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| Fontainebleau,
Fons Blaudi ou Fons Bellaqueus, est une ville de France La ville de Fontainebleau, qui a grandi autour du château, s'est grandement transformée pendant le cours du XVIIIe siècle. Après l'incendie du 9 juin 1702 qui fit d'énormes dégâts et coûta 200 000 livres de réparations, jusqu'au jour où le palais, devenu propriété nationale, il se vit dépouillé de beaucoup de ses objets d'art, aux dépens de la capitale et du musée constitué aux Petits-Augustins. Auprès du pare s'était élevé l'hôtel Pompadour, construit par ordre du roi sur les dessins de l'architecte Gabriel, et devenu de nos jours successivement la propriété de Michel Ephrussi et du comte de Gramont; l'hôtel de Foix était devenu la surintendance des bâtiments; l'hôtel du Maine allait être converti en maison commune, qui se transforma en 1865 pour devenir le bel hôtel de ville actuel; l'hôtel des Quatre-Secrétaires fut acquis en 1666; l'hôtel de la Coudre fut occupé par diverses manufactures royales; l'hôtel de Guise fut converti en bureaux pour les contrôleurs des bâtiments; l'hôtel de Conti devint la petite écurie du roi; l'hôtel de la Vieille-Poste fut réservé aux officiers du dauphin; l'hôtel du Grand-Ferrare aux officiers du duc d'Orléans ; l'hôtel d'Ecosse et l'hôtel de Villequier aux compagnies des gardes du corps. L'hôtel de Sens appartenait aux princes de Condé; l'hôtel de Schomberg aux Rohan-Soubise. Pour les agrandissements
du château et de ses dépendances, le roi
avait acheté l'hôtel d'Albret jadis habité par le cardinal de Richelieu,
l'hôtel d'Armagnac, l'hôtel de Chevreuse, l'hôtel de Bassompierre et
l'hôtel d'Estrées dont le dernier propriétaire fut le maréchal de Noailles.
Dans les rues avoisinantes se trouvaient encore les hôtels de Toulouse,
d'Eu, de Rohan, de Béthune La Révolution, en modifiant absolument l'état de choses établi de tout temps à Fontainebleau, en éloigna pour toujours les vieilles familles attachées à la cour, et fit disparaître en partie les serviteurs dévoués à la royauté, de père en fils, depuis deux siècles, les Dubois, les Dorchemer, les Chabouillé, les Desboutz, les Nivelon, les Jamin un descendant des Jamin devint maire de Fontainebleau en 1800. A cette époque, la ville eut à lutter contre Nemours, sa voisine, qui ambitionnait de devenir sous-préfecture; Fontainebleau finit par l'emporter. Napoléon, à peine devenu empereur, reprit cependant les traditions de la cour. En même temps qu'il affectait l'aile neuve du palais à l'École militaire, qui ne devait pas tarder à être transférée à Saint-Cyr, il ordonna les réparations les plus urgentes, et remeubla avec luxe les appartements qu'il occupait, tant au rez-de-chaussée qu'au premier étage, avec l'impératrice Joséphine. La première fois que le pape Pie VII vint en France, pour le couronnement de l'empereur (novembre 1804), celui-ci alla au-devant de son hôte en forêt jusqu'à la croix de Saint-Hérem, et les premières entrevues eurent lieu dans l'appartement des Reines-Mères, au château. La seconde fois (juin 1812), Pie VII revint en prisonnier; l'arrivée fut moins triomphale et le séjour se prolongea dix-neuf mois. Le château de
Fontainebleau.
Le château primitif, construction fort peu importante, paraît avoir occupé une partie des édifices qui entourent la cour Ovale actuelle, et l'entrée devait être à l'endroit où se trouve aujourd'hui la porte Dorée; des fossés tout à l'entour en défendaient l'accès. Les rois qui préférèrent le séjour de Fontainebleau furent Philippe-Auguste, Louis IX, qui donna la chapelle à l'ordre des religieux mathurins; Philippe IV, qui y naquit et y mourut; Charles V, qui y fonda une bibliothèque, et François Ier qui fit agrandir, embellir et orner le château par des maîtres chargés de le transformer. François Ier,
avait le goût du beau et savait dépenser sans compter. Il s'adressa aux
grands artistes de l'Italie Les travaux durèrent pendant tout le règne
et furent continués, sous le suivant, par Philibert
Delorme. Mais, à côté de ces architectes français, il y eut toute
une pléiade d'artistes italiens qui prirent une part active et considérable
à la construction et surtout à la décoration du nouveau palais. Le
Primatice, le Rosso, Nicolo dell'Abbate et
Sébastien Serlio formèrent une école qui a conservé le nom d'école
de Fontainebleau. Pour son séjour préféré, le roi avait rêvé un luxe
inusité et permanent: fresques, marbres,
stucs, boiseries l'ornèrent à l'envi. On fit de magnifiques préparatifs
pour la réception de Charles-Quint à Fontainebleau,
en 1540; on fit des fêtes somptueuses à l'occasion du baptême du futur
roi François Il, et deux ans après, en 1545,
pour le mariage d'Élisabeth, fille de Henri Il,
avec Philippe Il d'Espagne La bibliothèque royale de Blois fut transportée en 1544 à Fontainebleau et s'augmenta de nombreuses acquisitions de manuscrits faites en Italie par ordre du roi, à l'instigation de Janus Lascaris et de Guillaume Budé; mais elle ne devait pas demeurer longtemps dans ce château où elle occupait le deuxième étage de la galerie François Ier; elle fut transportée à Paris. Les maîtres et gardes de la librairie royale à Fontainebleau furent Guillaume Budé, Pierre Duchastel, Pierre de Montdoré, Mellin de Saint-Gelais, Mathieu La Bisse et Jean Gosselin. Le pavillon central de la cour du Cheval-Blanc
date du règne de Charles IX. De la même époque
était le premier escalier auquel succéda
le célèbre escalier en fer à cheval construit par l'architecte Lemercier
sous Louis XIII; de la même époque aussi
le cabinet de la Reine, dit aussi des Empereurs, parce que les douze césars
y étaient représentés à cheval, avant que Louis XIII ne l'eût fait
entièrement modifier. Mais bientôt l'art fut délaissé et fit place
à la politique. La cour vint, il est vrai, au palais, mais c'était pour
y amener a sa suite les soucis et les luttes intestines. C'est à Fontainebleau
que se tint, le 21 août 1560, une assemblée de notables, provoquée par
la reine mère pour calmer les haines religieuses, et où l'amiral de Coligny,
présent, demanda la tolérance pour les partisans de la nouvelle religion
réformée. C'est à Fontainebleau qu'eut lieu l'entrevue de Catherine
de Médicis et de Charles IX, le 31 janvier 1564, avec les ambassadeurs
du pape, de l'empereur, du roi d'Espagne
Le Château de Fontainebleau. Délaissé pendant près de quarante ans,
Fontainebleau reprit une nouvelle vie sous Henri
IV qui y venait fréquemment, soit avec Gabrielle d'Estrées, soit
plus tard avec la reine Marie de Médicis.
Henri IV fit faire de grands embellissements et de nouvelles constructions;
il y dépensa, de 1593 à 1609, la somme énorme de 2 500 000 livres. Entre
autres travaux, il fit faire la grande galerie de Diane, la cour des Offices,
les bâtiments de la place d'Armes, le dôme élevé au-dessus de la porte
de la cour Ovale et appelé depuis le Baptistère
de Louis XIII, parce que ce prince y fut baptisé
solennellement le 14 septembre 1606, les bâtiments de la cour des Princes,
et le pavillon Sully, destiné spécialement Ã
son surintendant des finances. Il fit agrandir les jardins, creuser le
grand canal de 1200 m de long sur 39 de large, construire le réservoir
voûté qui fournissait l'eau au château et transformer le jardin du Roi,
qui devint le jardin du Tibre, à cause d'une grande figure placée sur
un rocher et coulée en bronze, le tout sous l'habile direction de l'ingénieur
italien Francini. Henri IV fit orner la chambre
où naquit le dauphin de tableaux d'Ambroise Dubois et de paysages
de Paul Bril; à l'endroit où se trouvait le lit
de Marie de Médicis se voit aujourd'hui la première glace apportée en
France
Palais de Fontainebleau : la chambre ovale. Au début du règne de Louis
XIII, une nouvelle pléiade d'artistes fut invitée, par ordre du surintendant
Sublet de Noyers, à décorer les parties neuves ou remaniées du château.
Les peintures de la galerie des Cerfs Fontainebleau reçut encore la visite de
quelques ambassadeurs; des fêtes s'y donnèrent fréquemment; mais déjÃ
ce n'était plus le séjour ordinaire de la cour. Louis
XIV fit transformer Saint-Germain
et construire Versailles. Fontainebleau
demeurera seulement la maison de plaisance d'automne, où le roi et sa
suite viendront surtout pour se livrer aux plaisirs de la chasse et assister
aux représentations des opéras et des tragédies
en vogue. A la fin du XVIIe siècle, la
veuve de Scarron, maîtresse du grand monarque,
fut la véritable reine à Fontainebleau. Louis
XIV lui fit aménager une série de pièces à son usage particulier,
entre la salle des Gardes et la galerie Henri II. Elles ont conservé le
nom d'appartements de Maintenon. A Fontainebleau
fut signée, le 22 octobre 1685, la révocation de l'édit
de Nantes; Ã Fontainebleau moururent, Ã quelques mois d'intervalle,
le prince de Conti et le prince de Condé.
On y reçut solennellement, en 1695. la princesse Adélaïde de Savoie,
fiancée du jeune duc de Bourgogne En 1717, le tsar Pierre
Ier, alla
visiter Fontainebleau que la cour délaissait, mais qui redevint le séjour
ordinaire d'automne, pour le roi et son entourage, à partir de 1725, année
où Louis XV épousa, dans la chapelle
de la Trinité Le 31 mars 1814, le jour même où l'empereur
de Russie Après la guerre de 1870 et la perte de
la ville de Metz, l'École d'application de
l'artillerie et du génie fut installée à Fontainebleau, et la cour des
Princes, isolée pour ainsi dire du reste du palais, fut affectée aux
différents services de cette école, qui tend d'ailleurs chaque jour Ã
s'agrandir et à empiéter sur les parties avoisinantes. L'administration
des beaux-arts n'a pas négligé, de nos jours, les restaurations devenues
nécessaires au château. La galerie des Cerfs a été rétablie dans son
état primitif par l'architecte Paccard; les peintures du Primatice
et du Rosso ont été refaites par le peintre Brisset, et, en 1885, enfin,
a été achevée la réparation de la chapelle
Saint-Saturnin et la restitution du clocheton
qui surmontait autrefois l'abside de cette
chapelle, du côté du parc, et qui, ayant disparu, lui enlevait son caractère.
Une partie des appartements compris dans l'aile Louis
XV ont été aménagés pour recevoir l'été au palais le président
Carnot, sa famille et sa maison militaire, Ã partir de 1888; le chef de
l'État y vécut sans faste et sans luxe, recevant simplement ceux qui
lui demandent audience ou avec qui il désirait s'entretenir. Le roi de
Grèce
Le Baptistère de Louis XIII. Tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, le château de Fontainebleau est formé de nombreux bâtiments construits à des époques bien éloignées, imposants par leur grandeur, confus dans leur disposition générale, disparates dans leur architecture, mais dont la diversité même est un objet d'admiration pour nos yeux éblouis. Il ne nous est pas possible de donner ici
une description même sommaire des diverses pièces du palais, telles que
l'étranger les visite, et à énumérer les plus précieuses oeuvres d'art
qui les ornent. On y remarque, notamment dans les appartements de Maintenon,
dans l'escalier de stuc, et dans les appartements du Pape, de magnifiques
tapisseries des Gobelins La cour du Cheval-Blanc ou des Adieux est ainsi nommée à cause du cheval en plâtre moulé sur celui de la statue de Marc-Aurèle à Rome, qui y avait été placé et fut détruit en 1626. Elle mesure 152 m de longueur sur 112 de largeur. Quatre pavillons à toits aigus et à deux étages, reliés entre eux par des bâtiments à un seul étage, forment la façade principale. Ces pavillons, à partir du Jeu de paume, qui est à gauche du spectateur, s'appellent pavillon de l'horloge, pavillon des Armes, pavillon des Peintures, et pavillon des Poêles ou des Reines-Mères. Toute cette façade était primitivement en grès ou en brique; sous Charles IX on fit revêtir de pierre et orner de pilastres les pavillons des Peintures et des Poêles. Au centre se développe l'escalier du Fer à cheval, qui manque de proportions avec la petite porte qui le surmonte et qui donne accès dans les appartements du premier étage. A gauche, l'aile des Ministres, qui date de Louis XV, présente un aspect imposant malgré sa simplicité; à droite, l'aile neuve, qui date de Louis-Philippe, est banale et sans caractère. La cour de la Fontaine est moins hétérogène; pilastres, fenêtres, cheminées, lucarnes forment un ensemble harmonieux sur lequel se détache très heureusement la terrasse qui s'étend le long de la galerie de François Ier. Non loin de là , la porte Dorée, dont les voûtes ornées de caissons dorés justifient le nom qu'elle a reçu, est malheureusement défigurée par les lourdes restaurations du peintre Picot sous lesquelles on a peine à reconnaître l'oeuvre primitive du Primatice ou du Rosso. La cour Ovale, si charmante avec sa façade de la galerie Henri Il, et ses deux rangs de vastes arcades superposées, avec le portique situé vis-à -vis et la galerie qui règne au rez-de-chaussée, presque tout autour de cette cour, plaît infiniment, mais exigerait une sérieuse restauration qui, il faut l'espérer, ne se fera pas trop longtemps attendre; elle n'a pas subi de transformations depuis l'époque où a été construit le pavillon des Chasses, à la fin du XVIe siècle, et le lourd et bizarre Baptistère qui en ferme l'entrée du côté méridional, au commencement du XVIIe. Le jardin de Diane, situé entre les bâtiments de la cour des Princes et les pavillons principaux, s'appelle ainsi à cause d'une statue en bronze, fondue par les Keller, de cette déesse chasseresse, élevée au-dessus d'une fontaine ornée de têtes de cerf en bronze, d'où l'eau s'échappe et tombe dans un bassin de marbre blanc. C'est sous Louis XV qu'ont été dénaturées la plupart des constructions qui entourent ce jardin; on détruisit alors la galerie des Chevreuils dont la façade était parallèle à celle de la galerie des Cerfs, et l'orangerie qui reliait ces galeries et fermait le jardin. On apercevait encore, au milieu de ce siècle, dans ce jardin, la trace des fossés du vieux château primitif. Au-dessus de la galerie des Cerfs s'étend et prend jour la galerie de Diane, devenue la bibliothèque du palais dont les principaux conservateurs ont été, au XIXe siècle, Auguste Barbier, Vatout, Champollion-Figeac, Octave Feuillet et J.-J. Weiss. A droite de l'étang des carpes s'étend le jardin anglais, tracé sous le règne de Napoléon ler sur l'emplacement du jardin des Pins, et d'où l'on peut aller visiter ce qui reste de la fameuse grotte des Pins quatre figures colossales de thermes, formées de blocs de grès à peine dégrossis, encadrant au fond d'une cour de service trois arcades maintenant bouchées. A gauche de l'étang a été dessiné le parterre, belle esplanade plantée d'arbres qui encadrent quatre massifs de fleurs et un bassin carré. A l'extrémité se trouve une pièce d'eau en forme de fer à cheval, au centre duquel existe le bassin du Tibre. On a derrière soi le pavillon Sully, devant soi l'allée de Maintenon qui conduit en forêt. Vers l'Est, le parterre se termine par une terrasse dominant le beau canal de 1200 m de long, accompagné de chaque côté de plusieurs rangées d'arbres séculaires, et s'étendant jusqu'au village voisin d'Avon. Le parc est vaste et plein d'ombrageux bosquets; on ne manque pas d'aller y admirer, le long d'une belle muraille exposée en plein midi, la fameuse treille du roi, importée des environs de Cahors sous le règne de François Ier, et qui a produit annuellement jusqu'à 4000 kilogrammes d'excellent chasselas. (H. Stein). |
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