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| Arrière-plans | ||
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Hioung-nou, Avars, Hephtalites, etc. |
| Le nom des Huns
est un mot générique sous lequel on a désigné
diverses populations asiatiques qui sont vraisemblablement d'origine différente.
La confusion est venue d'abord des auteurs anciens eux-mêmes, qui
donnaient le nom de Huns à tous les peuples asiatiques qui envahirent
l'empire romain à la suite des premiers Huns véritables,
et ensuite, depuis le XVIIIe
siècle, du savant ouvrage de de
Guignes qui, dans son
Histoire générale des Huns
(1756), a également étendu
le nom de ce peuple à toutes les tribus barbares de l'Asie centrale.
Nous traiterons, dans le présent article, non seulement des Huns
proprement dits et des autres peuples de langue turque ( On rencontre le terme de Huns pour la première fois dans Ptolémée, qui place les Chounoi entre les Bastarnes et les Rhoxolans, dans le Sud de la Russie; Denys le Périégète mentionne également les Ounnoi, près la mer Caspienne. Le savant allemand Zeuss a contesté ces lectures qu'il regarde comme des interpolations, mais nous verrons, par l'histoire chinoise, que les Huns, dès le IIesiècle de notre ère, étaient en réalité établis entre la mer Noire, la Caspienne et l'Oural; ils commencent seulement à se faire connaître comme dévastateurs au milieu du IIIe siècle, lorsqu'ils franchirent le Tanaïs. D'où venaient-ils? On a regardé les Huns comme d'origine chinoise ou d'origine mongole. Nous croyons que ce sont en réalité des Turks, la plupart du temps. Mais dans certains cas, des populations décrites comme des Huns ne le sont sans doute pas véritablement : c'est en particulier le cas des Avars, possibles descendants de certains Jou-Jouen, et dans lesquels ils conviendrait donc de voir plutôt des Toungouses. Si donc tous les Huns des IIIe,
IVe,
et Ve siècles
ne sont pas identifiables comme on l'a cru dans le passé, aux Hioung-nou,
ni même à des populations exclusivement proto-turques, du
moins pourraient-ils correspondre à une fraction de ceux-ci, très
certainement, dans ce cas, mêlée à d'autres peuples
parmi lesquels la composante turque aurait été prédominante.
De fait, outre l'analogie entre les deux noms, les mouvements et les migrations
des Hioung-nou à différentes époques dans la Haute-Asie
concordent assez bien avec les diverses invasions des Huns en Europe et
en Asie. Il peuvent au moins expliquer une pression exercercée sur
populations d'Asie centrale et dirigée vers l'Ouest... Avant d'entrer
dans l'histoire de ces invasions, nous croyons devoir exposer sommairement
ce que nous savons aujourd'hui des Huns d'Asie, ainsi que la succession
des révolutions et migrations des différents peuples tartares
dans leurs rapports avec la Chine C'est aux historiens chinois qu'il faut
avoir recours pour être renseigné sur cette période
ancienne de l'histoire de l'Asie. La nation des Hioung-nou joue une grand
rôle dans l'ancienne histoire de la Chine Dates clés : 175 av. J. C. - Premières mentions de Hioung-nou en Chine. |
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| Les
Hioung-Nou
L'établissement des Hioung-nou dans
le Nord de l'Asie peut remonter au delà du XIIIe
siècle av. J.-C. Sous les Tchéou, ils avaient
alors le nom de Hien-youn; l'appellation Hiounq-nou est la dernière,
celle qu'ils eurent sous les Han. On trouve aussi,
à partir du Ier
siècle, l'expression de Kiang-nou. Leur empire s'étendit
un moment depuis la mer d'Okhotsk jusqu'au mont Altaï et même
jusqu'à l'Oural (laïkh); ils tenaient tout l'occident de l'Asie,
d'où leur nom (impropre) qu'on leur a donné jadis de «
Tatars occidentaux », par rapport aux Topa, aux Sien-pi, aux Jou-jouen,
qui étaient les « Tatars orientaux ». Les Hioung-nou
ont été une cause perpétuelle de troubles et de guerres
pour la Chine Le chef suprême des Hioung-nou portait
le titre de tengrikoutou shen-yü (fils du ciel, majestueuse
grandeur), abrégé en shen-yü ou tan-jou,
et les impératrices leurs femmes, celui de yen-chi (épouses?)
Le tanjou était choisi dans la famille Sien-pi des Hou-yen, qui
était la plus noble et qui tenait toujours la gauche (l'Occident),
c.-à-d. avait le pas sur les autres; le prince héritier avait
le titre de «-hien-wang (sage
prince) de la gauche », et tous les officiers de la cour formaient
une hiérarchie puissamment organisée. Le tanjou résidait
dans le mont Inshan (au Nord-Est de la ville actuelle de Koueï-hoa-tcheng),
un des rameaux de l'Altaï, vers les sources de l'Irtich, qui servait
de frontière aux Hioung-nou du côté du Nord-Ouest.
Le tanjou traitait de pair avec l'empereur de la Chine « Le grand tanjou des Huns, engendré du ciel et de la terre, établi par le soleil et la lune, prie respectueusement l'empereur de la Chine, etc. »Plus tard, le tanjou recevait un sceau d'investiture du Céleste-Empire. Les relations historiques certaines entre les deux puissances ne remontent qu'à l'an 210 av. J.-C. A cette époque, le tanjou des Hioung-nou était Teou-men; c'est du moins le premier empereur de cette nation dont le nom soit parvenu jusqu'à nous. Mo-thé (ou Mé-té), son successeur, de 206 à 174 av. J.-C., fit de grandes conquêtes l'empire chinois, après de violentes agitations, venait de passer aux mains de Kao-hoang-ti, fondateur de la dynastie des Han. A peine était-il sur le trône que Mo-thé l'attaqua, vint mettre le siège devant la ville de Ma-yé (auj. So-ping fou). La ville fut prise et le tanjou pénétra dans le Chensi jusque près de Singan-fou avec 300 000 Huns. Kao-ti ne put résister et il n'obtint
la paix qu'en donnant en mariage une de ses filles. Dans la suite, de fréquentes
alliances eurent lieu entre la Chine Vers l'an 175
avant notre ère les Hioung-nou chassèrent les
Yue-tchi du Kansou et du Chensi, où ils étaient établis
depuis longtemps, et les forçaient à se réfugier dans
l'Ouest, du côté du lac Balkhach et de l'Ili. Déjà
les Yue-tchi avaient été molestés par Mothé,
mais un de ses successeurs, Lao-tchang, ayant tué leur roi et fait
de son crâne une coupe à boire, les Yuetchi s'enfuirent au
delà de Ta-ouan (Matouanlin, trad. St. Julien et Specht). Les Yue-tchi
expulsèrent à leur tour les Sse ou Sakas et, franchissant
l'Yaxarte, conquirent la Sogdiane et la Bactriane Les Chinois cherchèrent à
faire alliance avec les Wou-soun, pour les détacher complètement
des Hioung-nou, et ils leur dépêchèrent à cet
effet le fameux Tchang-kien, le premier explorateur chinois des contrées
occidentales. Les Fils du Ciel entretenaient soigneusement, dès
cette époque, des relations commerciales et politiques avec les
peuples occidentaux de la Tartarie Vers l'an 43
de notre ère, l'empire des Hioung-nou est divisé en deux
royaumes : Hioung-nou du Nord et Hioung-nou du Midi. En l'an 65,
les Hioung-nou du Nord, alliés à ceux du Midi, ravagent le
Chensi et le Hami, mais ils furent battus et obligés de regagner
leurs provinces du Nord; poursuivis par Teou-hien, général
chinois, leur pays est entamé, et à la suite d'une grande
défaite à la montagne de Kiloushan, le tanjou s'enfuit dans
l'Ouest. Ainsi finit, en l'an 93, l'empire
des Hioung-nou du Nord. Deux cent mille Hioung-nou se soumirent à
la Chine On a pu dire que ce sont ces Hioung-nou
occidentaux, mélangés de Ouïgours, Onogoures, Sien-pi
et autres tribus turques, qui ont envahi l'Europe sous le nom de Huns.
Quoi qu'il en soit, le premier résultat de l'arrivée de ces
populations, dont on pourra au moins admettre, qu'elles ont été
"mises en mouvement" par les Hioung-nou, sur les confins de la Russie fut
de chasser à leur tour les peuples qui y étaient établis
et de les pousser vers le Sud. Ces peuples étaient les Alains
(A-la-ni des Chinois), et nous savons, en effet, par les auteurs latins,
que les Alains apparaissent dans le Caucase Pendant que se forme à l'Ouest le
royaume des Huns occidentaux avec les débris des Hioung-nou du Nord,
les Hioung-nou méridionaux occupaient le pays de Chensi et leur
tanjou, Hieou-lan-chi, reçut 34 000 familles pour sa part dans l'ensemble
des Huns du Nord qui avaient fait leur soumission en 93.
En 125 de J.-C., invasion des Sien-pi
devenus à leur tour très puissants, des Wou-houan et des
Kiang. Peu à peu, l'empire des Huns méridionaux va en s'affaiblissant
et leurs tanjou ne sont plus que des instruments dans les mains de la Chine Mais en l'an 360
une poussée considérable se fait sentir vers l'Ouest par
l'arrivée de nouveaux peuples turcs appartenant aussi aux Sien-pi
et connus dans l'histoire sous le nom de Jouen-jouen, Jou-jou, Geou-gen,
Jou-jouen ( Tou-loun fut un grand conquérant
et un législateur, sous son règne, l'empire des Jou-jouen
s'étendait depuis la Corée Les Huns d'Europe Revenons maintenant aux Huns d'Europe : nous commencerons qu'à la deuxième moitié du IVe siècle, négligeant les incursions qu'ils ont faites sur le territoire romain avant cette époque. Les Huns n'apparaissent en réalité dans l'histoire que vers 375, au moment où, franchissant le Tanaïs (le Don) qui leur servait de limite, ils se jettent en Germanie et sur l'empire romain. Ammien Marcellin, qui a été contemporain de leur arrivée, nous a laissé une description très détaillée et très exacte du physique, des moeurs et des usages de ce peuple. De même Claudien, qui écrivait vers l'an 400, Sidoine Apollinaire vers 460, Zozime vers 480 et Jordanès (Jordanis) vers 550 de J.-C. Tous concordent pour nous représenter les Huns sous les formes les plus hideuses : la taille courte, la tête écrasée le teint noir, les yeux petits et enfoncés, la figure tailladée ils passaient leur vie à cheval, où ils semblaient comme cloués, equis propè affixi, suivant l'expression d'Ammien; au moral, ils avaient évidemment aux yeux de nos auteurs tous les vices et toutes les férocités de la barbarie, omnem modum feritatis excedunt. Au point de vue des moeurs et de la manière de combattre, les renseignements que nous donnent les contemporains ressemblent à tout ce que nous savons par les Chinois et les Arabes sur les diverses tribus tatares de l'Asie vivant de la vie nomade, errant dans les montagnes et dans les plaines, suivis de nombreux troupeaux et transportant avec eux toute leur famille dans de grands chariots, d'où l'appellation chinoise Tche-sse, que l'on a prise pour un nom de peuple et qui n'a pas d'autre sens que celui de « armée de chars » appliqué à diverses tribus nomades. Jordanès nous a conservé les noms des premières tribus des Huns qui franchirent le Palus Méotide, ce sont : les Alipzures, les Alcidzures, les Itamares, les Tuncasses et les Boïsques; Balamber ou Balameir était un des chefs de ces tribus. Ce furent les Alains qui reçurent le premier choc. Le nom d'Alains est encore une appellation générique sous laquelle Ammien désigne tous les barbares asiatiques depuis le Pont-Euxin ,jusqu'au Gange : c'était un peuple très remuant qui depuis plus de trois siècles tenait toute l'Europe orientale. Ils sont mentionnés à l'époque de Vologèse et de Domitien. Mais les Alains proprement dits, les A-la-ni des Chinois, remarquables par leur chevelure blonde, leurs yeux bleus (crinibus mediocriter flavis, dit également l'auteur latin), habitaient la Russie orientale, le nord et l'orient de la mer Caspienne, d'où ils furent chassés dès le Ier siècle par les Hioung-nou. L'appellation d'Alain s'étendit à d'autres peuples; ainsi aux IIIe et Ve siècles comme c'étaient les Arands Yue-tchi ou Kouchans qui étaient maîtres de tout le pays entre la Caspienne, l'Indus et le Gange, il est certain que dans les expressions d'Ammien : diffusi per populosas pentes et amplas... adusque Gangen, il faut faire entrer les Kouchans. Quant aux Alains d'Europe, ceux qui campaient
entre l'Oural, la Caspienne et le Dniepr, ils se trouvèrent, en
même temps que les autres barbares, voisins du Tanais et du Borysthène,
les premières victimes de la grande invasion hunnique de 375
(Huns et Sien-pi) qui fut, comme on l'a vu, la conséquence de l'arrivée
des Jou-jouen. Les Alains, les Ostrogoths, les Goths sont vaincus successivement.
La nation des Scires qui faisait partie de celle des Alains et qui vivait
en bonne intelligence avec les Romains sur les bords du Borysthène
( La seconde invasion
des Huns : Attila.
Bleda et Attila s'occupèrent alors,
dit Priscus, de la soumission des nations scythiques parmi lesquelles il
mentionne seulement les Sorosgues dont l'origine est inconnue. D'après
de
Guignes, Attila aurait même envoyé des ambassadeurs à
la Chine C'est alors qu'Attila fit assassiner son frère Bleda afin d'être seul maître de réaliser ses vastes projets sur l'occident de l'Europe. A ce moment sa puissance était immense et s'étendait sur toute la Scythie jusqu'à la Baltique et à la Scandinavie où le souvenir de Etzel est resté. Il régnait presque seul dans le monde, suivant l'expression de Jordanès : Attila Hunnorum omnium dominus solus in mundo regnator. Le portrait que cet auteur latin nous a laissé du grand conquérant est bien conforme à celui que l'on va se faire durablement des envahisseurs tartares : petit de taille, la poitrine large, une tête démesurée, les yeux enfoncés, la barbe rare, les cheveux grisonnants, le nez écrasé, le teint basané; à côté de cela la démarche fière, le regard méfiant : superbus incessu, huc atque illuc circumferens oculos. Personnellement, Attila semble n'avoir pas eu toute la férocité que les auteurs anciens attribuent à son peuple; un poète latin anonyme le représente comme un prince magnanime, toujours prêt à accorder la paix, quoique terrible pour ses ennemis. Théodose lui ayant envoyé pour le flatter un diplôme de général des armées romaines, Attila accepta, mais en ajoutant que cela n'empêchait pas de combattre les Romains, car il avait pour esclaves des rois supérieurs aux empereurs. Avant d'attaquer l'Empire, il fit la guerre
aux Akatzires qu'il n'avait pas encore pu dompter. Ce peuple, que Jordanès
appelle Agazziri, et qui descend peut-être des Agathyrses
d'Hérodote, de Pline,
de Pomponius Mela et de Ptolérnée,
occupait ainsi que les ltemesti les bords de la Volga et du Tanaïs,
et leur chef s'appelait Kouridach. Attila les vainquit; mais plus tard,
en 168, on retrouve ces mêmes
Akatzires alliés aux Saragoures contre les Perses Les Akatzires furent vaincus par Attila
qui leur donna pour chef son fils aîné Ellac. A l'époque
de l'ambassade de Maximin relatée par
Priscus, en 449, le fils du roi des
Huns accompagné d'Onegèse ou Onesige, un de ses officiers,
partit pour prendre possession de son nouveau royaume qui comprenait les
Akatzires et d'autres populations habitant la Scythie pontique. C'est en
l'année 447 qu'Attila, suivi
d'une armée formidable et de nombreux vassaux, entra sur les terres
de l'Empire par la Mésie Après la mort de ce conquérant,
ses fils ne purent s'entendre sur le partage des peuples soumis. Les diverses
nations, Goths, Gépides,
Ruges, Hérules, Sarmates,
Alains,
Suèves,
en profitèrent pour secouer le joug et s'entre-déchirer.
Après plusieurs combats, les Gépides vainquirent les Huns
dans une sanglante bataille en Pannonie En 454
ils furent attaqués par des Huns qui avaient franchi le Danube,
mais ces derniers furent vaincus, obligés de repasser le fleuve
et de se réfugier vers cette partie de la Scythie arrosée
par le Danube qui était appelé dans leur langue Hunnivar.
Quelques années plus tard, en 462,
ces mêmes Huns reparaissent sous la conduite de Dengisikh pour venir
au secours des Huns Satagarii établis dans la Pannonie En même temps que les frontières de l'empire romain ont à subir ces attaques posthumes des Huns de Dengisikh, d'autres populations également d'origine turque chassées par d'autres barbares qui habitaient, dit Priscus, sur les rives de l'Océan, franchissent la Volga, chassent les Akatzires et les Avares et finalement envoient des ambassadeurs à l'empereur Léon pour demander son alliance; ces peuples sont les Saragoures, que nous avons déjà rencontrés, les Ougores (Ougôroï au lieu de Ougôgoï qui est une faute de Priscus) et les Onogoures. Les Ougores sont encore les Ouïgoures et les Onogoures sont les On-ouïgours (ou les dix tribus). En 470,
nouvelle guerre entre les Romains et les Huns de Dengisikh; elle finit
par le massacre de ces derniers. Priscus ne dit pas ce que devint leur
chef, mais la Chronique Pascale, qui appelle Dinzirichos le fils
d'Attila, nous apprend qu'il fut tué peu après et sa tête
apportée à Constantinople Les Huns Kidarites.
Priscus ne dit rien de ces événements
qui se trouvaient sans doute consignés dans les livres perdus pour
nous de son histoire, mais il nous raconte la campagne de 464
dirigée par Peroze contre les Huns du Caucase Au sujet de l'étymologie du mot
nous ferons remarquer que les Petits Yue-tchi ou Kouchans de l'Inde Les Huns Sabires.
Ils étaient déjà connus
du temps de Priscus qui les cite comme ayant été chassés
par les Avares des steppes du Don et de la Volga, et Jordanès
les appelle Saviri. En 522, leur chef
Ziligdès (ou Zilgibis qui rappelle le Silgibou, Silziboul des Turks
de 570), ayant trahi à la fois
Justin et Kobâd, fut mis à mort par ce dernier. En 528,
c'était la reine Boazer (selon l'orthographe de Paul Diacre) qui
commandait aux Sabires; elle était veuve de Balakh et Malala lui
donne le titre de regissa « « reine ». A la tête
de 100 000 hommes, elle marche à la rencontre de deux rois qui appartenaient
à d'autres tribus hunniques et qui traversaient ses Etats pour se
joindre aux armées de Kobâd. Les noms de ces rois sont Styrax
ou Tyranx et Glonès ou Glom. L'un fut tué et l'autre pendu
par ordre de Justinien. Les Sabires vécurent
en bonne intelligence avec les Grecs. A la même époque, les
Huns du Bosphore Les Sabires sont des Ouïgours et par suite des Turks. Jordanès nous dit en parlant d'une certaine famille de Huns, qu'ils sont appelés les uns Saviri, les autres Cutziagiri. Ces derniers sont les mêmes que les Koutrigoures dont on parlera plus loin. Les Huns Avars.
Ils s'établirent
d'abord aux environs de la mer d'Azov C'est dans les plaines de la Hongrie qu'ils établirent finalement le siège de leur domination. Ils eurent pour vassaux des peuples slaves que les historiens allemands ou grecs ont parfois confondus avec eux. Mais les Européens virent surtout en eux une réminiscence des Huns d'Attila. Leur chef avait le titre de khaqan (Chagânos). Grégoire de Tours, contemporain de cette invasion, parle de « Gagan, roi des Huns-», expression qui a été reproduite par Frédégaire qui écrivait cent ans plus tard (en 650). C'est la première fois que ce mot apparaît dans Menander appliqué au khan des Avars; et, à partir de cette époque, on le rencontre pour désigner le souverain de tous les peuples "tartares" en contact avec l'Europe. En dehors de Baïan, les historiens ne nous ont conservé le nom d'aucun autre chef de ces Huns; ils se contentent de les désigner sous le nom de « Khaqan », Cacanus Hunnorum ou Avarum. L'étymologie et le sens du mot Baïan sont inconnus; c'était sans doute un nom assez répandu chez les peuples turco-mongols, car au XIIIe siècle il est porté par un chef mongol, général de Koubilaï. Mais nous avons les noms d'ambassadeurs de la nation des Avars, ce sont Kandikh en 558, Ioboulidas et Targetius en 573, Solakh en 580. Le mot Targetius rappelle le Tagitaos, nom d'un guerrier scythe dans Hérodote. Dans l'entrevue que Valentin a en 580 avec Tourxanlh, le khaqan des Turks, ce dernier parlant avec mépris des Avars, les traite d'esclaves et leur donne le nom de Oûarchonitaï, Varkhonites, qui était, comme nous l'avons vu, leur vrai nom asiatique.Au long des premières décennies du VIe siècle Avars attaquèrent les diverses tribus hunniques qui étaient le long de la mer Noire : les Barsiliens, les Sabires, les Onogoures, et, après de grands ravages, finirent par franchir le Danube et menacer l'empire grec lui-même. Justinien effrayé fit alliance avec les Turks qui venaient aussi d'apparaître dans le monde occidental et qui étaient tout disposés à écraser de nouveaux les Avars. Des ambassades qui furent également échangées avec les Avars eux-mêmes à cette époque (558, 569, 571, etc.). L'ambassade qui eut lieu en 558, sous Justinien, aboutit à la conclusion d'un traité au terme duquel les Avars s'engageaient à faire la guerre aux autres barbares ennemis des Romains. Les historiens byzantins nous ont laissé d'intéressants détails sur ces peuples : « En l'année 558, dit Théophane, arrivèrent à ConstantinopleEn 580, leur khaqan était encore Baïan (ou un autre prince, mais du même nom). C'est lui qui, à la tête d'une armée nombreuse, avec des machines de guerre et un appareil nautique considérable, jeta un pont sur la Save et s'empara de Sirmium; la ville fut abandonnée par Tibère II qui consentit à payer un tribut annuel de 80 000 sous d'or. En 583, Singidunum (Belgrade) tombe également au pouvoir des Avars qui ravagèrent tout le bas Danube jusqu'au Pont-Euxin. En l'an 600, par un traité, ils s'engagèrent à ne plus franchir le Danube. Le roi slave Samo réunit contre eux un certain nombre de tribus et réussit à les tenir en échec du côté de la Bohême. D'autre part, l'empereur Héraclius appela des régions carpathiennes les Serbes et les Croates avec lesquels il fonda deux marches qui ont été l'origine de la Croatie et de la Serbie (635 - 638). Désormais,
les redoutables Avars restèrent établis dans le bassin de
la Tisza et du moyen Danube, contenus, d'une part, par les Francs, de l'autre,
par les Slaves. Ils poussèrent des pointes jusqu'à Constantinople Tous les documents que nous avons sur les Avars nous les présentent sous les mêmes traits que leurs congénères les Huns ou les Mongols. Ils mènent comme eux une vie nomade. Ils restent des étrangers au milieu des peuples européens qu'ils ont soumis, slaves, grecs ou allemands. Les chroniqueurs nous les dépeignent sous les couleurs les plus noires. Au dire de Frédégaire, ils venaient chaque année enlever les femmes des Slaves qui leur payaient tribut; d'après la chronique russe, dite de Nestor : " Quand un Obre (Avare) voulait-aller quelque part, il ne faisait pas atteler à sa voiture un cheval ou un boeuf, mais il ordonnait qu'on attelât trois, quatre ou cinq femmes pour le traîner. Les Obres étaient hauts de taille et orgueilleux d'esprit et Dieu les anéantit, et pas un d'eux ne survécut. »Et, paraît-il, un proverbe russe dit encore : " Ils ont péri comme les Obres, car ils n'ont laissé ni descendants, ni héritiers. "Les mots Obr, Olbrzym qui, en tchèque et en polonais, signifient géant, conservent encore le souvenir de la terreur qu'inspirait aux Slaves la domination des Avars. Toutefois ce n'est pas le Slaves qui mettront fin à cette domination, c'est Charlemagne. De 791 à 796, il leur fit une guerre impitoyable dont Éginhard et le moine de Saint-Gall Il ne nous est presque rien resté
de la civilisation des Avars; on n'a trouvé que des harnais, des
bijoux et des vases d'argent, quelques armes et des médailles de
Justinien
et de Justin. Dans les Annales carolingiennes Les Huns Koutrigoures.
Zabergan était le chef des Huns
Koutrigoures, et Sandikl le roi des Outigoures. Le mot Zabergan parait
signifier « le Khan Zaber ». Radlof l'explique par l'ouïgour
Tchak-bergan, « don du Temps », et le mot Sandikhl ou Sandilkh
par le turc santillik, « doué de plusieurs langues ».
Les Outigoures étaient alliés et protégés des
Romains qui les excitèrent à faire la guerre à leurs
compatriotes; mais Sandikl trouva, suivant les expressions de Menander,
qu'il n'était ni juste ni digne d'attaquer des hommes de la même
nation, parlant la même langue, ayant la même vie. Zabergan,
apprenant les intentions de Justinien et mû
aussi par le désir du pillage, quitta les bords du Pont-Euxin, franchit
le Danube avec une nombreuse cavalerie, pilla la Mésie et la Thrace,
et vint camper aux portes de Constantinople Les Huns blancs Les Huns blancs sont ceux que les auteurs
byzantins appellent les Ephthalites; cette appellation vient, d'après
Procope
de ce que ces Tatars avaient la peau blanche par opposition aux premiers
Huns d'Attila, aux Huns du Caucase Le nom de Ephthalite a été écrit très diversement, suivant les auteurs; il est le même que les Euthalides, Scythes blancs de Théophane; Nephthalites, Hidalites, Hidarites, Talites, Eleuthes de différents historiens; Haïetal, Heïtaliens des Arabes; Yetal, Aïetal, Aïetala, Attila de quelques auteurs modernes; Hephthag, Idalagan, Thedal, Thedalatzi des auteurs arméniens; Abdèles de Théophylacte, etc. Après la chute du royaume des Ephthalites, les auteurs arméniens et arabes continuent à désigner les Turks par l'expression impropres de Heithal, de même qu'ils donnent le nom de Turks et le titre de Khakân aux Kouchans et pour des époques antérieures de plusieurs siècles à l'apparition des Turks. Cette confusion chez les historiens orientaux a été cause de toutes les erreurs ethnographiques que l'on trouve chez les historiens postérieurs.Sous le rapport ethnographique, il est possible que ce soit des peuples tout à fait différents, comme il est possible aussi que les mots Huns blancs, Huns noirs (comme plus tard les Turks du mouton noir et du mouton blanc, les Kirghiz blancs et les Kirghiz noirs, les Khazars blancs et les Khazars noirs) soient tout simplement tirés de la couleur des tentes et des étendards de ces nomades. Le géographe Cosmas, qui écrivait, comme Procope, au milieu du VIe siècle, parle également des Huns blancs, mais comme habitant une partie de l'Inde Les Hounas.
Sur ce dernier point, on ne possède
que quelques noms, à commencer par ceux de Toramâna et de
Mihirakula qui sont certainement des noms étrangers à l'Inde On a des monnaies et des inscriptions portant
les noms de Toramâna et de Mihirakula. Une des monnaies de Toramâna
porte la date 52 et l'inscription d'Eran est datée de l'an premier
du règne qui coïncide avec la défaite de Narasinha des
Gouptas en 495. La combinaison de ces
dates donne à peu près l'an 445
pour l'entrée des Hounas dans le Pendjâb et l'an 1. L'époque
de la grande puissance des Hounas est de 495
à 533. Toramâna, après
avoir chassé les Gouptas, prend le titre suprême de maharajadhiraja
(grand roi de tous les rois). Dans l'inscription de Kura il a le titre
de maharaja shâhi Jaùvla (si tant est que ce soit le même,
car il a pu y avoir plusieurs princes du même nom). En 510,
Toramâna est défait à son tour par Bhatarka, fondateur
de la dynastie des Valabhi, qui rétablit en même temps Narasinha
sur le trône. En 515, Mihirakula,
fils de Toramâna, entreprit de refaire les conquêtes de son
père et de reconstituer le royaume des Hounas; tire inscription
découverte à Gwalior et datée de l'an 15 de son règne,
prouve qu'il dominait au centre de l'Inde vers 530.
Quelques années après, en 533,
il fut battu complètement par Yaçodharman, grand vassal de
Narasinha, fait prisonnier, puis relâché. Il se retira alors
au Cachemire Nous n'avons plus rien de certain sur la
domination des Hounas après Mihirakula. D'après les légendes
indigènes, les Çakas furent défaits dans la grande
bataille de Kahrôr, près de Moultân, par Çalivâhana
vers 544 et chassés de l'Inde;
mais il n'y a aucune preuve historique de cette bataille qui a été
confondue avec d'autres, et Çalivâhana lui-même est
un héros à moitié légendaire. En fait, les
Hounas sont restés dans l'Inde, au moins jusqu'à la fin du
VIe
siècle et une partie du VIIe
siècle et par conséquent bien après que
leurs congénères du Turkestan Bien qu'ils ne soient mentionnés
qu'au
VIe siècle,
les Huns blancs, chassés par les Jou-jouen (avec lesquels Cunningham
les a confondus à tort), apparaissent en Asie centrale et sur les
frontières de l'Iran, dès l'an 420,
sous le nom de Haïthal ou Ephthalites, et c'est sous ce nom qu'ils
figurent pendant près d'un siècle dans les guerres contre
les Perses
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