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| Un escalier
est une construction à demeure servant à établir une communication facile
entre deux plans dont l'un est plus élevé que l'autre. Les différents
étages d'un édifice communiquent les uns avec les autres par des escaliers.
L'usage des escaliers remonte à une haute antiquité l'escalier monumental
en pierre ou en marbre était fréquemment employé. On le retrouve dans
les constructions du Mexique précolombien - à Palenque,
Uxmal ou Chichén Itzá, par exemple
-, comme dans celles de l'Égypte ancienne -
L'escalier des Géants, dans la cour du palais des Doges, à Venise Les architectes du Moyen âge
L'escalier extérieur du Vieux Chapitre de la cathédrale de Meaux. Il couvert d'une charpente plate du XVIe s. (© Photos : Serge Jodra, 2010 - 2012). Dans les édifices, les escaliers peuvent
être extérieurs ou intérieurs. Les premiers, très fréquemment employés
dans les constructions du Moyen âge G + 2 H = 0,64 m, et dans laquelle G, est le giron et H la
hauteur. On fait en général G = 0,32 m, ce qui donne 0,16 m pour H. En
tout cas, le giron ne doit jamais avoir moins de 0,25 m et la hauteur plus
de 0,19 m. Dans les escaliers curvilignes, ces dimensions se mesurent sur
la ligne de foulée, ligne idéale placée à 0,50 m ou 0,60 m de la rampe
ou balustrade d'appui, c.-Ã -d. Ã la
distance qui permet à la main de se poser facilement sur cette rampe.
Le second principe, quant aux dimensions, c'est que la hauteur doit être
invariablement la même pour toutes les marches d'un même escalier. On
a fixé de plus, en se basant sur l'expérience, au chiffre maximum de
vingt et un le nombre de marches que l'on ne peut franchir sans fatigue,
et l'on donne le nom de palier à un giron plus étendu qui constitue la
vingt et unième marche et qui forme repos. On appelle rampe ou volée
la suite non interrompue de marches qui va d'un palier à l'autre, et cage
la boîte ou enceinte qui renferme l'escalier. Une trop longue rampe droite,
vue du haut, produit sur certaines personnes une impression de crainte
suffisante pour produire des chutes d'autant plus dangereuses que la rampe
continue est plus longue. La balustrade d'appui sert de garde-fou et s'élève
ordinairement à hauteur de ceinture. Il peut y avoir plusieurs paliers
et, par conséquent, plusieurs volées dans la hauteur d'un même étage.
Cas rampes ou volées sont tantôt droites, tantôt courbes ou en
quartiers tournants.
La disposition des rampes en ligne droite, sur toute leur longueur, est des glus simples, mais non pas la plus satisfaisante : l'espace nécessaire est beaucoup trop long et, dès que la hauteur à franchir est un peu trop considérable, l'escalier paraît étroit par rapport à sa longueur et à la hauteur de la cage qui le renferme. Il vaut mieux adopter un ou deux changements de direction dans le tracé. Quand il n'y en a qu'un, l'escalier se compose de deux rampes parallèles de mêmes dimensions, soit d'une rampe centrale et de deux rampes latérales plus étroites. Au théâtre de Bordeaux, on a appliqué une autre disposition : les deux rampes supérieures se retournent à angle droit sur la première pour aboutir à deux vestibules opposés. La cage de cet escalier embrasse plusieurs étages et est accompagnée d'élégantes galeries. Le même parti avec de plus vastes proportions et une richesse plus grande encore a été adopté par Garnier pour l'Opéra de Paris. Enfin, la fantaisie fait quelquefois choisir d'autres formes pour ces constructions; on peut citer notamment la forme en fer à cheval donnée à certains escaliers extérieurs et dont il existe un bel exemple au palais de Fontainebleau. Dans ce cas, on fait partir à droite et à gauche deux escaliers qui viennent se joindre sur le même palier par les deux côtés opposés. Mais quelle que soit la disposition adoptée pour les rampes d'un escalier d'une certaine importance, il convient de placer un palier de repos à chaque changement de direction et même de couper les rampes par des paliers lorsqu'elles dépassent une certaine longueur. L'éclairage d'un escalier doit être abondant et aussi uniformément distribué que possible. Dans ce but, il faudrait ouvrir des fenêtres sur deux faces opposées, mais cette solution est rarement facile à appliquer; on se borne, en général, à éclairer par une ou deux fenêtres placées à chaque révolution, soit sur le palier, soit sur la face opposée. Souvent aussi le jour est pris uniquement à la partie supérieure de la cage, par une ouverture pratiquée au centre du plafond ou de la voûte qui la recouvre. Cette disposition, admissible pour un escalier n'embrassant que deux étages, est onéreuse; au delà , les rampes inférieures ne sont pas suffisamment éclairées. L'ornementation d'un escalier doit être en rapport avec l'importance même de l'ouvrage et la nature de l'édifice; elle exige néanmoins une certaine sobriété. Les balustrades d'appui offrent un des principaux éléments de la décoration; elles consistaient autrefois en d'énormes balustres supportant une main courante presque aussi forte que le limon. Elles se font souvent en serrurerie plus ou moins légère et présentent une main courante presque constamment en bois travaillé avec soin. Nous passerons rapidement en revue les
diverses sortes d'escaliers au point de vue de la construction. Dans les
plus simples de ces ouvrages en pierre, chaque marche est formée d'une
seule pierre scellée par ses deux extrémités dans deux murs parallèles,
les marches successives se recouvrant les unes les autres d'une certaine
quantité et l'écartement des murs étant réglé sur la largeur prévue
pour l'escalier. Cette dernière dimension peut être considérable. On
multiplie alors, dans les perrons de faible hauteur, par exemple, les murs
qui supportent les marches, de telle sorte que chacune d'elles puisse être
formée de plusieurs morceaux sur sa longueur; ou bien, si l'on veut utiliser
l'espace placé au-dessous de l'escalier, on soutient les marches, comme
nous le montre la figure 1, au moyen d'une voûte
rampante ou berceau, appelée descente et qui est supportée par les deux
murs.
1. Emmarchement porté sur un arc. Ces dispositions adoptées pour les escaliers
droits s'appliquent également à ceux qui sont établis sur plans curvilignes
et que l'on appelle escaliers tournants. Dans ces derniers, les contremarches
ne sont pas parallèles, et les girons ne sont plus de la même largeur
dans toute leur étendue; leur plus grande largeur s'appuie contre la partie
concave. Dans les escaliers à plan circulaire dits escaliers à vis, en
spirale, à limaçon, cette dernière partie peut se réduire à un noyau
plein montant de fond ou formé par les marches mêmes, qui se composent
alors de trois portions : l'une formant le noyau, l'autre l'emmarchement,
la troisième le scellement dans les murs de la cage (figure 2).
2. Plan d'un escalier à cage cylindrique et à noyau plein. Le diamètre de celle-ci peut être assez
grand, et le noyau plein remplacé par un vide; l'escalier prend alors
le nom de vis à jour, et les marches reposent alors les unes sur les autres
à la manière des voussoirs à crossettes
; elles sont maintenues par leur scellement, leur recouvrement, et la pression
qui s'exerce normalement à la coupe inclinée. Quand une voûte
supporte les marches, c'est une voûte annulaire en descente, ou ce qu'on
appelle une vis Saint-Gilles, du nom de l'abbaye
de Saint-Gilles, près de Nîmes, où l'on
prétend que cette forme aurait été employée pour la première fois.
Les escaliers à vis, si fréquents dans les édifices des XIe
et XIIe siècles peuvent s'établir dans
des emplacements restreints et donner accès sur un point quelconque de
leur circonférence. Aussi les utilise-t-on pour les tours, les clochers,
les phares. Dans les constructions où l'espace ne fait pas défaut, notamment
dans les hôtels construits pendant les trois derniers siècles, on voit
très souvent des escaliers en pierre établis sur plan rectangulaire et
composés de trois rampes que séparent deux paliers carrés; les volées
sont soutenues par des voussoirs ou des demi-voûtes appuyées contre le
mur de la cage; les paliers sont supportés par des trompes coniques ou
par des voûtes en arc de cloître.
Ces escaliers présentent plus de hardiesse que les précédents, tout
en conservant un beau caractère monumental. Quelquefois même on obtient
plus de légèreté apparente en supprimant les voûtes et disposant les
marches de telle sorte qu'elles se soutiennent les unes les autres. A cet
effet, chaque marche repose, par une petite surface, sur celle qui précède
et s'y appuie, en outre, par une coupe dirigée normalement à la surface
rampante qui forme le dessous de l'escalier, ainsi que le représente la
figure 3.
3. Marches se soutenant. Ces escaliers s'établissent avec ou sans
limon. Dans le premier cas, deux systèmes de construction sont usités
: tantôt les marches sont exécutées à part du limon, et leurs extrémités
sont reçues dans des entailles pratiquées sur la face intérieure de
cet appendice; tantôt chacune d'elles porte la partie du limon qui lui
correspond. Les escaliers à limon présentent plus de solidité réelle
et apparente que les autres, et ils ont, en outre, l'avantage d'offrir
à la balustrade un appui très convenablement disposé. Le limon est ordinairement
arrondi à son extrémité inférieure et repose sur la seconde marche.
Ces escaliers à rampe droite et paliers de repos produisent un puissant
effet. Très fréquents dans les hôtels des XVIe
et XVIIe siècles, où d'ailleurs ils ne
conduisent ordinairement qu'au premier étage, ils sont devenus d'un emploi
très rare aujourd'hui, à cause de la place qu'ils occupent. On les remplace
généralement par des escaliers droits avec quartiers tournants, c.-à -d.
formés de parties droites réunies par une partie demi-circulaire. Ce
système évite les paliers de repos, qui font perdre de l'espace. Le cas
le plus fréquent est celui où l'escalier ne comprend que deux rampes
droites (figure 4). Les marches, de largeur irrégulière, qui occupent
la partie courbe; sont dites marches tournantes. On ne trace pas leurs
arêtes perpendiculaires à la ligne de foulée, pour éviter le changement
brusque d'inclinaison que l'on éprouverait en passant de la partie droite
à la partie circulaire, dès qu'on se rapprocherait du mur ou de la rampe,
au lieu de se tenir au milieu de la longueur des marches. On obvie à cet
inconvénient en répartissant la diminution progressive des marches, non
seulement sur la partie demi-circulaire, mais encore sur une portion voisine
des rampes droites; cette répartition se nomme balancement.
D'autres systèmes d'escaliers en bois
ont été appliqués : nous citerons les escaliers circulaires sur poteaux
plus ou moins multipliés; les escaliers doubles dans des cages circulaires;
les escaliers suspendus dont la largeur diminue du bas en haut, pour faciliter
l'accès d'un éclairage unique venant par le haut; les escaliers isolés,
tels que les escaliers à limaçon ou à vis, fréquemment employés dans
les magasins et qui sont à noyau plein ou évidé; enfin les escaliers
à répétition, dont la largeur est divisée en deux rampes, l'arête
de chaque marche d'une rampe correspondant au milieu de la hauteur de chaque
marche de l'autre rampe, de telle sorte qu'il y a une rampe pour chaque
pied. On substitue fréquemment au limon en bois un limon en crémaillère
exécuté en fer forgé, ce qui permet de donner plus de légèreté apparente
et en même temps plus de solidité à la construction. On en fait même
dans lesquels les marches seules sont en bois, les contremarches et le
limon étant métalliques (figure 5).
5. Marches en bois; limon et contremarches en tôle. Dans ce système, les contremarches ne jouent plus seulement, comme dans les escaliers en bois, le rôle de remplissages; scellées dans le mur, elles fonctionnent comme des bras de levier ayant en longueur la largeur de l'escalier. A chaque palier le limon reporte une partie de la charge sur un filet en fer qui double la marche palière. Dans ces escaliers, les marches, au lieu d'être en bois, peuvent être en pierre ou en marbre. Ce dernier système devrait être imposé dans un grand nombre de constructions, notamment dans les théâtres, où le danger d'incendie se joint à celui de l'encombrement. Dans les escaliers en fer et fonte, la fonte et le fer laminé sont seuls employés; les uns sont suspendus et disposés comme les escaliers en pierre sans limons. Les marches scellées à l'une de leurs extrémités et se soutenant réciproquement sont creuses; la face supérieure en est striée; elles sont reliées entre elles par des vis et des boulons. Les autres sont formés de marches et de contremarches en tôle; ou bien ils peuvent être formés de marches et de contremarches fondues d'une seule pièce et comprises entre deux limons en fer laminé. La marche repose à chacune de ses extrémités sur une cornière fixée au limon par des vis, et elle y est boulonnée. La contremarche supérieure s'appuie sur elle et est également maintenue par des boulons. Les escaliers ainsi établis se prêtent à toutes les formes et peuvent être isolés ou adossés à ce mur. Dans ce dernier cas, les boulons de scellement assujettissent le limon extérieur, à la maçonnerie. Une disposition très nouvelle et appliquée aux espaces restreints est la suivante : l'escalier est circulaire avec noyau montant de fond; chaque marche est fondue avec sa contremarche et la partie du noyau qui répond à sa hauteur. Ce dernier est creux et ses tronçons s'emboîtant successivement les uns dans les autres. Enfin, certains escaliers en fonte sont disposés en forme d'échelle de meunier. Leurs marches sont comprises entre deux limons et chacune porte avec elle les parties de ces limons qui s'élèvent jusqu'à la marche immédiatement supérieure. Les balustrades, pour économiser la place, se posent sur la face antérieure et non sur le côté des limons, comme dans les escaliers précédents. (L. Knab). |
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