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Nîmes
Nîmes est une ville de France, le chef-lieu du département du Gard; elle se situe à environ 700 km au Sud-Sud-Est de Paris; population : 133 500 habitants. Construite dans la vaste plaine du Vistre, au pied des Garrigues qui l'enveloppent au Nord et à l'Ouest, près de la source célèbre de la Fontaine, gouffre d'eau pure au pied du mont Cavalier, Nîmes doit certainement son origine à cette fontaine, vénérée déjà des Gaulois, et qui paraît avoir donné soin nom à la ville qui s'était formée sur ses bords. Avant l'arrivée des Romains, Nemausus était la capitale des Volcae Arecomici, clients des Massaliotes.

En 120 av. J.-C., elle conclut un traité d'alliance avec les Romains; après la conquête de César, elle reçut d'Auguste une colonie de vétérans (19 av. J.-C.) et prit dès lors le nom de Colonia Nemausensis Augusta. Ce fut le point de départ de sa prospérité pendant toute la période de la domination gallo-romaine. Sur l'ordre de l'empereur, Agrippa fit construire le fameux aqueduc, dont le pont du Gard est un reste, pour amener les eaux des sources d'Uzès; des privilèges municipaux exceptionnels l'affranchirent des pouvoirs des proconsuls envoyés de Rome pour gouverner la Narbonnaise, concédèrent à ses habitants le droit de cité, établirent son autonomie complète et lui subordonnèrent une vaste banlieue, comprenant probablement tout l'ancien territoire des Volces Arecomiques. 

Sa plus grande splendeur correspond au règne des Antonins (96-180) : ce fut alors que furent construits la plupart des monuments qui subsistent encore ou dont on a conservé des ruines ou des débris. Les Volces furent convertis au christianisme à la fin du IIIe siècle, et au IVe la ville devint le chef-lieu de la cité des Nemausenses comprise dans la Narbonnaise première. Au Ve siècle, les grandes invasions la ruinèrent. 

Ravagée en 407 par les Vandales, elle passa ensuite successivement sous la domination des Wisigoths, des Francs, des Goths, puis au VIIIe siècle sous celle des Sarrasins, qui en furent chassés par Charles Martel. Sous le règne des souverains carolingiens, elle fut gouvernée par des comtes et des vicomtes particuliers, devenus plus tard héréditaires, jusqu'à ce que, en 1185, elle fut incorporée au puissant comté de Toulouse. Elle avait dès lors une organisation et des privilèges municipaux : les anciennes arènes romaines, devenues une forteresse, s'étaient garnies de constructions habitées par une population de « chevaliers » qui en constituaient la garnison et qui formaient comme une ville particulière au milieu de la cité.
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Les conciles de Nîmes

Les Collections spéciales et la Gallia christiana mentionnent six conciles tenus en cette ville, dans les années 385, 393, 1096, 1284, 1302, 1364 : la plupart pour des objets qui n'intéressaient que les contemporains. 

Celui de 1096 appartient à la série des conciles que Urbain Il présida en France, à l'époque de la première croisade. On y fit seize Canons, dont les premiers tendent à concilier avec les droits du clergé séculier les prétentions des moines à la perception des dîmes et leur intervention dans l'administration des sacrements et le soin des âmes. Plusieurs autres se rapportent à la protection de la personne et des biens des ecclésiastiques contre les entreprises des seigneurs et de la justice séculière. Le XIIIe défend de marier les filles avant l'âge de douze ans. 

1284. On y publia un long règlement synodal sur les sacrements, la célébration de la messe, la vie des clercs, les testaments, les sépultures, l'excommunication, la punition des parjures,et contenant des dispositions oppressives contre les juifs.

Les doctrines albigeoises y avaient fait de nombreux adeptes. Prise en 1226, par Louis VIII, lors de la croisade contre les Albigeois, Nîmes fut cédée à la France en 1229, fut comprise dans l'apanage d'Alphonse de Poitiers et fit ensuite avec lui retour à la couronne. Au XVIe siècle, le calvinisme, prêché en 1533 par Pierre de Lavau, y eut beaucoup de succès, et bientôt la ville de Nîmes devint le boulevard de l'hérésie des Cévennes. Devenus prédominants, les protestants se soulevèrent contre les catholiques le jour de Saint-Michel 1567 (29 septembre) et en tuèrent un grand nombre. Ce massacre a pris dans les annales nîmoises le nom de michelade.

En 1569, ils furent pendant quelque temps maîtres de la ville et du château. En 1572, la Saint-Barthélemy faillit donner aux catholiques l'occasion de représailles, mais grâce aux mesures du gouverneur, Guillaume de Villars, elles purent être évitées. Le 8 novembre 1578 fut signé à Nîmes un traité destiné à mettre fin aux hostilités qui, en dépit de la paix de Bergerac, continuaient encore dans le Haut-Languedoc, le comtat d'Avignon et la principauté d'Orange. Nîmes s'associa en 1621 à la prise d'armes des villes du Bas-Languedoc contre le roi Louis Xll, et ne se soumit qu'après la prise de La Rochelle en 1629.

Malgré les luttes religieuses, Nîmes avait conservé une situation commerciale et industrielle prospère. Le départ de la colonie lombarde avait bien, au déclin du Moyen âge, porté préjudice à son commerce, mais ces pertes avaient été compensées par le développement de son industrie. Il s'y était créé, à partir de la Renaissance des manufactures de draps, de soieries et de velours. Cette prospérité fut brusquement interrompue par la révocation de l'édit de Nantes qui chassa de la ville un grand nombre d'habitants et y détruisit presque toutes les industries. 

La guerre des Camisards l'agita profondément, et elles ont certainement pris parti pour l'insurrection si Louis XIV n'avait fait élever, en 1687, une citadelle pour contenir les habitants. Le gouvernement du maréchal de Villars réussit  cependant à donner à la ville pendant quelques années un calme relatif. Les passions religieuses s'y déchaînèrent de nouveau au début de la Révolution et surtout au second retour des Bourbons, en 1815; la « Terreur blanche » y fut organisée par Trestaillons et Truphémy, véritables chefs de brigands. Le général Lagarde fut tué en voulant rétablir l'ordre; la présence du duc d'Angoulême réussit à calmer un peu les passions.

Nîmes a vu naître un grand nombre de personnages célèbres parmi lesquels nous citerons l'orateur romain Domitius Afer; saint Castor, évêque d'Apt; le prédicateur protestant Jacques Saurin, le conventionnel Rabaud-Saint-Etienne, François Guizot; Adolphe Crémieux; Madier de Montjau; le voyageur Jean Nicot; le poète Reboul; Alphonse et Ernest Daudet; Gaston Boissier; le peintre Natoire, l'architecte Espérandieu, etc.
Les monuments de Nîmes.
Nîmes est de toutes les villes de France celle qui a conservé le plus grand nombre d'édifices antiques, et ce qui ajoute à leur intérêt, c'est que ces monuments sont presque tous de la plus belle période de l'art romain. Les bassins de la Fontaine, dont il a été question plus haut, sont en partie antiques; d'un premier bassin, dont les fondements sont romains, la rivière tombe par une cascade dans la Nymphée, second bassin dont les fondations sont également antiques, et passe de là dans un troisième bassin qui existait également à l'époque romaine; mais toutes ces constructions, souvent restaurées, ont été complètement refaites au XVIIIe siècle; escaliers, stylobates, balustrades, vases et statues ne conservent plus qu'un souvenir fort éloigné des constructions primitives. 
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Nīmes : Temple de Diane.
Le temple de Diane.

Non loin de la Promenade de la Fontaine ou des bassins romains, s'élèvent les ruines de l'édifice connu sous le nom de Temple de Diane; cette dénomination vient d'une inscription qui mentionne à la fois Diane, Isis, Sérapis, Vesta et le Sommeil; mais l'édifice n'a aucune des dispositions habituelles aux temples; l'intérieur forme une salle rectangulaire dont, les parois sont ornées de niches à frontons alternativement triangulaires et circulaires, groupés trois par trois, entre des colonnes corinthiennes, qui supportent un large entablement, sur lequel retombe une voûte en berceau, doublée sur certains points, ce qui l'a fait considérer par quelques archéologues comme le prototype des voûtes à arcs-doubleaux du Moyen âge. On paraît s'accorder aujourd'hui à considérer cette construction comme une dépendance d'un vaste établissement balnéaire dont les ruines sont voisines. On conserve dans le temple de Diane des débris de pierres écrites et sculptées. 
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Nīmes : arčnes.
Les Arènes de Nîmes. Source : The World Factbook.

Les arènes, nom sous lequel on désigne l'amphithéâtre, sont le monument le plus célèbre de Nîmes. Il est de beaucoup le mieux conservé des constructions de ce genre qui se trouvent en France. Ses dimensions sont : hors oeuvre, 103,38 m sur 101,40 m, dans oeuvre 69,40 m sur 38,34 m; il pouvait contenir 24.000 spectateurs. Il est construit en blocs de 2 à 3 m² superposés sans mortier. En hauteur, il mesure à l'extérieur 22,32 m, formant deux étages d'arcades, celles du rez-de-chaussée encadrées de pilastres' doriques, celles de l'étage de colonnes du même ordre. Au-dessus règne un attique qui supporte une série de consoles, qui devaient être au nombre de 120, percées de trous destinés à recevoir les poteaux auxquels s'attachait le velum qui devait recouvrir l'édifice. Les arcades du rez-de-chaussée, répondant aux deux axes, servaient l'une de porte d'honneur (elle est surmontée d'un fronton où sont sculptés deux taureaux à mi-corps), les autres de vomitoria

On présume que cet amphithéâtre date de l'époque des Antonins. Fortifié au Moyen âge, couvert de constructions, parmi lesquelles une église paroissiale et des chapelles, il n'a commencé à être dégagé et restauré qu'en 1830; des adaptations du Moyen âge il ne subsiste que deux fenêtres romanes pratiquées dans deux arcades murées du premier étage; elles marquent l'emplacement de l'église de Saint-Martin-des-Arènes. Il se donne aujourd'hui dans les arènes des courses de taureaux
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Nīmes : Maison Carrée.
La Maison Carrée, à Nîmes, par Hubert Robert
(en arrière plan, la tour Magne et les Arènes).

La Maison Carrée est un temple corinthien hexastyle, c.-à-d. ayant six colonnes au pronaos, dont l'inscription dédicatoire, reconstituée au XVIIIe siècle par l'archéologue Séguier, grâce aux trous laissés dans l'entablement par les clous qui en retenaient les lettres de bronze, fixe la date de construction de l'an II av. à l'an Il ap. J.-C. Il était dédié aux princes de la jeunesse, Caïus César, consul, et Lucius César, consul désigné, fils d'Auguste. En arrière du pronaos, un porche soutenu par 6 colonnes de face et 2 colonnes de chacun des côtés, se trouve une cella non voûtée, à peu près quadrangulaire, d'où le nom de Maison Carrée, dont les murailles sont ornées, à l'extérieur, de 8 colonnes engagées continuant l'ordonnance de celles du pronaos. Au-dessus de l'entablement supporté par les colonnes court une frise ornée de rinceaux. Le fronton n'a conservé aucun vestige de sculptures. 

Dans son ensemble, la Maison Carrée forme un parallélogramme de 25,13 m de long sur 12,29 m de large, et d'une hauteur de 12 m depuis le pied du stylobate jusqu'au sommet de la corniche. Au Moyen âge, la Maison Carrée fut successivement une église, puis l'hôtel de ville de Nîmes, plus tard une écurie, un entrepot, de nouveau une église d'augustins, puis, encore, derniers temps un musée lapidaire. Elle a été restaurée au XVIIIe siècle et en 1824.
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Nīmes : Porte de France.
La Porte de France, à Nîmes.
Nīmes : Tour de l'Horloge.
La Tour de l'Horloge.

La Porte de France et la Porte d'Auguste faisaient partie de l'enceinte de la ville élevée par Auguste en l'an 16 ap. J.-C. La Porte d'Auguste, encastrée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans les constructions d'une maison forte du Moyen âge, n'a été complètement dégagée et restaurée qu'en 1849 ; elle se compose de deux grandes arcades au milieu, flanquées chacune d'une arcade plus petite, surmontées d'un entablement que devait couronner un attique disparu; la Porte de France, qui n'a qu'une seule arcade, a conservé son attique. 
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Nīmes : Tour Magne.
La Tour Magne.

La Tour Magne (turris magna), haute encore de 30 m, s'élève au sommet du mont Cavalier qui domine la promenade de la Fontaine; elle fut vraisemblablement à l'origine un tombeau ou mausolée; reliée lors des invasions à un prolongement des remparts d'Auguste, elle servit alors de tour de défense, et conserva ce caractère pendant tout le Moyen âge. Des additions de maçonnerie empêchent de discerner exactement la forme de la base élevée sur un plan octogonal; l'étage qui le surmonte est décoré de pilastres. On accède au sommet par un escalier de fer appuyé à un pilier central élevé en 1843 pour consolider l'édifice qui menaçait ruine. Des restes des remparts romains se voient en divers endroits de la ville et notamment près de la promenade de la Fontaine. En 1844, on a découvert au pied du mont Cavalier le château d'eau antique (castellum divisorium), bassin circulaire percé d'ouvertures qui répartissaient les eaux dans les divers quartiers. 
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Le château Fadaise est une construction de la Renaissance, bâtie sur le plan des maisons romaines avec des fragments antiques.

La cathédrale Notre-Dame et Saint-Castor, est une étrange construction de diverses époques, élevée sur un édifice romain; les parties les plus anciennes remontent au XIe siècle; la façade est particulièrement curieuse à cause des débris antiques qui y sont encastrés. A l'intérieur sont les tombeaux du cardinal de Bernis et de Fléchier.
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Nīmes : cathédrale.
La cathédrale de Nîmes.
Nīmes : église sainte Baudile.
Eglise saint Baudile.

L'église Saint Baudile a été élevée de 1870 à 1875 en style gothique sur les plans de Mondet. 

L'église Saint-Paul a été construite de 1810 à 1830 en style roman bourguignon sur les plans de Questel; avec des vitraux de Maréchal et des fresques d'Hippolyte et de Paul Flandrin.

L'église de Sainte-Perpétue et Sainte-Félicité date de la même époque et est également de style gothique. 

Deux autres églises, Saint-Charles et la chapelle du lycée, sont du XVIIe siècle, Les deux temples protestants sont de la même époque. Dans la partie ancienne de la ville avoisinant la cathédrale, on remarque des maisons en partie romanes, gothiques et de la Renaissance
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Nīmes : Jardins de la Fontaine.
Les jardins de la Fontaine.

Les cimetières possèdent un certain nombre de monuments intéressants; il faut citer le mausolée de l'évêque Cast, mort en 1835, exécuté sur les dessins de Revoil, le tombeau byzantin de l'abbé Rondil, le tombeau du poète, Behoul; au cimetière protestant, le tombeau d'Amanlier avec une statue de Pradier. Derrière ce cimetière, la Grotte des fées servit de refuge aux protestants.

La citadelle, construite en 1687 par Louis XIV, est devenue par la suite une maison centrale de détention. La promenade de l'Esplanade est ornée d'une fontaine monumentale, construite en 1848 sur les plans de Questel, avec cinq statues de Pradier : la ville de Nîmes au centre entourée de la Fontaine de Nîmes, de la Fontaine d'Eure (dont l'eau alimentait la ville par le pont du Gard), du Gardon et du Rhône. Le square de l'empereur Antonin est orné d'une statue de cet empereur par Bosc, élevée en 1874; aux abords de l'Esplanade s'élève le buste de l'explorateur Soleillet par Amy; sur la promenade de la Fontaine la statue du poète Reboul par Bose (1874) et enfin, dans le préau du collège de l'Assomption, celle du P. d'Alzon, missionnaire, par Falguière.

Sur les garrigues au Nord de la ville, dans une grotte creusée de main d'homme, se trouvent une fontaine vénérée et un sarcophage gallo-romain qui passe pour le tombeau de saint Baudile. Non loin de là, des ruines nommées la Tour Magnotte seraient les restes d'une église mérovingienne qui lui aurait été dédiée.

Les musées de Nîmes sont réunis depuis 1894, ainsi que la bibliothèque, dans les bâtiments de l'ancien lycée. Le musée des antiques renferme entre autres la Vénus de Nîmes, trouvée brisée en menus morceaux en 1878 et reconstituée presque entièrement, des fragments de sculptures statuaire et ornementale, de nombreuses inscriptions, des mosaïques, beaucoup de moulages et des reproductions des monuments antiques de la région. Le musée de sculpture moderne conserve, de belles oeuvres de Pradier. Le musée de peinture occupe un local spécial; il contient des toiles de Titien, du Guide, de Rubens, de Van Dyck, de Ruysdaël, de Mignard, de Ripaud, de Vanloo, de Jos. Vernet, de Paul Delaroche, etc. (E.-H. V.).
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Nīmes : vieille rue.
Une vieille rue de Nîmes.
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Dictionnaire Villes et monuments
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