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Madagascar
République de Madagascar

20 00 S, 47 00 E
L'Ă®le de Madagascar est un Etat de l'OcĂ©an Indien, situĂ© presque entièrement dans la zone intertropicale, et au voisinage de la cĂ´te orientale du continent africain auquel la rattachent les gĂ©ographes. En rĂ©alitĂ©, Madagascar, par la nature de son sol, par sa flore et par sa faune, constitue un petit continent Ă  part. Sa plus grande longueur, du Nord-Est au Sud-Ouest, est de 1515 kilomètres, et sa largeur moyenne de l'Est Ă  l'Ouest de 470 kilomètres; superficie : 587,040 km². Madagascar est une rĂ©publique, divisĂ©e administrativement en  6 provinces (faritany) : Antananarivo, Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Toamasina et Toliara. La capitale est Antananarivo (Tananarive). Autres grandes villes : Antsiranana (ex. Diego Suarez), Mahajanga (Majunga), Manakara, Toamasina (Tamatave), Toliara (TuĂ©ar). Popupulation totale : 20,6 millions d'habitants (2009).
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Carte de Madagascar.
Carte de Madagascar. Source : The World Factbook.

Géographie physique de Madagascar

Les cĂ´tes.
L'Ă®le de Madagascar est sĂ©parĂ©e de l'Afrique par le canal de Mozambique dont la largeur moyenne est approximativement de 390 kilomètres. Comme elle est beaucoup plus Ă©tendue du Nord-Est au Sud-Ouest que de l'Ouest Ă  l'Est, on a comparĂ© sa forme Ă  celle d'un poisson dont la tĂŞte serait tournĂ©e vers le Nord et qui aurait l'extrĂ©mitĂ© postĂ©rieure du corps arrondie. Sauf dans sa partie Nord oĂą elle prĂ©sente une presqu'Ă®le très prononcĂ©e limitĂ©e au Sud par la baie d'Antongil (Helodrano Antogila), la cĂ´te orientale de Madagascar est presque rectiligne. Elle commence au Nord au cap d'Ambre et finit au Sud Ă  Faradofay (Fort-Dauphin). Sa partie septentrionale, formant environ le tiers de sa longueur, offre aux navigateurs de belles rades, de nombreux mouillages et quantitĂ© de ports. On y trouve notamment, en allant du Sud au Nord le cap d'Ambre, la baie d'Antsiranana (baie Diego-Suarez), Vohimarina (VohĂ©mar), le cap Masoala, la baie d'Antongil, Tintinque en face de Nosy Boraha (l'Ă®le Sainte-Marie), Fenoarivo Antsinanana (FĂ©nĂ©rive), Foulpointe, Toamasina (Tamatave). A partir de cette dernière localitĂ©, la cĂ´te orientale, jusqu'Ă  son extrĂ©mitĂ© Sud, n'offre plus aucun abri sĂ»r aux grands navires. 

La côte Sud de l'île n'a pas d'autres accidents géographiques que le cap Vohiména (cap Sainte-Marie) et le cap Barrow.

La côte occidentale, beaucoup plus sinueuse que le littoral de I'Est, présente, en allant du Sud au Nord : la baie Saint-Augustin, le port de Toliara, le cap Saint-Vincent, une large baie peu profonde qui reçoit l'un des grands fleuves de l'île, le Tsiribihina, et beaucoup plus au Nord le cap Saint-André. Au delà de ce dernier point, et jusqu'au cap d'Ambre, extrémité septentrionale de Madagascar, les baies se multiplient; les principales d'entre elles sont : la baie de Bombetoka, la baie Mahajamba (Helodranon'i Mahajamba), la baie de Narinda, la baie d'Ampasindava (baie de Passandava) dont l'entrée est défendue par Nosy Be (l'île de Nossi-Bé). Tout à fait au Nord de l'île, on rencontre le cap Saint-Sébastien, et la baie du Courrier entre ce dernier et le cap d'Ambre.

Le relief du sol.
L'Ă®le de Madagascar est très montagneuse dans son ensemble. Tout le long de la cĂ´te orientale, depuis Vohimarina jusqu'Ă  Faradofay, court une première chaĂ®ne de montagnes, haute de 800 Ă  900 mètres, et qui a plus de 1200 km d'Ă©tendue. Parallèlement Ă  celle-ci, et sĂ©parĂ©e par des gorges profondes ou par des plateaux, on voit s'Ă©tager une seconde chaĂ®ne granitique de 400 Ă  500 mètres plus Ă©levĂ©e que la chaĂ®ne cĂ´tière et qui forme l'arĂŞte culminante de l'Ă®le.; le point le plus Ă©levĂ© se trouvant au Pic Maromokotro (2876 m), dans le massif du Tsaratanana, au Nord de l'Ă®le.  Cette chaĂ®ne n'est pas dans l'axe de Madagascar, comme le supposaient les anciens gĂ©ographes : elle est beaucoup plus rapprochĂ©e de la cĂ´te orientale que de la cĂ´te occidentale. Après qu'on l'a franchie, on trouve sur son versant Ouest un plateau large d'environ 120 km tourmentĂ© et dĂ©chirĂ© par des gorges et des vallĂ©es profondes, et qui est le plateau central de l'Ă®le. Il s'abaisse brusquement et par une pente très rapide dans la direction de l'Ouest jusqu'Ă  une plaine sablonneuse et coupĂ©e de ravins qui borde le littoral du canal de Mozambique. Cette plaine, dont le niveau est environ Ă  l'altitude de 200 mètres, est bornĂ©e Ă  l'Est par une première sĂ©rie de hauteurs qui forment le premier gradin de la pente du plateau. Un peu plus haut, en avancant vers l'intĂ©rieur, il existe une seconde chaĂ®ne plus accentuĂ©e, mais très Ă©troite et remarquablement rectiligne : c'est le Bemaraha qui s'Ă©tend du Nord au Sud depuis le cap Saint-AndrĂ© jusqu'au delĂ  du fleuve Onilahy ou Saint-Augustin. Vers son extrĂ©mitĂ© Sud, le Bemaraha se joint Ă  deux chaĂ®nes secondaires et intĂ©rieures du plateau.
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carte de Madagascar.
Madagascar vue depuis l'espace.
Relief, fleuves et milieux naturels de Madagascar. Image : Natural Earth.
L'île de Madagascar vue de l'espace.
Image : Nasa World Wind / Blue Marble.

L'hydrographie.
De la disposition des montagnes dans le sens de la plus grande longueur de Madagascar, il rĂ©sulte que l'arĂŞte principale partage tout le pays en deux versants : l'un oriental, beaucoup plus Ă©troit, tributaire de l'OcĂ©an Indien; l'autre occidental, cinq ou six fois plus large, qui porte ses eaux au canal de Mozambique. 

Le versant oriental est sillonné transversalement de nombreuses rivières torrentueuses dont l'embouchure est généralement obstruée par deux causes météorologiques. En premier lieu, la mousson du Sud-Est, venant de l'Océan Indien, amoncelle le long du littoral des cordons de sable; en second lieu, les pluies diluviennes qui tombent dans le pays pendant l'hivernage ("saison des pluies") grossissent considérablement les cours d'eau et, charriant des terres ainsi qu'une foule de débris organiques arrachés aux rives, déposent, sur le talus des sables, des alluvions qui se changent peu à peu en deltas marécageux. Le versant oriental de Madagascar n'a qu'un petit nombre de cours d'eau méritant d'être cités. Les plus importants sont le Maningory, qui débouche dans la mer au Sud de Nosy Boraha ( l'île Sainte Marie); le Mangoro, qui, après avoir coulé du Nord au Sud au pied de la grande chaîne, tourne brusquement vers l'Est avant de se jeter dans l'océan; le Mananjara et le Mananara, qui ont leur embouchure plus au Sud. Ajoutons à cela le canal des Pangalanes, creusé parallèlement à la côte orientale et qui relie Foulpointe à Farafangana.

En raison de sa largeur, qui est de 3 à 4 degrés, le versant occidental de l'île possède des fleuves plus importants. Les principaux d'entre eux sont, en allant du Sud au Nord : l'Onilahy qui tombe dans la baie de Saint-Augustin; le Mangoky (Mangoka); le Tsiribihina (Tsijobonina), formé par la réunion du Mahajilo et du Mania; le Manambolo; le Manambaho; le Mahavavy (Marambitsy) qui se jette dans la baie Cajembi; l'Ikopa, le fleuve le plus considérable de l'île, qui sur sa rive droite se grossit d'une rivière importante, le Betsiboka, et finit dans la baie Bombétok : enfin le Sofia, versant ses eaux dans une lagune qui débouche dans la baie Mahajamba. La plupart de ces cours d'eau de Madagascar, coupés de rapides, ou ayant leur lit obstrué de roches transportées par les grandes eaux, ne sont pas navigables.
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Il existe dans l'étendue de Madagascar un certain nombre de lacs, mais ils sont tous de faible dimension. Les seuls qui méritent d'être mentionnés sont : le lac Alaotra à l'Ouest de Fenoarivo; le lac Itasy, dans le plateau et à peu près au centre de l'île; le lac Kinkony au Nord-Est du cap Saint-André. Sur la côte Sud-Ouest de Madagascar sont les deux lagunes salées d'Otry (Ihotry) et de Tsimanampetsotsy, cette dernière très longue, mais fort étroite. Ces lagunes, découvertes par Grandidier, sont les restes d'anciens estuaires. En outre, la côte orientale de l'île, dans toute sa partie Sud et sur une étendue de plus de 500 kilomètres, est bordée d'un nombre immenses de longues et étroites lagunes séparées de la mer par des bourrelets de sable.

Le climat.
Comme tous les autres pays situés dans la zone tropicale, Madagascar ne possède que deux saisons : la saison sèche, qui règne depuis le mois de mai jusque vers le milieu d'octobre, et la saison pluvieuse ou hivernage, qui commence en novembre pour finir à la fin d'avril. La première de ces saisons est naturellement la plus froide; mais néanmoins, sur les côtes, la température ne s'abaisse jamais pendant cette période au-dessous de 10°C. Elle est naturellement moindre dans les parties montagneuses et est, par exemple, d'environ 6 °C à Antananarivo. La saison des pluies est en même temps celle des plus grandes chaleurs, et, au voisinage de la mer, on voit souvent le thermomètre monter à + 34 °C ou + 35 °C. Madagascar est entièrement sous l'influence des vents alizés : la mousson du Nord-Est y règne de novembre à avril, et, celle du Sud-Est le reste de l'année. On compte, parmi les fléaux les plus redoutables du pays, les brises de terre qui exercent de grands ravages sur la côte Nord-Ouest de l'île pendant la saison sèche.

Biogéographie de Madagascar

La flore.
Madagascar possède une flore si variĂ©e qu'on l'a surnommĂ© le paradis des botanistes. Il ne faut cependant pas s'imaginer que l'Ă®le soit universellement parĂ©e d'une vĂ©gĂ©tation luxuriante. Celle-ci ne se dĂ©veloppe guère que sur les cĂ´tes, bordĂ©es d'une zone de forĂŞts qui fait le tour entier de l'Ă®le; mais, dans l'intĂ©rieur, il y a de vastes espaces tels que les massifs montagneux et les plaines secondaires qui sont Ă  peu près dĂ©nudĂ©s et stĂ©riles. Ce n'est que dans les gorges, dans les vallĂ©es et dans les endroits marĂ©cageux que la terre se revĂŞt d'an splendide manteau de verdure. Les Cryptogames, sont reprĂ©sentĂ©es Ă  Madagascar par de belles et nombreuses espèces de fougères, et, les OrchidĂ©es intertropicales y pullulent. Parmi les grands arbres, nous citerons : le baobab et le ravenal ou arbre des voyageurs. 

Les bois de construction abondent Ă  Madagascar : on y trouve le bois de matte, sorte d'acajou rouge et très dur; le bois de teck, le chrysopia, dans le tronc Ă©lancĂ© duquel les Malgaches se creusent des pirogues. Les essences propres Ă  l'Ă©bĂ©nisterie sont aussi très communes Ă  Madagascar qui produit l'Ă©bène, le palissandre, le bois de rose, le bois d'andromène, le bois rubanĂ©. L'Ă®le renferme une grande variĂ©tĂ© de conifères dont une espèce donne l'Ă©lĂ©mi. On recueille aussi dans l'Ă®le plusieurs gommes, notamment la gomme du takamaka, avec laquelle on fabrique un vernis jaune paille, et celle de l'aronga, qui sert Ă  faire un beau vernis rose. Le riz, dont il existe une douzaine de variĂ©tĂ©s, est la culture principale des habitants et la base de leur alimentation. On l'ensemence dans toutes les parties inondĂ©es ou suffisamment arrosĂ©es du territoire. Les autres vĂ©gĂ©taux alimentaires sont les bananes, la patate, plusieurs espèces d'ignames, le maĂŻs, le manioc, la pomme de terre introduite par les EuropĂ©ens; le millet, les haricots, les diffĂ©rentes cucurbitacĂ©es de l'Europe ou de l'Afrique, et les lĂ©gumes communs, tels que choux, oignons, etc. Les pĂŞchers, les orangers, les citronniers rĂ©ussissent très bien Ă  Madagascar. L'indigotier croĂ®t spontanĂ©ment dans l'Ă®le; le cotonnier ainsi que le chanvre y sont assez rĂ©pandus. On y rĂ©colte les fruits de l'arachide et un grand nombre de graines olĂ©agineuses. Toutes les Ă©pices de la Malaisie prospèrent sur le continent malgache, qui est naturellement riche en plantes tinctoriales. On a introduit le froment, l'avoine et l'orge. Depuis environ trois siècles, le cocotier s'est propagĂ© spontanĂ©ment dans l'Ă®le. L'introduction de l'arbre Ă  pain est de date plus rĂ©cente. 

La faune.
Quoique très voisine de l'Afrique et malgré sa faible étendue relative, l'île de Madagascar doit être considérée, au point de vue de sa population animale, comme un monde à part, un véritable continent. Une foule d'espèces ne se rencontrent que là; d'autres, mais en petit nombre, appartiennent à la fois à cette île et à l'Afrique australe; d'autres enfin, assez nombreuses, sont communes à Madagascar, à l'Insulinde et à l'Asie méridionale.

Un fait qui a lieu de surprendre, c'est le petit nombre d'espèces de poissons qui peuplent les eaux douces de l'île; d'après les récits des voyageurs, il n'y en aurait pas plus d'une dizaine. La classe des reptiles est assez richement représentée à Madagascar : les tortues marines pullulent sur les côtes; plusieurs sortes d'émydes habitent les eaux douces et certaines d'entre elles sont particulières au pays; deux espèces de crocodiles peuplent les rivières, les lagunes et les lacs; plusieurs genres de caméléons sont communs partout; enfin, deux genres de batraciens, le polypédate et le pyxicéphale, sont propres à Madagascar. Ce petit continent est habité par environ 250 espèces d'oiseaux dont plus de la moitié sont inconnues dans le reste de la Terre. Les autres espèces sont identiques à celles de l'Afrique ou de l'Insulinde; mais le nombre des oiseaux répandus à la fois à Madagascar et dans la Malaisie est plus considérable que celui des espèces africaines. Parmi les oiseaux uniquement cantonnés à Madagascar, nous nous bornerons à mentionner deux phaétons, la foulque crêtée, le jacana à nuque blanche, le mésite, oiseau de l'ordre des Gallinacés, deux pigeons dont l'un est appelé maïtsou et l'autre founingo par les indigènes; la tourterelle peinte, commune à l'île et à l'Insulinde; deux espèces de martins-pêcheurs, cinq Perroquets, etc.

Madagascar ne possède ni Pachydermes, ni Ruminants de grande taille, Ă  l'exception de ceux qui y ont Ă©tĂ© introduits. Mais ce qui donne Ă  sa faune mammalogique un caractère spĂ©cial, ce qui la diffĂ©rencie de celles de tous les autres continents, c'est la multitude de LĂ©muriens  dont elle est composĂ©e. Parmi ces animaux, quantitĂ© d'espèces ne vivent qu'Ă  Madagascar; un petit nombre seulement sont communes Ă  ce pays et Ă  l'Insulinde

Les plus remarquables appartiennent au genre Maki et au genre Indri. Les premiers sont de jolis petits animaux nocturnes et grimpeurs atteignant tout au plus la taille d'un chat. Les espèces les plus abondantes : sont le Maki commun (Lemur varius); le Catta (Lemur catta); le Maki pu Microcèbe pygmée (Microcebus myoxinus), qui ressemble au muscardin; le Maki gris (Hapalemur griseus). Il existe aussi à Madagascar plusieurs espèces de Makis à tête de chat ou Chirogales, parmi lesquels on remarque le Maki à fourche (Chirogaleus furcifer) ou Walouvi.

La famille des Indris ne le cède pas en importance à celle des Makis; c'est même elle qui renferme les géants de l'ordre des Prosimiens : elle est principalement représentée dans l'île par l'Indri commun (I. babacoto), qui atteint un mètre de haut lorsqu'il se dresse sur ses pattes de derrière, et que les habitants du pays appellent Babacoto. Un autre genre qui se trouve également à Madagascar est l'Aye-aye (Chiromys ou Daubentonia Madagascariensis), qui est de la taille d'un chat et ressemble superficiellement à un écureuil.

Madagascar nourrit en outre des Galagos comme l'Afrique, et des Tarsiers comme l'Insulinde, qui, les uns et les autres sont des Primates (les premiers Ă©tant des LĂ©muriens au sens large). 

Madagascar est aussi peuplé de curieux insectivores analogues aux hérissons européens et parmi lesquels on distingue les Tanrecs, qui ont 40 dents, et les tendracs ou éricules, qui en ont 36. Pas de grands carnivores dans l'île; mais elle possède une espèce particulière de chat, le chat de Madagascar, plusieurs espèces de mangoustes, et une espèce de mangue, le crossarchus. Il existe dans l'île dittérents Chiroptères, parmi lesquels ou peut citer deux roussettes de grande taille : le Pteropus rubricollis, qui se rencontre aussi dans l'Afrique australe, et le Pteropus Edwardsii, dont l'aire d'habitation s'étend en Asie jusque dans l'Assam.

La faune entomologique est riche en colĂ©optères et en lĂ©pidoptères comprenant de nombreuses espèces qui ne se rencontrent pas dans le reste du monde. On connaĂ®t plusieurs milliers d'espèces de colĂ©optères de Madagascar, et l'on peut collectionner dans ce pays des papillons de la plus grande beautĂ©, entre autres l'Urania riphaeus, dont les ailes Ă©tendues ne mesurent pas moins de 10 centimètres, et le Papilio antenor. 

L'animal domestique le plus rĂ©pandu est un boeuf Ă  bosse,  très analogue au zĂ©bu, introduit par des colons qui sont venus s'Ă©tablir Ă  Madagascar. Il en existe de grands troupeaux qui paissent dans les hauts plateaux du Nord et de l'Ouest. On Ă©lève aussi dans l'Ă®le des moutons Ă  grosse queue fort semblables Ă  des chèvres par la nature de leur toison qui est plutĂ´t formĂ©e de poils que de laine. Ces Moutons ont Ă©tĂ©, comme les boeufs, importĂ©s Ă  Madagascar. Il n'y a dans l'Ă®le qu'un petit nombre de Chevaux; mais les poules y pullulent. Les abeilles y sont aussi fort nombreuses et fournissent un miel vert très estimĂ©. Les vĂ©gĂ©taux du pays nourrissent plusieurs espèces de vers Ă  soie, et l'une d'elles tisse des cocons dont la bourre sert Ă  fabriquer un manteau de cĂ©rĂ©monie traditionnel appelĂ© lamba.

Paléontologie.
Les fossiles les plus intéressants découverts à Madagascar sont un hippopotame de potite taille (Hippopotamus Lemerleii) et l'Epiornis, oiseau gigantesque qui avait plus de 2 mètres de hauteur. On n'en a pas trouvé de squelette complet, mais on en a recueilli quelques vertèbres, une patte et des coquilles d'oeufs. Ces oeufs correspondaient en volume à 6 oeufs d'autruche et à 148 oeufs de poule, Leur capacité dépassait 8 litres. On croit que l'épiornis ne s'est éteint à Madagascar qu'à une époque relativement récente. Cet oiseau colossal devait avoir beaucoup de rapports avec le Dinornis et les Aptérix de la Nouvelle-Zélande. (DMC).

Zones protégées.
La grande majorité de sa flore et de sa faune de Madagascar est endémique, c'est-à-dire qu'elle ne se trouve nulle part ailleurs sur Terre. Pour préserver ce patrimoine naturel unique, le pays a mis en place un vaste réseau de zones protégées comprenant des parcs nationaux, des réserves naturelles et d'autres statuts de protection, représentant un pilier essentiel de sa stratégie de conservation.

Historiquement, le système de zones protégées de Madagascar a été structuré autour de quelques catégories principales. Les Réserves naturelles intégrales (ou strictes) constituent le niveau de protection le plus élevé. Leur accès est strictement réglementé et généralement limité à la recherche scientifique autorisée. Elles visent à préserver des écosystèmes dans leur état le plus sauvage possible, sans intervention humaine significative. Un exemple notable est la Réserve naturelle intégrale de Tsaratanana, qui abrite le point culminant de l'île.

• La RĂ©serve naturelle intĂ©grale de Tsaratanana, Ă©tablie en 1927, est situĂ©e dans le nord de Madagascar, au coeur du massif du mĂŞme nom. Elle couvre une vaste zone montagneuse caractĂ©risĂ©e par des sommets Ă©levĂ©s et des vallĂ©es profondes, dominĂ©e par le Maromokotro, qui culmine Ă  2876 mètres et reprĂ©sente le point culminant de la Grande ĂŽle. Cette altitude confère Ă  la rĂ©serve un climat particulier, froid et très humide sur les hauteurs, abritant des Ă©cosystèmes de forĂŞt dense d'altitude, de vĂ©gĂ©tation Ă©ricoĂŻde et de landes sommitales, souvent enveloppĂ©s par les nuages. La rĂ©serve  joue un rĂ´le important comme château d'eau naturel pour la rĂ©gion, en donnant naissance Ă  plusieurs des plus grands fleuves de Madagascar, tels que le Sambirano, le Betsiboka et la Sofia. En raison de son statut de "RĂ©serve naturelle intĂ©grale", l'accès y est extrĂŞmement restreint et strictement contrĂ´lĂ©, rĂ©servĂ© principalement aux chercheurs munis d'autorisations spĂ©cifiques. Il s'agit d'une zone de protection maximale, qui vise Ă  prĂ©server dans son Ă©tat le plus pur des Ă©cosystèmes parmi les moins explorĂ©s du monde et potentiellement les plus riches en espèces endĂ©miques de haute altitude. Sa biodiversitĂ©, bien que difficile Ă  Ă©tudier en raison du terrain accidentĂ© et de l'isolement, est considĂ©rĂ©e comme exceptionnelle. Elle abrite des espèces adaptĂ©es aux conditions montagnardes humides. Le manque d'accès public et la raretĂ© des Ă©tudes scientifiques font de Tsaratanana l'une des zones les plus mystĂ©rieuses et les plus intactes de Madagascar.
Viennent ensuite les Parcs Nationaux. Ces zones protĂ©gĂ©es ont une double vocation : la conservation des Ă©cosystèmes et des espèces, tout en permettant un accès contrĂ´lĂ© pour le tourisme, l'Ă©ducation et la recherche scientifique. Ils couvrent gĂ©nĂ©ralement de vastes territoires reprĂ©sentatifs des diffĂ©rents biomes malgaches, qui vont des forĂŞts tropicales humides aux massifs rocheux, en passant par les forĂŞts sèches et les Ă©cosystèmes marins. Parmi  ces parcs, on trouve le Parc national de Ranomafana, connu pour sa forĂŞt pluviale et ses lĂ©muriens rares, le Parc National de l'Isalo avec ses paysages spectaculaires de canyons et de formations rocheuses, le Parc national des Tsingy de Bemaraha, site classĂ© au patrimoine mondial de l'Unesco pour ses formations karstiques uniques, ou encore le Parc national d'Andasibe-Mantadia, foyer de l'indri, le plus grand des lĂ©muriens.
• Le Parc National de Ranomafana, créé en 1991 et inscrit depuis 2007 au Patrimoine mondial de l'Unesco au sein des Forêts humides de l'Atsinanana, se situe dans le sud-est de Madagascar, une région caractérisée par un relief très accidenté et couvert d'une dense forêt tropicale humide. S'étendant sur environ 41 600 hectares, le parc est traversé par la rivière Namorona et ses nombreux affluents, qui forment cascades et rapides au milieu d'une végétation luxuriante. L'altitude varie approximativement entre 800 et 1200 mètres. Le climat est typiquement tropical humide, avec des précipitations abondantes réparties sur l'année et des températures douces à chaudes. Ranomafana est mondialement reconnu pour son extraordinaire biodiversité, particulièrement riche en lémuriens, dont le Hapalemur doré (Hapalemur aureus), découvert en 1986 peu avant la création du parc, le grand Hapalemur (Prolemur simus), ou encore le Sifaka de Milne-Edwards (Propithecus edwardsi). Le parc abrite également une grande diversité d'oiseaux, de reptiles (caméléons, geckos), d'amphibiens (une multitude d'espèces de grenouilles endémiques) et d'insectes. La flore est également remarquable. Elle comprend de nombreuses espèces d'arbres, de fougères, d'orchidées et de plantes médicinales. Le Parc National de Ranomafana est un site majeur pour la recherche scientifique, notamment grâce à la présence du Centre ValBio, un centre de recherche de renommée internationale affilié à l'Université Stony Brook (USA). Contrairement à Tsaratanana, Ranomafana est ouvert au public et constitue une destination écotouristique très populaire, avec des sentiers de randonnée bien aménagés, des guides locaux formés et des opportunités uniques d'observation de la faune et de la flore dans leur milieu naturel.

• Le Parc National de l'Isalo a été créé en 1962. Situé dans le sud-ouest de l'île, à proximité de la ville de Ranohira et le long de la célèbre Route Nationale 7, Isalo offre un spectacle géologique unique, très différent des forêts humides de l'est ou des hauts sommets du nord. Le parc s'étend sur un vaste massif de grès ruiniforme, sculpté par l'érosion de l'eau et du vent au fil des millions d'années. Ce travail d'érosion a créé un paysage spectaculaire de canyons profonds, de plateaux tabulaires découpés, de pitons rocheux aux formes étranges (comme la fameuse "Fenêtre de l'Isalo") et de vastes savanes herbeuses parsemées d'arbustes et de palmiers. L'altitude varie entre 500 et 1200 mètres. Le climat est de type tropical sec ou subaride, caractérisé par des températures élevées en journée, fraîches la nuit, et une saison sèche très marquée. La végétation est adaptée à ces conditions arides, et comprend notamment des forêts de tapia (Uapaca bojeri), essentielles pour le cycle de vie du ver à soie sauvage malgache, des plantes succulentes comme les aloès et les pachypodiums, et une végétation de prairie. La faune d'Isalo est moins diversifiée que celle de Ranomafana en termes de densité d'espèces, mais elle est adaptée à cet environnement sec. On y observe notamment des lémuriens comme le Lémur catta (lémur à queue annelée), le Sifaka de Verreaux (Propithecus verreauxi) et le Lémur roux (Eulemur rufifrons), ainsi que divers reptiles, oiseaux et insectes. Le parc abrite également des sites d'importance culturelle pour l'ethnie Bara, qui utilise certaines grottes comme lieux de sépulture traditionnels. Les piscines naturelles, formées par l'eau s'écoulant le long des canyons, offrent des oasis de fraîcheur très appréciées. Accessible et doté d'infrastructures d'accueil pour les visiteurs, le Parc National de l'Isalo est une destination touristique majeure à Madagascar, qui propose des randonnées variées à travers ses paysages lunaires et spectaculaires.

• Le Parc national des Tsingy de Bemaraha, situé dans l'ouest de Madagascar, dans la région Melaky, est un site d'une extraordinaire singularité géologique et biologique, classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1990. Établi comme parc national en 1997, il s'étend sur une vaste superficie et est célèbre pour ses formations karstiques, appelées tsingy. Ces pinacles calcaires acérés, sculptés par l'érosion sur des millions d'années, créent un paysage spectaculaire et impénétrable, fet orment des labyrinthes naturels, des canyons profonds et des gorges vertigineuses, notamment le long de la rivière Manambolo qui traverse la partie sud du parc. Le parc se divise en fait en plusieurs zones, dont le Grand Tsingy (le plus impressionnant) et le Petit Tsingy (plus accessible). Cet environnement extrême a donné naissance à des écosystèmes très spécifiques et à une biodiversité adaptée, avec un taux d'endémisme élevé. On y trouve une flore remarquable, capable de s'accrocher à la roche nue, ainsi qu'une faune diversifiée qui comprend plusieurs espèces de lémuriens (comme le Sifaka de Decken, reconnaissable à sa fourrure blanche), diverses espèces d'oiseaux, de reptiles (dont des caméléons et des geckos) et d'amphibiens. L'accès au parc se fait principalement depuis la petite ville de Bekopaka et l'exploration des Tsingy se fait via des parcours aménagés, nécessitant souvent l'utilisation de cordes, d'échelles et de ponts suspendus, et offrant des vues à couper le souffle sur ces cathédrales de roche. La rivière Manambolo permet également des excursions en pirogue pour explorer les gorges et les grottes. La visite demande une bonne condition physique et est fortement saisonnière (sèche saison, généralement de mai à octobre) en raison de la praticabilité des routes d'accès.

• Le Parc national d'Andasibe-Mantadia se trouve dans l'est de Madagascar, dans la région d'Alaotra Mangoro, à environ trois heures de route d'Antananarivo par la RN2. Ce parc, créé en 1989 pour sa partie Mantadia et en 1990 pour Analamazaotra (anciennement la réserve de Périnet), protège une importante portion de forêt tropicale humide de moyenne altitude. Il se compose de deux zones principales : le Parc d'Analamazaotra, plus petit, plus visité et facilement accessible, et le Parc de Mantadia, plus vaste, plus sauvage et moins fréquenté, qui offrent des paysages de forêt dense, de rivières et de cascades. Le parc est mondialement connu pour abriter la plus grande espèce de lémurien existant, l'Indri indri, dont le chant puissant et mélancolique résonne à travers la forêt, et constitue une expérience inoubliable pour les visiteurs. Outre l'Indri, le parc est un sanctuaire pour de nombreuses autres espèces de lémuriens, comme le Sifaka diademé, le Lémurien à ventre roux, le Lémurien commun ou le Lémurien bambou. La richesse faunistique s'étend également aux oiseaux, aux reptiles (avec une grande variété de caméléons, dont le Caméléon de Parson), aux amphibiens, et à une multitude d'insectes. La flore est également très diversifiée, typique de la forêt humide, avec une abondance d'orchidées, de fougères arborescentes, de palissandres et d'autres essences rares. Les sentiers de randonnée sont bien aménagés dans la partie Analamazaotra et varient en difficulté et en longueur dans la partie Mantadia. Des promenades nocturnes sont également possibles pour observer la faune active la nuit. Grâce à sa relative proximité avec Antananarivo, Andasibe-Mantadia est l'un des parcs les plus accessibles et les plus visités de Madagascar.

Les Réserves spéciales représentent une autre catégorie importante. Elles sont créées pour protéger des éléments spécifiques : une espèce particulière, un habitat fragile, ou un écosystème d'importance locale ou régionale. Leur gestion est souvent plus flexible que celle des parcs nationaux ou des réserves intégrales. La Réserve spéciale de Lokobe à Nosy Be, par exemple, protège une forêt humide où l'on trouve le lémurien macaco (lémur noir).
• La Réserve spéciale de Lokobe se situe dans le nord de Madagascar, sur l'île de Nosy Be, au large de la côte nord-ouest. Cette réserve, classée depuis 1927, constitue la dernière forêt primaire dense et humide de Nosy Be, et protégège ainsi une biodiversité insulaire particulièrement précieuse. Bien que de taille plus modeste comparée aux grands parcs nationaux continentaux, Lokobe est d'une importance capitale pour la conservation d'espèces emblématiques. L'accès à la réserve se fait généralement par pirogue depuis des villages côtiers comme Ampasipohy, suivi de sentiers traversant la forêt. Le paysage est constitué de collines volcaniques couvertes de forêt dense descendant vers la côte. Lokobe est particulièrement célèbre pour être l'un des meilleurs sites pour observer le Lémur noir (Eulemur macaco), qui est dimorphe sexuellement (le mâle est noir, la femelle rousseâtre), ainsi que d'autres lémuriens nocturnes comme les microcèbes et les lémuriens sportifs. La réserve abrite également une remarquable diversité de reptiles et d'amphibiens, notamment le splendide Caméléon panthère (Furcifer pardalis), qui présente une grande variété de couleurs, ainsi que des serpents comme le Boa manditra et divers geckos diurnes du genre Phelsuma. La forêt dense est également un habitat pour de nombreuses espèces d'oiseaux et d'insectes.
Ces catégories traditionnelles ont été complétées et enrichies, notamment suite à l'engagement pris lors du Sommet Mondial des Parcs de Durban en 2003 ("Vision Durban"). Cette initiative a eu pour objectif de tripler la superficie des aires protégées en créant de nouvelles catégories et en favorisant une gestion plus inclusive impliquant les communautés locales. Le réseau s'est ainsi considérablement étendu pour couvrir près de 10% du territoire terrestre et inclure des zones marines.

Le système élargi comprend désormais, outre les statuts historiques, des catégories telles que les paysages harmonieux protégés, les aires protégées gérées par les communautés locales (COAP), ou encore des réserves privées et des aires marines protégées. Cette diversification permet une approche plus nuancée de la conservation, et intégre généralement l'utilisation durable des ressources naturelles par les populations riveraines dans le respect des objectifs de protection de la biodiversité. Les aires marines protégées, par exemple, sont essentielles pour la préservation des récifs coralliens, des mangroves et des espèces marines menacées, tout en soutenant les pêches locales.

La gestion de ce réseau complexe est principalement assurée par l'association des Parcs nationaux de Madagascar, anciennement ANGAP, qui gère la majorité des parcs nationaux et des réserves. Cependant, la Vision Durban a également ouvert la voie à d'autres entités, notamment des ONGs nationales et internationales, des associations communautaires et des opérateurs privés, pour gérer de nouvelles aires protégées, ce qui a favorisé ainsi la décentralisation et la collaboration dans les efforts de conservation.

Ces zones protégées jouent un rôle vital bien au-delà de la seule préservation de la biodiversité. Elles fournissent des services écosystémiques essentiels, tels que la régulation de l'eau, la protection des sols contre l'érosion (un problème majeur à Madagascar), le stockage du carbone et le maintien de la fertilité des terres. De plus, le tourisme de nature basé sur ces aires protégées, lorsqu'il est géré de manière durable, peut générer des revenus significatifs pour l'économie nationale et locale, créant des emplois et incitant les communautés à valoriser et à protéger leur environnement.

Malgré ces efforts considérables, les aires protégées de Madagascar font face à de nombreux défis. La pauvreté, la pression démographique, l'agriculture sur brûlis (tavy), l'exploitation forestière illégale, la chasse, l'exploitation minière et les effets du changement climatique menacent constamment l'intégrité de ces sanctuaires naturels. La conservation à Madagascar nécessite donc un engagement continu, des financements importants et une collaboration étroite entre le gouvernement, les organisations de conservation, les populations locales et la communauté internationale pour garantir la survie de sa faune et de sa flore uniques pour les générations futures.

Géographie humaine de Madagascar

Population.
Estimée à près de 30 millions d'habitants en 2023, la population de Madagascar connaît un taux de natalité élevé, qui se traduisant par une structure par âge très jeune, avec une large base de moins de 15 ans. Cette dynamique rapide pose des défis majeurs en termes de besoins en éducation, en santé et en emploi pour les décennies à venir. L'espérance de vie reste relativement faible comparée aux standards mondiaux, et reflète les difficultés d'accès aux soins de santé de base et les conditions sanitaires précaires, particulièrement en milieu rural. La population est inégalement répartie sur le territoire, avec une concentration plus forte sur les Hautes Terres et dans les zones côtières fertiles, tandis que de vastes régions, notamment le sud et l'ouest, sont moins densément peuplées, bien que des migrations internes, principalement des zones rurales vers les centres urbains comme Antananarivo, Majunga, Tamatave ou Diego Suarez, soient un phénomène important, qui modifie la distribution spatiale et créedes défis d'urbanisation rapide et informelle.

La société malgache est confrontée à d'importantes inégalités socio-économiques. La pauvreté est généralisée et touche une très large majorité de la population, qui limitent sévèrement l'accès aux services essentiels comme l'éducation et la santé. Cette précarité est plus marquée en milieu rural, où la majorité des Malgaches résident et dépendent majoritairement de l'agriculture de subsistance, mais elle est également très présente dans les bidonvilles urbains en expansion rapide. L'éducation, bien que valorisée, souffre d'un manque de ressources, de disparités régionales et d'un taux d'abandon scolaire élevé, particulièrement chez les filles et dans les zones rurales, compromettant les perspectives d'avenir des jeunes. Le système de santé est sous-financé. Il manque d'infrastructures, de personnel qualifié et de médicaments, ce qui explique en partie la faible espérance de vie et la persistance de maladies infectieuses.

Madagascar se distingue par une grande richesse culturelle et une unité linguistique remarquable malgré la diversité ethnique, qui coexiste cependant avec un sentiment d'appartenance nationale fort. La structure sociale est profondément marquée par la famille élargie (fianakaviana) et l'importance des ancêtres (razana), dont le culte et le respect des traditions (fomba) jouent un rôle central dans la vie quotidienne et les pratiques sociales, comme le célèbre rituel du famadihana (retournement des morts). Le système de parenté est un pilier de la solidarité sociale, mais il peut aussi être source de hiérarchies et de contraintes.

Les croyances religieuses constituent un autre aspect fondamental du tissu social. Si le christianisme (catholicisme et protestantisme) et l'islam sont largement pratiquĂ©s, ils coexistent souvent avec des religions traditionnelles et le culte des ancĂŞtres, qui donnent lieu Ă  un syncrĂ©tisme religieux important qui imprègne de nombreux aspects de la vie sociale et culturelle. La gestion des affaires locales repose en partie sur des structures communautaires traditionnelles, comme le fokonolona, qui joue un rĂ´le dans la rĂ©solution des conflits, la gestion des ressources communes et l'organisation de la vie communautaire, bien que son efficacitĂ© et son autonomie varient selon les rĂ©gions et les Ă©poques. 

Quelques-unes des principales villes de Madagascar

• Antananarivo, la capitale de Madagascar, est le coeur politique, économique et culturel du pays. Perchée sur les hautes terres centrales à une altitude de près de 1300 mètres, elle se distingue par son relief vallonné, ses collines historiques et ses quartiers en terrasses. La ville conserve un patrimoine colonial français mêlé à des traditions malgaches. Elle abrite le Palais de la Reine (Rova), symbole de la monarchie merina, ainsi que plusieurs musées, universités et centres administratifs. Antananarivo est également confrontée à des défis urbains tels que la surpopulation, la pollution et les embouteillages.

• Toamasina, également connue sous le nom de Tamatave, est la principale ville portuaire du pays, située sur la côte est. Elle joue un rôle stratégique dans l'économie nationale grâce à son port qui gère la majorité des importations et exportations. Ville à l'allure coloniale et influencée par la culture créole, Toamasina est fréquemment exposée aux cyclones tropicaux. Sa proximité avec les forêts tropicales et le parc d'Andasibe-Mantadia en fait aussi un point d'entrée pour l'écotourisme. Elle est réputée pour sa gastronomie à base de fruits de mer et ses marchés animés.

• Antsirabe, située sur les Hautes Terres à environ 170 km au sud de la capitale, est une ville thermale héritée de la colonisation française. Elle est surnommée la « Vichy malgache » en raison de ses sources chaudes et de ses établissements de soins. Antsirabe est aussi un centre industriel, notamment pour la fabrication textile, les boissons et l'agroalimentaire. Elle est célèbre pour ses pousse-pousse colorés, qui symbolisent la ville, ainsi que pour la propreté relative de ses rues et son ambiance paisible.

• Fianarantsoa, au sud des Hautes Terres, est considérée comme le centre intellectuel et religieux du pays. Elle abrite la plus ancienne université après celle d'Antananarivo, de nombreux établissements religieux et écoles. La ville est divisée entre une vieille ville en hauteur, au charme pittoresque, et une ville basse plus commerçante. Fianarantsoa est le point de départ de la ligne ferroviaire Fianarantsoa-Côte Est (FCE), l'une des rares lignes encore actives, qui traverse des paysages spectaculaires jusqu'à Manakara.

• Mahajanga (Majunga), situĂ©e sur la cĂ´te nord-ouest, est une ville portuaire dotĂ©e d'une ambiance cosmopolite avec une forte communautĂ© comorienne et indienne. Elle se distingue par son cĂ©lèbre baobab gĂ©ant, ses avenues 

bordées de palmiers, et ses plages. Mahajanga est aussi un centre universitaire et touristique. Malgré sa situation côtière favorable, elle subit des risques d'inondations et de cyclones pendant la saison des pluies.

• Toliara, sur la côte sud-ouest, est une ville en plein développement, connue pour ses paysages semi-arides et sa culture vezo, liée à la pêche traditionnelle. Elle est entourée de vastes mangroves, lagons et barrières de corail. Toliara est également un centre universitaire et commercial, notamment dans le domaine du coton et du sisal. La ville souffre toutefois de fortes pressions environnementales, de la désertification et de l'insécurité hydrique.

• Antsiranana, autrefois appelée Diego Suarez, se trouve à l'extrême nord de Madagascar. Son immense baie, souvent comparée à celle de Rio de Janeiro, est l'une des plus belles du monde. Antsiranana conserve de nombreux vestiges coloniaux et militaires, dont des fortifications et un port naturel profond. La ville est marquée par une forte présence militaire et une certaine diversité ethnique, notamment des communautés indo-pakistanaises, créoles et françaises. Elle est également prisée pour son écotourisme, en particulier dans le parc national de la Montagne d'Ambre et les Tsingy rouges.

• Morondava, sur la côte ouest, est surtout connue pour l'allée des baobabs, site emblématique de Madagascar. La ville est un point d'accès aux parcs naturels comme les Tsingy de Bemaraha et les forêts de Kirindy. Son économie repose sur l'agriculture (riz, canne à sucre, coton), la pêche et le tourisme. Morondava est aussi exposée à l'érosion côtière et aux phénomènes cycloniques.

• Ambositra, bien que plus petite, est reconnue comme la capitale de l'artisanat malgache, notamment pour la marqueterie et la sculpture sur bois. Située au sud d'Antsirabe, cette ville des Hautes Terres reflète l'identité betsileo et abrite des marchés artisanaux réputés dans tout le pays.

• Manakara, sur la côte sud-est, est une ville portuaire plus discrète mais stratégique, notamment grâce à la ligne ferroviaire la reliant à Fianarantsoa. Elle est bordée par l'océan Indien et traversée par le canal des Pangalanes. Moins développée que d'autres grandes villes, Manakara a un charme paisible avec ses marchés côtiers, ses cocotiers et ses plages sauvages.

Groupes ethnolinguistiques.
Madagascar présente une remarquable unité linguistique, avec une langue nationale, le malgache (malagasy), parlée sur l'ensemble du territoire et qui est d'origine majoritairement malayo-polynésienne. Cependant, cette unité apparente recouvre une riche diversité culturelle et dialectale, traditionnellement regroupée en une vingtaine de foko (groupes ethnolinguistiques), dont les contours sont généralement liés à l'histoire des royaumes et aux spécificités géographiques des différentes régions. Ces groupes ne sont pas des tribus au sens strict mais plutôt des ensembles de populations qui partagent des dialectes proches, des coutumes, des modes de vie et des ancrages territoriaux souvent distincts.

Merina.
Au centre, sur les Hautes Terres, se trouve le groupe Merina, qui ont historiquement dominé une grande partie de l'île grâce au Royaume d'Imerina qui, au XIXe siècle. Leur capitale, Antananarivo, est aujourd'hui la capitale du pays. Les Merina sont traditionnellement des cultivateurs de riz en terrasses, réputés pour leur administration centralisée et leur artisanat (travail du bois, de l'argent). Leur dialecte est souvent considéré comme la base du malagasy standard. Leurs pratiques funéraires, notamment le famadihana (retournement des morts), sont bien connues.

Le famadihana est une coutume funĂ©raire traditionnelle pratiquĂ©e  parnotamment les Merina (et aussi par les Betsileo), dans les Hautes Terres centrales de Madagascar. Il s'agit d'un rituel qui consiste Ă  dĂ©terrer les restes des ancĂŞtres du tombeau familial, gĂ©nĂ©ralement toutes les quelques annĂ©es. Les corps sont sortis, rĂ©-enveloppĂ©s dans de nouveaux linceuls de soie (appelĂ©s lambas) ou d'autres tissus prĂ©cieux, et parfois portĂ©s en procession ou mĂŞme dansĂ©s autour du tombeau. Loin d'ĂŞtre un Ă©vĂ©nement sombre, le famadihana est une cĂ©lĂ©bration joyeuse qui vise Ă  exprimer le lien fort et continu entre les vivants et les morts. C'est l'occasion pour la famille Ă©largie de se rĂ©unir, d'honorer les ancĂŞtres, de leur donner des nouvelles, de demander leur bĂ©nĂ©diction et de cĂ©lĂ©brer la vie et la lignĂ©e. La cĂ©rĂ©monie est accompagnĂ©e de musique, de chants, de danses et se termine gĂ©nĂ©ralement par un grand festin partagĂ© par tous les participants. 
Betsileo. Zafimaniry.
Au sud des Merina, toujours sur les Hautes Terres, on trouve les Betsileo, dont le nom signifie "les nombreux invincibles". Eux aussi sont d'excellents riziculteurs. Ils utilisant des techniques de terrasses sophistiquĂ©es sur les pentes des collines. Ils sont Ă©galement rĂ©putĂ©s pour leur artisanat du bois.  Ills sont Ă©galement connus pour leur art, notamment la sculpture sur bois, et leur architecture traditionnelle. Historiquement, ils Ă©taient organisĂ©s en plusieurs royaumes ou chefferies indĂ©pendantes plutĂ´t qu'un empire centralisĂ©. Leur rĂ©gion, centrĂ©e autour de Fianarantsoa, est caractĂ©risĂ©e par un paysage de collines ondulantes et de rizières. Ils sont parfois associĂ©s aux Zafimaniry, un sous-groupe distinct qui vit dans les forĂŞts montagneuses de leur territoire.

Betsimisaraka.
Le long de la côte Est, s'étendent les Betsimisaraka, dont le nom signifie "les nombreux inséparables". Ils occupent une bande longue et étroite de territoire, de la région de Toamasina vers le nord et le sud. Ils sont fortement liés à la forêt tropicale et à l'océan. Ils cultivent le riz, mais aussi des produits d'exportation comme la vanille, le café et le litchi. Leur histoire est marquée par les échanges maritimes et parfois la piraterie.

Sakalava. Vezo.
À l'Ouest et au Nord-Ouest se trouvent les Sakalava. Leur royaume fut historiquement le plus vaste de l'île. Leur territoire est immense et diversifié. Il va des savanes herbeuses aux forêts sèches et aux côtes. Les Sakalava sont traditionnellement éleveurs de zébus, agriculteurs, et pêcheurs. Ils sont connus pour le culte royal et la possession spirituelle (tromba), qui honore les anciens souverains. Les Vezo, parfois considérés comme un sous-groupe Sakalava, sont des pêcheurs semi-nomades du littoral sud-ouest. Leur vie est entièrement tournée vers la mer et la navigation en pirogue.

Bara.
Dans le Sud de l'île, région au climat plus aride, vivent plusieurs groupes. Les Bara se trouvent dans le centre-sud, entre les Hautes Terres et le Grand Sud. Ce sont avant tout des pasteurs et éleveurs de zébus, dont l'importance sociale et économique est primordiale. Ils sont réputés pour leur culture guerrière et leurs pratiques liées au bétail, qui représente la richesse et le statut social. Ils vivent dans un paysage de savane et de collines.

Antandroy.
Encore plus au sud, dans la "région des épines", habitent les Antandroy, "ceux du pays des épines". Adaptés à un environnement difficile et semi-désertique, ils sont également éleveurs et pratiquent une agriculture de subsistance souvent nomade ou semi-nomade en raison de la sécheresse. Ils se signalent par leur résilience et leurs pratiques funéraires complexes.

Mahafaly.
À l'ouest des Antandroy, toujours dans le Sud, se trouvent les Mahafaly, "ceux qui font les tabous". Ils partagent de nombreuses caractéristiques avec les Antandroy (élevage, adaptation à l'aridité) mais sont particulièrement célèbres pour leur art funéraire. Leurs tombes sont ornées de pierres levées et surtout d'aloalo, des poteaux sculptés figuratifs ou géométriques racontant la vie du défunt et de son clan.

Antaisaka.
Dans le Sud-Est se concentrent plusieurs groupes liĂ©s Ă  l'histoire et Ă  la gĂ©ographie de cette rĂ©gion forestière et cĂ´tière. Les Antaisaka, "ceux qui viennent de la Saka", sont parmi les plus nombreux. Ils sont riziculteurs et cultivent des produits commerciaux. Leur organisation sociale est complexe. 

Antaimoro.
Les Antaimoro, "ceux du littoral", Ă©tablis près de Vohipeno, ont une histoire singulière liĂ©e Ă  des influences arabes anciennes, d'oĂą leur Ă©criture sorabe (malagasy en caractères arabes) et leur pratique de l'astrologie et de la fabrication du papier traditionnel. 

Tanala.
Les Tanala, "ceux de la forêt", vivent plus à l'intérieur des terres, dans la forêt dense du sud-est. Ce sont des agriculteurs sur brûlis et des collecteurs de produits forestiers, dotés d'une connaissance approfondie de leur environnement. Les Antanala se trouvent aussi dans cette région.

Antankarana.
Au Nord de l'île, on rencontre les Antankarana, "ceux des roches" ou "ceux des Tsingy". Leur territoire s'étend dans l'extrême nord. Leur histoire est liée à la royauté Sakalava et aux grottes sacrées des Tsingy d'Ankarana. Ils vivent de l'agriculture, de la pêche et, de nos jours, du tourisme.

Tsimihety.
Plus au centre-nord et nord-ouest, se trouve le groupe Tsimihety, dont le nom signifierait "ceux qui ne se coupent pas les cheveux", en référence à leur refus historique de se soumettre à la royauté Sakalava. Connus pour leur indépendance d'esprit, ils pratiquent l'élevage et l'agriculture sur un vaste territoire.

Autres groupes.
Parmi les autres groupes notables, on trouve les Sihanaka autour du lac Alaotra, le principal grenier à riz du pays, spécialisés dans la riziculture irriguée et la pêche lacustre; les Bezanozano, "les nombreuses petites tresses", historiquement associés aux échanges entre les Hautes Terres et la côte Est, et qui vivent dans les forêts de la bordure orientale du plateau central; et les Antanosy, dans l'extrême sud près de Tôlagnaro (Fort Dauphin), dont l'histoire fut marquée par les premiers contacts avec les Européens.

Culture.
MalgrĂ© l'arrivĂ©e du christianisme (majoritaire) et de l'islam, les croyances traditionnelles et le culte des ancĂŞtres perdurent et se mĂŞlent souvent aux pratiques religieuses importĂ©es. Ainsi, au coeur de la culture malgache se trouve le culte des ancĂŞtres, les razana. Les ancĂŞtres ne sont pas considĂ©rĂ©s comme disparus, mais comme des ĂŞtres puissants qui veillent sur les vivants et dont l'influence est omniprĂ©sente. Le respect des razana, la vĂ©nĂ©ration des morts, et la recherche de leur bĂ©nĂ©diction rĂ©gissent une grande partie de la vie sociale et religieuse. 

Le fihavanana est une autre notion fondamentale de la culture malgache. Ce terme englobe la solidarité, l'amitié, la bonne entente, l'entraide mutuelle et la cohésion sociale. Le fihavanana est la base des relations interpersonnelles, un idéal de vie en société où l'harmonie et le respect priment sur les conflits. Les décisions importantes, qu'elles soient familiales ou villageoises, sont ordinairement prises collectivement à travers des discussions (kabary) où l'art de la rhétorique est très apprécié.

Les fady, ou interdits, jouent un rôle crucial dans la vie quotidienne. Ce sont des tabous, souvent complexes et spécifiques à chaque région, à chaque famille, ou même à chaque individu. Les fady peuvent concerner des lieux, des aliments, des jours de la semaine, des actions, ou des comportements. Ils sont fréquemment liés aux croyances ancestrales et visent à maintenir l'ordre cosmique et social, à protéger contre les malheurs et à respecter les razana ou les forces du monde-autre. Bien que parfois perçus comme contraignants, les fady sont une expression vivante de la religion et des traditions.

La musique et la danse sont d'autre  Ă©lĂ©ments essentiels de la culture malgache. Chaque rĂ©gion possède ses propres styles et instruments. La valiha, sorte de cithare tubulaire en bambou, est considĂ©rĂ©e comme l'instrument national. Il produit des mĂ©lodies douces et mĂ©lancoliques. Le salegy, originaire de la cĂ´te Nord-Ouest, est un genre dynamique et rythmĂ©, très populaire. On trouve aussi le tsapiky dans le Sud-Ouest, le sega et le soukous influencĂ©s par les Ă®les voisines ou l'Afrique continentale. La musique et la danse accompagnent toutes les cĂ©rĂ©monies importantes, des fĂŞtes aux rituels funĂ©raires, en passant par les cĂ©lĂ©brations de la vie.

L'artisanat est également très développé. La sculpture sur bois est renommée, notamment celle des Zafimaniry, reconnue au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, avec leurs motifs géométriques complexes. Le travail de la corne de zébu, la vannerie, la poterie, la broderie et le tissage, notamment celui de la lamba (tissu traditionnel porté comme un châle ou pagne), témoignent d'un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération.

La cuisine malgache est centrée autour du riz (vary) qui est consommé à chaque repas, souvent accompagné d'un laoka (plat d'accompagnement) à base de légumes, de zébu, de volaille ou de poisson, agrémenté d'épices, d'herbes et de condiments comme le sakay (piment). Le partage de la nourriture est un acte social important, renforçant les liens familiaux et communautaires.

Economie.
L'économie de Madagascar est caractérisée par son statut de pays à faible revenu, figurant parmi les nations les moins avancées au monde. Fortement dépendante de ses ressources naturelles et de l'agriculture, elle est marquée par une grande vulnérabilité aux chocs externes et internes. Son potentiel de développement est immense, mais il est freiné par des défis structurels profonds.

L'économie malgache connaît des taux de croissance du PIB qui sont souvent modérés mais, étroitement liés aux performances des secteurs agricole et minier et à la stabilité politique, peuvent être très volatils. L'inflation, particulièrement sur les produits alimentaires, peut être une préoccupation majeure. Le pays dépend fortement de l'aide internationale et des financements des institutions multilatérales (Banque Mondiale, FMI) pour soutenir son budget et financer des projets de développement.

Le secteur primaire, dominé par l'agriculture, emploie la grande majorité (plus de 70-80%) de la population active, et contribue de manière significative au Produit Intérieur Brut (PIB), bien que cette contribution puisse varier en fonction des récoltes et des prix mondiaux. La riziculture est l'activité vivrière principale. Elle est essentielle pour la sécurité alimentaire nationale, mais souvent insuffisante pour couvrir les besoins. Parallèlement, Madagascar excelle dans la production de cultures d'exportation spécifiques qui génèrent des recettes vitales en devises. La vanille est de loin le produit d'exportation le plus emblématique et le plus précieux, Madagascar étant le premier producteur et exportateur mondial. D'autres produits comme le girofle, le poivre, le cacao, le café, le litchi et les huiles essentielles contribuent également aux exportations agricoles. L'élevage et la pêche (artisanale et industrielle, notamment la crevette) sont d'autres composantes importantes de ce secteur. Cependant, l'agriculture reste largement pluviale, peu mécanisée et souffre d'un manque d'infrastructures d'irrigation et de stockage, ce qui la rend très vulnérable aux aléas climatiques (sécheresses, cyclones et inondations).

Outre l'agriculture, les ressources naturelles incluent un potentiel minier diversifié. L'exploitation minière, notamment celle de l'ilménite (dioxyde de titane pour des pigments), du nickel, du cobalt, du chrome et de la graphite, représente une source croissante de revenus d'exportation et d'investissements étrangers. Cependant, ce secteur est également sujet aux fluctuations des cours mondiaux et soulève des questions importantes de gouvernance, de gestion des revenus et d'impacts environnementaux et sociaux.

Le secteur secondaire demeure relativement peu dĂ©veloppĂ©. Il est principalement axĂ© sur la transformation primaire des produits agricoles et des ressources naturelles, l'industrie lĂ©gère et le textile. Le secteur textile et de l'habillement a bĂ©nĂ©ficiĂ© par le passĂ© d'accords commerciaux prĂ©fĂ©rentiels (comme l'AGOA avec les États-Unis),  ce qui permis le dĂ©veloppement de zones franches orientĂ©es vers l'exportation. NĂ©anmoins, la capacitĂ© industrielle globale est limitĂ©e par des infrastructures dĂ©ficientes, en particulier l'accès Ă  une Ă©nergie fiable et abordable, ainsi que par un environnement des affaires complexe.

Le secteur tertiaire gagne en importance, notamment dans les zones urbaines. Il englobe le commerce (majoritairement informel), les transports, les télécommunications (en expansion), les services financiers (bien que l'accès reste limité pour la majorité de la population) et le tourisme. Le tourisme est généralement cité comme un potentiel de développement majeur pour Madagascar, grâce à sa biodiversité unique au monde, ses parcs nationaux, ses plages et sa culture riche. Toutefois, l'essor du tourisme est entravé par les difficultés d'accès (coût élevé des vols internationaux, manque de liaisons internes), le manque d'infrastructures d'accueil et de transport à l'intérieur du pays, l'instabilité politique passée et l'insécurité dans certaines régions.

Le commerce extérieur est caractérisé par l'exportation de produits primaires et semi-transformés et l'importation de biens manufacturés, d'équipements, de carburants et, en cas de mauvaises récoltes, de denrées alimentaires. La balance commerciale est fréquemment déficitaire. Les principaux partenaires commerciaux de Madagascar sont l'Union Européenne (pour la vanille, le girofle, etc.), les États-Unis (pour le textile via l'AGOA), la Chine (pour les minerais et les importations), et des pays voisins de l'Océan Indien.

Les défis structurels de l'économie malgache sont immenses et interconnectés. La pauvreté est généralisée et persistante. Elle toucherait plus de 75% de la population selon certaines estimations. Les infrastructures de base sont gravement déficientes : le réseau routier est en mauvais état, l'accès à l'électricité est limité et coûteux, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement reste problématique, ce qui nuit à la productivité, à la santé et à l'intégration du marché intérieur. La gouvernance et la lutte contre la corruption constituent des freins majeurs à l'investissement, à l'efficacité des politiques publiques et à une distribution équitable des richesses. L'instabilité politique chronique a historiquement sapé la confiance des investisseurs et retardé les réformes nécessaires. Le système éducatif et de santé souffre de sous-financement et de lacunes, limitant le développement du capital humain. La vulnérabilité extrême aux changements climatiques est une menace existentielle pour l'agriculture et les moyens de subsistance d'une grande partie de la population, et nécessite des investissements massifs dans l'adaptation et la résilience.

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