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L'asthénosphère
est une couche ductile du manteau terrestre supérieur,
située directement sous la lithosphère
rigide. Sa découverte et son étude ont révolutionné la compréhension
de la tectonique des plaques, car
c'est sur cette zone de faible résistance mécanique que les plaques lithosphériques
se déplacent.
Sous les océans,
son toit se trouve généralement entre 80 et 100 kilomètres de profondeur,
tandis que sous les continents, il peut être
beaucoup plus profond, et atteindre parfois 200 kilomètres. Sa limite
inférieure, marquée par une augmentation progressive de la viscosité,
se situe vers 400 à 700 kilomètres de profondeur, où elle fait transition
vers le manteau mésosphérique plus rigide. L'épaisseur de l'asthénosphère
est donc variable, mais on l'estime souvent autour de 200 à 300 kilomètres.
La propriété fondamentale qui définit
l'asthénosphère est sa ductilité. Il ne s'agit pas d'une couche liquide,
contrairement au noyau externe, mais d'un solide
qui se comporte comme un fluide très visqueux à l'échelle des temps
géologiques. Cette faible résistance à la déformation est à l'origine
de son nom, qui vient du grec asthénès = "sans résistance". Cette
propriété est intimement liée à ses conditions physiques. La température
y est élevée, comprise entre environ 1300 et 1600 °C. Ces températures
sont très proches, mais juste en dessous, du point de fusion des roches
qui la composent, principalement des péridotites. On parle d'un état
de fusion partielle. Seule une infime fraction du matériau, de l'ordre
de 1 Ã 5 %, est effectivement liquide. Ce mince film de magma
interstitiel lubrifie les joints de grains des cristaux solides, ce qui
diminue drastiquement la viscosité globale de la roche et lui permet de
fluer lentement, un peu comme un glacier.
L'asthénosphère est le siège de mouvements
de convection mantellique à grande échelle. La chaleur
interne de la Terre, provenant en grande partie de la désintégration
des éléments radioactifs et de la chaleur
primordiale, provoque une lente circulation du manteau. La matière chaude
et moins dense remonte depuis les profondeurs, tandis que la matière plus
froide et plus dense, notamment au niveau des zones de subduction, redescend.
C'est ce mouvement de convection qui est le
moteur principal de la tectonique des
plaques. La lithosphère rigide est entraînée par le fluage de l'asthénosphère
sous-jacente, comme un tapis roulant.
La transition entre la lithosphère et
l'asthénosphère est une zone sismique majeure. Elle est le plus souvent
marquée par la zone de faible vélocité (LVZ, pour Low Velocity Zone).
Dans cette zone, la vitesse des ondes
sismiques, en particulier des ondes de cisaillement (ondes S), diminue
de quelques pourcents. Cette chute de vitesse est la signature géophysique
directe de l'approche du point de fusion et de la présence de ce faible
pourcentage de liquide, car les ondes se propagent
moins vite dans un milieu partiellement fondu. C'est l'analyse fine de
la propagation de ces ondes sismiques qui a permis de cartographier avec
précision l'épaisseur de la lithosphère et la topographie de l'asthénosphère.
Le rôle de l'asthénosphère dépasse
le simple couplage mécanique. Elle joue un rôle essentiel dans l'équilibre
isostatique de la lithosphère. Selon le principe
d'Archimède, la lithosphère rigide et plus légère flotte sur l'asthénosphère
plus dense. Une surcharge en surface, comme l'accumulation d'une calotte
glaciaire, provoque un enfoncement lent de la lithosphère dans l'asthénosphère,
tandis que la fonte de cette glace entraîne un rebond post-glaciaire lent,
par fluage du matériau asthénosphérique pour combler le vide. L'étude
de la vitesse de ce rebond est d'ailleurs l'une des méthodes
permettant d'estimer la viscosité de l'asthénosphère. |
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