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République de Madagascar |
20 00 S, 47 00 E ![]() |
L'île de Madagascar -
Carte de Madagascar. Source : The World Factbook. Géographie physique de MadagascarLes côtes.L'île de Madagascar est séparée de l'Afrique par le canal de Mozambique dont la largeur moyenne est approximativement de 390 kilomètres. Comme elle est beaucoup plus étendue du Nord-Est au Sud-Ouest que de l'Ouest à l'Est, on a comparé sa forme à celle d'un poisson dont la tête serait tournée vers le Nord et qui aurait l'extrémité postérieure du corps arrondie. Sauf dans sa partie Nord où elle présente une presqu'île très prononcée limitée au Sud par la baie d'Antongil (Helodrano Antogila), la côte orientale de Madagascar est presque rectiligne. Elle commence au Nord au cap d'Ambre et finit au Sud à Faradofay (Fort-Dauphin). Sa partie septentrionale, formant environ le tiers de sa longueur, offre aux navigateurs de belles rades, de nombreux mouillages et quantité de ports. On y trouve notamment, en allant du Sud au Nord le cap d'Ambre, la baie d'Antsiranana (baie Diego-Suarez), Vohimarina (Vohémar), le cap Masoala, la baie d'Antongil, Tintinque en face de Nosy Boraha (l'île Sainte-Marie), Fenoarivo Antsinanana (Fénérive), Foulpointe, Toamasina (Tamatave). A partir de cette dernière localité, la côte orientale, jusqu'à son extrémité Sud, n'offre plus aucun abri sûr aux grands navires. La côte Sud de l'île n'a pas d'autres accidents géographiques que le cap Vohiména (cap Sainte-Marie) et le cap Barrow. La côte occidentale,
beaucoup plus sinueuse que le littoral de I'Est, présente, en allant du
Sud au Nord : la baie Saint-Augustin, le port de
Toliara, le cap Saint-Vincent, une large baie peu profonde qui reçoit
l'un des grands fleuves de l'île,
le Tsiribihina, et beaucoup plus au Nord le cap Saint-AndrĂ©. Au delĂ
de ce dernier point, et jusqu'au cap d'Ambre, extrémité septentrionale
de Madagascar, les baies se multiplient; les principales d'entre elles
sont : la baie de Bombetoka, la baie Mahajamba (Helodranon'i Mahajamba),
la baie de Narinda, la baie d'Ampasindava (baie de Passandava) dont l'entrée
est défendue par Nosy Be (l'île de Nossi-Bé). Tout à fait au Nord de
l'île, on rencontre le cap Saint-Sébastien, et la baie du Courrier entre
ce dernier et le cap d'Ambre.
L'hydrographie.
Le versant oriental est sillonnĂ© transversalement de nombreuses rivières torrentueuses dont l'embouchure est gĂ©nĂ©ralement obstruĂ©e par deux causes mĂ©tĂ©orologiques. En premier lieu, la mousson du Sud-Est, venant de l'OcĂ©an Indien, amoncelle le long du littoral des cordons de sable; en second lieu, les pluies diluviennes qui tombent dans le pays pendant l'hivernage ("saison des pluies") grossissent considĂ©rablement les cours d'eau et, charriant des terres ainsi qu'une foule de dĂ©bris organiques arrachĂ©s aux rives, dĂ©posent, sur le talus des sables, des alluvions qui se changent peu Ă peu en deltas marĂ©cageux. Le versant oriental de Madagascar n'a qu'un petit nombre de cours d'eau mĂ©ritant d'ĂŞtre citĂ©s. Les plus importants sont le Maningory, qui dĂ©bouche dans la mer au Sud de Nosy Boraha ( l'Ă®le Sainte Marie); le Mangoro, qui, après avoir coulĂ© du Nord au Sud au pied de la grande chaĂ®ne, tourne brusquement vers l'Est avant de se jeter dans l'ocĂ©an; le Mananjara et le Mananara, qui ont leur embouchure plus au Sud. Ajoutons Ă cela le canal des Pangalanes, creusĂ© parallèlement Ă la cĂ´te orientale et qui relie Foulpointe Ă Farafangana. En raison de sa largeur, qui est de 3 Ă
4 degrés, le versant occidental de l'île possède des fleuves
plus importants. Les principaux d'entre eux sont, en allant du Sud au Nord
: l'Onilahy qui tombe dans la baie de Saint-Augustin; le Mangoky (Mangoka);
le Tsiribihina (Tsijobonina), formé par la réunion du Mahajilo et du
Mania; le Manambolo; le Manambaho; le Mahavavy (Marambitsy) qui se jette
dans la baie Cajembi; l'Ikopa, le fleuve le plus considérable de l'île,
qui sur sa rive droite se grossit d'une rivière importante, le Betsiboka,
et finit dans la baie Bombétok : enfin le Sofia, versant ses eaux dans
une lagune qui débouche dans la baie Mahajamba. La plupart de ces cours
d'eau de Madagascar, coupés de rapides, ou ayant leur lit obstrué de
roches
transportées par les grandes eaux, ne sont pas navigables.
Le climat.
Biogéographie de MadagascarLa flore.Madagascar possède une flore si variée qu'on l'a surnommé le paradis des botanistes. Il ne faut cependant pas s'imaginer que l'île soit universellement parée d'une végétation luxuriante. Celle-ci ne se développe guère que sur les côtes, bordées d'une zone de forêts qui fait le tour entier de l'île; mais, dans l'intérieur, il y a de vastes espaces tels que les massifs montagneux et les plaines secondaires qui sont à peu près dénudés et stériles. Ce n'est que dans les gorges, dans les vallées et dans les endroits marécageux que la terre se revêt d'an splendide manteau de verdure. Les Cryptogames, sont représentées à Madagascar par de belles et nombreuses espèces de fougères, et, les Orchidées intertropicales y pullulent. Parmi les grands arbres, nous citerons : le baobab et le ravenal ou arbre des voyageurs. Les bois de construction abondent à Madagascar : on y trouve le bois de matte, sorte d'acajou rouge et très dur; le bois de teck, le chrysopia, dans le tronc élancé duquel les Malgaches se creusent des pirogues. Les essences propres à l'ébénisterie sont aussi très communes à Madagascar qui produit l'ébène, le palissandre, le bois de rose, le bois d'andromène, le bois rubané. L'île renferme une grande variété de conifères dont une espèce donne l'élémi. On recueille aussi dans l'île plusieurs gommes, notamment la gomme du takamaka, avec laquelle on fabrique un vernis jaune paille, et celle de l'aronga, qui sert à faire un beau vernis rose. Le riz, dont il existe une douzaine de variétés, est la culture principale des habitants et la base de leur alimentation. On l'ensemence dans toutes les parties inondées ou suffisamment arrosées du territoire. Les autres végétaux alimentaires sont les bananes, la patate, plusieurs espèces d'ignames, le maïs, le manioc, la pomme de terre introduite par les Européens; le millet, les haricots, les différentes cucurbitacées de l'Europe ou de l'Afrique, et les légumes communs, tels que choux, oignons, etc. Les pêchers, les orangers, les citronniers réussissent très bien à Madagascar. L'indigotier croît spontanément dans l'île; le cotonnier ainsi que le chanvre y sont assez répandus. On y récolte les fruits de l'arachide et un grand nombre de graines oléagineuses. Toutes les épices de la Malaisie prospèrent sur le continent malgache, qui est naturellement riche en plantes tinctoriales. On a introduit le froment, l'avoine et l'orge. Depuis environ trois siècles, le cocotier s'est propagé spontanément dans l'île. L'introduction de l'arbre à pain est de date plus récente. La faune.
Un fait qui a lieu de surprendre, c'est
le petit nombre d'espèces de poissons qui peuplent
les eaux douces de l'île; d'après les récits des voyageurs, il n'y en
aurait pas plus d'une dizaine. La classe des reptiles
est assez richement représentée à Madagascar : les tortues
marines pullulent sur les côtes; plusieurs sortes d'émydes habitent les
eaux douces et certaines d'entre elles sont particulières au pays; deux
espèces de crocodiles peuplent les rivières,
les lagunes et les lacs;
plusieurs genres de caméléons sont communs partout; enfin, deux genres
de batraciens, le polypédate et le pyxicéphale,
sont propres à Madagascar. Ce petit continent est habité par environ
250 espèces d'oiseaux dont plus de la moitié
sont inconnues dans le reste de la Terre. Les autres
espèces sont identiques à celles de l'Afrique
ou de l'Insulinde; mais le nombre des oiseaux
répandus à la fois à Madagascar et dans la Malaisie
est plus considérable que celui des espèces africaines. Parmi les oiseaux
uniquement cantonnés à Madagascar, nous nous bornerons à mentionner
deux phaétons, la foulque crêtée, le jacana à nuque blanche, le mésite,
oiseau de l'ordre des Gallinacés, deux pigeons
dont l'un est appelé maïtsou et l'autre founingo par les indigènes;
la tourterelle peinte, commune à l'île et à l'Insulinde; deux espèces
de martins-pĂŞcheurs, cinq Perroquets, etc.
Les plus remarquables appartiennent au genre Maki et au genre Indri. Les premiers sont de jolis petits animaux nocturnes et grimpeurs atteignant tout au plus la taille d'un chat. Les espèces les plus abondantes : sont le Maki commun (Lemur varius); le Catta (Lemur catta); le Maki pu Microcèbe pygmée (Microcebus myoxinus), qui ressemble au muscardin; le Maki gris (Hapalemur griseus). Il existe aussi à Madagascar plusieurs espèces de Makis à tête de chat ou Chirogales, parmi lesquels on remarque le Maki à fourche (Chirogaleus furcifer) ou Walouvi. La famille des Indris ne le cède pas en importance à celle des Makis; c'est même elle qui renferme les géants de l'ordre des Prosimiens : elle est principalement représentée dans l'île par l'Indri commun (I. babacoto), qui atteint un mètre de haut lorsqu'il se dresse sur ses pattes de derrière, et que les habitants du pays appellent Babacoto. Un autre genre qui se trouve également à Madagascar est l'Aye-aye (Chiromys ou Daubentonia Madagascariensis), qui est de la taille d'un chat et ressemble superficiellement à un écureuil. Madagascar nourrit en outre des Galagos comme l'Afrique, et des Tarsiers comme l'Insulinde, qui, les uns et les autres sont des Primates (les premiers étant des Lémuriens au sens large). Madagascar est aussi peuplé de curieux insectivores analogues aux hérissons européens et parmi lesquels on distingue les Tanrecs, qui ont 40 dents, et les tendracs ou éricules, qui en ont 36. Pas de grands carnivores dans l'île; mais elle possède une espèce particulière de chat, le chat de Madagascar, plusieurs espèces de mangoustes, et une espèce de mangue, le crossarchus. Il existe dans l'île dittérents Chiroptères, parmi lesquels ou peut citer deux roussettes de grande taille : le Pteropus rubricollis, qui se rencontre aussi dans l'Afrique australe, et le Pteropus Edwardsii, dont l'aire d'habitation s'étend en Asie jusque dans l'Assam. La faune entomologique est riche en coléoptères et en lépidoptères comprenant de nombreuses espèces qui ne se rencontrent pas dans le reste du monde. On connaît plusieurs milliers d'espèces de coléoptères de Madagascar, et l'on peut collectionner dans ce pays des papillons de la plus grande beauté, entre autres l'Urania riphaeus, dont les ailes étendues ne mesurent pas moins de 10 centimètres, et le Papilio antenor. L'animal domestique le plus répandu est un boeuf à bosse, très analogue au zébu, introduit par des colons qui sont venus s'établir à Madagascar. Il en existe de grands troupeaux qui paissent dans les hauts plateaux du Nord et de l'Ouest. On élève aussi dans l'île des moutons à grosse queue fort semblables à des chèvres par la nature de leur toison qui est plutôt formée de poils que de laine. Ces Moutons ont été, comme les boeufs, importés à Madagascar. Il n'y a dans l'île qu'un petit nombre de Chevaux; mais les poules y pullulent. Les abeilles y sont aussi fort nombreuses et fournissent un miel vert très estimé. Les végétaux du pays nourrissent plusieurs espèces de vers à soie, et l'une d'elles tisse des cocons dont la bourre sert à fabriquer un manteau de cérémonie traditionnel appelé lamba. Paléontologie.
Zones protégées.
Historiquement, le système de zones protégées de Madagascar a été structuré autour de quelques catégories principales. Les Réserves naturelles intégrales (ou strictes) constituent le niveau de protection le plus élevé. Leur accès est strictement réglementé et généralement limité à la recherche scientifique autorisée. Elles visent à préserver des écosystèmes dans leur état le plus sauvage possible, sans intervention humaine significative. Un exemple notable est la Réserve naturelle intégrale de Tsaratanana, qui abrite le point culminant de l'île. • La Réserve naturelle intégrale de Tsaratanana, établie en 1927, est située dans le nord de Madagascar, au coeur du massif du même nom. Elle couvre une vaste zone montagneuse caractérisée par des sommets élevés et des vallées profondes, dominée par le Maromokotro, qui culmine à 2876 mètres et représente le point culminant de la Grande Île. Cette altitude confère à la réserve un climat particulier, froid et très humide sur les hauteurs, abritant des écosystèmes de forêt dense d'altitude, de végétation éricoïde et de landes sommitales, souvent enveloppés par les nuages. La réserve joue un rôle important comme château d'eau naturel pour la région, en donnant naissance à plusieurs des plus grands fleuves de Madagascar, tels que le Sambirano, le Betsiboka et la Sofia. En raison de son statut de "Réserve naturelle intégrale", l'accès y est extrêmement restreint et strictement contrôlé, réservé principalement aux chercheurs munis d'autorisations spécifiques. Il s'agit d'une zone de protection maximale, qui vise à préserver dans son état le plus pur des écosystèmes parmi les moins explorés du monde et potentiellement les plus riches en espèces endémiques de haute altitude. Sa biodiversité, bien que difficile à étudier en raison du terrain accidenté et de l'isolement, est considérée comme exceptionnelle. Elle abrite des espèces adaptées aux conditions montagnardes humides. Le manque d'accès public et la rareté des études scientifiques font de Tsaratanana l'une des zones les plus mystérieuses et les plus intactes de Madagascar.Viennent ensuite les Parcs Nationaux. Ces zones protégées ont une double vocation : la conservation des écosystèmes et des espèces, tout en permettant un accès contrôlé pour le tourisme, l'éducation et la recherche scientifique. Ils couvrent généralement de vastes territoires représentatifs des différents biomes malgaches, qui vont des forêts tropicales humides aux massifs rocheux, en passant par les forêts sèches et les écosystèmes marins. Parmi ces parcs, on trouve le Parc national de Ranomafana, connu pour sa forêt pluviale et ses lémuriens rares, le Parc National de l'Isalo avec ses paysages spectaculaires de canyons et de formations rocheuses, le Parc national des Tsingy de Bemaraha, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco pour ses formations karstiques uniques, ou encore le Parc national d'Andasibe-Mantadia, foyer de l'indri, le plus grand des lémuriens. • Le Parc National de Ranomafana, créé en 1991 et inscrit depuis 2007 au Patrimoine mondial de l'Unesco au sein des Forêts humides de l'Atsinanana, se situe dans le sud-est de Madagascar, une région caractérisée par un relief très accidenté et couvert d'une dense forêt tropicale humide. S'étendant sur environ 41 600 hectares, le parc est traversé par la rivière Namorona et ses nombreux affluents, qui forment cascades et rapides au milieu d'une végétation luxuriante. L'altitude varie approximativement entre 800 et 1200 mètres. Le climat est typiquement tropical humide, avec des précipitations abondantes réparties sur l'année et des températures douces à chaudes. Ranomafana est mondialement reconnu pour son extraordinaire biodiversité, particulièrement riche en lémuriens, dont le Hapalemur doré (Hapalemur aureus), découvert en 1986 peu avant la création du parc, le grand Hapalemur (Prolemur simus), ou encore le Sifaka de Milne-Edwards (Propithecus edwardsi). Le parc abrite également une grande diversité d'oiseaux, de reptiles (caméléons, geckos), d'amphibiens (une multitude d'espèces de grenouilles endémiques) et d'insectes. La flore est également remarquable. Elle comprend de nombreuses espèces d'arbres, de fougères, d'orchidées et de plantes médicinales. Le Parc National de Ranomafana est un site majeur pour la recherche scientifique, notamment grâce à la présence du Centre ValBio, un centre de recherche de renommée internationale affilié à l'Université Stony Brook (USA). Contrairement à Tsaratanana, Ranomafana est ouvert au public et constitue une destination écotouristique très populaire, avec des sentiers de randonnée bien aménagés, des guides locaux formés et des opportunités uniques d'observation de la faune et de la flore dans leur milieu naturel.Les Réserves spéciales représentent une autre catégorie importante. Elles sont créées pour protéger des éléments spécifiques : une espèce particulière, un habitat fragile, ou un écosystème d'importance locale ou régionale. Leur gestion est souvent plus flexible que celle des parcs nationaux ou des réserves intégrales. La Réserve spéciale de Lokobe à Nosy Be, par exemple, protège une forêt humide où l'on trouve le lémurien macaco (lémur noir). • La Réserve spéciale de Lokobe se situe dans le nord de Madagascar, sur l'île de Nosy Be, au large de la côte nord-ouest. Cette réserve, classée depuis 1927, constitue la dernière forêt primaire dense et humide de Nosy Be, et protégège ainsi une biodiversité insulaire particulièrement précieuse. Bien que de taille plus modeste comparée aux grands parcs nationaux continentaux, Lokobe est d'une importance capitale pour la conservation d'espèces emblématiques. L'accès à la réserve se fait généralement par pirogue depuis des villages côtiers comme Ampasipohy, suivi de sentiers traversant la forêt. Le paysage est constitué de collines volcaniques couvertes de forêt dense descendant vers la côte. Lokobe est particulièrement célèbre pour être l'un des meilleurs sites pour observer le Lémur noir (Eulemur macaco), qui est dimorphe sexuellement (le mâle est noir, la femelle rousseâtre), ainsi que d'autres lémuriens nocturnes comme les microcèbes et les lémuriens sportifs. La réserve abrite également une remarquable diversité de reptiles et d'amphibiens, notamment le splendide Caméléon panthère (Furcifer pardalis), qui présente une grande variété de couleurs, ainsi que des serpents comme le Boa manditra et divers geckos diurnes du genre Phelsuma. La forêt dense est également un habitat pour de nombreuses espèces d'oiseaux et d'insectes.Ces catégories traditionnelles ont été complétées et enrichies, notamment suite à l'engagement pris lors du Sommet Mondial des Parcs de Durban en 2003 ("Vision Durban"). Cette initiative a eu pour objectif de tripler la superficie des aires protégées en créant de nouvelles catégories et en favorisant une gestion plus inclusive impliquant les communautés locales. Le réseau s'est ainsi considérablement étendu pour couvrir près de 10% du territoire terrestre et inclure des zones marines. Le système élargi comprend désormais, outre les statuts historiques, des catégories telles que les paysages harmonieux protégés, les aires protégées gérées par les communautés locales (COAP), ou encore des réserves privées et des aires marines protégées. Cette diversification permet une approche plus nuancée de la conservation, et intégre généralement l'utilisation durable des ressources naturelles par les populations riveraines dans le respect des objectifs de protection de la biodiversité. Les aires marines protégées, par exemple, sont essentielles pour la préservation des récifs coralliens, des mangroves et des espèces marines menacées, tout en soutenant les pêches locales. La gestion de ce réseau complexe est principalement assurée par l'association des Parcs nationaux de Madagascar, anciennement ANGAP, qui gère la majorité des parcs nationaux et des réserves. Cependant, la Vision Durban a également ouvert la voie à d'autres entités, notamment des ONGs nationales et internationales, des associations communautaires et des opérateurs privés, pour gérer de nouvelles aires protégées, ce qui a favorisé ainsi la décentralisation et la collaboration dans les efforts de conservation. Ces zones protégées jouent un rôle vital bien au-delà de la seule préservation de la biodiversité. Elles fournissent des services écosystémiques essentiels, tels que la régulation de l'eau, la protection des sols contre l'érosion (un problème majeur à Madagascar), le stockage du carbone et le maintien de la fertilité des terres. De plus, le tourisme de nature basé sur ces aires protégées, lorsqu'il est géré de manière durable, peut générer des revenus significatifs pour l'économie nationale et locale, créant des emplois et incitant les communautés à valoriser et à protéger leur environnement. Malgré ces efforts considérables, les aires protégées de Madagascar font face à de nombreux défis. La pauvreté, la pression démographique, l'agriculture sur brûlis (tavy), l'exploitation forestière illégale, la chasse, l'exploitation minière et les effets du changement climatique menacent constamment l'intégrité de ces sanctuaires naturels. La conservation à Madagascar nécessite donc un engagement continu, des financements importants et une collaboration étroite entre le gouvernement, les organisations de conservation, les populations locales et la communauté internationale pour garantir la survie de sa faune et de sa flore uniques pour les générations futures. Géographie humaine de MadagascarPopulation.Estimée à près de 30 millions d'habitants en 2023, la population de Madagascar connaît un taux de natalité élevé, qui se traduisant par une structure par âge très jeune, avec une large base de moins de 15 ans. Cette dynamique rapide pose des défis majeurs en termes de besoins en éducation, en santé et en emploi pour les décennies à venir. L'espérance de vie reste relativement faible comparée aux standards mondiaux, et reflète les difficultés d'accès aux soins de santé de base et les conditions sanitaires précaires, particulièrement en milieu rural. La population est inégalement répartie sur le territoire, avec une concentration plus forte sur les Hautes Terres et dans les zones côtières fertiles, tandis que de vastes régions, notamment le sud et l'ouest, sont moins densément peuplées, bien que des migrations internes, principalement des zones rurales vers les centres urbains comme Antananarivo, Majunga, Tamatave ou Diego Suarez, soient un phénomène important, qui modifie la distribution spatiale et créedes défis d'urbanisation rapide et informelle. La société malgache est confrontée à d'importantes inégalités socio-économiques. La pauvreté est généralisée et touche une très large majorité de la population, qui limitent sévèrement l'accès aux services essentiels comme l'éducation et la santé. Cette précarité est plus marquée en milieu rural, où la majorité des Malgaches résident et dépendent majoritairement de l'agriculture de subsistance, mais elle est également très présente dans les bidonvilles urbains en expansion rapide. L'éducation, bien que valorisée, souffre d'un manque de ressources, de disparités régionales et d'un taux d'abandon scolaire élevé, particulièrement chez les filles et dans les zones rurales, compromettant les perspectives d'avenir des jeunes. Le système de santé est sous-financé. Il manque d'infrastructures, de personnel qualifié et de médicaments, ce qui explique en partie la faible espérance de vie et la persistance de maladies infectieuses. Madagascar se distingue par une grande richesse culturelle et une unité linguistique remarquable malgré la diversité ethnique, qui coexiste cependant avec un sentiment d'appartenance nationale fort. La structure sociale est profondément marquée par la famille élargie (fianakaviana) et l'importance des ancêtres (razana), dont le culte et le respect des traditions (fomba) jouent un rôle central dans la vie quotidienne et les pratiques sociales, comme le célèbre rituel du famadihana (retournement des morts). Le système de parenté est un pilier de la solidarité sociale, mais il peut aussi être source de hiérarchies et de contraintes. Les croyances religieuses constituent un autre aspect fondamental du tissu social. Si le christianisme (catholicisme et protestantisme) et l'islam sont largement pratiqués, ils coexistent souvent avec des religions traditionnelles et le culte des ancêtres, qui donnent lieu à un syncrétisme religieux important qui imprègne de nombreux aspects de la vie sociale et culturelle. La gestion des affaires locales repose en partie sur des structures communautaires traditionnelles, comme le fokonolona, qui joue un rôle dans la résolution des conflits, la gestion des ressources communes et l'organisation de la vie communautaire, bien que son efficacité et son autonomie varient selon les régions et les époques. Quelques-unes des principales villes de Madagascar
Groupes ethnolinguistiques.
Merina.
Betsileo. Zafimaniry. Au sud des Merina, toujours sur les Hautes Terres, on trouve les Betsileo, dont le nom signifie "les nombreux invincibles". Eux aussi sont d'excellents riziculteurs. Ils utilisant des techniques de terrasses sophistiquées sur les pentes des collines. Ils sont également réputés pour leur artisanat du bois. Ills sont également connus pour leur art, notamment la sculpture sur bois, et leur architecture traditionnelle. Historiquement, ils étaient organisés en plusieurs royaumes ou chefferies indépendantes plutôt qu'un empire centralisé. Leur région, centrée autour de Fianarantsoa, est caractérisée par un paysage de collines ondulantes et de rizières. Ils sont parfois associés aux Zafimaniry, un sous-groupe distinct qui vit dans les forêts montagneuses de leur territoire. Betsimisaraka.
Sakalava.
Vezo.
Bara.
Antandroy.
Mahafaly.
Antaisaka.
Antaimoro.
Tanala.
Antankarana.
Tsimihety.
Autres
groupes.
Culture.
Le fihavanana est une autre notion fondamentale de la culture malgache. Ce terme englobe la solidarité, l'amitié, la bonne entente, l'entraide mutuelle et la cohésion sociale. Le fihavanana est la base des relations interpersonnelles, un idéal de vie en société où l'harmonie et le respect priment sur les conflits. Les décisions importantes, qu'elles soient familiales ou villageoises, sont ordinairement prises collectivement à travers des discussions (kabary) où l'art de la rhétorique est très apprécié. Les fady, ou interdits, jouent un rôle crucial dans la vie quotidienne. Ce sont des tabous, souvent complexes et spécifiques à chaque région, à chaque famille, ou même à chaque individu. Les fady peuvent concerner des lieux, des aliments, des jours de la semaine, des actions, ou des comportements. Ils sont fréquemment liés aux croyances ancestrales et visent à maintenir l'ordre cosmique et social, à protéger contre les malheurs et à respecter les razana ou les forces du monde-autre. Bien que parfois perçus comme contraignants, les fady sont une expression vivante de la religion et des traditions. La musique et la danse sont d'autre éléments essentiels de la culture malgache. Chaque région possède ses propres styles et instruments. La valiha, sorte de cithare tubulaire en bambou, est considérée comme l'instrument national. Il produit des mélodies douces et mélancoliques. Le salegy, originaire de la côte Nord-Ouest, est un genre dynamique et rythmé, très populaire. On trouve aussi le tsapiky dans le Sud-Ouest, le sega et le soukous influencés par les îles voisines ou l'Afrique continentale. La musique et la danse accompagnent toutes les cérémonies importantes, des fêtes aux rituels funéraires, en passant par les célébrations de la vie. L'artisanat est également très développé. La sculpture sur bois est renommée, notamment celle des Zafimaniry, reconnue au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, avec leurs motifs géométriques complexes. Le travail de la corne de zébu, la vannerie, la poterie, la broderie et le tissage, notamment celui de la lamba (tissu traditionnel porté comme un châle ou pagne), témoignent d'un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. La cuisine malgache est centrée autour du riz (vary) qui est consommé à chaque repas, souvent accompagné d'un laoka (plat d'accompagnement) à base de légumes, de zébu, de volaille ou de poisson, agrémenté d'épices, d'herbes et de condiments comme le sakay (piment). Le partage de la nourriture est un acte social important, renforçant les liens familiaux et communautaires. Economie.
L'économie malgache connaît des taux de croissance du PIB qui sont souvent modérés mais, étroitement liés aux performances des secteurs agricole et minier et à la stabilité politique, peuvent être très volatils. L'inflation, particulièrement sur les produits alimentaires, peut être une préoccupation majeure. Le pays dépend fortement de l'aide internationale et des financements des institutions multilatérales (Banque Mondiale, FMI) pour soutenir son budget et financer des projets de développement. Le secteur primaire, dominé par l'agriculture, emploie la grande majorité (plus de 70-80%) de la population active, et contribue de manière significative au Produit Intérieur Brut (PIB), bien que cette contribution puisse varier en fonction des récoltes et des prix mondiaux. La riziculture est l'activité vivrière principale. Elle est essentielle pour la sécurité alimentaire nationale, mais souvent insuffisante pour couvrir les besoins. Parallèlement, Madagascar excelle dans la production de cultures d'exportation spécifiques qui génèrent des recettes vitales en devises. La vanille est de loin le produit d'exportation le plus emblématique et le plus précieux, Madagascar étant le premier producteur et exportateur mondial. D'autres produits comme le girofle, le poivre, le cacao, le café, le litchi et les huiles essentielles contribuent également aux exportations agricoles. L'élevage et la pêche (artisanale et industrielle, notamment la crevette) sont d'autres composantes importantes de ce secteur. Cependant, l'agriculture reste largement pluviale, peu mécanisée et souffre d'un manque d'infrastructures d'irrigation et de stockage, ce qui la rend très vulnérable aux aléas climatiques (sécheresses, cyclones et inondations). Outre l'agriculture, les ressources naturelles incluent un potentiel minier diversifié. L'exploitation minière, notamment celle de l'ilménite (dioxyde de titane pour des pigments), du nickel, du cobalt, du chrome et de la graphite, représente une source croissante de revenus d'exportation et d'investissements étrangers. Cependant, ce secteur est également sujet aux fluctuations des cours mondiaux et soulève des questions importantes de gouvernance, de gestion des revenus et d'impacts environnementaux et sociaux. Le secteur secondaire demeure relativement peu développé. Il est principalement axé sur la transformation primaire des produits agricoles et des ressources naturelles, l'industrie légère et le textile. Le secteur textile et de l'habillement a bénéficié par le passé d'accords commerciaux préférentiels (comme l'AGOA avec les États-Unis), ce qui permis le développement de zones franches orientées vers l'exportation. Néanmoins, la capacité industrielle globale est limitée par des infrastructures déficientes, en particulier l'accès à une énergie fiable et abordable, ainsi que par un environnement des affaires complexe. Le secteur tertiaire gagne en importance, notamment dans les zones urbaines. Il englobe le commerce (majoritairement informel), les transports, les télécommunications (en expansion), les services financiers (bien que l'accès reste limité pour la majorité de la population) et le tourisme. Le tourisme est généralement cité comme un potentiel de développement majeur pour Madagascar, grâce à sa biodiversité unique au monde, ses parcs nationaux, ses plages et sa culture riche. Toutefois, l'essor du tourisme est entravé par les difficultés d'accès (coût élevé des vols internationaux, manque de liaisons internes), le manque d'infrastructures d'accueil et de transport à l'intérieur du pays, l'instabilité politique passée et l'insécurité dans certaines régions. Le commerce extérieur est caractérisé par l'exportation de produits primaires et semi-transformés et l'importation de biens manufacturés, d'équipements, de carburants et, en cas de mauvaises récoltes, de denrées alimentaires. La balance commerciale est fréquemment déficitaire. Les principaux partenaires commerciaux de Madagascar sont l'Union Européenne (pour la vanille, le girofle, etc.), les États-Unis (pour le textile via l'AGOA), la Chine (pour les minerais et les importations), et des pays voisins de l'Océan Indien. Les défis structurels de l'économie malgache sont immenses et interconnectés. La pauvreté est généralisée et persistante. Elle toucherait plus de 75% de la population selon certaines estimations. Les infrastructures de base sont gravement déficientes : le réseau routier est en mauvais état, l'accès à l'électricité est limité et coûteux, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement reste problématique, ce qui nuit à la productivité, à la santé et à l'intégration du marché intérieur. La gouvernance et la lutte contre la corruption constituent des freins majeurs à l'investissement, à l'efficacité des politiques publiques et à une distribution équitable des richesses. L'instabilité politique chronique a historiquement sapé la confiance des investisseurs et retardé les réformes nécessaires. Le système éducatif et de santé souffre de sous-financement et de lacunes, limitant le développement du capital humain. La vulnérabilité extrême aux changements climatiques est une menace existentielle pour l'agriculture et les moyens de subsistance d'une grande partie de la population, et nécessite des investissements massifs dans l'adaptation et la résilience. Cartes de Madagascar
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