln prononce le discours de Gettysburg, dans lequel il défend l'idée d'une nation fondée sur la liberté et l'égalité. Au même moment, les forces de l'Union remportent une victoire stratégique à Vicksburg, dans le Mississippi. Le général Ulysses S. Grant prend le contrôle de la ville le 4 juillet 1863. Cette victoire permet au Nord de contrôler le Mississippi et de couper la Confédération en deux. Le Sud est alors progressivement isolé et ses ressources diminuent. En 1864, Grant devient le principal chef militaire de l'Union. Il adopte une stratégie visant à épuiser les forces confédérées. Il attaque continuellement l'armée de Lee en Virginie. Dans le même temps, le général William Tecumseh Sherman mène une campagne à travers le Sud. En septembre 1864, il s'empare d'Atlanta, ce qui porte un coup important au moral des Confédérés. Il entreprend ensuite sa célèbre marche vers la mer, détruisant les infrastructures et les ressources utilisées par le Sud. La guerre devient de plus en plus violente. Les civils sont durement touchés par les combats, les destructions et les pénuries. Le blocus maritime imposé par l'Union empêche le Sud de commercer librement avec l'étranger. Les populations confédérées souffrent du manque de nourriture et de matériel. Dans le Nord également, la guerre provoque des difficultés économiques et de nombreuses pertes humaines. Le nombre de morts est considérable et dépasse largement les pertes de toutes les guerres américaines précédentes. En novembre 1864, Lincoln est réélu président. Cette réélection montre que la majorité du Nord souhaite poursuivre la guerre jusqu'à la victoire. Lincoln défend alors une politique de reconstruction et de réconciliation avec les États du Sud. Il souhaite réintégrer rapidement les États confédérés dans l'Union tout en mettant fin à l'esclavage. Au début de l'année 1865, la situation du Sud devient désespérée. Les forces de l'Union progressent sur tous les fronts. Le 9 avril 1865, Lee se rend à Grant à Appomattox Court House, en Virginie. Cette capitulation marque la fin véritable de la guerre. Les autres armées confédérées déposent progressivement les armes et la Confédération disparaît. Quelques jours plus tard, le 14 avril 1865, Lincoln est assassiné par John Wilkes Booth, un partisan du Sud, au théâtre Ford de Washington. Sa mort choque profondément le pays. Andrew Johnson devient président et doit organiser la reconstruction des États-Unis. La Guerre de Sécession
se termine donc par la victoire de l'Union et le maintien de l'unité des
États-Unis. Elle entraîne l'abolition définitive de l'esclavage avec
le XIIIe amendement adopté en décembre
1865. Cependant, le pays est profondément marqué par les destructions,
les divisions et la mort de centaines de milliers de personnes. La guerre
transforme durablement les États-Unis et ouvre la période difficile de
la Reconstruction.
La Maison Blanche, à Washington. La formation de l'Empire américainLa fin de la Guerre de sécession, les États-Unis connaissent une période cataclysmique. L'assassinat de Lincoln, qui plonge la classe politique dans le chaos apparaît presque comme une péripétie au regard de la situation apocalyptique dans laquelle est plongée la société civile pendant encore près d'une décennie. Certes, le XIIIe amendement de la constitution abolit l'esclavage dès 1865. Mais aucune place n'a été faite à cette nouvelle population libre, et même après que le droit de vote leur soit accordé par le XVe amendement, ils resteront des citoyens de seconde zone. De plus, l'attitude revancharde du Congrès, rend pratiquement impossible toute reconstruction dans le Sud, occupé militairement par les troupes de l'Union. Sur ce Sud dévasté vont rapidement faire main-basse des crapules venues du Nord (Carpetbaggers), suscitant à leur tour des réactions extrémistes, dont la formation de cliques racistes comme le Ku klux klan ne sont que la manifestation la plus spectaculaire. Une société ségrégationniste, dans laquelle racisme est érigé en valeur, se met durablement en place.La situation chaotique
est progressivement contenue à partir du début des années 1870, et la
priorité pour tout le pays consiste bientôt à se bâtir une nouvelle
prospérité. L'espace compris entre la côte atlantique et la côte
pacifique aura été maillé par de nouveaux États (seuls l'Arizona et
le Nouveau-Mexique conserveront jusqu'en 1912 le statut de territoires).
La Frontière disparaît ainsi en 1890, en même temps que sont
vaincues les dernières résistances indiennes (Sitting Bull, Géronimo,
Chief Joseph, etc.). Quatre lignes de chemin de fer transcontinentales
drainent les populations vers la Californie L'isolationniste
prôné par la doctrine Monroe n'a sans doute jamais été absolu ( Aussi les Congrès
panaméricains qui se réunirent à partir de 1889 déçurent-ils les espérances
des États-Unis : ils n'aboutirent ni à la création d'une union douanière,
ni Ă la construction d'un Transcontinental qui relierait New-York
au Rio de la Plata. Les Mexicains s'insurgeaient à la pensée d'une annexion
possible. Les États de l'Amérique centrale créèrent, pour régler leurs
différends, une Cour centrale d'arbitrage, et en 1925 les États-Unis
allaient juger utile de donner une satisfaction Ă l'opinion publique en
retirant la garnison qu'ils entretenaient dans le Nicaragua depuis 1912.
Mais, d'autre part, un facteur nouveau s'était affirmé : la création
d'une Ligue des nations américaines telle que l'avait conçue
Bolivar;
elle soutiendrait le prestige américain en face de l'ancien monde et resserrerait
les liens de solidarité entre les républiques. C'est dans cet esprit
que se réunit le Congrès de Panama en juin 1926.
L'Oncle Sam (= les Etats-Unis) se prépare à intervenir dans le conflit mettant aux prises l'Espagne et Cuba. "Pour la cause de l'humanité, dit-il, il est de mon devoir de les séparer." Gravure humoristique parue dans le Puck, le 20 avril 1898. Les États-Unis n'ont pas moins poursuivi
depuis la fin du XIXe
siècle une politique qui leur a conféré dans les Antilles et sur tout
le pourtour du golfe du Mexique Ensuite, les États-Unis
ont mis fin à l'anarchie des deux Républiques de l'île de Haïti Hors du continent,
les États-Unis imposèrent à Bismarck un condominium
sur les îles Samoa (1889), puis partagèrent l'archipel avec l'Allemagne
Le président Theodore Roosevelt. Enfin, les États-Unis se sont intéressés, non sans quelque répugnance, à la politique européenne. Ils ont pris part en 1906 à la Conférence d'Algésiras qui essaya de régler le problème marocain. En 1917, au cours de la Grande Guerre, après de longues hésitations, les États-Unis, sous la présidence de Thomas W. Wilson (1913-1921), ont jeté dans la balance tout le poids de leur force et précipité la défaite des Empires centraux. L'entrée en guerre aux côtés des Alliés n'avait rien eu d'idéologique. Il s'était d'abord agi pour le pays de faire respecter son droit au commerce. Mais la révolution soviétique qui avait éclate quelques mois plus tard changea la donne pour soixante-dix ans au moins. D'une guerre mondiale à l'autreLa période de l'entre-deux guerres est une période de transformation profonde pour les Etats-Unis, allant de la prospérité des Années Folles à la crise dévastatrice de la Grande Dépression, suivie par l'intervention gouvernementale massive du New Deal et l'engagement dans la Seconde Guerre mondiale. Une migration massive de la population rurale vers les centres urbains se produit, a transformé la société américaine. L'innovation technologique et l'industrialisation ont continué de façonner l'économie et la société, avec des avancées significatives dans les domaines de l'automobile, de l'aviation et des communications.Au lendemain de la guerre, Wilson, fut l'un des principaux artisans du traité de Versailles (1919). Son successeur, Warren G. Harding (1921-1923) promit un retour à la normale. Son administration sera marquée par des politiques pro-business et des scandales de corruption comme le scandale du Teapot Dome. Les années folles.
La Grande dépression.
La Seconde Guerre
mondiale.
De 1945 à 2001L'après-guerre.Dans la seconde moitié des années 1940, les États-Unis ont joué un rôle clé dans la création de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et dans la mise en place du système économique international de Bretton Woods, qui a établi des institutions comme le FMI et la Banque mondiale. La période d'après-guerre est aussi marquée par une forte croissance économique, une augmentation de la consommation et de la production industrielle, ainsi qu'une expansion de la classe moyenne. Au temps de la
Guerre froide.
Containment
et McCarthysme.
Mouvement
des droits civiques
La
guerre du Vietnam
Assassinats
politiques.
Changements
sociaux et culturels.
Nixon
et Reagan.
Ronald Reagan (1981-1989) a mis en oeuvre des politiques économiques libérales (appelées les reaganomics) visant à réduire les impôts, diminuer la réglementation et encourager la croissance économique. Reagan adopte une position ferme contre l'Union soviétique, augmentant les dépenses militaires et soutenant les mouvements anticommunistes à travers le monde. Après la Guerre
froide.
Le premier quart du XXIe siècleTerrorisme et crise financière.Les attentats du 11 septembre 2001. Le 11 septembre 2001, l'organisation terroriste islamiste Al-Qaïda a mené des attaques coordonnées en utilisant des avions détournés pour frapper les tours jumelles du World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington, D.C., faisant près de 3 000 victimes. Ces attentats représenteront pour les Etats-Unis un tournant majeur et ouvrent pour le monde une ère qui n'est pas terminée. En réponse aux attentats, les États-Unis ont envahi l'Afghanistan pour renverser le régime taliban et détruire les infrastructures d'Al-Qaïda. En 2003, les États-Unis, sous la présidence de George W. Bush (2001-2009), envahissent l'Irak en affirmant mensongèrement que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. Bien que ces armes n'aient jamais été trouvées, le renversement de Hussein a plongé le pays dans une longue période de conflit et d'instabilité. Ces troubles ont également favorisé d'unelle organisation terroriste, Daesh (l'Etat islamique). La
crise financière de 2008.
Réformes sociales
et tensions politiques.
Les années 2010 ont également vu l'émergence de mouvements comme Black Lives Matter, qui lutte contre la violence policière et les inégalités fondés sur des idées racistes. En 2015, la Cour suprême a légalisé le mariage homosexuel dans tout le pays, marquant une victoire majeure pour les droits LGBTQ+. La
première présidence de Donald Trump (2017-2021).
La
présidence de Joe Biden (2021 - 2025).
En 2022, le paysage juridique et politique connaît un bouleversement avec la décision de la Cour suprême d'annuler l'arrêt Roe v. Wade dans l'affaire Dobbs v. Jackson, mettant fin à la protection constitutionnelle fédérale du droit à l'avortement. Sur le plan législatif, l'administration Biden fait adopter le CHIPS and Science Act pour relocaliser la production de semi-conducteurs, ainsi que l'Inflation Reduction Act, visant à lutter contre le changement climatique et à réduire les déficits publics. Les élections de mi-mandat de novembre 2022 aboutissent à un Congrès divisé, les républicains prenant le contrôle de la Chambre des représentants tandis que les démocrates conservent de justesse la majorité au Sénat. Trump, qui n'a jamais reconnu sa défaite de 2020, continue d'agiter les passions les plus sombres. Les États-Unis restent profondément divisés politiquement, avec des tensions croissantes entre les partis démocrate et républicain sur des questions clés telles que l'immigration, le droit de vote et la réforme de la justice pénale. Les mouvements pour les droits civiques continuent de se faire entendre dans la lutte pour l'égalité et la justice sociale, face à des défis persistants. L'année 2023 est dominée par une crise du plafond de la dette qui menace un défaut de paiement du pays, résolue in extremis par l'adoption du Fiscal Responsibility Act. Cette période voit également une vague de mouvements sociaux sans précédent, avec des grèves majeures des scénaristes et acteurs à Hollywood, ainsi que celle des travailleurs de l'industrie automobile (UAW), qui obtiennent des augmentations de salaire significatives. Sur la scène internationale, les États-Unis maintiennent un soutien militaire et financier soutenu à l'Ukraine face à l'invasion russe, tout en naviguant dans des tensions croissantes avec la Chine. L'année 2024 est entièrement centrée sur l'élection présidentielle. Après des débats télévisés difficiles, Joe Biden annonce son retrait de la course en juillet et apporte son soutien à sa vice-présidente, Kamala Harris, qui devient la candidate officielle du Parti démocrate. Le 5 novembre 2024, l'élection présidentielle aboutit à la victoire du candidat républicain Donald Trump, qui remporte 312 grands électeurs contre 226 pour Kamala Harris, marquant un retour des républicains à la Maison-Blanche. Début
de la deuxième présidence Trump.
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