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Démocrite (c. 460-360 av. JC) - Philosophe grec, né à Abdère vers l'an 490, ou, selon d'autres, 470 av. J.-C., fut élevé par des mages qui étaient restés dans son pays après l'invasion de Xerxès; étudia sous Leucippe et voyagea en Égypte et en Asie pour augmenter son instruction. Il avait dissipé son patrimoine dans ces voyages, ainsi que dans les expériences qu'il fit en étudiant la nature, et il avait pour ce fait encouru une peine : afin de se justifier, il lut devant les Abdéritains un traité qu'il avait composé sur le Monde; ses concitoyens en furent tellement charmés qu'ils lui firent présent de 50 talents. On raconte que la bizarrerie de son genre de vie le fit plus tard passer pour fou, et que les Abdéritains ayant appelé Hippocrate pour le guérir, le sage médecin, après l'avoir entendu, déclara aux Abdéritains qu'ils étaient plus fous que lui. Il vécut, dit-on, 109 ans. Démocrite riait sans cesse des folies humaines; on l'oppose à Héraclite qui, dit-on, pleurait toujours.
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Démocrite imaginé par Antoine Coypel (1692).

Démocrite est le deuxième représentant de l'école atomistique après Leucippe. Esquissant à grands traits la science de l'univers, Démocrite enseignait que les mondes sont chacun entourés d'une enveloppe (atmosphère) particulière, et qu'ils sont en nombre infini.

"Les uns sont, dit-il, semblables, et les autres tout différents entre eux; il y en a sans aucun soleil, et d'autres avec plusieurs soleils; quelques-uns sont encore près de leur naissance, et d'autres ont atteint tout leur développement; d'autres enfin sont formés d'atomes ronds, angulaires ou crochus " (Cicéron, Acad. III, 17. Aristote, De Caelo, III, 4. - Plutarque, de Placit. Philos., II, 7.).
Il admettait le plein et le vide pour expliquer la divisibilité de la matière et la possibilité du mouvement : "Tout ce qui est, disait-il, ne diffère que par la figure et les rapports des atomes entre eux." Sa doctrine sur les atomes "immobiles de leur nature, mais ayant reçu une impulsion primordiale (plhgh)", n'a peut-être pas été étrangère à la théorie des tourbillons de Descartes. Mais de quelle nature est cette impulsion initiale? Est-ce une force inhérente aux éléments (Bia stonceion); est-ce la raison (logos) souveraine, la nécessité (anagke) ou la fatalité aveugle (alogos jusis)? Voilà ce que ne nous ont pas clairement dit ceux qui nous ont transmis des fragments de ce grand philosophe. Conformément à son principe que "le semblable attire le semblable", il admettait un mouvement oscillatoire ou circulaire, résultat d'une force d'attraction et de répulsion. 
Démocrite émet le premier l'opinion que la lueur de la Voie lactée est due à une innombrable quantité d'étoiles, dont chacune en particulier échappe à notre vue à cause de son éloignement. Cette opinion, dont l'exactitude fut, vingt et un siècles plus tard, mise en lumière par Galilée, fait le plus grand honneur à la sagacité du philosophe d'Abdère. (Hoefer, 1873).


Editions anciennes - Mullach a recueilli les Fragments de D., Berlin, 1843. G. Ploucquet a écrit: De Placitis Democriti, 1767. On doit à Lafaye une dissertation sur la Philosophie atomistique, 1833.

En bibliothèque - Jean Salem, Démocrite, Epicure, Lucrèce, la vérité du minuscule, Encre Marine, 2000. - Du même, La légende de Démocrite, Kimé, 1998. - Du même, L'atomisme antique, Démocrite, Epicure, Lucrèce, Le Livre de Poche, 1997. - Pierre-Marie Morel, Atome et nécessité, Démocrite, Epicure, Lucrèce, PUF, 2000. - Pierre-Marie Morel et J. Brunschwig, Démocrite et la recherche des causes, Klincksieck, 1996. 

Nietzsche, Sur Démocrite, fragments inédits, Métallié, 1990.


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